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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 18:37

merm--moire.jpgA l’occasion d’un petit détour estival par Saint-Malo, je me suis livré à mon plus grand vice : le détournement touristico-rôliste. Il s’agit, et tous les vrais rôlistes se reconnaîtront (allez faire un tour sur le blog des Hu-Mu pour voir…), de détourner une innocente ballade ou visite de musée en quête d’inspirations ou de renseignements pour des scénars ou autres textes de jdr. Il en est même, pervers d’entre les pervers, qui détournent des voyages scolaires entiers dans ce but mais je n’en dirais pas plus par bonté d’âme…

 

 

Donc, dans la cité corsaire, on donne à voir en ce moment (et ce jusqu’à la fin de la saison) à la chapelle Saint-sauveur dans l’intra-muros l’exposition itinérante La mer pour mémoire dont le thème, peu racoleur, est l’archéologie sous-marine sur les rives du Ponant. Derrière cet intitulé un peu aride, détrompez-vous, on trouve des merveilles. Cette exposition bénéficie d’une muséographie très attractive et sait naviguer (arf, arf) du plus scientifique au plus didactique sans négliger, c’est suffisamment rare pour être souligné, la part du rêve. En conséquent, tout est réuni pour qu’un rôliste en vadrouille y trouve tout ce qu’il cherche. Et même plus.

 

 

Pour Terra Incognita (prétexte au classement dans cette rubrique), j’ai noirci quelques feuillets de notes (et louché sur le catalogue). Le 1er développement de l’exposition est sur l’exploration des mondes sous-marins, ces autres Pays de Nulle Part. Or, comme les choses sont bien faites, cette exploration a débuté avec les premiers scaphandriers et autres cloches de plongée… vers 1715-1720. Et hop, dans la boîte !

 

 

merm--moire2.jpgQuelques autres bricoles également : des petites choses sur l’utilisation des astres dans la navigation, sur la bataille de La Hougue en 1692 (ah, le Soleil Royal !)… et tout simplement sur le thème du naufrage, thème baroque s’il en est et qui sera inclus dans le premier scénario pour Terra Incognita, « L’île aux Marmousets », mis en boîte juste avant les vacances.

 

 

Mais, bien évidemment, LE jeu qui trouve là toute son inspiration, c’est Pavillon Noir ! La plupart des épaves dont il est question évoquent le 17ème-18ème siècles, certaines encore plus précisément le monde des corsaires. On trouvera pour l’univers de ce jeu énormément d’informations sur la vie à bord, la navigation, le combat naval… Mais, me direz-vous, tout cela, on le trouve aussi dans des livres. C’est vrai mais voici deux exemples de ce que l’on peut trouver dans cette exposition et qu’on ne trouvera pas dans un ouvrage en 2D :

 

-          un entrepont reconstitué avec canons, sabords et la mer qui défile au loin…

 

-          la visite d’une maquette de voilier filmée par endoscope !

 

 

A cela s’ajoutent les petits détails qui font vrai (et pour cause !) nécessaires pour peupler un navire de pirates : le petit singe de 6 mois dont on a retrouvé les os dans la cambuse, l’étui de pipe sculpté en forme de pistolet… A vous d’aller choisir les vôtres !

 

 

Bref, une visite estivale chaudement conseillée si vous vous rendez à Saint-Malo.

merm--moire3.jpg

 

 
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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 16:12

La plaine était encore déserte. Les herbes hautes jaunies par le soleil équatorial ondulaient légèrement mais aucun pied rageur ne venait encore les fouler.


Du haut du promontoire, l'homme semblait pourtant scruter le danger à venir.

"Chevalier ! Chevalier !"

Un individu grassouillet et débraillé, vêtu d'une chemise sale et d'un chapeau de paille ayant connu des jours meilleurs, accourait, suant et soufflant.

"Chevalier ! Ils... ils arrivent ! Ils vont nous massacrer."

L'homme, toujours scrutant l'horizon, lui répondit la voix claire et posée, en désignant du menton l'étendue déserte qui s'étendait à ses pieds :

"Allons, Gros Pierre, visiblement, nous avons tout le temps de recevoir ces bons messieurs comme il le faut."

"Mais, mais... voyons, mon Maître : ils sont au moins douze. Et puis... ce sont des SAUVAGES !!"

"Aha, rassure-toi, Gros Pierre. Tu vas pouvoir courir te cacher. Mais avant cela, sois un bon valet : apporte-moi mes deux fusils. Et bien sûr, tu m'amènes Albert aussi."

"A... Albert ?"

"Et bien oui, nigaud. Crois-tu que deux coups suffiront à arrêter ces Naturels ? Allons, allons..."


Couine, couine, couine... Quelques instants s'étaient écoulés depuis que le valet s'était eclipsé et voilà déjà qu'il revenait bien chargé. Dans son dos, en bandoulières, il portait deux solides fusils richement ornés. Mais surtout... couine, couine, couine... dans un lancinant grincement de roulettes mal graissées, il poussait devant lui jusqu'en haut du promontoire, un étrange personnage. Sans doute le dénommé Albert.

Ce dernier avait l'apparence d'un valet de qualité avec perruque et livrée impeccable. Il en avait d'ailleurs aussi le port, sévère, et l'expression, marmoréenne. Assurément un tout autre standing que Gros Pierre. Couine, couine, couine... pourtant, toute la moitié inférieure de son corps n'était qu'un pied en bois terminé par quatre roulettes de métal. Albert n'était qu'un automate.

Aussitôt à sa portée, sans mot dire, le Chevalier s'empara des deux fusils, en vérifia le chargement, puis installa près de lui, légèrement en retrait, l'automate. Il remonta à fond la volumineuse clef plantée dans le dos d'Albert. Gros Pierre, les yeux écarquillés de terreur regarda faire son maître quelques instants puis, se sentant de toute façon impuissant, détala ventre à terre.


Presque aussitôt, une douzaine d'Hommes Naturels, emplumés et armés jusqu'aux dents de casse-têtes et autres haches de pierre, apparurent au loin, s'avançant l'air déterminé vers le chevalier.

Celui-ci épaula la première de ses armes, arma le mécanisme en silex puis attendit, droit comme un i. Derrière lui, Albert, bien que remonté à bloc, restait toujours immobile, les bras figés dans une étrange danse interrompue.

Quand les Hommes naturels furent suffisamment près, le chevalier déclencha le mécanisme. Pffffouu. La balle atteignit le premier guerrier au front, créant une certaine panique dans le rang des Naturels.

Le chevalier, quant à lui, gardant un calme impressionnant, saisit sa deuxième arme d'une main, tandis que, de l'autre, il confiait le fusil encore fumant aux mains insensibles de Albert. Aussitôt l'arme entre ses mains de porcelaine, Albert prit vie et, dans une suite de geste implacablement réglée commença à recharger. Pendant ce temps, le chevalier avait déjà épaulé sa deuxième arme.

Cet étrange ballet à deux, homme et machine, dura de longues minutes. Devant l'inattendue cadence de tir de cet homme seul, les Naturels n'avaient eu d'autre recours que de se disperser pour tenter de s'abriter derrière les maigres obstacles naturels qui s'offraient à eux. Déjà, cinq d'entre eux gisaient à terre, mortellement touchés par les armes consciencieusement déchargées par le chevalier et rechargées par son allié mécanique.

Le chevalier, qui venait cette fois-ci de manquer sa cible, se retourna pour se saisir de la deuxième arme des mains d'Albert. Pourtant, celui-ci ne la tendait pas à son maître humain. La gestuelle minutieuse sans doute légèrement déréglée par les rudes conditions naturelles ou par le manque d'entretien n'avait pu aller au bout de la série et l'automate s'était figé en position d'attente. La baguette servant à bourrer la charge au fond du canon était brisée et, visiblement, coincée dans le canon, rendant l'arme inutilisable. Comble de malheur, l'incident imprévu avait momentanément déprogrammé l'automate.

Le chevalier se retourna, son unique arme déchargée à la main. Mus par un instinct sanguinaire, les guerriers survivants avaient abandonné leur cachette et se dirigeaient vers le promontoire, bien décidés à venger leurs compagnons.

Le chevalier eut une moue ennuyée alors qu'il tirait son épée :

"Pourquoi diable n'ai-je point fait confiance à cet ingénieur autrichien que je croisai la dernière fois au Palais Royal ? Si j'avais adopté sa toute nouvelle carabine à rechargement automatique, je ne serais pas dans un si grand embarras..."

 
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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 11:37

Comme chaque amateur éclairé de jeu de rôle s'en doute, quand on est un peu bloqué dans l'écriture des règles d'un jeu, il n'y a pas 36 façons de retrouver la foi et la motivation, il n'y en a qu'une : se pencher sur le chapitre des gros guns qui tuent.

C'est donc en suivant cette saine tradition rôlistique que je me suis penché voici quelques temps sur le cas des armes pour Terra Incognita. Bah oui, soyons sérieux : au bout d'un moment, la Sérendipité, les contes philosophiques, les cabinets de curiosités, ça va bien. Va donc falloir aussi penser au matos à viander.

Pourtant, si il y avait bien un domaine des vastes connaissances humaines où je me trouvais béotien (en dehors, à la rigueur, de la physique quantique...), c'est bien celui des armes. A fortiori les armes au début du 18ème siècle. Je me suis donc procurer un peu de documentation sur ce sujet pointu grâce à cette bonne vielle bibliothèque municipale et, évidemment, à Internet. Et là, c'est la claque. Je me suis bien fait piégé et j'ai découvert une période tout à fait fascinante en ce qui concerne l'évolution des techniques d'armement. Benoîtement, je situais l'âge d'or rôlistique des gros flingues dans le cadre des jeux cyberpunk et autre futur proche avec les polymères-un-coup, les smartguns et autres triangulations optiques. Et bien franchement, Guns 1720 dame le pion à 2020.

Quand on veut bien y penser, ce n'est pas si surprenant que cela. Après tout, depuis la mise au point à la fin du 19ème siècle/début du 20ème siècle des munitions à percussion et de l'alimentation automatique par chargeur, les armes à feu contemporaines ont atteint une sorte d'absolu. Difficile de faire mieux en attendant le laser ou autre arme énergétique improbable et donc réservées aux jeux de futur lointain.

Alors qu'en 1720, on est en pleine période d'expérimentations en tous genres. Le fusil à silex est en train de s'imposer mais d'autres mécanismes (à mèche, à rouet...) continuent d'exister. Surtout, bien que représentant une amélioration certaine par rapport à ses prédécesseurs, le fusil à silex est loin d'être idéal : par exemple, le risque de long-feu est encore important et le temps de chargement reste encore horriblement long. D'astucieux armuriers cherchent alors des solutions tout azimut et, franchement, je n'aurais pas pensé que tout cela pouvait exister au 18ème siècle : armes automatiques, armes à air comprimé...

Bien sûr, toutes ces technologies sont souvent expérimentales et ne voient parfois le jour qu'à la fin du 18ème siècle. Mais, peu importe, cela donne du grain à moudre aux ingénieurs uchroniques qui, grâce aux nouveaux alliages et nouvelles composantes chimiques ramenées des Pays de Nulle Part par nos courageux Voyageurs, vont pouvoir, dès 1720, construire ces prototypes pour leur propre usage... et pour celui de leurs camarades les plus téméraires ne craignant pas une explosion en plein visage.

Il reste maintenant à traduire tout cela en règles, à la fois de combat mais aussi de construction et d'amélioration d'armes uchroniques. C'est en cours. Mais, paradoxalement, la difficulté est maintenant inverse à celle d'avant mes recherches documentaires : ne pas rendre tout cela trop complexe !

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 16:34

Comme bien souvent, je draguais au hasard les rayons de ma librairie préférée en me disant, de façon un peu perverse (hum, avec draguer et pervers dans la même phrase, les moteurs de recherche vont adorer cet article ;- !), que je pourrais certainement phagocyter l’une ou l’autre de ces nouveautés au profit de Terra Incognita.

Le bingo intervenait au rayon BD. Mon regard y était intercepté par la couverture du dernier Tronchet et surtout par son titre, très évocateur : Le peuple des endormis. Voyant quelque jabot et chapeau à plume sur la couverture, mon regard acéré venait d’identifier une œuvre potentiellement utilisable. Je feuilletais donc et là, ça se confirmait : époque Louis XIV mais aussi et surtout voyages lointains, animaux empaillés pour des cabinets de curiosité… tout cela me semblait bel et bon pour moi !

Evidemment, je me décidais aussitôt à ne pas l’acheter… pourquoi ? Bah d’abord, je ne suis pas trop fan de BD en général. Et je n’accroche pas forcément au style de Tronchet en particulier. Et puis surtout, la BD indiquait qu’il s’agissait là d’une adaptation d’un roman d’un certain Frédéric Richaud, qui cosigne l’album. Bref, je me dis qu’il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints et, préférant la littérature écrite avec des mots, je me mets en quête du roman éponyme. Rien. Nada. Je surfe donc sur Internet (d’où l’expression : « Nada ? Surfe ! ») pour recherche une trace de ce roman et le commander fissa. Rien non plus. Trop fort : l’adaptation d’un roman qui n’existe pas. Décidément, ce mystère me plaisait bien. Mais ne m’avançait guère pour autant…

J’avais un peu lâché l’affaire quand, un autre jour où je me livrais à cette même occupation en librairie, je tombe sur… un nouveau roman de Frédéric Richaud. Ah, il s’appelle La ménagerie de Versailles. Tiens, tiens, Versailles, hein ? 4ème de couverture : « Depuis que Louis XIV s'est fait construire une ménagerie non loin de son palais de Versailles, le marquis de Dunan ne dort plus. Et s'il fournissait au Roi une bête féroce, au côté des pélicans et des autruches qu'admirent déjà les courtisans ? Sa gloire et sa fortune seraient faites... Mais Dunan court en vain les foires du Royaume : les spécimens intéressants sont rares. Il en faudrait plus pour décourager notre homme, qui se lance alors dans une folle aventure où les fauves ne sont pas toujours ceux qu'on croit... »

Mouaif, c’est en fait le roman que je cherchais. Le fin mot de l’histoire, c’est que l’adaptation en BD a eu lieu AVANT la publication du roman et que, pour différentes raisons (notamment car il y a quand même quelques différences entre les deux), le nom du roman a finalement été changé. Dommage, le nom de la BD me plaisait mieux. Enfin, pas rancunier, j’achète le roman et, dans la foulée, paf, je le lis.

Les mauvaises langues diront : « pas bien difficile », rapport au fait qu’il s’agit vraiment d’un court roman (moins de 200 pages très aérées). Comme on le sait, la longueur ne fait rien à l’affaire. De fait, c’est bien. Très sympa à lire. L’histoire est intéressante, la fin amusante (c’est un livre à chute donc je ne dirai rien de plus), les personnages attachants. Surtout, le style de Richaud est simple et élégant : c’est vraiment une langue tirée au cordeau avec sujet-verbe-complément  et allégement systématique du gras (multiplications d’épithètes, métaphores douteuses…). Très agréable.

En ce qui concerne Terra Incognita, le bilan n’est pas nul non plus. Bien sûr, il s’agit d’un roman d’inspiration historique sans une once de fantastique. Toutefois, comme je le disais plus haut, la trame pourrait tout à fait être celle d’un scénario pour le jeu : un noble cherche à faire plaisir au Roi-Soleil et, pour ce faire, réunit une petite équipe hétéroclite (prêtre, capitaine, dessinateur-empailleur…) pour monter une expédition vers un pays inconnu. Il en ramènera des trésors… et pas mal d’emmerdes. Si on remplace le pays lointain par un Pays de Nulle Part et qu’on y ajoute 1 ou 2 touches de fantastique, on a un parfait scénario Terra Incognita.

Note : adaptation à faire pour (beaucoup) plus tard…
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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 13:12

Après vous avoir parlé d’une impressionnante somme d’un auteur américain autour du sujet de Terra Incognita (The baroque cycle… pour les infidèles au poste)… mais que je n’avais pas encore lu, je vais vous parler d’une impressionnante somme d’un auteur américain autour du sujet de Terra Incognita… mais que j’ai lu cette fois-ci ! De plus en plus fort.

Bon, en fait, je n’en ai lu que deux tomes. Il faut dire que le cycle dont je vais vous entretenir, L’âge de la déraison de Gregory Keyes, n’est pas une trilogie, non, madame, c’est une tétralogie (4 volumes pour ceux qui préfèrent les noms non-pédants). Mais où s’arrêteront-ils ces américains, où s’arrêteront-ils ?!

En ce qui me concerne, 2 sur 4, 50 % de « read ratio », ça me suffit, je n’ai pas tant que ça de temps à perdre non plus…

Le petit Gregory est donc un assez jeune auteur de SF américain qui après deux romans plutôt dans le style de la fantasy (pas lu…) s'est imposé avec, donc, L'Age de la déraison, sa tétralogie évoquant un XVIIIe siècle parallèle (limite perpendiculaire même…) constitué de Les Démons du roi-soleil (Grand prix de l'Imaginaire 2002), L'Algèbre des anges, L'Empire de la déraison et enfin Les Ombres de Dieu. Pour les curieux fauchés et malgré les jolies couvertures des éditions actuelles, attendez encore quelques jours : le cycle va être dispo en poche chez Pocket SF courant Mars 2007.

Bon, vous commencez à me cerner : Roi-Soleil, 18ème siècle parallèle, jolies couvertures avec photomontage… paf, ni une, ni deux, j’achète et je phagocyte pour le contexte de Terra Incognita.

Oui. Mais en fait, non.

Le fait que j’ai arrêté les frais au deuxième volume est certes l’indication que je ne suis pas garçon à me décourager si vite mais faut pas abuser quand même. Bref, je me suis bien fait chier à la lecture de cette moitié de tétralogie. Disons le tout de suite, malgré quelques prometteuses pistes, malgré Louis XIV, Newton et les autres, l’ambiance de ce bouquin s’éloigne à des lieues de celle que je souhaite donner au monde de Terra Incognita.

Comme moi, vous ne trouviez pas La lune et le Roi-Soleil de Vonda McIntyre assez fantastique et uchronique ? Comme certains lecteurs, vous trouvez le Baroque Cycle de Stephenson trop bavard et pas assez concentré sur l’action ? En lisant L’âge de la déraison, vous allez vous en prendre plein la gueule : les bateaux volent, les villes explosent (siii !), y a des démons partout, pis des anges aussi pour faire bonne mesure…

D’aucuns pourront y trouver leur compte de rebondissements et d’action (encore que, franchement…) mais dans l’optique « je lis avec un surligneur pour piller des idées », c’est sec. On s’éloigne tant et tant de l’Histoire qu’à la fin on se demande bien pourquoi Keyes n’a pas plutôt créé un monde de fantasy original aux décors et à l’ambiance seulement inspirée d'assez loin par notre Histoire moderne ou, plutôt, par nos récits de cape et d’épée.

Pour moi, la déception vient surtout du fait que, justement, tout part pour faire de ce récit une belle uchronie fantastique. Un des points de départ est la double face de l’illustre Newton dont on sait qu’il est à la fois le père de notre science moderne et un des derniers alchimistes qui croyait réellement à cette « science ». Mais, dans ce cycle, le personnage devient vite une sorte de Gandalf dépressif sans lien avec le personnage réel. De même, Keyes s’amuse à introduire des machines de SF dans son 18ème siècle : machine à communiquer façon TSF, bateaux volants… mais il omet alors de faire de son univers une uchronie. Comment est-il possible que le Tsar de Russie puisse aligner une flotte de centaines de bateaux de guerre volants et que, dans le même temps, ces formidables inventions n’aient pas été utilisées pour les communications, les échanges commerciaux, l’agrément des grands nobles… ? Keyes n’a retenu que l’aspect amusant pour l’action (poursuites, combat…) de ces inventions et pas du tout leur aspect uchronique.

On pourrait dire alors : « mais tout ça est très bien pour un jeu de rôles justement ! ». Je ne suis pas d’accord. Tout simplement parce qu’on n’y croit pas une seconde. Où est dans ce récit le plaisir de l’Histoire si celle-ci est déformée à ce point ? Contrairement au Baroque Cycle (enfin, d’après ce que j’en sais…), l’innovation scientifique et technologique n’y est pas plausible et l’imaginaire de référence n’a rien d‘authentique non plus.

Ce décor en carton pâte fait un peu penser à celui du jdr 7th Sea … et encore ! On serait plutôt dans une sorte de version super-héros très américanisée de nos récits de cape et d’épée.

Un peu comme si Jean Marais se faisait casser la gueule par les 4 Fantastiques, vous voyez ?



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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 17:43

Alors que je surfais sans but précis sur différents sites et blogs rôlistes pour faire ma petite collecte d’infos habituelle sur le PLF, voilà t’y pas que je tombe, sur le blog de Hugin & Munin,  sur la couverture du bouquin qu’un des deux Hu-Mu (je ne sais plus si c’est Cédric ou Philippe, pardonnez-moi, je sais, c’est moche…) est en train de lire. Je me dis d’abord : « Tiens, un bouquin de Neal Stephenson ? J’ai pas trop aimé Le samouraï virtuel et L’âge de diamant… voilà donc un bouquin que je ne lirai pas. » Et puis je vois le sous-titre, « The baroque cycle ». Ah ? quoitèsse ? Je veux que Terra Incognita soit un jeu à l’ambiance baroque alors dans le plus grand des hasards, je me lance à la pêche aux infos.

Il semble donc qu’à l'issue de près de 10 ans de travail préparatoire le « Cycle Baroque » soit le monument de Neal Stephenson, un auteur habituellement catalogué « post-cyberpunk » : ce monument est constitué de 8 livres regroupés dans l’édition US en trois volumes d’environ 1000 pages chacun ne formant qu'une seule et même histoire et nous plongeant dans le bouillonnement intellectuel et scientifique qui a secoué l'Europe (avec quelques passages dans des contrées lointaines et exotiques) de 1650 et 1720.

Le roman est conçu comme la « suite » du Cryptonomicon, un des best-sellers de l’auteur. Dans le style, rétro-science, l’auteur nous entraîne dans l’exploration des multiples innovations scientifiques et techniques de l’époque, le tout baigné de l’étrange contexte alchimiste dont on sait que le plus grand savant de l’époque, Newton, était aussi un fervent adepte.

Le roman reste néanmoins en marge des grands événements scientifiques et politiques du siècle, attaché aux destins de trois personnages fictifs, Daniel Waterhouse, Jack Shaftoe, et Eliza. Un savant, un soldat de fortune, et une femme fascinante. Leurs aventures les amènent de Vienne à Versailles en passant par La Haye et le Saint Empire, le tout dans un style volontiers picaresque.

Ouh, pitin… 1650 à 1720 ?? baroque ?? picaresque ?? contrées lointaines et exotiques ?? alchimie ?? Newton ?? Raaaaah, Neal, sort de ce corps !! C’est Terra Incognita, le roman ou quoi ce truc ? Et en plus, n’aimant pas spécialement ce que j’ai pu lire de Stephenson, je ne suivais pas du tout les sorties de cet auteur et je n’en ai donc jamais entendu parler alors que c’est sorti en 2004 quand même. Autant dire que je suis à la fois très en colère d’avoir laissé passer cette info depuis presque 3 ans et en même temps super excité à l’idée de pouvoir lire cette œuvre que j’espère bien phagocyter au maximum.

Ah mince. J’oubliais juste un détail. Mon niveau d’anglais est, disons, scolaire mais plutôt scolaire fond de classe pas trop loin du radiateur, vous voyez ? Donc : me taper environ 3000 pages dans la langue de Newton et de Paris Hilton (si, si, c’est la même…), ça va juste pas être possible. Beeuuuuh, c’est pas possible de passer à côté d’une telle mine d’inspiration pour Terra Incognita. Vite, messieurs les éditeurs, une traduction !!!! Sur ce point, il semble que le titre ait été acheté par Denoël pour sa collection de SF, « Lunes d’encre » et qu’un début de traduction ait été commandé en guise de test. Ceci dit, l’éditeur se tâte et hésite à sortir 3000 pages comme ça, sans être certain du succès. Alors, franchement, je croise les doigts et j’espère que la tradu va sortir quand même. Et assez rapidement si possible. Siouplait, siouplait…
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30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 17:44

A l’inverse de l’inspi précédente, voici, je crois bien, le premier roman que j’ai lu en pensant au contexte de Terra Incognita. Je l’ai trouvé tout à fait par hasard, sur Internet, en lançant une recherche bibliographique avec Roi-Soleil en mot clef. Imaginez ma joie : la thématique Lune/Soleil et un roman présenté comme une uchronie fantastique à l’époque de Louis XIV… miam-miam, me dis-je !

Surtout, j’ai tout de suite flashé sur la couverture : très beau montage photo (si, si, je vous jure : c’est un montage…) sur le thème des monstres marins. C’est super important : pouvoir se faire des images, autrement que dans sa tête bien sûr, autour du contexte que l’on imagine. Par contre, si j’avais du me contenter de la kitschissime couverture ricaine, je serais sûrement resté sec question imaginaire…

Enfin, ce qui ne gâtait rien, l’auteur n’est pas n’importe qui : Vonda McIntyre, qui commet ces derniers temps, il est vrai, surtout des novellisations de Star Wars ou de Star Trek, est une auteur de SF d’expérience qui a déjà eu de nombreux prix. Justement, ce roman a lui même reçu le prestigieux Nebula.

Je me lançais donc avec avidité dans la lecture de ce roman, prêt à saisir au rebond toutes les bonnes idées qui pourraient n jaillir pour vivifier mon propre contexte uchronique. Alors justement, contrairement à ce qu’annonce la 4ème de couv et l’auteur elle-même dans sa préface : ce n’est PAS une uchronie. C’est une histoire qui relève plutôt de l’Histoire secrète et fantastique.

Le pitch ? (non, David, il n’y a pas de département magnétique dans celui-ci non plus…)

En 1693, le père jésuite Yves de La Croix, féru de philosophie naturelle et de science moderne, explorateur au service du Roi Louis XIV, ramène à Versailles un couple de créatures marines capturées dans les mers sauvages du Nouveau Monde. Aidé de sa jeune soeur qui, loin des intrigues de la cour, se voue à l'étude des sciences naturelles, protégé par le Roi qui espère découvrir le secret de l'immortalité, il cherche à percer les mystères du chant de ces sirènes vivantes. Le naturaliste se livre alors à toutes sortes d’expérience pendant que les créatures fantastiques, maintenues captives dans un des bassins des eaux de Versailles, servent de centre d’intérêt à la Cour. La sœur de Yves de La Croix, elle, tente, jour après jour, d’entrer en contact avec une de ces créatures qu’elle pense douée d’intelligence…

Franchement, très jolie idée. Et puis, en ce qui me concerne, les thématiques de Terra Incognita y sont copieusement abordées : retour d’une expédition vers des Terra Incognita, volonté du Roi d’en exploiter les potentialités, créatures fantastiques, l’ambiance de la Cour, le père jésuite qui ferait un très bon PJ… Pain béni ! Par contre, comme je le disais plus haut, pas d’uchronie. Sans tout raconter pour ceux qui voudraient le lire, l’épisode est présenté comme ayant réellement existé et ayant été tenu secret. Il n’a, de fait, en rien changé l’Histoire. Ce n’est donc pas une uchronie.

Et donc, à part ça, ce roman, il vaut quoi ? Bon, déjà, Vonda est américaine. Bah, ça se sent. J’ai le sentiment qu’elle s’est beaucoup documentée sur une Histoire dont elle devait connaître peu de choses… et que ça l’a proprement fascinée. Sans doute même plus que son idée de monstres marins. Résultat : on a droit à des descriptions à n’en plus finir de la vie à Versailles, de l’étiquette de Cour, à tous les lieux communs sur Versailles (genre : vous saviez qu’on y faisait pipi dans les couloirs ?), aux intrigues des courtisans... C’est très long, très lent et, pendant ce temps, les pauvres monstres marins moisissent dans leur bassin sans être au centre de l’intrigue comme on l’espérait.

Il faut vraiment attendre le dernier quart (et encore…) du livre pour voir le récit revenir à son sujet central et nous proposer enfin une certaine envolée de l’intrigue principale. Du coup, celle-ci est assez peu exploitée et on reste sur sa faim. Surtout : que c’est lent ! Assurément, si je n’avais pas lu cet ouvrage avec l’œil pervers du rôliste en maraude, j’aurais lâché l’affaire avant le milieu du bouquin pour passer à autre chose.

Mais ce n’est pas pour ça qu’il ne faut rien en garder. Au contraire même. L’idée centrale est très belle et cadre parfaitement avec Terra Incognita. Donc, c’est décidé, je vais rendre un petit hommage à Vonda et ses personnages en glissant moi aussi une histoire de sirènes et de monstres marins dans le background de mon univers. Par contre, la structure décevante du récit va m’obliger à imaginer moi-même les conséquences uchroniques d’une telle apparition monstrueuse !

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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 17:49

Ce roman au nom intrigant est signé Xavier Mauméjean (auteur adepte du roman à énigme et de l’uchronie). Il a été publié en 2004 chez Mnémos, a reçu en 2005 le prix Rosny aîné décerné par l'ensemble des participants à la Convention française de science-fiction et est finalement disponible depuis peu au format poche. Pour être tout à fait complet, il faut préciser que le roman a été d’abord une pièce radiophonique pour France Culture (et oui…) puis une nouvelle.

L’idée de La Vénus anatomique existe donc depuis longtemps et j’avais repéré très tôt cette nouvelle (à l’époque) comme étant une source d’inspiration possible pour le projet que je commençais déjà à faire bouillir dans la marmite de mon petit cerveau.

Le pitch ?

En 1752 le et philosophe Julien Offray de La Mettrie passe des jours paisibles à Saint-Malo. La Mettrie, chirurgien, chercheur mais aussi un peu philosophe, est connu comme l'auteur de L'Homme-machine, publié anonymement en 1747 et qui lui valut bien des ennuis. C’est à Saint-Malo, donc, que le Secret du Roi (Louis XV, le roi) vient le chercher pour l’engager afin de relever un défi proposé à toute l’Europe par Frédéric II de Prusse : concevoir un nouvel Adam. Rien que ça ! Pour réussir cet invraisemblable pari, il faut une équipe de choc : le Secret adjoindra donc à La Mettrie, Vaucanson, le créateur d’automates, Fragonard, le frère de l’autre ou encore le célèbre Chevalier d’Eon…

Bon, y en a un peu plus : je vous le mets ? OK, alors, disons : Diderot, Bach, Casanova, l’architecte visionnaire Ledoux… Donc, pas d’ambiguïté : il s’agit bien d’une uchronie (tous ces gens ne se sont pas rencontrés, surtout pas dans cette occasion). Et on est bien en plein 18ème siècle. Vous comprendrez mon grand intérêt devant l’exercice de style, n’est-ce pas ? Bien sûr, il s’agit du milieu voire de la fin du 18ème siècle alors que Terra Incognita se concentre sur la fin fantasmée du règne de Louis XIV. C’est sûr : les mêmes hommes, les mêmes évènements ne pourront se retrouver dans les deux uchronies. Mais, outre le principe similaire, l’ambiance qui se dégage de l’œuvre est forcément, à 30 ans près, assez similaire au rendu que je souhaite pour mon univers de jeu.

Outre l’uchronie, c’est son aspect fantastique qui séduit aussi dans cette œuvre. Elle paraît dans une collection de SF et c’est vrai que la vision du Panopticon de Ledoux (voir illu ci-dessous pour un vrai projet de l’architecte) peuplé de soldats automates crées notamment par Vaucanson relève en effet de la « rétro-fiction ». De même, je compte bien peupler Terra Incognita d’automates sophistiqués, d’engins à vapeur ou de dirigeables… autant d’inventions qui ne datent pas vraiment de la période du jeu (1720) mais qui sont toutes dans l’air du temps et qui s’apprêtent à prendre forme entre leurs mains de leurs créateurs. Alors, si l’uchronie donnent à ces créateurs les moyens d’accélérer leur travail, on peut imaginer un aboutissement de leurs travaux avant le terme historique. Même logique que dans le roman de Mauméjean, donc.


Bon, au fait, il est comment, ce roman ? Bah : il est très bien. En plus, il est super bien écrit, ce qui n’est pas si fréquent pour les romans de SF ou apparentés (voire quelques inspis suivantes dans cette rubrique…). L’auteur présente son récit sous forme des mémoires de La Mettrie et emploie donc un langage inspiré de celui du 18ème siècle, qu’il manie avec une aisance remarquable dans pour autant tomber dans le pastiche pesant. C’est fait avec humour et un grand sens de la répartie. C’est un peu, en plus noir, le ton d’un film comme Ridicule. Un vrai bonheur. Mais un peu intimidant pour celui qui veut ensuite s’y coller. Surtout en ajoutant des trucs aussi littéraires que « Jetez 2 D6+3 pour calculer votre Init. »…

L’intrigue est un tout petit peu plus décevante. Très enlevée et passionnante au début et même sur les 2/3, on sent fortement que la fin subit un traitement accéléré qui est, parfois, à la limite du compréhensible. Dommage : c’est la partie qui s’intéresse le plus au cœur du sujet. C’est un peu comme si l’auteur avait été plus passionné par les préliminaires et les à-côtés de son sujet plus que par ce dernier.

Enfin, ne finissons pas sur une note négative quand même : c’est, de loin, le meilleur roman contemporain que je présenterai (jusqu’à nouvelle découverte bien sûr) dans cette rubrique.

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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 17:18

Allez, hopopop, elle ne va pas se remplir toute seule cette catégorie Terra Incognita. Plutôt que de revenir aux origines de ma réflexion et de mes recherches sur cet univers, je vais commencer par le plus frais dans mon esprit.

Ainsi, durant les vacances de Noël, ceux qui n’avaient pas été terrassés par la crise de foie ou par le robot « raptor » du petit dernier ont pu savourer à la télé une vraie perle : une version filmée des Aventures du baron de Münchhausen datant de 1943.


Ouah l’autre ! Comment il se contredit trop ! Les Aventures du baron de Münchhausen, comme chacun sait ( ??), datent de la fin du 18ème siècle, vers 1785. Cela ne rentre pas dans la fourchette définie : entre 1650 et 1750. Alors, d’abord, je vais ce que je veux, hein ? C’est AUSSI pour ça qu’il est intéressant de faire son propre jeu. Ensuite, les chercheurs en littérature s’accordent à dire que les aventures du baron, telles qu’elles furent rédigées à la fin du 18ème siècle ne sont que l’aboutissement d’une tradition orale plus ancienne (un peu style Homère et l’Odyssée, vous voyez ?). Donc je dis : et toc. Et puis aussi : nananananère. Non mais.

Dans tous les cas, il était évident que le baron, son non-sens et ses forfanteries devaient, depuis les souvenirs émus d’une version animée de Jean Image qui a bercé l’imaginaire de mon enfance, absolument faire partie des sources d’inspiration de Terra Incognita.

Dans ce but, j’ai visionné depuis longtemps la version de l’excellent Terry Gilliam. Décors magnifiques, baron haut en couleurs… mais au final un peu déçu. En dehors d’un début vraiment excellent (la première demi-heure) sur lequel je vais revenir, le reste se perd dans la confusion et s’éloigne beaucoup du texte original.

Bien que resté un peu sur ma faim avec cette version, je ne connaissais pas du tout celle de Josef von Báky diffusée donc sur Arte en Décembre. Bon, au début, ça fait un peu peur. Un film allemand. Daté de 1943. Je ne vous fais pas un dessin.

Ce qui rassure, c’est l’identité du scénariste ayant réalisé l’adaptation du texte pour le cinéma : Erich Kästner a été plusieurs fois arrêté par la Gestapo et ses œuvres ont été brûlées lors des autodafés nazis. Cela permet de situer l’œuvre dans le cadre de la propagande nazie : il ne s’agit pas d’une œuvre de propagande idéologique mais une œuvre de pur divertissement (toutefois sur un sujet lié à l’identité nationale allemande) destiné à une population qui commence à subir de terribles bombardements et privations.

En tout cas, pour moi, grosse satisfaction. Contre toute attente, j’aime beaucoup mieux cette version que celle de l’ex-Monty Python. Alors bien sûr, je vous le confirme : les décors et effets spéciaux ont fait de considérables progrès en 65 ans de cinéma. Mais cela confère un charme un peu suranné au film et cela ne gâche pas le plaisir, bien au contraire. De plus, les moyens mis au service du réalisateur sont considérables pour l’époque. Ainsi, pour une scène apocryphe, l’allié italien a autorisé la mise en circulation de gondoles d’époque dans de vrais extérieurs vénitiens. Très chouette.


En effet, il y a des scènes, comme dans le Gilliam, qui ne figurent pas dans le récit original. Pour les deux réalisateurs, il s’agit de résoudre efficacement l’impossibilité d’adapter au cinéma, tel quel, le récit originel, trop archaïque, constitué de scènes juxtaposées, sans lien réel entre elles. Gilliam le fait remarquablement par la mise en abyme du récit en partant de l’idée de l’adaptation au théâtre des aventures du baron et de l’irruption d’un énergumène déclarant être le vrai baron de Münchhausen.

Von Bàky a une approche que je qualifierais de plus « rôlistique ». Il décide de recréer tout un univers historico-fantastique mêlant les éléments du récit originel avec les autres mythes ou traits saillants d’un 18ème siècle fantasmé : Cagliostro, Casanova, les fastes de Versailles, les plaisirs d’une Venise décadente… tout ça et plus encore s’est donné rendez-vous dans un joyeux foutoir télescopant l’histoire originale du baron dans un déluge de scènes à grand spectacle. Finalement, tout cela n’est pas si éloigné de la démarche de Terra Incognita, même si ce dernier s’intéresse à la période antérieure.


Malgré ce parti pris, le film est assez proche de l’original avec la scène du boulet de canon, celle du serviteur supersonique, le voyage vers la Lune… Toutefois, comme pour le film de Gilliam, tout le récit ne se retrouve pas mis en film. Dommage, j’aurais bien aimé voir la scène du cheval coupé en deux mais qui continue d’avancer sur ses seules pattes avant…

Pour Terra Incognita, on conservera donc deux choses : le fantastique illogique du Baron et cette façon, spécifique au film allemand, de mélanger histoire et pure fantaisie pour notre plus grand plaisir.
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15 janvier 2007 1 15 /01 /janvier /2007 14:58

Bon, c’est encore Janvier, c’est encore le temps des bonnes résolutions.

Donc, ma bonne résolution 2007 pour ce blog, c’est décidé : alimenter enfin la rubrique Terra Incognita !

De quoi ? Késako ? Was ist das ?? Oui, je sais, seuls les plus curieux et perspicaces d’entre vous avaient remarqué l’existence dans les rubriques de ce blog et ce depuis sa naissance (eyh, vous avez vu : on a dépassé les 100 articles depuis peu !) de ce curieux intitulé. Au pire, vous aviez cru à un bug rapport au fait, indéniable, que cette rubrique n’a jamais été remplie du moindre article depuis maintenant plus d’un an donc.

Tout cela, c’est fini. En route, levons les voiles, larguons les amarres et voguons vers les Pays de Nulle Part !

Pour résumer, Terra Incognita est un projet de jeu de rôles sur lequel je travaille personnellement depuis plusieurs années (3 ou 4, à la louche). Avec la création de Mondes en Chantier, David est bien évidemment venu m’apporter son aide et ce blog devait devenir, comme il se doit, le lieu de partage et d’exposition de notre travail commun. Tout cela a pris un peu de retard, certes, mais reste plus que jamais d’actualité alors : allons-y !

En 3 lignes, Terra Incognita est un jeu souhaitant réussir à concilier deux goûts personnels, jugés trop souvent contradictoires : le goût de l’Histoire et celui pour les fantaisies de l’imaginaire. L’univers du jeu est donc une uchronie littéraire située au début d’un 18ème siècle alternatif.

Pour résumer, le postulat de départ est que l’essentiel du contenu de la littérature d’imagination (contes, fables, voyages extraordinaires, utopies…) de l’époque, grosso modo entre le milieu du 17ème et le milieu du 18ème siècle, existe réellement. Ainsi, le Chat Botté, les animaux anthropomorphes, les voyages sur la Lune, les Pays de Nulle Part, les îles volantes… existent tous et agissent dans l’univers de Terra Incognita. Ce sera aux Voyageurs, héros de cet univers baroque, de les explorer et d’y vivre de nombreuses aventures.

Le jeu nécessite donc une longue mais passionnante double exploration de la documentation à la fois historique et littéraire. Alors que les règles et les premiers scénarios sont en cours de rédaction, je pourrai ainsi vous faire part régulièrement dans cette « nouvelle » rubrique de quelques unes des sources d’inspiration de Terra Incognita.

A très bientôt, donc, vers les Pays de Nulle Part…
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Le garage où les M.e.C. rangent leurs fichiers PDF étant devenu un fameux bordel, en voici une nouvelle version plus mieux. Un clic et c'est parti !


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Du matos pour Hellywood préalablement publié dans les défunts Carnets de l'Assemblée : la description d'un rade comac et un scénario qui s'y déroule entièrement (ou presque).

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Du matos pour Warsaw préalablement publié dans les défunts Carnets de l'Assemblée : une faction atypique accompagnée du scénario qui va bien.

http://img.over-blog.com/500x702/0/06/06/51/n-5/factions-warsaw-cover.jpgUne mini-aide de jeu pour Warsaw (la liste des factions).
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Un scénario expérimental car bi-classé Te Deum pour un massacre et Hellywood (et ouais). Publié jadis dans les Carnets de l'Assemblée.
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Une contribution à l'ouvrage Jouer avec l'Histoire proposée par l'éphémère éditeur en bonus sur son site web. Sujet : le surnaturel dans les jeux historiques.

Mea Rouia, un gros scénario exotique
pour Maléfices avec les aides de jeu et les prétirés qui vont bien (voici aussi la couv' pour les plus bricolos d'entre vous)

Three Card Monte, un scénario sans fantastique pour Hellywood


Fleetwood & Studebaker, une aide de jeu sur les poursuites en voitures pour Hellywood


Deadline !, une variante des règles d'investigation pour le système Gumshoe


Aventures aux Pays de Nulle Part, un jeu hybride entre jeu de rôles sans MJ et de société dans l'univers du jdr Terra Incognita

Voyage, une tentative d'adaptation du système de Dying Earth à l'univers de Rêve de Dragon

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