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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 10:41
Il a fallu patienter un peu pour cause de relecture, avis de l'auteur, corrections, mise en page et toutes ces sortes de choses mais le voici, le voilà : Three Card Monte est un scénario inédit pour le superbe jeu d'Emmanuel Gharbi, Hellywood.


Ceux qui suivent attentivement les petites conneries publiées sur ce blog savent à quel point ce jeu a su me séduire et donc voici ma première preuve d'amour pour l'univers Noir des gangsters, détectives privés et vamps de Heaven Harbor.

N'étant pas, par contre, un forcené de l'injonction de fantastique dans le genre Noir (même si, quand c'est bien fait comme dans Hellywood, ça ne me gêne nullement), vous ne serez pas surpris de trouver là un scénario 0 % fantastique dans la plus pure veine Chandler, Hammet et compagnie. Enfin, je ne parle pas du style littéraire, hein ? Juste de l'inspiration.

Donc, ça se télécharge là ou dans notre garage et ça se commente en dessous si on veut. Bonne lecture et, j'espère, bon jeu !

Ah oui, puis, bientôt, une aide de jeu sur les poursuites en voiture, toujours pour Hellywood.
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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 10:15
Si cette impertinente question s'adresse à l'éditeur John Doe afin de savoir si l'écran et son livret sont disponibles, la réponse est non. On est le 2 Juillet, ça ne faisait qu'une chance sur 15,5 que ça sorte aujourd'hui. Soyez raisonnables.

Si cette agaçante question s'adresse à moi suite à un de mes précédents articles, je dis : eh, ho, ça va, hein.


Tout d'abord, sache, lecteur de peu de foi, que, conformément à ce que j'ai annoncé plus tôt, et bien, en effet, j'ai terminé de rédiger mon scénario "classique" (c'est-à-dire "demon free" pour faire simple...) pour Hellywood. Ca s'appelle Three-card Monte. Dans la série "lers jeux qu'on ne connait pas", après le craps, voici donc le Three-card Monte. C'est en fait une sorte de bonneteau. Mais "Bonneteau chez les rupins", ça allait pour une version relocalisée Nestor Burma de Hellywood (Démontmartre ? Démontparnasse ? Démontsaintmichel ??). Pour une version ricaine, on préférera quand même Three-card Monte.

De même, j'ai finalisé mes petites règlounettes de poursuites en Cadillac, Studebaker et autres Chevrolet. Et en effet, les gars, vous êtes clairvoyants, les règles de JB007 n'étaient jamais loin de mon esprit lorsque je les ai conçues.

Bon, et c'est où ? Popolop, cher lecteur, ne va pas de ce pas vers notre garage. J'ai décidé sagement d'envoyer tout ça à l'auteur de Hellywood, Emmanuel Gharbi afin de recueillir toute sa bienveillance avant d'une mise à disposition. Ouaip : chat échaudé et toutes ces sortes de choses ;-! Faisons les choses bien et dans les règles de la plus exquise courtoisie ludique. Donc, un peu de patience, siouplait.

Au delà de ces deux documents, ce qui est formidable avec le jeu de rôles, c'est qu'il vous pousse à vous renseigner sur des sujets auquel vous n'accordiez pas vraiment d'intérêt auparavant. Je suis donc parti en quête d'informations livresques et webesques sur les USA à la fin des années 1940 et on trouve en fait pas mal de trucs. J'ai commencé à stocker des choses intéressantes sur les modèles de voitures et sur le look des intérieurs de l'époque, je vous en ferai part plus tard quand j'en aurai tiré quelque chose d'utilisable en jeu. Il y aussi d'énormes galeries de photographies libres de droit (ainsi l'illu du haut de cet article) très sympathiques.

Et, comme de bien entendu, je me suis aussitôt replongé dans les classiques du genre. En l'occurence du Dashiell Hammet. Ah, et puis, il y a aussi la musique. Tapez "Count Basie", "big band" ou même "1940s" dans le moteur de recherche de Deezer et hop, vous voilà transporté dans un club de Heaven Harbour.

Bon, bien sûr, il ne faut pas que tout cela tourne à l'obsession. Non, il ne faut pas.

Au fait, je vous ai parlé du nouveau canapé que je viens de me payer ?

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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 08:16
Bon, bon, bon, comme [ALT+R]Fred, notre plus fidèle (seul ?) lecteur, l'a exigé le voici fissa : j'ai tout bien lu mon exemplaire de Hellywood, le dernier jeu de rôles de chez JohnDoe. Alors hop, compte rendu de lecture.

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Hellywood est un jeu de Emmanuel Gharbi (Monsieur Exil) proposant d'explorer l'univers des années 1940 revisitées par les romans et films noirs (genre Le faucon maltais ou Le grand sommeil) avec une pointe de fantastique parce que quand même on est des putains de rôlistes faut pas déconner quand même merde. On va y revenir. Notons que les hôtes de céans font sans doute partie des rares spécimens de joueurs francophones à s'être essayés à Noir RPG un jeu américain de ce type sorti il y a... oula, y a trop longtemps déjà. C'est dire si on est des sévères quand même. Pour mémoire, il y a même une rubrique "Noir bitume" sur ce blog que David, des fois, remplit d'un petit bidule. Allez, j'y ajoute ce CR.

La découverte du livre débute par une légère déception : la couverture. Très inspirée du comics Sin City, elle ne me paraît pas du meilleur effet avec un logo un peu bateau et un dessin noir et blanc finalement pas très réussi. JD a déjà fait mieux. L'intérieur, évidemment tout noir et blanc, est sobre mais satisfaisant. Les dessins y sont globalement bien réussis, la mise en page agréable et lisible, la feuille de perso élégante. Ce n'est pas RDD2 ou Capharnaum mais ce n'est pas non plus ce quon attend des petits formats JohnDoe. Justement, à propos : Hellywood est littéralement truffé de portraits de PNJ (une centaine, je crois !!) de la plume de Le Grümph. Bien dans le style de ce dernier, ils sont très agréables, très stylés. Hélas, l'abondance de texte, le format A5 et le nombre de pages limité (225 quand même)... font que chacun de ces dessins n'est au final pas plus grand qu'un timbre poste. Que d'efforts pour preque rien ! Espérons que JD les réutilise dans un prochain supplément ou qu'ils soient proposés dans un PDF (pourquoi pas des cartes à imprimer avec portrait et nom au recto pour les joueurs et secrets pour le MJ au verso : ce serait classe et très utile en partie !) afin de leur rendre justice.

Hellywood, un peu à la manière du livre de base de Crimes, prend l'allure d'un récit subjectif mené par un narrateur. On sait que cela ne donne pas les meilleurs résultats pour retrouver les infos (moins en tout cas qu'un chapitrage "2.1.3 Matos à viander", par exemple) mais ici cela s'impose tant le genre exploré est littéraire. Ce narrateur nous présente d'abord son histoire personnelle ce qui est, en quelques paragraphes bien sentis, l'occasion de nous brosser à grands traits à la fois le genre Noir et les spécificités d'Hellywood, notamment la présence d'être surnaturels. Le gars enchaîne avec un premier survol de la ville d'Heaven Harbor. Cette dernière est une ville semi-imaginaire. En effet, sur Google Earth, si vous entrez ce nom, vous ne trouverez rien. Par contre, si vous entrez Los Angeles, San Francisco et quelques autres villes de la côte ouest et que vous en faîtes une synthèse, vous avez Heaven Harbor. C'éatit aussi ce biais qui était utilisé dans Noir RPG et cela semble très bien convenir au genre où tout se passe dans LA vile plutôt que dans UNE ville. A noter d'un point de vue pratique que le survol en 10 pages de la ville sera plus qu'utile pour se retrouver dans la présentation détaillée de celle-ci plus loin.

Les 12 pages suivantes sont consacrées à l'épineuse question de l'intégration du fantastique dans le genre Noir. Alors ? David va-t-il fuir en huralnt à l'hérétique ? Seul lui pourra vous le dire mais moi : j'aime plutôt. Plutôt car je ne suis pas totalement convaincu par l'utilité impérieuse de l'introduction d'une dose de fantastique dans tout ce qui concerne les D20 et les pizzas froides mais, ici, c'est franchement fait avec goût et intelligence (Monsieur Exil je vous dis...). C'est du fantastique "affleurant" comme on dit parfois. Les démons ne lancent pas des fireball dans la rue, il n'y a pas des hordes de zombies dans les venelles, pas de vampires ou de momies non plus. Encore moins d'elfes ou de nains. Ont été exploités seulement et uniquement les thèmes fantastiques qui recoupent les thèmes du genre Noir. Par exemple, celui du pacte démoniaque, de la corruption ou encore la figure des succubes plus ou moins assimilées aux Femmes Fatales. Au fianl, celui qui veut squizzer le fantastique ne perd pas le bénéfice du bouquin : il lui reste 100 % du système de jeu et 90 % du background (quelques substitutions et hop).

Le chapitre suivant est un fameux morceau. On revient vers Heaven Harbor mais cette fois-ci, suivez le guide  : c'est parti pour 90 pages de description de la ville et, surtout, de ses habitants puisque la description s'émaille de la présentation d'une centaine de PNJs importants. C'est un cas rare, peut-être unique pour un livre de base d'un jeu de rôles de proposer une aussi copieuse description de la ville phare où se déroulent l'essentiel des aventures. En peu comme si le supplément Night City avait été inclus dans Cyberpunk 2020, quoi. C'est très, très appréciable et bien dans la politique éditoriale de JohnDoe qui propose un maximum de "pêt à jouer". Un bémol, toutefois, il est quand même très difficile de s'y retrouver dans le texte massif et peu aéré. Un rappel : mémorisez d'abord très bien le "digest" de 10 pages sur la ville avant de vous lancer dans le reste. Une autre astuce : imprimer le tableau synthétique des PNJs dispo en PDF sur le site du jeu :
Whispers.

Eh, e tlancent pas des dés dans Hellywood alors ? Si, si, ça vient. Avec le chapitre suivant, on en arrive au système de jeu. Il s'agit d'un système original dont le moteur se veut inspiré du craps, un jeu de dés de voyous américains. Les jets se font avec 2D6 ; 7 ou 11, gagné, 2,3 ou 12, perdu, autre résultat, p'têt ben qu'oui, ptêt ben qu'non (varie en fait en fonction des circonstances et/ou des talents du personnage). Pourquoi ? J'en sais rien, il paraît que c'est le craps, ça. J'ai en fait un peur que ce soit une fausse bonne idée à la fa çon du 4 de Kuro qui ne compte pas car il porte trop malheur. En fait, on s'en fout. Aucun joueur français ne connaît suffisamment la culture japonaise pour savoir un truc pareil. Aucun joueur français ne connaît les règles (l'existence ?) du craps. Pour l'ambiance, on repassera. Il reste un moteur de résolution pour le moins peu intuitif.

C'est un peu dommage (même si ça n'est pas très grave non plus) car le reste du sytème de jeu est vraiment excellent à mon goût. Dans un style que je dirais semi-narratif (qui prend systématiquement en compte les spécificités de l'univers mais pas prise de tête imbitable pour autant), il propose un excellent codage du genre Noir. En bref et de façon non exhaustive, on peut noter :
- le principe des Natures autour desquelles se construit un personnage (trait de caractère ou d'identité comme femme fatale, alcoolo, loser, révolté...) ; il y en a pas moins de 35 de proposer ! A raison d'une combinaison de 2 pour chaque perso, cela laisse un très large choix possible.
- le choix des caractéristiques qui, au nombre de 9 et très typées (Trogne, Punch, Mojo...), sont très nettement privilégiées par rapport à une maigre liste de talents (= compétences)
- les Fuckin' Bastard Points, sorte de points d'antihéroïsme qui pemettent de recevoir momentanément un coup de pouce du destin avant que celui-ci ne vous revienne en pleine gueule et avec les intérêts s'il vous plaît (le tout à la discrétion de votre MJ sadique...)
- la roulette russe, astucieusement représentée sur la fiche de perso et qui permet de tenter le tout pour le tout (= obtenir un gros sauvetage ou un gros avantage inattendu dans une situation critique) en cochant un des 6 logements de balle du barillet ... à condition que le D6 ne désigne pas une des balles déjà cochées sinon...
- les "caves" qui sont les réserves de jetons du craps et qui permettent donc de miser des points pour augmenter ses chances...

Bref, plein de très bonnes idées qui aident à se plonger dans l'ambiance Noir tout en faisant son office, c'est-à-dire en offrant une résolution pratique des actions tentées par les joueurs. Du coup, on déplore un peu le manque de place consacrée au système. Moins de 40 pages pour tyout ça, c'est un peu juste. Quand un système de jeu est bon et, surtout, au service de l'univers, il ne doit pas, me semble-t-il, rester dans son coin comme s'il était puni ou indésirable. Quelques pages de plus prélevées dans d'autres copieux chapitres auraient pu permettre de développer ou de mieux expliquer certains points.

On a dans la continuité un petit chapitre croupion qui présente en 8 pages une agence de détectives dont la vocation est d'être l'auberge à scénars de Hellywood. Pour un jeu Noir, je ne suis pas forcément fan de l'idée mais, en même temps, l'absence d'un tel outil aurait été reprochée à l'auteur à coup sûr, alors...

Il reste du lourd, du sévère, du costaud dans ce petit livre bourré jusqu'à la gueule : les inspis et conseils. Habituellement, il s'agit d'un peit chapitre voire d'une page ou deux vite expédiées mais là, il s'agit d'un de sprincipaux chapitres du livre. Tout d'abord, les inspirations sotn ici assumées comme dans aucun autre jdr de ma connaissance (sauf quand, bien sûr, le jeu est explicitement l'adaptation d'UNE oeuvre précise). L'auteur dévoile toutes ses inspirations en détail et les commente. Cela nous fait une très utile synthèse du genre. Viennent ensuite de très copieux conseils sur la façon de rendre le genre Noir aussi bien dans le cours de la partie que dans la conception de scénarios. Très bien et en... 20 pages (quand même !).

Justement, le livre finit par deux scénarios qui, à première vue, me paraissent un peu courts par rapport à la profusion des infos des autres chapitres. Ce n'est pas dramatique dans le sens où... tatatam... Hellywood va avoir le bon goût d'être le premier jeu JD à être doté d'une gamme de suppléments. Gamme réduite puisqu'elle devrait être constituée d'un écran (sans doute avec livret ?) puis, donc, d'une campagne. A suivre très attentivement, donc.

En attendant, au bilan, on notera encore l'incroyable rapport qualité-prix de l'ensemble : un jeu complet avec système original, description de ville et deux scénarios pour environ 30 euros, qui dit mieux ?
Hellywood est sans conteste mon coup de coeur de ces derniers mois et j'ai bien envie de me mettre à gribouiller deux/trois conneries pour ce jeu, à commencer, pourquoi pas ?, par un scénario classique (sans fantastique).
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30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 10:16

marlene.gifAprès s’être de lui-même retiré définitivement de la vie politique, un homme seul, prématurément vieilli, fait les cent pas dans une impasse en marmonnant… Ce pays merdique s’imagine que je vais céder à la pression ? Je lui réserve une surprise ! Tous ces gens n’en ont pas fini d’entendre parler de moi. Ils verront ma photo à la une en sirotant leur café et ils se diront : « J’aurais pas dû le traiter comme ça, j’aurais dû me douter qu’il allait redevenir quelqu’un. » Il va bien falloir que quelqu’un leur apprenne comment ça se passe.

 Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes 

Regardez-le ! Toujours la bonne vieille même histoire, encore un à qui une femme aura été fatale. Il s’y voyait déjà pourtant, ce premier rôle était pour lui ! Et comment lui donner tort, les films noirs sont des affaires d'hommes après tout, mais des hommes qui s'enlisent parfois dans les tréfonds de la crapulerie à cause de leur désir pour une apparition féminine à se damner. « Lorsque je serai au pouvoir, on les pendra tous à des crocs de boucher » aurait déclaré un futur Président*. Depuis il a tout fait pour la retenir cette femme fatale, il l’a amenée à toutes les coteries, il a dansé le sirtaki pour elle après avoir déposé la France à ses pieds, il a couru avec tous les grands de ce monde pour entretenir sa forme et - parce qu’il lui restait quand même de la graisse - il a fait gommer ses bourrelets sur les photos par quelques bons serviteurs afin qu’elle le voit toujours jeune, toujours beau, toujours triomphant. Oui mais voilà : Paulette elle s’en fout de tout ça, elle en peut plus Paulette, elle demande le divorce. Pendant qu’il coule dans le lac, luttant pour sauver son couple, elle se contente de l’observer, implacable derrière ses lunettes de soleil à la mode, comme Ellen Berent dans Leave Her to Heaven**.

Cecilia, you're breaking my heart, lalalalala lalalalaa

Voilà le hic : autant que des détectives, des voyous, des flics et des rien-du-tout transformés en proie des ténèbres, il y a des femmes fatales, poules de luxe, héritières ou dactylos. Indissociable du "privé", la "femme fatale" est un des éléments clés de cet univers angoissant aux franges du fantastique qu’est le Noir. C’est une femme irrésistiblement attirante qui mène les hommes à leur perte.

Les hommes ? Oui, tous les hommes, qui se perdent en conjectures. Qui va garder le parti ? Et qui va garder les enfants ? Le film noir “intériorise” une crise extérieure liée aux incertitudes politiques et économiques qui accompagnent LA crise économique, et il “ extériorise ” une crise intérieure, vécue au sein de la Famille et attribuée à une remise en cause de la fonction sociale traditionnellement dévolue aux sexes. Cette dualité est représentée par une ambiguïté de l’être et du paraître, de la vraisemblance et de la vérité, de l’ordinaire et de l’extraordinaire dans le film noir. C’est cette dichotomie entre surface et profondeur qui est exprimée à l’écran par l’utilisation de la profondeur de champ qui accroît le sentiment de mystère et d’anxiété qu’un récit elliptique a déjà su créer.

Desperate Housewives


Les conflits mis en scène par le film noir sont destructeurs car ils trahissent des passions tantôt politiques, tantôt sociales, qui déchaînent la violence. Portées par des personnages hors normes, les passions ouvrent une brèche dans l’espace diégétique du film noir pour laisser entrer un message subversif. Les ambiguïtés du film noir attisent un conflit qui se joue à l’intérieur du pays entre progressistes et puritains, entre démocrates et libéraux***, entre syndicats et patronat, entre hommes et femmes. Le film noir est la fiction d’un conflit dont il se nourrit, mais il alimente aussi la polémique à travers les ambiguïtés qu’il expose.

Tigres et tigresses


Les criminelles sont des personnages marginaux dans le film noir qui préfère mettre en scène le pouvoir de manipulation de la femme fatale, pouvoir lié au thème érotique abondamment exploité par le thriller. Le film noir nous emmène au-delà du mythe et de l’archétype lorsqu’il met en scène des assassines. The Postman Always Rings Twice (Tay Garnett, 1945) et Leave Her to Heaven (John M. Stahl, 1945) dressent des portraits de femmes dont les actes criminels trahissent les contradictions internes, la déchirure entre idéal de soi et vie quotidienne décevante, humiliante. Ces Murder dramas sont à différencier des Crime dramas, domaine des flics et des escrocs, en cela qu’ils ne sont pas autant dominés par les hommes. Ils constituent en fait un sous genre noir de ce que les exploitants appellent films de femmes. La distinction reposent autant sur la géographie que sur le genre : les Crime dramas se déroulent dans les rues et les bureaux, là où les hommes s’affrontent pour prendre le contrôle de la ville, quand les murder dramas appartiennent, eux, aux chambres à coucher, aux jardins et aux cuisines, dans ces endroits où les conquêtes se succèdent et où les femmes manient leur propres armes.

La Reine dans le palais de l’Elysée

Le film noir développe le pouvoir de la femme à travers une image dont la composition traduit la fascination exercée par sa présence. Le gros plan montre un rétrécissement du champ de vision de l’homme tourmenté par l’image d’une femme qui le fait fantasmer. Pour Janey Place, la femme déploie son pouvoir de séduction à travers une mise en scène qu’elle commande et qui lui obéit dans la mesure où elle en est l’élément central. Parce qu’elle ne se contente pas d’être « objet des regards » mais participe activement à sa propre mise en scène afin de devenir « objet du désir », dépasser le rôle de victime dans lequel l’avait cantonné sa fonction d’épouse, en adoptant le rôle d’amante qui l’aide à supporter le joug d’un mariage synonyme de frustration, le PNJ féminin domine l’aventure dont elle orchestre elle-même les enchaînements et les rebondissements, forte de son pouvoir sur les PJ. Dans l’univers de Noir la femme défie son environnement pour ne pas être contrainte de le subir éternellement, elle vise à changer sa condition, à reprendre le contrôle d’un destin qui l’a avilie. Face à tous les obstacles qui se dressent sur le chemin de ses ambitions, elle fait de la violence son alliée. Et en plus frapper un plus petit que soi, c’est pas beau…

 

Les femmes viennent de Vénus, les hommes viennent de Mars

Je sais ce que vous êtes en train de vous dire (c’est mon côté médium) : mais pas du tout, bien au contraire, l’univers du film noir c’est un univers rêvé pour des joueurs en quête de puissance et de gain parce qu’il explore habituellement un monde au masculin : il relate des aventures d’hommes tentés par la voie criminelle afin de s’approprier des biens matériels. Voilà pourquoi lorsque la femme pénètre le monde du crime et qu’elle fait sienne la violence meurtrière, ses actes sont réduits par le discours psychanalytique à l’expression de symptômes pathologiques. Le malaise social est atténué par un récit qui recourt de manière explicite aux termes d’une analyse freudienne simplifiée (complexe d’Œdipe, névrose, obsession) pour mieux insister sur l’hystérie féminine. En tant que figures de la transgression, les criminelles traduisent par la violence un tiraillement : elles aspirent à tuer, à détruire, comme pour anéantir l’écart entre le réel qui les enferme et l’idéal qui les inspire. Et en parlant de réel et d’idéal, parlons un peu du fameux top modèle suédois dont on nous rebat les oreilles…

Le Modèle Suédois

Le Modèle social Suédois, la bonne blague ! L’homme libre d’espoir qui croit à ça. Parlez-moi d’un modèle suédois ça je comprends, mais le modèle social suédois il a cané depuis bon temps. C’est d’ailleurs bien pour cette raison qu’un auteur comme Stieg Larson a des millions et des millions de lecteurs avec sa trilogie noire****.

Là-bas, la moitié des auteurs de romans noirs sont des femmes – Maj Sjöwall, Liza Marklund, Camilla Läckberg, Asa Larsson, Karin Alvtegen… et elles nous disent d’ouvrir les yeux sur ce mirage que l’on nous vend. Les romans et les films noirs ne cessent de montrer que le rêve s’étiole face à une routine quotidienne. La désillusion est assez profonde pour conduire les femmes vers le meurtre plutôt que vers la sphère domestique où elles se sentent prisonnières : hypothèque, assurance, racler les fonds de tiroirs pour acheter de nouvelles choses, toujours acheter plus de choses, le boulet et la chaîne, tout en un, c’est ça qui t’attend à la maison, la liste des courses en main. La télévision s’évertue à vendre aux femmes un idéal de complaisance et de sécurité économique : tenez bon, les filles, l’homme idéal, le quartier parfait, deux petits chérubins et un bon toutou restent les seules réponses possibles à toutes ces questions existentielles qui vous empêchent de dormir. Les séries du soir ressemblent à des catalogues de la Redoute, proposant de quoi satisfaire la classe moyenne. Le Noir déchire le catalogue. Il montre que le bonheur domestique peut être un piège suffocant.

Alors, la rédemption pourrait-elle venir des femmes ? La rédemption peut être pas tout de suite, mais la diversion, ça oui ! Pourquoi ne pas divorcer par exemple un jour de grève nationale ?

* : Nicolas Sarkozy cité par Jean-Louis Gergorin à la télévision pendant la période électorale. La question et la réponse concernée seront coupées au montage, d’après Libération du 12 octobre 2007 (Sarkozy, grand frère de Lagardère).

** : Péché mortel en français.

***: Il n’y a vraiment qu’en France que les gens de Droite se nomment eux-mêmes des libéraux. On peut braquer les banques, mais on peut aussi braquer les mots, à la longue ça rapporte plus.

**** : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, la Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, la Reine dans le palais des courants d’air. Vous ne connaissiez pas encore ? Ne vous faites aucun souci, tout va très bien se passer. Vous allez vous le procurer, vous enfermer dans votre garage pendant trois mois pour en venir à bout, perdre tous contacts sociaux, votre travail et votre femme, devenir un paria et me faire un procès.

Et pour finir sur une bonne note (de bas de page), je vous laisse à la lecture de l’article de G. et E. Ranne (donc un homme et une femme chabadabada, chabadabada, au cas où vous ne seriez pas au courant), consacré dans Plasma n°9 d’avril 1993 aux motivations qui amènent les femmes à coucher. On ne sait jamais, ça pourrait vous servir… rôlistiquement parlant, bien entendu ;=D

Scoop: Non, les femmes ne sont pas toutes des nymphos et non, elles n'ont pas toutes envie de coucher avec tous les [personnages-]joueurs du groupes et tous les PNJ "mignons" juste pour voir ce que ça fait.

Déçus? Eh oui, pour l'immense majorité des femmes, le sexe est un acte qui a de l'importance et dont elles se rappelleront plus tard. La première motivation pour laquelle "elles couchent" est d'abord sentimentale: l'amour bien sûr, mais aussi l'estime, la reconnaissance, l'admiration, ou dans un autre genre  la haine, la vengeance ou la volonté de domination

La seconde motivation est "raisonnable": l'acte sexuel peut être "conclu" dans un but précis, celui de séduire quelqu'un, d'obtenir des informations et de l'argent. Il faut cependant que le jeu en vaille la chandelle, et n'arrive que très rarement. La plupart des filles [joueuses] apprécient peu le "et il va falloir obtenir les clés de la porte de derrière, on sait que c'est le cuisinier qui les a, alors qui c'est qui s'y colle, c'est Ginette"

La troisième motivation, et la plus rare, est la recherche du plaisir, tout simplement. Et ne nous écrivez pas en nous disant qu'il est misogyne d'affirmer que cette motivation est relativement rare: au XXème siècle en France, il est déjà parfois difficile pour une fille de vivre une sexualité libérée sans se faire traiter de tous les noms (selon le principe bien connu: un homme qui séduit beaucoup est un Don Juan, une femme qui séduit beaucoup est une ...

Alors dans un monde médiéval, je vous raconte pas quelles valises de culpabilité, de complexes et d'inhibitions les pauvres filles se trimbalent !
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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 10:34

kissmedeadly-large.jpgBlondes ou brunes, les femmes du Noir nous aguichent inlassablement. Femmes fatales ou héroïnes, elles sont rarement innocentes. Complices des crimes les plus terrifiants ou, au contraire, obstinées dans leur quête d’une vérité souvent difficile à appréhender, elles sont l’incarnation du mystère en même temps que le contrepoison au mal qui ronge la fiction comme un acide. Ambiguës, souveraines, terriblement efficaces parfois, femmes-fétiches ou monstres de criminalité, elles sont les muses noires de nos nuits blanches… Mais sont-elles condamnées à n’être que des PNJs ?

« Où sont les femmes »(avec leurs gestes pleins de charme) ?

Si la parité préoccupe nos élus, ils ne sont pas les seuls à préférer se retrouver entre hommes tout en prétendant le contraire. En effet, la mixité n’est pas un concept très familier du jeu de rôles et de ses pratiquants. Notre loisir est catalogué dans les loisirs masculins... Ah oui ?

Force est de constater qu'il fait de nombreux adeptes chez les adolescents mâles. De là à dire que les rôlistes sont des hommes immatures …c’est un pas que franchissent d’ailleurs d’un bon pas certains sociologues de l’extrême. Pourtant des filles jouent aussi au jeu de rôle, même s’il s’avère souvent que ce sont soit des copines de rôlistes, soit leurs sœurs. Pourtant des adultes (ayant l’apparence de gens) responsables, gagnant leur vie et ayant une famille y jouent aussi. Mais peut-être se réservent-ils les beaux et premiers rôles ? Il faudrait apprendre à partager… dans un contexte propice ce sera d’autant plus facile.

 

Les femmes encouragent les tueurs.

Je suis persuadé que les femmes des films noirs, ces déesses énigmatiques et luminescentes, sont des rôles en or pour les joueuses, et ont le potentiel imaginaire pour attirer des nouvelles pratiquantes vers notre passetemps. Voilà une idée qui risque de m’attirer les foudres de certains qui m’accuseront de tenir ici des propos insultants pour le beau sexe puisque faisant passer toutes les femmes pour des démons manipulateurs et insensibles. Il faudra qu’ils m’expliquent alors quel rôle exact ils assignent inconsciemment aux femmes, en politique, dans la vie et autour d’une table de jeu de rôle…

Peut-être finalement et paradoxalement la même que celle que leur attribue Wenceslas Lize dans ses réflexions sur l’imaginaire masculin et l’identité sexuelle, où il conçoit le jeu de rôles comme un terrain d’investigation d’une définition sociale de la masculinité, « celle qui se donne à voir chez ses jeunes pratiquants issus des classes moyennes ». Après avoir esquissé l’origine et la cohérence des dispositions sociales qui se déploient dans la pratique (penchants au raisonnement, à l’abstraction, à l’évasion...), celui-ci montre que celle-ci peut être appréhendée comme un double espace de socialisation à la masculinité : le groupe de pairs où le mode de valorisation de soi repose sur des ressources mentales et culturelles spécifiques ; le cadre de la fiction qui fait place à l’expression imaginaire d’une virilité archétypale (Macho Women With Guns ? Raoul ? Animonde ?)*. Il s’interroge alors sur le rapport des joueurs à la masculinité dans les domaines de la scolarité, des relations amoureuses et amicales (Lycéennes ?)*. Selon lui, « Les difficultés que ceux-ci semblent rencontrer concernant l’affirmation de leur masculinité, en partie liées à des discordances dans le processus de socialisation, éclairent d’un nouveau jour l’engagement dans le jeu de rôles et font apparaître les fonctions d’évitement et de compensation qu(e cette pratique coupable)* est susceptible d’assurer ».

« Macho macho men »

Alors ces garçons « intelligents » et « imaginatifs » sont-ils tout bonnement convaincus que les femmes, créées pour nourrir, éduquer et assurer la propagation et la survie de l’espèce, sont incapables de se comporter aussi violemment que les hommes. Allez dire ça aux victimes de Livia, l’épouse calculatrice de Jules, qui liquida quantité d’amis et de compatriotes pour affermir son emprise sur Rome, la Dark City originelle. La plupart des femmes ivres de pouvoir sont assez rusées pour ne pas se salir les mains. C’est à ça que servent les hommes.

Les femmes des sociétés civilisées cherchent un type d’homme qui leur fournira une certaine sécurité. Mais qui parle de société civilisée ? La France a peur, les banlieues sont en feu, et le peuple scrute les vitrines des restaurants qu’il ne peut pas se payer, pour y voir les politiques et les criminels manger à la même table.

La femme à l’écharpe Prada.

Gogos, imbéciles, pigeons, laquais, dupes, idiots, crédules. Donnez-leur le nom que vous voudrez, les femmes du Noir veulent les hommes à leurs pieds, les plier à leur volonté. Plus ils sont puissant, mieux c’est. N’importe quelle traînée peut ferrer un ancien de la télé, vieux paon tout flétri, mais maîtriser un pur sang présidentiable est bien plus difficile et satisfaisant. Ecoutez donc le premier intéressé, qui nous déclare, avec des étoiles plein les yeux : « Vous avez aimé Jackie Kennedy, vous allez adorer Cécilia Sarkozy ! » Selon la philosophe Cynthia Fleury (Elle du 6 août 2007), la Première Dame et son complice sont « typiques de cette ère nouvelle, individualiste, décomplexée, où tout le monde se rêve star de cinéma. Du coup ils mélangent l’image et la réalité, l’Histoire avec leur propre histoire ». « Son plus grand mérite, estime Nicolas Domenach (idem), est qu’elle est la seule à pouvoir tenir tête à Nicolas Sarkozy ». « Elle semble régner sur son maître dit Serge Hefez (ibidem), et en plus elle peut le quitter ! » Mais dans quel film est-on ?

Le Dahlia Noir.

Dans un film Noir bien sûr, où les femmes ne sont pas toujours des victimes. Evidemment, l’époque exige la défaite de l'agent chromosomique XX rebelle avant le fondu au noir final, mais cet univers autorise les femmes à savourer pour leur compte le nectar piquant et âcre du pouvoir et de la violence débridés. Y a t-il finalement quelque chose de plus stimulant que de voir les doigts délicats d’une créature sur la gâchette d’un .38 balayer à coup de petits myosotis de plomb chaque miette de code génétique et de répression culturelle ? Avant que ça commence à flinguer, laissons le mot de la fin au mari de la femme du Président, lors de la Garden Party du 14 juillet : « Au fond, Cécilia, c’est mon seul problème ».

* : c’est moi qui transforme… :=D

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Published by David - dans Noir bitume
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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 16:32

Comme promis précédemment, je ne peux laisser ce pauvre David , accaparé qu'il est par la paternité, remplir seul cette nouvelle rubrique consacrée au genre "noir" en jeu de rôles (et ailleurs...). Cela tombe bien, dans les futures sorties francophones, il y a un projet qui retient toute mon attention : Hellywood.

Hellywood est programmé pour sortir en Novembre 2007 chez les p'tits gars qui n'en veulent de John Doe (DK, FInal Frontier, Patient 13...). Ce sera donc selon toute vraisemblance un jeu au format réduit mais contenant, comme c'est devenu habituel chez cet éditeur, tout le nécessaire pour jouer (univers, règles originales et surtout plusieurs scénarios voire une campagne) pour un prix très attractif (les jeux JD font moins de 30 euros).

Si on en parle dans cette rubrique, c'est donc que ce jeu s'inscrit dans le genre "noir". Je vous recopie ici le pitch (pfff, c'est vraiment la rubrique à David ici...) :

Hellywood est un hommage aux classiques du roman et du film noir hardboiled, mâtiné de fantastique. Il a pour cadre la ville imaginaire d’Heaven Harbor, en 1949. C’est un univers noir et désespéré, où le crime organisé, les corruptions et les compromissions, la violence aveugle sont des réalités quotidiennes. Depuis le mystérieux Jour des Cendres, l’enfer lui-même semble être plus proche : des créatures non-humaines sont apparues dans les rues d’Heaven Harbor et les velléités d’entités démoniaques sont venus exacerber les appétits humains. Au niveau de l’ambiance, imaginez une rencontre entre les romans noirs de James Ellroy et l’ambiance poisseuse d’Angel Heart…

JoeLeGolem.PV--.jpgOuais, OK. C'est Noir RPG avec des zombies et des démons, quoi. Ouais mais c'est plus que ça et même que ça a l'air bien.

Pourquoi ? D'abord, parce que c'est Emmanuel Gharbi qui est aux manettes, le créateur de Final Frontier et surtout du très beau Exil. Ensuite parce que ce sera en français et disponible. Noir RPG, GangBusters et tout ça, c'est bien mais c'est en anglais et introuvable... Et puis le côté fantastique peut donner un attrait nouveau à ce genre assez mésestimé. Un peu comme Deadlands pour le western. Au pire, il sera sûrement possible de le zapper pour garder le reste.

Justement, je mise (arf, arf... gag à suivre) aussi beaucoup sur le système de jeu. Il promet d'être très original et surtout bien adapté au sujet. Il est encore en test mais ses grandes lignes semblent déjà bien définies. Le coeur du dispositif repose apparemment sur le jeu de craps, jeu de casino utilisant 2D6. Les personnages disposeront de caractéristiques dont les points serviront de mises (je vous l'avais pas annoncé celui-là ?) lors de la résolution des actions.
Les oppositions sont donc résolues par des mises et contre mises. Les talents permettent d'améliorer ses chances.

Le hasard prendra lui la forme d'un jet de craps. Pour mémoire, au craps, le joueur lance les dés et :
- S'il fait un 7 ou un 11, il gagne sa mise.
- S'il fait un 2, 3 ou 12, il perd sa mise. On dit qu'il a fait un craps.
- S'il fait 4, 5, 6, 8, 9 ou 10, on dit que le joueur établit le point et le croupier pose un palet sur la table pour indiquer la valeur du point sorti aux dés.

Ce dernier point reste à éclaircir, de même que les différentes manières de miser qui sont au craps très nombreuses. Le point fort ici est l'ambiance casino mais l'intuitivité du bidule reste à prouver. Les autres gimmicks du système semblent plus évidents. Voici ce qu'en dit leur auteur :
- les PJ, des durs de durs, auront la possibilité de tricher, à tout moment, en refusant le résultat d'un tirage ! A chaque fois qu'ils le font, ils accumulent des "fucking bastard points". Le MJ (en voix off façon film) peut alors à tout moment décider de faire tomber une bonne grosse tuile sur le perso. C'est la seule façon de voir ses "fucking bastard points" s'annuler...
- une règles optionnelle de flashback permettra aux joueurs de prendre la main sur la narration du MJ en y amenant des éléments issus de leur background ("Pendant ce temps là, au Archie's Lounge, Joe replongeait dans son amour immodéré d'une belle rousse nommée Four Roses...")
- les joueurs fous furieux auront enfin la possibilité de "tout tenter" sur une "roulette russe". Si le PJ veut tenter l'impossible, il le peut, mais si sur le d6 sort le chiffre qu'il a choisi préalablement, il n'y a pas d'issue : le personage meurt... (une vraie règle pour David, ça ;-!)

Pour suivre tout ça, il faut se rendre régulièrement sur le site dédié au jeu ou encore sur les sites et blogs des auteurs et illustrateurs, par exemple celui de Akhad dont l'illustration présentée ici est tirée.

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Published by Narbeuh - dans Noir bitume
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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 16:53

Note de Narbeuh : "Noir bitume", une nouvelle rubrique sur Mondes en Chantier

Bon allez, après avoir été harcelé pendant des mois par David pour ouvrir une nouvelle rubrique consacrée au genre "noir" sur Mondes en Chantier, je finis par céder. Jusqu'ici, je pouvais facilement répondre : "Arrête, il n'y a que 1D6-2 personnes plus Alain Delon que ça intéresse !" mais là, je vois que Hellywood, le futur jeu de Emmanuel Gharbi, don,t j'attends personnellement beaucoup, commence à devenir plus concret donc je dis : banco !. Et en attendant que je vous parle de Hellywood, voici déjà David qui vous entretient de son amour immodéré pour Johnny Halliday. Ou quelque chose dans ce genre là.


force.jpgLes gars de la « Haute ».

 Dans les salons scintillant du Fouquet’s, on débouche le champagne, des femmes écervelées poussent des cris aigus et des « hommes d’affaires » coupés du monde se livrent des luttes de pouvoir impitoyables. Quelques arrondissements plus loin, les sous-fifres, que leurs consciences ne travaillent jamais, rôdent, marchandant la peur et la brutalité. Mais certains besogneux ont des âmes de grimpeurs. Un jour, le boss glissera et tombera (« toi un jour, je vais te trahir »), entraîné par l’argent sale et le sang, et l’un de ses loyaux hommes de main se faufilera par la porte de service de l’Elysée.

 

« Chirac en prison ». Les Wampas.

Dans le NOIR, hier comme aujourd’hui, les escrocs sont bien rasés, leurs chaussures bien cirées et leurs habits choisis avec soin. Ils ont appris qu’il n’y avait rien d’inconciliable entre leurs rackets et l’économie capitaliste. Aspirant à atteindre les sommets, ils ont fait leur chemin depuis les tréfonds obscurs des marges de la société jusqu’à la lumière de la « légitimité », sous les ors de la République. Le Boss du NOIR a le président de la banque centrale et le chef de la police dans sa poche. 

Vous pensez que j’en rajoute ? Demandez donc à ceux qui sont de la famille. Il y a quelques semaines dans Libération on croyait lire le portrait d’un ancien Conseiller de Matignon, mais on était en plein film Noir, revu et corrigé par Q. Tarentino. Parmi les anecdotes du conseiller en question, parues dans ses deux livres (Chirac et dépendance, Chirac, mon ami de trente ans), il en est une qui raconte une après-midi à la Mairie de Paris digne des Tontons flingueurs. Je cite Libération : « Chirac, un dimanche à l’Hôtel de ville de Paris, en survêt bleu, ouvre son coffre-fort planqué dans les chiottes, tire la chasse d’eau en même temps, « prudence corrézienne » pour éviter que son visiteur ne devine la combinaison au bruit du cliquetis, en sort 500 000 francs. » Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres… 

L’esprit du Noir est en train de nous sauter à la figure, il passe par tous les trous de la vieille toile usée jusqu’à la corde qui sert de toile de fond à notre société écranique.  

Aucun film ne témoigne mieux de cette évolution de nos institutions démocratiques que Force of Evil, adaptation par Abraham Polonsky de Tucker’s People, roman journalistique parfaitement documenté d’Ira Wolfert. Ce film établit des parallèles frappant entre le crime organisé et le Big Business, dépeignant un pays sinistre, dont la puissance industrielle suppure une corruption institutionnalisée. Wolfert décrit le crime comme étant « la graisse qui fait tourner la machine ». 

Au début du film, le personnage principal, Joe Morse (un avocat d’affaires qui compte des clients des deux côtés de la loi*) s’explique sur ses ambitions : « Je voulais réussir, faire mon chemin dans la société, et je pensais qu’il existait trois façons d’y parvenir : vous pouvez hériter d’une fortune, vous pouvez travailler dur toute votre vie pour la gagner, ou vous pouvez la voler. Moi je suis né pauvre et pressé. Je suis sorti de l’égout. Je suis sorti de la crasse et de la boue. Je m’en suis sorti tout seul. J’ai travaillé à six ans. Six ans ! Je travaillais pour des gangsters à neuf ans. Je trafiquais de l’alcool pour mon compte à quatorze. Est-ce que quelqu’un s’est occupé de moi ? Est-ce que quelqu’un s’est lamenté sur mon sort ? Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Que je m’inquiète pour le monde entier ? Qu’ils pourrissent tous. Ils n’ont aucune importance à mes yeux. Et t’as pas intérêt à broncher. T’as pas intérêt à me regarder de haut. Je ne suis pas une merde. Je suis devenu quelqu’un, tout seul, et j’en suis fier ! »

Au pays du Noir, il y a des Gentils et des Méchants
 
Mais vous, vous n’avez rien fait ? Rien ? Ah bon, alors comme ça vous êtes innocents ? Les prisons sont pleines d’innocents, s’en est touchant. C’est ça le Noir : ici votre innocence ne compte pas, ici la justice est vraiment aveugle, mais pas par impartialité ! Soit Dieu lui a crevé les yeux, soit elle gagne plus de fric à regarder ailleurs. 

Ici c’est toujours le type lambda qui déguste. Des innocents qui essayent juste de joindre les deux bouts : chômeurs, précaires, intermittents, travailleurs sans papiers. Des citoyens aux existences sans intérêt, qui n’ont pas de relations et ne sauraient de toute façon acheter personne. Vous ne verrez jamais de conseiller municipaux, de capitaines d’industries, de patrons de presse ou de riches dames du monde la gueule dans le caniveau. Les corrompus avides de pouvoir n’attendent pas que le destin leur joue des tours. Ils prennent les choses en main et rendent les coups en permanence. Et puisque « l’élite » se soucie de moins en moins des aléas de la fortune, le spectre du destin, jadis omnipotent (ancien garant de l’ordre civil, qui surveillait les idées les plus noires des hommes), commence à se montrer encore plus mauvais. Il s’en prend donc, lui aussi, aux plus petits.

 

goodnightandgoodluck2005-.jpgVous aimeriez que rien de tout cela ne se soit jamais produit, vous voudriez pouvoir changer le sort des urnes ? Mais voilà : « rien ne va plus, les jeux sont faits ! » Vous ne pouvez pas contrôler la façon dont le monde tourne, mais seulement comment vous choisissez d’y vivre. 

Pour vous aider à franchir le pas rôlistique, Mondes en Chantier va créer une rubrique pour les durs de durs dans votre genre, « Hard-boiled », la page française des joueurs de Noir. Vous y trouverez dans un premier temps une bio et filmographie, une fiche de perso en français, des aides de jeu… Affaire à suivre !  

Mais allez, c’est assez pour aujourd’hui, alors « Good evening, good night, and good luck ».  

*: tout parallèle spontané avec un homme politique nouvellement élu relève de votre entière responsabilité.

 
 
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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 19:57
Ou « pourquoi ouvrir une rubrique Noir dans Mondes en Chantier un 15 mai 2007 ? »

Noir RPG, c’est le genre de jeu (publié par Archon Gaming, Inc) qui sort discrètement aux USA, qui n’est pas traduit en France, qui n’a qu’un seul supplément quasiment impossible à trouver, qui ne bénéficie d’aucun suivi… mais qui est bien quand même ! Ceci dit, ça n’explique pas tout : des jeux biens il y en a un paquet, alors pourquoi diable se remettre à jouer à celui-là un peu plus de 10 ans après sa sortie ?

 

D’abord parce qu’il n’y en a pas vraiment eu d’autres pour couvrir ce domaine pourtant propice aux scénarios machiaboliques, aux enquêtes furesques, avec à la fin une bonne baston à coup de Thomson à camemberts. Déjà en soi c’est une première bonne raison. Mais surtout parce que je trouve que l’univers des films noirs reflète très bien notre société d’aujourd’hui (j’écris ça un lendemain d’élection) : comme il y a pu y  avoir quelque chose de fort à jouer à Cyberpunk à la fin des années 80 et au début des années 90 pendant l’âge d’or de l’Internet à 5 ou 6 k, lorsque W. Gibson écrivait Neuromancien, il y a quelque chose de prégnant à aller faire un tour dans les rues de Dark City en 2007.

 

En effet, le film noir se braque sur le noyau sombre et corrompu de notre société « civilisée », de notre essence primitive. La lutte des individus pour transcender leur condition ou y échapper crée la tension émotionnelle : voilà pourquoi le noir reste incontournable. Ces films nous parlent toujours autant et de toutes les modes hollywoodiennes du XXème siècle, le noir s’est révélé la plus prophétique. Et si nous n’avons malheureusement plus le même panache, la corruption, elle, est plus profonde que jamais.

 

Par exemple les parallèles entre le média-système d’aujourd’hui et le type de racket décrit dans des films noirs comme «Force of Evil» sont trop évidents pour être ignorés. Le nouveau président de la République est un homme de paille mis en place par des groupes financiers qui vont maintenant se partager le marché selon les règles classiques des familles de la mafia. Un rêve fiévreux de modernisme – à l’image de sa campagne, est de retour. Quelque chose d’effrayant s’est faufilé de nouveau jusqu’à l’intérieur du tissu social, particulièrement dans les centres les plus affairés de l’activité urbaine, et les éditorialistes, ces «faiseurs d’opinion», montent les gens les uns contre les autres comme le rédacteur en chef de The Sentinel, le plus grand journal de la ville, monte ses redoutables pisse-copies les uns contre les autres à travers une campagne tapageuse pour capturer le «Tueur au Rouge à Lèvres», dans «While the city sleeps». Cette dichotomie entre la capacité de certains à imaginer un monde pourri et la sournoiserie du déni des autres explique la faille culturelle béante sur laquelle reposent les fondations du genre. Ce n’est pas la fracture sociale, c’est la fracture de la représentation.

La sagesse conventionnelle a marqué ces films au fer rouge : ils apparaissent sombres, déprimants et nihilistes. En réalité, c’est tout le contraire. Les films noirs offraient la seule alternative tonifiante aux recettes hollywoodiennes sirupeuses. Ils n’essayaient pas de vous endormir, de vous convaincre ou de vous rassurer, mais vous ouvraient les yeux sur la réalité d’un pays corrompu. Aujourd’hui la mélasse coule à flot des médias, alors réveillez-vous, arrêtez de vous raconter des bobards, de croire qu’ensemble tout est possible, et préparez vous à tout. Le noir est une autre réalité, un autre monde, et il est dans celui-ci. Et dans ce monde-là, les prières ne sont pas de mise.
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Le garage où les M.e.C. rangent leurs fichiers PDF étant devenu un fameux bordel, en voici une nouvelle version plus mieux. Un clic et c'est parti !


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Du matos pour Hellywood préalablement publié dans les défunts Carnets de l'Assemblée : la description d'un rade comac et un scénario qui s'y déroule entièrement (ou presque).

http://img.over-blog.com/500x706/0/06/06/51/n-6/glas.jpg
Du matos pour Warsaw préalablement publié dans les défunts Carnets de l'Assemblée : une faction atypique accompagnée du scénario qui va bien.

http://img.over-blog.com/500x702/0/06/06/51/n-5/factions-warsaw-cover.jpgUne mini-aide de jeu pour Warsaw (la liste des factions).
http://img.over-blog.com/625x884/0/06/06/51/n-6/avocats-du-diable.jpg
Un scénario expérimental car bi-classé Te Deum pour un massacre et Hellywood (et ouais). Publié jadis dans les Carnets de l'Assemblée.
http://img.over-blog.com/150x206/0/06/06/51/n-4/verbatim-couv.jpg
Une contribution à l'ouvrage Jouer avec l'Histoire proposée par l'éphémère éditeur en bonus sur son site web. Sujet : le surnaturel dans les jeux historiques.

Mea Rouia, un gros scénario exotique
pour Maléfices avec les aides de jeu et les prétirés qui vont bien (voici aussi la couv' pour les plus bricolos d'entre vous)

Three Card Monte, un scénario sans fantastique pour Hellywood


Fleetwood & Studebaker, une aide de jeu sur les poursuites en voitures pour Hellywood


Deadline !, une variante des règles d'investigation pour le système Gumshoe


Aventures aux Pays de Nulle Part, un jeu hybride entre jeu de rôles sans MJ et de société dans l'univers du jdr Terra Incognita

Voyage, une tentative d'adaptation du système de Dying Earth à l'univers de Rêve de Dragon

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