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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 17:19

Si la foule savait réellement qui nous sommes et ce que nous représentons, nous serions sans doute lynchés.

Man Ray

 

 

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Tout allait pourtant si bien. C'était presque idéal, pas très loin du féodal. Ah les ingrats ! Jusqu'où iront-ils ? Les grilles du palais, les crocs de boucher... Non, quand même pas les crocs de boucher ?!? Et après, que va-t-il se passer, après ? L'ancien président s'endort d'un sommeil agité, percevant par la fenêtre entre-ouverte la rumeur de la ville... Un horrible cauchemar le surprend. 

 

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Il rêve du jour où le président s'est levé du pied gauche. Il s'est enfermé dans son bureau, a renvoyé son aide de camp, et est ressorti au bout de quelques minutes avec un décret qui disait : les industries de base sont nationalisées. Et pour tout commentaire il a ajouté : " C'est un des objectifs inscrits dans mon programme". Comme c'est impossible, la panique est générale, les ambassadeurs sont mobilisés, ainsi que les hommes influents, les ministres, les généraux, nous sommes tous sur le pied de guerre, nous frappons à la porte mais le président sort avec d'autres décrets qui disent : " toutes les banques sont nationalisées", et il nous explique avec un léger sourire que c'était aussi dans le programme électoral. De même que la libération des prisonniers politiques, la dissolution de la force de dissuasion, la fermeture des centres de détention, la parution des publications interdites, les enquêtes sur les morts suspectes, ainsi que l'exigent les garanties constitutionnelles, explique-t-il cette fois sans sourire. Intéressant tumulte devant les lourdes portes : Mr G. exige que satisfaction lui soit donnée, déclare que ces choses là ne se font pas sans consultation préalable, mais on lui claque la porte au nez avec un "les pouvoirs publics d'un Etat souverain n'ont de conseil à recevoir d'aucun étranger".

 

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Alors, c'est la folie, la folie totale. Les représentants des fédérations bancaires tentent de faire valoir le financement des précédentes élections, les ambassadeurs essayent d'expliquer que les voisins tout puissants verront ces décisions d'un très mauvais oeil, les généraux tentent de démontrer le malaise qu'elles produiraient dans l'armée qui est comme une assurance-vie, Monseigneur explique que tout cela sera très mal interprêté par l'Eglise, mais le Président crie qu'il s'est levé du pied gauche et nous fait passer sous la porte ou lance comme des avions par la fenêtre des décrets ordonnant d'ouvrir des enquêtes sur la fortunes des anciens ministres, de renvoyer au pays les corps militaires expéditionnaires, de fermer les casernes, d'augmenter le nombre des écoles et des universités, de baisser les loyers, de rendre aux travailleurs les moyens de production, et il faut voir la difficulté que nous avons à rattraper tous ces bouts de papier et à les brûler les uns après les autres. Plusieurs volent jusque dans la rue, et les gens comprenant ce qui se passe organisent des manifestations qui obligent les matraques à faire taire les casseroles, les agences de presse disent que les forces de paix sont prêtes à agir, et alors après avoir enfoncé les lourdes portes du palais et trouvé le président à cheval sur le rebord de sa fenêtre, signant des décrets et encore des décrets, je vide mon chargeur sur lui, sans pouvoir empêcher que les derniers bouts de papier, comme un nuage de colombes, ne survolent et soulèvent la ville, le jour où le président s'est levé de bonne humeur.  

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 23:30

Justice or just Us ?


De la civilisation de masse naît nécessairement la criminalité de masse, comme des médias de masse naissent les mensonges massifs. Aujourd’hui, la police ne peut plus s’offrir le luxe de ne rechercher qu’un criminel à la fois, de n’enquêter seulement que sur une seule affaire. Aujourd’hui, on faitArt02a d’énormes rafles, à quoi participent conjointement les différentes brigades spécialisées : brigade des stupéfiants ; brigade des mœurs – laquelle a fort à faire avec la traite des Blanches, des Noires, des Jaunes – brigade antigang ; brigade financière ; brigade des jeux. La police n’opère plus maintenant que de cette façon dans la mer de fange et de crime qu’est devenue Heaven Harbor. C’est ainsi qu’elle ramène dans ses filets de bien répugnants poissons – menu fretin et gros requins – c’est ainsi qu’elle « nettoie ».

 

Les coupables sont toujours parmi les auvergnats


Ils ne sont pourtant pas tous dans la nasse, loin de là ! Le Chef de la Police est au milieu de la grande rue. De chaque côté les caïds se sont retranchés dans un tripot, entourés de leurs porte-flingues.


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« Des expressions parfaitement innocentes sont braquées, violées, dépouillées de toute véritable signification et de toute décence, puis envoyées faire le trottoir pour assurer le contrôle de l’actualité au profit du gang au pouvoir » proclame le journal du matin : « Les coupables sont toujours parmi les prévenus ». Je dirais même plus : les coupables sont toujours parmi les auvergnats.

 

Mais qui nous protège de la police ?


To Protect and Serve. Voilà son slogan, mais qui sert-il réellement ? A première vue on pourrait croire que tout va bien, mais très peu de gros bonnets ont été inculpés récemment. Le Crime Organisé est à son plus haut historique dans cette ville, et il semble que la police soit contente de cet état de fait. Les criminels s’enrichissent à nos frais et personne ne les en empêche.


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Vous voyez ce jeune gandin sur le trottoir de droite ? C’est le fils du Maire. Ses obligés répètent à l’envie qu’il a peut-être encore plus de talent que son père au même âge. Son parrain c’est le boss des beaux quartiers d’Heaven Harbor. Comme les gangsters, lui et son père sont peu instruits, ostentatoires, vulgaires, avides de pouvoir et obsédés par les manifestations publiques de respect.


Sa belle-mère c’est la star locale. Une chanteuse, une actrice. Il y a quelque chose d’impassible dans son regard, son menton s’avance de manière royale. Elle ne peut pas être à notre portée. Mais ce n’est qu’un aspect de son numéro d’aguicheuse. Elle régalera d’un rire cristallin celui qui osera s’approcher, ou d’un trait d’esprit, un sourire aux lèvres, un poignard derrière le dos.

 

Vivre et laisser mourir

 

Le réglement de comptes habituel. Une espèce de macabre et stupide vendetta. Que vais-je faire ? Rien du tout ! Qu'ils continuent, pourquoi me fatiguer à les découvrir, à les arrêter ? Pour qu'ils soient condamnés à 6 mois avec sursis, voire blanchis de toute accusation comme hier encore le premier fusil du patron, un truand de la pire espèce surnommé "le sénateur", pourtant pris la main dans le sac celui-là... Ils vont se tuer si on les laisse faire ?... A leur aise ! Il y a des places libres à la morgue municipale.
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Oui, il ne va rien faire, et demain le téléphone va sonner et une voix inconnue dira : « Vous étiez tout, vous n’êtes plus rien. » C'est ainsi dans les grandes bandes : on gagne gros, on se trouve bien, et pourtant il en est qui sont tentés de se mettre à leur compte. Une telle tentative est un suicide, car le chef ne peut pas admettre le déviationisme et ne connaît pas de nuances dans le châtiment. Son code pénal ne contient qu'une seule peine : la mort. C'est le code le plus court du monde et son article unique n'offre pas matière à chicane.
 


Art15a

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 07:59
Le retour du Jeudi Noir n'est pas qu'un article d'une brûlante actualité. C'est aussi le 3ème et dernier article de la série "Le parfum des dames en Noir" signée David. Vous trouverez les précédents volets de la trilogie ici et là également.

L’oppression dans les têtes


C’est la crise ! Pas encore la crise conjugale mais déjà la crise financière. Quel soulagement ! Enfermé dans une cage dorée à la périphérie des grands centres urbains, pris dans la camisole de force de la grande vie, on n’en pouvait plus… Gros salaires, grosses maisons, grosses bagnoles, faire tout un plat quand on marche dans la rue, quand on réserve une chambre à l’hôtel… en faire des tonnes, tout le temps, tout le temps… De quoi un homme a-t-il besoin… vraiment ? Quelques kilos de bouffe chaque jour, un abri et de la chaleur, deux mètres où s’allonger… et un boulot qui lui donnera l’impression de faire quelque chose de sa vie. C’est tout… sur le plan matériel. Et on le sait tous. Mais notre système économique nous lave le cerveau jusqu’à ce qu’on se retrouve sous une pyramide de dettes, d’hypothèques, de gadgets grotesques, de joujoux qui détournent notre attention de la bêtise absolue de cette parodie.

 

Les vampires Psychiques


On a été secoués, on risque de ne pas vouloir se laisser rendormir si facilement… Nicolas et Pimprenelle, le marchand de sable va devoir passer : la relance par l’investissement, le plan du Gouvernement, c’est des salades, cuisinées par un grand chef, mais ça reste des salades. Il faut reconnaître que ça a de la gueule : des expressions parfaitement innocentes sont braquées, violées, dépouillées de toute véritable signification et de toute décence, puis envoyées faire le trottoir pour assurer le contrôle de l’actualité au profit du gang au pouvoir.


Les problèmes actuels de l’économie de marché résultent clairement de la frilosité des consommateurs et de petits épargnants craintifs qui n’ont plus le courage d’investir, mais n’ont rien à voir avec la cupidité, l’arrogance et la bêtise butée des banquiers et des spéculateurs financiers. Oh, le Gouvernement a commis des fautes, pardon, «  pris des décisions bien intentionnées qui, rétrospectivement, ont pu hélas, par certains côtés, passer pour des bourdes » comme faire cadeau aux plus privilégiés parmi les privilégiés de tout ce qui restait en caisse - mais c’était surtout arrivé, semblait-il, en voulant rectifier « les erreurs de fond généralisées » imputables au gouvernement précédent. Nul ne regrettait rien parce que nul n’était en tort ; des malheurs étaient survenus par génération spontanée dans un autre monde étrange, glacial, mathématique, et « on ne pouvait que les regretter ».

 


Bling Bling, Bang Bang Bang !


Sous vos applaudissements le gang de la finance criminelle est en train de faire des acrobaties pour jeter de la poudre aux yeux et le Boss est déterminé à affronter la situation – bien entendu il y aura de la casse sociale, mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, n’est-ce pas ? Certains vont payer le prix fort, et vous pouvez être sûrs que ce ne sera pas Lui. Seul un raz-de-marée pourrait arrêter les porte-flingues du Pouvoir dans leur atteinte forcenée au sens des mots. Le gouvernement « s’occupe des gens », et les journalistes omettent complètement de demander ce que ça veut dire exactement. Les journalistes n’annoncent plus le menu, ils font partie du menu ; le cassoulet devient le plat national : une petite saucisse et beaucoup de fayots autour. On ignore si les gens continueront à avaler ces balivernes insignifiantes, tombées de la bouche de sinistres individus dénués de discernement, d’intelligence et de tout talent au-delà de la capacité à délayer le sens des mots. S’ils continueront à voter pour des individus qui sont en train de voler à leur pays argent et espoir, en affichant les attributs de l’argent roi, en incarnant l’avidité sans règles, d’ailleurs à l’origine de la crise.

 

Extension du domaine de la turlute


Carla a remplacé Cécilia sur les photos officielles : les changements sont cosmétiques. On efface une bague par-ci, des bourrelets par-là, on renvoie, on promeut, on nomme, on surveille Internet. Dans ces conditions de censure et d’atteintes aux libertés, critiquer le système « S » de manière flagrante devient hors de question pour qui tient à sa vitrine en ville. Les médias ne peuvent plus dire que les gens sombrent dans la délinquance pour des raisons économiques. Les incivilités ne sont pas des produits dérivés du carcan de la société, vous devez admettre que vous en héritez de votre mère ! Plus question de faire des enquêtes pour exposer les revers de la société ultralibérale à la mode présidentielle, plus de reportages sur les grèves, plus de téléfilms où les banquiers sont méchants. Idéalisons le code de conduite de la jungle et faisant- on un mode de vie qui condamne chacun à l’individualisme des origines, à errer seul comme une bête dans la jungle. Mais une jungle avec des Lois, sans cesse plus nombreuses : on a fait non pas de la Justice mais de la judiciarisassion un objet direct du pouvoir d'Etat : jamais elle n'a conduit tant de gens en prison, jamais elle n'a tant servi comme grille de lecture du monde et de nous-mêmes, jamais elle n'a autant été investie comme lieu où se jouent les rapports de pouvoir...


Lorsque l'imagination et la créativité d'une société ne se manifestent pas outre mesure dans le domaine des arts ou des sciences, construire des nouvelles infractions pénales devient une forme d’autojustification pour un pouvoir névrosé qui croit nous éloigner ainsi des tristes réalités quotidiennes.


Mais rien n’efface le Noir.

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 10:19
La sortie il y a quelques mois de Hellywood, le jeu des éditions John Doe, est la bonne occasion pour enfin vous parler de son ancêtre qui a la même couleur de fond : Noir RPG.

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire sur ce blog*, Noir, the film noir role-playing game, est un jeu de rôles en américain de Jack Norris (je ne pense pas que ce soit le frère de Chuck), Brian S. Roe et Chris Werner édité en 1996 par Archon gaming, inc. « the compagny that love built ». Enfin je devrais dire était… il a cané depuis beau temps !
Passé quasiment inaperçu à l’époque, il n’a eu que très peu de suivi, n’a jamais été traduit, est aujourd’hui quasiment introuvable et ses pratiquants doivent pouvoir désormais se compter sur les doigts d’une main de boucher maladroit. Et pourtant, pourtant…
Les 248 pages du livre de base (y compris les annexes, les pubs et les pages blanches – couverture souple, intégralement noir et blanc of course, et peu mais globalement correctement illustré) ont largement servi d’inspiration à l’équipe de Hellywood, comme en témoignent les échanges à propos de ce jeu sur le forum de l’éditeur où ses auteurs se mettent à table et crachent le morceau.
1er point commun, dans Hellywood comme dans Noir, le monde se limite à une seule ville, appelée simplement The City dans le jeu américain et découpée en quartiers : Little Italy, Chinatown, Shantytown le bidonville...
2ème ressemblance, les joueurs vont y incarner des personnages caricaturaux, des archétypes de cet univers glauque.
Mais Noir avait la particularité de traiter le Noir seul, sans fantastique, ce qui est de loin l’option qui nous convainc le plus à Mondes en Chantier. Il convient donc ici, avant de refermer le cercueil pour se convertir définitivement à Hellywood, de procéder à l’autopsie du macchabé, en n’oubliant pas de lui croquer le gros doigt de pied au cas où il ne serait pas complètement trépassé.

On va voir ce que t’as dans les trippes (tu peux commencer à numéroter tes chapitres !)

Alors, si vous réussissez à vous procurer le jeu (on ne parle même pas de ses suppléments mythiques, les fameux Shades of Noir 1 et 2 et Adventures in the Shadows), vous y trouverez après une double introduction un premier chapitre fort classique sur ce qu’est le JdR, sur ce dont vous aurez besoin pour jouer à Noir RPG et un glossaire des termes spécifiques.

Un deuxième chapitre vous expliquera comment créer votre personnage, vous proposera des personnages prétirés et la fiche de perso. Il faut noter que le système de création de personnages proposé est assez mal équilibré et génère des personnages beaucoup trop puissants. Il était donc indispensable qu’un fan du jeu lève la main au fond de la salle pour proposer un système alternatif. Magie d’Internet, ça n’a pas manqué d’arriver : en l’occurrence le fond de la classe se situe vraiment très loin, puisque c’est un australien, Chris Slee, un des plus grands connaisseurs de ce jeu, qui a pondu le petit PDF que vous pouvez consulter ici : http://sleech.info/rpg-campaigns/noir-mods.pdf . Thank you Chris !

Un troisième chapitre vous instruira sur les pros et les cons. Je vous sens perplexes. Est-ce qu’on parle bien des mêmes ? Les pros étant les personnages velléitaires à la voix grave et décidée de ces pubs radios où des gars qui en ont, qui se lèvent tôt et qui payent trop d’impôts s’arrêtent brièvement d’entreprendre pour échanger quelques phrases bien senties sur les mérites de tel ou tel véhicule utilitaire, tandis que les cons sont ceux qui écoutent les radios qui diffusent ces pubs là. Euh, en fait non, dans ce jeu les pros sont et les cons sont les avantages particuliers (de tous types et de toutes natures mais bien en accord avec le cadre du jeu) et les handicaps notoires qui permettent de typer votre personnage.

Le quatrième chapitre est consacré aux compétences de combat et aux compétences qui servent moins.

Le cinquième chapitre vous explique comment vous allez vous servir de ces compétences. Rapidement : en lançant un certain nombre (de 2 à 6 selon vos caractéristiques et compétences) de dés à 6 faces pour surpasser un niveau de difficulté allant de 8 (voire moins) à 50 (voire plus). Par exemple pour buter le chien de la concierge par précaution, qu’il n’aille pas vous renifler le bas du pantalon et vous reconnaître quand la police lui présentera les suspects habituels - on n’est jamais trop prudent : 5D6 (vous n’êtes pas une tafiole et vous êtes entrainé au maniement des armes à feu) pour une difficulté de 9. 23 ! Ah ah, pas mal, il n’a rien vu venir. Parfois on peut se passer de lancer des dés (par exemple s’il s’agit d’un teckel enjoué qui vient renifler le bout du canon en battant joyeusement de la queue et que vous disposez d’une Tommy Gun à camembert) et on peut même utiliser le « Moxie » qui est une sorte de réserve spéciale parce que vous êtes un dur à cuire. Bien entendu si vous obtenez des 6 vous relancez ceux-là pour aggraver la note. En revanche si vous n’obtenez que des 1 : coup dur, votre chance vient une nouvelle fois de vous lâcher ! Un système classique mais efficace en somme.

Dans le chapitre six il est question d’expérience. Ce système est bien équilibré et permet une progression intéressante tout en conservant des personnages jouables après une ou deux campagnes.

Dans le chapitre sept on parle baston et ensuite dans le chapitre huit, en toute logique, on s’intéresse au système de soins. Les auteurs prennent bien soin (justement) de préciser que le combat n’est pas le principal intérêt du genre Noir, mais on est entre grands garçons alors sur ce point je crois qu’on sait tous à quoi s’en tenir. Si ça se passe à la loyale à coup de poings, de pieds, de dents, de fourchette dans les yeux voire dans les narines ou avec l’aide de tout ustensile contendant comme dans toute bonne bagarre de rue qui se respecte il ne devrait pas y avoir trop de casse. En revanche si les sulfateuses sont de sortie il risque d’y avoir rapidement des jets sur la massive trauma permanent injury table, ce qui est toujours une bonne nouvelle pour le croque-mort.

Dans le chapitre neuf on s’interroge sur l’art du Réalisateur. Ce chapitre a été rédigé par F. Weil. Pouf pouf, non je déconne. Quelques conseils utiles pour installer cette ambiance si particulière et faire monter la tension.

Chapitre dix on achète le plan qui va bien et on visite La Ville où l’on croise quelques unes de ses grandes figures. Le traitement des différents quartiers et des célébrités locales reste très elliptique, mais c’est voulu et même souhaitable. Toute description trop précise est contractuelle et donc engage vos futurs scénarios en même temps qu’elle ne correspond plus vraiment à l’esthétique du genre basée sur les stéréotypes et sur la description des traits saillants. Il convient de garder le décor du quotidien volontairement flou et passepartout**.

Suivent trois appendices et un index. On n’a jamais identifié les anciens propriétaires des appendices. L’index en revanche c’est celui de Mike Doherty, il porte encore son alliance. Ouais, c’est bien le mec dont on a repêché le corps dans la baie l’autre jour***.

* : voir le premier article de notre rubrique Noir Bitume : Pertinence du Noir ( http://mondesenchantier.over-blog.com/article-6626543.html ).
** : tête de tigre !
*** : Private Joke (c'est le cas de le dire non ?). Pour comprendre menez l'enquête et voyez la critique de Hellywood dans JDR Mag de l'été dernier,

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 08:52
(...)

La violence légitimée


Pour comprendre l’origine de la violence dans notre bonne ville de Heaven Harbor, on peut rappeler quelques facteurs d’explication d’ordre historique.


· Une ville cosmopolite


A peine un siècle après sa naissance, Heaven Harbor, à la différence des villes européennes, était à la fois une ville à mutations rapides et une ville multiethnique. Chaque nouvel arrivant a dû y conquérir de haute main sa place au soleil. Cette lutte s’est faite au prix de la discrimination, de l’intolérance et du rejet des plus faibles. Ceux-ci sont rapidement devenus des boucs émissaires. Les relations clientélaires établies entre les autorités locales et les citoyens les plus influents ont accentué la fragmentation de la cité constituée de groupes vivant en enclaves. On se trouve face à une situation où les institutions ont des pouvoirs faibles, dans une société ethniquement hétérogène et aux statuts socio-économiques fort disparates.


Le fait que ni les partis politiques locaux, ni les syndicats ne soient de véritables expressions d’opposition, que le mécontentement ne trouve aucune courroie de transmission officielle ni de lieu pour le débat, ouvre la porte à la violence individuelle.


Les grandes manifestations de masse de la fin des années 1930 ont joué un rôle de soupape, en particulier pour la jeunesse de nos ghettos. Avec l’effritement des mouvements, la crainte de la répression, le durcissement idéologique de la société blanche, aucune solution n’est apparue à ces problèmes. Certains jeunes ont eu recours à un moyen individuel, moins dangereux pour exprimer leur frustration et leur contestation : l’agression sur la voie publique.

La société américaine en général récompense fortement ceux qui réussissent et se conforment aux normes et elle rejette les autres. Ces « autres » sont tentés par la déviance puisque, laissés pour compte, non « méritants », ils ont bien peu à perdre. Discriminées par la couleur de leur peau et par leur pauvreté, les minorités ne se sentent pas tenues par un pacte au reste de la société et leur ségrégation géographique dans des ghettos accentue leur sentiment d’exclusion. Cette atomisation de la cité engendre la peur. Mais si le Blanc a peur du noir et de l’Hispano, le Noir a encore plus peur de l’autre Noir et l’Hispano de l’autre Hispano. Que dire alors des Cornus ?



Cette peur en spirale accentue à son tour l’émiettement social. Les affrontements intra et interraciaux sont constants. Les guerres entre bandes d’adolescents laissent sur le goudron des rues des centaines de morts chaque année. Les luttes de succession qui opposent arrivants de fraiche date et groupes de vieille souche sont d’une violence inouïe, irrationnelle, et sont volontairement ignorées par la Presse à la solde du Pouvoir pour des raisons évidentes de stabilité politique.

Ce potentiel de violence interethnique renforce l’aura de danger qui entoure les quartiers pauvres et renforce leur exclusion tout en rassurant les habitants des beaux quartiers sur leurs normes et leurs valeurs.


· Une respectabilité ambiguë


Or, on l’a dit plus haut, pour conquérir sa place à Heaven Harbor, chacun est contraint de lutter impitoyablement, y compris à coup de revolver. Quels que soient les moyens employés, celui qui réussit, qui perpétue l’American Dream, gagne son auréole de respectabilité. Qu’il s’agisse des propriétaires qui font assassiner ou mettre en maison de santé leurs locataires, des hommes politiques qui mettent au pas les journalistes, des employeurs qui font froidement abattre des syndicalistes, des policiers qui lâchent leurs chiens facilement sur les Noirs, du Ku Klux Klan qui tire sur les manifestants du Parti communiste, on constate une absence de contrôle sur les mœurs, une intolérance sauvage, une acceptation tacite des méthodes employées comme le montrent les procès locaux : dans la plupart des cas, les verdicts populaires des jurys sanctionnent favorablement la loi du plus fort.


Instinctivement le public sent que les efforts des libéraux sont vains : vaine lutte contre la Mafia, vains les efforts d’assainissement des mœurs politiques, vaines les mesures contre la criminalité. En conséquence il réclame des justiciers qui assument leurs responsabilités, prennent des risques, qualité particulièrement appréciée dans les affaires.


Le parti Républicain s’est emparé de la question. Les libéraux ont toujours hésité à lier jeunesse des ghettos et criminalité. La majorité morale et d’autres groupes de la nouvelle droite amalgament minorités, assistés et classes dangereuses, et tracent une frontière claire entre bons et méchants. Selon eux le système actuel penche trop en faveur des droits des criminels : il faut l’infléchir en faveur des citoyens « respectables ». La réhabilitation des délinquants se fait avec l’argent des contribuables, elle est peu efficace, mieux valent la répression et la surveillance : appliquer sans faiblir la peine de mort, donner plus de moyens à la police, supprimer la clause d’irresponsabilité mentale et la possibilité de faire appel trop facilement, abaisser l’âge auquel ont peut envoyer les enfants en prison.


« Je ne vois pas comment cette ville pourrait rester viable ouverte et morale », déclare Hubert Van Heese,  un universitaire de l’UCHH (University of California Heaven Harbor), « si nous entretenons toute une génération de gens qui ne travaillent pas et qui n’ont jamais travaillé… Un homme qui n’a jamais travaillé n’a aucun enjeu dans la société et il ne se sent pas aucune obligation envers elle. Il pense qu’il peut voler, détrousser les autres en toute impunité ! ».


La majorité morale encourage l’auto-défense et le port d’armes. Ils vont jusqu’à proposer que le port d’armes s’impose à tous. Face à la crise des valeurs, les conservateurs souhaitent un regain de surveillance dans la cité, dût-elle être brutale et coûteuse et impliquer une abdication de certaines libertés. Ce sentiment est largement répandu chez nos concitoyens. Le Maire s’est récemment réaffirmé publiquement en faveur de la peine de mort et à pris les minorités comme boucs émissaires pour justifier les dépenses excessives de la ville. Il délègue des policiers en armes accompagnés de chiens sur les grandes avenues et appelle à une plus grande répression de la part des juges.


· Le marché de la peur


Rois des médias, les patrons de Presse d’Heaven Harbor ont très vite découvert comment exploiter le sensationnalisme des faits divers. On ne peut minimiser, dans l’amplification du sentiment d’insécurité, le rôle de la radio écoutée à la maison ou sur le lieu de travail et qui, heure par heure sur les grandes stations, diffuse d’horribles nouvelles de faits divers, ni celui des informations cinématographiques, qui intensifient, elles aussi, les faits de criminalité. Leurs images contaminent inexorablement les esprits des adultes comme ceux des adolescents.


Qu’une aussi grande importance soit consacrée à l’insécurité par les médias s’explique évidement par des facteurs économiques de vente et de taux d’écoute. Mais on peut également avancer une autre hypothèse, qui s’appuierait sur une recherche de consensus. Dans une ville émiettée, où abondent les germes d’affrontement idéologique, politique, socio-économique, il n’y a pas de débat permanant sur les choix de société, ne serait-ce que pour reconnaître un accord sur les divergences… Au contraire, les médias évitent soigneusement d’amplifier les brèches du corps social et ne s’interrogent pas, par exemple, sur le caractère impitoyable des conditions de la réussite dans cette société. Ils renforcent les mythes.


L’insécurité, la peur, la colère constituent un dénominateur commun qui cimente riches et pauvres, Blancs et Noirs, Jaunes et Bruns. Elles créent des liens, produisent de la socialité à partir d’une vie relationnelle fortement restreinte. Elles nourrissent l’indignation et permettent de retrouver cet ordre moral auquel la plupart de nos concitoyens disent aspirer. De surcroît, l’indignation permet à chacun de renforcer son adhésion au club des vertueux.


En même temps, la relation des agressions par la Presse ne manque pas d’équivoque. Elle participe, en effet, au phénomène qui tend à faire de tout un spectacle, avec une escalade dans l’horreur.  Qu’une femme d’origine portoricaine se fasse violer, deux heures durant, sur une table de billard sous le regard des consommateurs (voir notre édition du 5 Février dernier ), voilà qui enflamme les esprits, fait la « une » des journaux. Le délit nourrit l’imaginaire collectif comme autrefois les victimes des jeux du cirque. Il y a alors autant de répulsion que de délectation secrète de l’horreur pour un public déjà blasé. L’escalade dans la narration des crimes les plus audacieux, l’intensité des agressions, leur fréquence, produisent une dramatisation morbide du quotidien. Mais en même temps, le sentiment que tout peut se produire à n’importe quel moment accroît partout la peur et tend à faire de chacun une victime potentielle.

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 18:38

Les habitants de Heaven Harbor, soucieux de respectabilité et exaspérés par la délinquance, portent aux nues les justiciers. La déviance existe, mais l’imaginaire, encouragé par la Presse, est pour beaucoup dans le délire sécuritaire de la majorité morale. La semaine dernière, un fait divers peu banal se produisait dans Independance Park le révélait aux yeux de ceux qui savent regarder la réalité droit dans les yeux.


Menacé – ou ayant le sentiment de l’être – par 4 jeunes Noirs qui lui demandaient cinq dollars, Darren Holloway dégainait un calibre 22, tirait méthodiquement sur chacun d’eux, puis disparaissait rapidement. Ceci ne serait qu’un fait divers parmi d’autres, l’un des 100 000 délits qui se produisent chaque année en ville, si l’affaire en restait là.



Le phénomène intéressant, ce sont les répercussions que cette action a eues sur le grand public. En quelques heures, pour des milliers de nos concitoyens, l’homme est devenu un héros. La police a été submergée d’appels : on félicitait cet homme de sa conduite. La nouvelle s’est répandue : de Crescent View au Hook , de Remington Heights à Redmond, les lecteurs de Whispers et les auditeurs de K.H.H. intervenaient sur les médias pour approuver à 90% cet « acte de bravoure ». Certains s’offraient à payer la forte somme qui cautionnerait la liberté provisoire de Holloway, d’autres organisaient des collectes, voulaient en faire le prochain maire, et la mère d’une des victimes disait même comprendre pourquoi il avait agi ainsi et lui exprimait sa sympathie. Simultanément, la commercialisation de l’affaire prenait de larges proportions. Avant même qu’il fut arrêté, des vêtements portant des inscriptions du type « Darren contre les vauriens : 4 à 0 », étaient vendus dans les boutiques du quartier chinois. Une célèbre bande dessinée, publiée quotidiennement dans Whispers, s’inspirait du « justicier ». Exploit remarquable, six heures avant l’arrestation, un petit livre « Darren Holloway  vigile ou victime ? » était tiré à un million d’exemplaires et diffusé dans toutes les librairies de la ville.


Si amples, si intenses soient-elles, ces réactions ne sont pas surprenantes tant le public est exaspéré par l’agression. Le taux de violence à Heaven Harbor est de cinq à quinze fois plus élevé que dans n’importe quelle autre ville moderne et la criminalité y est en constante augmentation.


La tradition de violence est inscrite dans l’histoire américaine, histoire qui a écrit sa préface avec le sang des natives americans, histoire d’une conquête à coup de revolvers et de lynchages, histoire de sanglantes luttes ethniques, histoire du capitalisme sauvage… Aussi nous efforcerons-nous de démontrer dans cet article que, dans un pays où la tradition de violence est fortement ancrée, où la population est peu intégrée par ses institutions, celle-ci, face à la peur et à l’insécurité, tend à accorder une légitimité aux pratiques d’auto-défense individuelle et collective ; cette action de notre communauté par elle-même et sur elle-même est ensuite récupérée et institutionnalisée par les autorités. Dans un premier temps on partira d’un constat : la violence existe bel est bien, qui nourrit le sentiment d’insécurité, mais elle tend à prendre des formes singulières à Heaven Harbor. On cherchera ensuite à relever les éléments qui apportent à cette violence une légitimité et lui donnent un caractère inéluctable, puis on s’intéressera plus particulièrement aux réactions du public et des autorités.


Dans notre ville se produisent toutes les trois minutes un vol, toutes les quinze minutes une attaque à main armée, toutes les deux heures soit un viol, soit un suicide, soit une mort par overdose, toutes les cinq heures un meurtre. On pourrait aussi parler du nouveau fléau qui nous menace : les incendies criminels. A Heaven Harbor, 40 000 appartements brûlent ainsi chaque année – 13 000 dans le seul quartier du Hook. Vengeance, jalousie, folie, les mobiles sont divers, le mobile numéro un étant d’ordre économique : les primes d’assurance touchées par les propriétaires. Ces incendies laissent derrière eux un millier de morts par an, plus de 10 000 blessés, des quartiers entiers dévastés, et contribuent à accroître la peur de vivre dans des lieux ainsi menacés, que les plus fortunés quittent comme les rats le navire. Dans les carcasses noircies des immeubles calcinés, marginaux et toxicomanes cherchent bientôt abri, le quartier se vide de ses familles, de ses écoles, de ses églises.


Une famille d’Heaven Harbor sur trois dit avoir été victime d’un acte criminel grave. La névrose gagne chacun, y compris les enfants de la ville qui ne savent plus dessiner que des immeubles incendiés. Une enquête de notre journal a démontré qu’entre 7 et 11 ans, les deux tiers des enfants interrogés déclarent redouter que quelqu’un n’entre chez eux, 25% d’entre eux craignent de sortir de leur maison. Les services sociaux savent que la peur est tout aussi vive dans les écoles publiques : certains enfants n’osent plus se rendre aux toilettes, franchir un couloir, et beaucoup prennent des amphétamines en guise de médicament contre la peur.


Des criminels de carrière


Il est difficile pour qui n’est pas un citoyen d’Heaven Harbor d’imaginer la réalité de la violence qui y règne et le caractère horrible des meurtres. On a souvent rendu responsables de la folie meurtrière le poids du moralisme étouffant, la règle intérieure d’origine protestante, la rigidité excessive des comportements que nos concitoyens doivent accepter sous peine d’exclusion. L’impuissance à répondre à un idéal très élevé et intransigeant engendre une frustration qui parfois mène rapidement à la névrose, voire à la démence. Car il y a ambivalence entre cette exigence de conformisme social et, parallèlement, la très grande liberté d’entreprendre qui, de ce fait, permet à la folie de s’exprimer.


Le débat sur les armes à feu


Une discussion sur l’insécurité dans nos rues ne peut éluder le débat sur la vente libre des armes à feu. Officiellement un habitant sur quatre en possède une, mais on arrive à des chiffres bien plus importants si l’on additionne les carabines vendues, les fusils de chasse, et les armes de poing. Il suffit d’avoir dix-huit ans et de posséder un permis de conduire pour s’en procurer une dans n’importe quelle armurerie de la ville, et il s’y vend d’ailleurs une arme toutes les trente secondes. Posséder le record des armes à feu et une gun mentality fait d’ailleurs la fierté des autorités d’ Heaven Harbor qui défendent le 2e Amendement constitutionnel qui accorde au peuple le droit de détenir et de porter des armes. Victime d’une tentative d’assassinat, le Maire lui-même a réaffirmé qu’il soutenait le port d’armes et il a repris à son compte le slogan des fabricants d’armes : « ce n’est pas l’arme qui tue, c’est le bras ».

(à suivre...)
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Published by David - dans Noir bitume
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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 09:21
Pour qui est comme moi natif de la Cité Corsaire il est bien difficile de résister à l'envie d'aller trainer ses guêtres dans un salon de la Bande dessinée quand il s'en installe un près de chez soi. J'ai eu quelques fois l'occasion d'aller à celui de Montreuil-Bellay qui - bien qu'il ait par le passé accueilli quelques grands noms du 9ème art, ne vaut selon moi en général pas tripette. Il se peut qu'être un habitué de Quai des Bulles rende difficile, je ne sais pas. Toujours est-il que c'est avec une curiosité pleine d'espoir que je me suis rendu pour la première fois au Festival BD d'Angers, dont c'était déjà en ce week-end-end de mi-décembre dernier la 10ème cuvée. Ils disent dixième cuvée parce que, comme beaucoup (trop) d'événements culturels du Maine et Loire, celui-ci est associé à la promotion de l'industrie viticole locale. Je suppose qu'on est obligé de supporter ça... Bref, le thème du festival de cette année était : « Le Polar », et l'affiche que vous pouvez voir d'Olivier GRENSON (auteur de "Niklos KODA") le prouve, le tout organisé par l'association Angers-BD et se déroulant sur deux jours au Centre des congrès.

Je passe rapidement sur le Festival en lui-même qui ne présentait que peu d'intérêt et beaucoup de stands et boutiques, mêmes si quelques jeunes auteur(e)s et associations prometteuses avaient fait le déplacement et que Manu Larcenet m'a pilé sur le pied, ce dont je garde encore un souvenir ému et respectueux, pour en venir à cette vague Noir qui déferle en ce moment sur le pays en général (témoin le Télérama du 8 au 14 novembre 2008 consacré au Noir dans toutes ses nuances ou la sortie récente du livre de M. Pastoureau Noir, histoire d'une couleur) et sur le blog de Mondes en Chantier en particulier.

Après trois décennies d'absence dans notre loisir de ce thème pourtant majeur au cinéma et en littérature populaire – absence à peine troublée par le passage quasi inaperçu de Noir RPG en 1997 et de quelques autres titres mineurs et tous en américain, Hellywood est venu lui rendre la place qui lui revient de droit à nos tables de jeu. MeC a pris part à ce renouveau en vous proposant jusqu'à ce jour des critiques, des articles d'inspiration, des aides de jeu et un scénario que vous pouvez retrouver dans notre rubrique Noir Bitume. De nombreuses choses sont encore à venir d'ici la fin du premier trimestre, alors si vous êtes amateurs de chapeaux mous et d'imperméables repassez nous voir à l'occasion !

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Published by David - dans Noir bitume
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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 17:42
Eho, c'est que je vais bientôt être à court de jeux de mots foireux avec "Noir", moi... Bon, comme on a déjà eu l'occasion de vous le dire : David et moi, on aime le genre Noir. D'ailleurs, à Cyberpunk 2020, pour l'anecdote, David a toujours joué un détective privé poser de Humphrey Bogart avec le chapeau mou, la bouteille de scotch dans le tiroir du bureau et tout. C'était un peu bizarre mais, il faut bien l'avouer, jurisprudence Blade Runner aidant, ça le faisait bien.

Tout ça pour vous dire que, pendant les fêtes, nous vous avons mitonnés tous les deux des petites bricoles pour le jeu Noir qu'il est bien, Hellywood, ou tout simplement autour du genre. Les miennes seront à lire en Février dans les Carnets de l'Assemblée n°4... enfin s'ils arrivent à tout caser dans la maquette car je crois bien avoir explosé le nombre de signes prévu. Ca vous étonne ?

Côté David, voyez déjà ce qu'a à vous dire le mythique Bob le Chien :



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Published by David & Narbeuh - dans Noir bitume
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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 16:44
Un ch'tit article aujourd'hui pour voius rappeler l'existence de cet excellent jeu de rôle dans l'ambiance Noir (films, romans...) qu'est Hellywood. John Doe, le dynamique éditeur, annonce toujours pour bientôt une campagne mais l'actualité de ces dernières semaines, c'est la sortie de l'écran de jeu accompagné de son livret. Petit compte rendu.

Nous avons donc d'abord un écran et, comme on s'en doute, il est lui aussi soumis aux standards John Doe, il est donc de petit format. Certains aiment, d'autres non mais, en tout cas, il est en 4 volets et bien épais. L'intérieur est bien rempli d'un résumé très complet des règles qui est suffisant pour mener une partie de Hellywood. L'illustration est, elle, dans la même veine que la couv' du livre de base. Le style, très graphique, est appréciable mais la scène représentée me semble excessivement fantastique (un golem et un séraphin pour le même prix) donnant une image un peu déformée de l'ambiance du jeu.

L'écran est accompagné d'un petit livret de 32 pages. Il est seulement agrafé et, surtout, sans autre illustration que celle de couverture mais, d'une part, la mise en page élégante et lisible fait assez bien oublier cette compression des coûts (le tout est vendu pour 14 euros) et, surtout, il est bourré jusqu'à la gueule d'un maximum d'infos qui ne le rendent pas indispensable mais qui en font un très utile supplément au livre de base.

Après un nombre remarquablement faible d'errata du livre de base, le livret offre quelques développements sur les séquelles des personnages ainsi qu'une quinzaine de contacts bien décrits qui suffiront à créer des réseaux pour vos personnages novices. Envrion 8 pages sont également consacrées à la gestion des invocations et, plus largement aux relations délicates entre Démons et humains. C'est une partie plus qu'utile, intéressante mais qui surtout met en lumière un des rares problèmes du jeu. C'est entendu, le fantastique de Hellywood doit être relativement discret et, surtout, rester finalement hors de contrôle des PJs.

Je comprends donc très bien la démarche des auteurs : dès qu'on met des règles trop précises en place, des joueurs vicieux vont minimaxer et jouer sur les incohérences éventuelles. Ainsi, mettre noir sur blanc des règles détaillées d'invocation et de négociation avec les Démons élevaient fortement les risques de voir Hellywood se transformer en Strombringer en imper mastic et chapeau mou. Berk... D'où un certain flou de bon aloi. Dans le même temps, pour la Voix off, c'est un peu coton. Il y a des infos sur les invocations/possessions dans la description de Forbidden City, dans le chapitre des règles du livre de base et maintenant dans le livret de l'écran, donc. Il serait pratique d'avoir un pense-bête avec, disons, les 10 infos à retenir sur les interactions humains/entités démoniaques. Peut-être un jour sur le site de JD ou en annexes de la campagne ?

C'est loin d'être tout puisque on a aussi le droit à deux scénarios complets. Le 1er présente une version très fantastique du jeu avec des scènes qui fleurent bon son comics ou films d'action hollywoodiens. On le sait, ce n'est pas cette ambiance là que je préfère mais, au moins, l'auteur tente de se coltiner la partie fantastique de background et ça, c'est déjà intéressant. C'est pas un foie jaune qui contourne la difficulté en faisant un scénario 0 % fantastique si vous voyez ce que je veux dire... Oups. En fait, l'auteur du jeu lui-même, Emmanuel Gharbi donne dans cette même facilité que votre serviteur dans Three Card Monte avec le 2ème scénario du livret qui est du pur Noir de chez Noir. Et bah, y a pas à dire mais... j'aime mieux !

Quand même, pour la beauté du sport, il faut vraiment que je me fende de ma propre tentative de scénario Hellywood un peu fantastique mais pas trop. Je vous tiendrai au courant si ça donne quelque chose. Dans la veine, une tentative très réussie est le scénario proposé par "Macbesse" lors du dernier concours de scénario des Salons de la Cour d'Obéron. Ca s'appelle Un rêve hellywoodien, ça parle de cinéma, de trucs glauques et donc (un peu) de fantastique. Ne soyez pas rebutés par la présentation du  scénario sous la forme d'un simple post dans un forum : imprimé, ça tient en 6/7 pages quand même et c'est tout à fait complet, prêt à jouer. Allez lire tout ça ici et, si vous aimez, votez pour lui.

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Published by Narbeuh - dans Noir bitume
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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 09:42
Comme promis, voici la deuxième production Mondes en Chantier pour Hellywood. Il s'agit d'un (mini) PDF qui vous présentera des règles de poursuite en voitures.

Bon, OK, ce n'est pas absolument indispensable à ce jeu qui possède déjà un système de gestion générique des oppositions mais, de mon côté, sans être un accroc du tuning, quand je songe aux années 1940 et 1950, j'ai les yeux tout pleins de jantes chromées et de décapotables aux couleurs acidulées, j'ai les oreilles qui se réjouissent de noms comme Buick, Cadillac ou encore Fleetwood et Studebaker, modèles et marques qui donnent leur nom à ce petit système optionnel. A propos de ce dernier, les experts qui hantent ces pages l'avaient déjà deviné : il est très ouvertement inspiré du système de poursuite de James Bond 007 même si, au final, la nécesité de le contraindre aux caves et aux mises en fait quelque chose d'assez différent.


En espérant que cela puisse être utile à quelques Voix Off pour mettre en scène une poursuite essentielle à l'intrigue ou un climax final particulièrement stressant. Là aussi, si vous avez des retours, n'hésitez pas !

Je dis là aussi car je rappelle habilement que vous trouverez en ces pages un scénario inédit pour le jeu d'Emmanuel Gharbi.

Dans le même temps, je poursuis mon oeuvre d elobbying en faveur de cet excellent jeu Noir. Je sais au moins que cela a réussi du côté de David et de Jean-Philippe. Demain le monde ?
A suivre...

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Le garage où les M.e.C. rangent leurs fichiers PDF étant devenu un fameux bordel, en voici une nouvelle version plus mieux. Un clic et c'est parti !


http://img.over-blog.com/625x881/0/06/06/51/n-6/tangerine_quarantine.jpg
Du matos pour Hellywood préalablement publié dans les défunts Carnets de l'Assemblée : la description d'un rade comac et un scénario qui s'y déroule entièrement (ou presque).

http://img.over-blog.com/500x706/0/06/06/51/n-6/glas.jpg
Du matos pour Warsaw préalablement publié dans les défunts Carnets de l'Assemblée : une faction atypique accompagnée du scénario qui va bien.

http://img.over-blog.com/500x702/0/06/06/51/n-5/factions-warsaw-cover.jpgUne mini-aide de jeu pour Warsaw (la liste des factions).
http://img.over-blog.com/625x884/0/06/06/51/n-6/avocats-du-diable.jpg
Un scénario expérimental car bi-classé Te Deum pour un massacre et Hellywood (et ouais). Publié jadis dans les Carnets de l'Assemblée.
http://img.over-blog.com/150x206/0/06/06/51/n-4/verbatim-couv.jpg
Une contribution à l'ouvrage Jouer avec l'Histoire proposée par l'éphémère éditeur en bonus sur son site web. Sujet : le surnaturel dans les jeux historiques.

Mea Rouia, un gros scénario exotique
pour Maléfices avec les aides de jeu et les prétirés qui vont bien (voici aussi la couv' pour les plus bricolos d'entre vous)

Three Card Monte, un scénario sans fantastique pour Hellywood


Fleetwood & Studebaker, une aide de jeu sur les poursuites en voitures pour Hellywood


Deadline !, une variante des règles d'investigation pour le système Gumshoe


Aventures aux Pays de Nulle Part, un jeu hybride entre jeu de rôles sans MJ et de société dans l'univers du jdr Terra Incognita

Voyage, une tentative d'adaptation du système de Dying Earth à l'univers de Rêve de Dragon

Le site dédié à Terra Incognita

http://www.paysdenullepart.fr/wp-content/uploads/2012/03/TI-logo-950x631.png

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Les fichiers de toute la gamme originale Empire Galactique se téléchargent librement et légalement sur le site http://empiregalactique.fr/ 

Un autre univers de créations

Quoi ? Tu es une fille ??

Bon, tu as sûrement dû t'égarer sur ce blog ^^

Je te conseille putôt de te rendre sur ce site de création de bijoux fait main.

http://atelier-creation-bijoux.fr/fr/

On reste en tout cas entre gens de bon goût.

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