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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 17:47
Vous avez peut-être constaté, chers et estimés amis fidèles lecteurs, que, juste avant l'embellie de ces derniers jours, notre blog avait connu un assez net ralentissement de son activité.

Et bien, après une passe difficile pour plein de (bonnes) raisons (aussi bien familiales que professionnelles), je crois bien que me voici de retour au boulot.

La tâche la plus urgente était de redonner un peu à manger à ce brave blog qui, mine de rien et sans tambours ni trompettes, vient tout de même de dépasser les 300 articles. Et ouais. Bon, c'est chose faite avec un peu de Cyberpunk Reload et des inspis très orientées TAZ (voir ci-dessous).

Mais, dans la touffeur de notre laboratoiree secret, la tâche principale est désormais la rédaction d'un chemin de fer assez détaillé d'un prochain scénario pour Terra Incognita (au nom trop top secret... enfin c'est surtout que le nom de travail actuel en dit trop long... comme souvent). Le grand intérêt de ce travail est que la base du scénario n'est pas de moi mais de mon compère David. J'ai néanmoins besoin de l'adapter pour qu'il colle parfaitement à ce que je veux faire du jeu. Il me faut à la fois ne pas trop dénaturer l'idée originale et l'adapter quand même. Pas si facile mais bien intéressant.

A côté de cela, le projet TAZ (jeu de rôles d'anticipation "réaliste") a aussi pris de la substance et je pense même que, pour la 1ère fois, j'y travaille comme sur un véritable projet devant finir par voir le jour et non pas comme un truc façon "un jour si j'ai le temps...". Là aussi, la mise en commun des idées avec David est très enrichissante. Le système progresse petit à petit. La doc s'engrange à vitesse grand V (faut que je fasse attention d'ailleurs : je ne lis plus que ça !). Même les idées de scénarios s'accumulent.

Je viens également de me rappeler que j'avais annoncé ma participation au 23ème concours de scénario de la Cour d'Obéron et que je ferais bien de me bouger sérieusement si je veux transformer deux/trois pages de notes manuscrites confuses en un truc lisible et cohérent avant le 18 de ce mois. Au programme : à nouveau Ombres & Lumières, le projet de jdr de Xaramis sur le 18ème siècle en général et à Venise en particulier.

Enfin, ce bon vieux Maléfices se rappelle à mon bon souvenir par l'intermédiaire de son éternel apôtre, Jean-Philippe. Celui-ci a eu le bon goût de déterrer un de mes vieux scénarios pour le jeu qui sent le souffre, de le dépoussiérer et de le faire jouer. Ce serait bien le Diable (sic) si tous ces beaux efforts ne finissaient par par une mise en ligne de ce matériel désormais introuvable (paru - de façon incomplète - dans un très vieux Backstab) !

Ah et puis, normalement, on va se voir ces jours-ci avec David... comptez sur moi pour lui transmettre le message du Monsieur à casquette en haut à gauche, là
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Published by Narbeuh - dans Work in progress
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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 16:59
Longtemps, j'ai été hanté par une image d'un des livres d'illustrateurs de SF que, dans sa grande bonté, ma bibliothèque municipale (la même que celle qui organisa une mémorable après-midi d'initiation au jdr...) mettait à la disposition des jeunes imaginations promptes à s'enflammer. On y voyait le tarmac d'un spatioport où des robots gardaient de près des êtres humains nus et enchaînés, sans doute en attente d'une quelconque déportation lointaine. Le contexte était limpide : les robots avaient gagné, les humains n'avaient plus d'avenir et étaient envoyés au rebut.

Arrivé au lycée, filière sciences éco (B pour les vieux...), mon professeur d'alors se chargea de me remettre dans le droit chemin de la science, la vraie (fut-elle économique...), pas celle avec le mot honni de fiction accolé. Foutaises, disait-il alors : pour chaque emploi occupé par un robot, il s'en crée plus d'un pour concevoir ou entretenir ledit robot. C'est notoire. D'où une perspective formidable de croissance économique ininterrompue. Encore jeune, je pris notes de cette leçon avec la certitude de détenir une nouvelle vérité. Mais, quand même, il restait dans le coin de mon esprit un léger doute qui me renvoyait à chaque fois vers l'image des humains en attente de déportation : que deviennent exactement les gens mêmes qui occupaient auparavant l'emploi tenu par le robot ? A moins d'un miracle de formation continue, il est peu probable qu'ils deviennent tous ingénieurs en robotique ou technicien très spécialisé dans la maintenance des robots...

Quelques années plus tard, Jeremy Rifkin m'apporte enfin quelques lumières sur ce dilemne de jeunesse grâce à La fin du travail, un essai pas si récent paru aux éditions de La Découverte.

Difficile de résumer un gros bouquin écrit tout petit sans images en une note de blog mais la thèse défendue par Rifkin depuis le début des années 1990 est toute autre. Elle semble aussi des plus limpides. Selon Rifkin, les gains de productivité permis par la technologie (robots, ordinateurs...) ne sont PAS compensés par la création en nombre suffisant de nouveaux emplois, qu'ils soient induits ou "libérés" (dans la culture, les services à la personne...) par le fait que, désormais, une machine s'occupe des anciennes tâches indispensables. L'effet peut en être mesuré au quotidien : depuis que robots et ordinateurs (ou même simples machines de bureau comme les photocopieuses) se multiplient, disons depuis les années 1970/80, il existe un chômage structurel important que tous les plans de flexibilité accrue n'ont jamais complètement réussi à résoudre (et, cela ne semble pas demain la veille à l'heure où je vous écris...). Voilà, là aussi, une explication plus satisfaisante, à mon goût, que les sempiternels "chocs pétroliers" dont on peine à imaginer let comprendre es effets à long terme sur toutes les années 1980 et 1990.


Surtout, ce qui m'intéresse particulièrement chez J. Rifkin, c'est que, contrairement à des économistes plus "terre-à-terre", il apprécie tout particulièrement se tourner vers le futur. Et voilà donc pourquoi je vous en parle dans ce blog où il ne m'est guère habituel de relater mes lectures citoyennes. Rifkin s'est déjà illustré dans le domaine de la prospective économique avec Le siècle biotech, L'économie hydrogène (pas encore lu celui-ci) et, surtout, le formidable L'âge de l'accès dont nous vous reparlerons bientôt dans ces pages. Toutes ces lectures me semblent hautement indispensables pour appréhender TAZ, le futur jeu d'anticipation de Mondes en Chantier. Bien sûr, cela peut sembler fort éloigné des préoccupations d'un joueur lambda vu par le prisme Talsorian (lire les Cyberpunk Reload...) mais cela aide au plus haut degré à se mettre les idées au clair sur les lignes de force du futur.

Donc, Rifkin ne se contente pas du constat qu'il pouvait dresser courant 1990's. Il y ajoute d'inquiétantes interrogations sur l'avenir : et si l'Intelligence Artificielle se développe, comme beaucoup de scientifiques le pensent, au courant du 21ème siècle. Quels emplois resteront aux hommes ? Les progrès agricoles successifs depuis le 16ème siècle ont libéré de la main d'oeuvre disponible qui a permis l'émergence du secteur secondaire. Les révolutions industrielles successives depuis le début du 19ème siècle ont permis de libérer des emplois industriels, ce qui a permis lémergence du secteur tertiaire. Or, il est manifeste que le secteur des services est aujourd'hui révolutionné par l'emploi des ordinateurs, des smartphones, du Net et, demain peutêtre, des agents informatiques intelligents. Dans quel hypothétique 4ème secteur iront cette fois-ci les emplois "libérés" par cette nouvelle révolution économique ?

Rifkin consacre une partie importante de son ouvrage à des propositions de solutions qui peinent un peu à convaincre (réduction du temps de travail, développement de l'économie sociale et du bénévolat...) mais qui ont au moins le mérite d'exister.

C'est toujours mieux que de rester en face à face avec des professeurs d'économie au sourire crispé vous répétant : "jusqu'ici, tout va bien"... et de faire des cauchemars avec des robots parquant des êtres humains sur des spatioports.

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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 16:51
David vous a déjà parlé de cette BD dans son article sur les inspis cyber/postcyber incontournables. Du coup, je l'ai lu moi aussi et, une fois n'est pas coutume, je vais vous parler de p'tits mickeys dans Mondes en Chantier.

Alors, donc, déjà, c'est très bien. Le graphisme n'est pas follement original mais il est plutôt classieux (la couv' est vraiment superbe), utilise bien les grandes surfaces (l'auteur expose d'ailleurs des toiles de certaines de ses cases, ceci devant expliquer cela). La mise en couleurs est propre et agréable.

Mais, bon, trêve d'escoquerie, je ne vais pas m'improviser critique de BDs alors que ma culture bédéphile dipsose de considérables lacunes entre, mettons, Astérix et, donc, Ghost Money. Hum.


Bref, je vais vous causer scénario, c'est déjà plus mon rayon (qui a dit : "et encore" ?). L'histoire de Ghost Money se passe dans un futur proche et bien maîtrisé. C'est là le secret d'une bonne anticipation réussie. On est à la fois assez loin dans le futur pour noter de vrais changements avec le présent (navettes suborbitales, nanobots...). On reste assez proche pour permettre d'utiliser des repères familiers. Il y a d'abord le cadre général qui n'est guère très différent (les USA et leurs services secrets, Londres et sa City, Dubaï et ses boutiques de luxe...). Il y a aussi et surtout les références au passé le plus brûlant : la guerre en Irak, Al-Qaida, les tortures perpétrées par la CIA sur des bases européennes de l'OTAN... bref, un détonnant mélange de familiarité et d'exotisme qui est souvent, je le crois, la clef des fictions réussies (et pas d'ailleurs seulement des science-fictions).

Comme vous le disait également David, il ne s'agit que du 1er tome d'une série aux limites inconnues (espérons que la crise ne passera pas là-dessus, c'est assez pénible avec la BD actuelle...). Difficile donc de jauger de la qualité de l'ensemble de l'histoire mais cette "Dame de Dubaï" pose des personnages intéressants, des enjeux palpitants et contient sa dose d'action malgré les contraintes d'un 1er album de série ( = poser le cadre de l'univers dans lequel tout cela va se dérouler). Bref, vivement la suite !



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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 10:23
Allez, on ne s'arrête plus : tête dans le guidon et droit devant jusqu'à la ligne d'arrivée. Y en a presque plus des supp' Talsorian pour Cyberpunk 2020 à chroniquer. Enfin, pour être exact, il y en a presque "plus sur mes étagères" et "de suppléments Talsorian". Si le vice me tenaille, j'envisage de prolonger ce Cyberpunk Reload par la chronique des suppléments non-Talsorian (le pire du pire et le meilleur du meilleur : mmmmh, intéressant). Ou bien, si je suis vraiment mais vraiment très méchant, je profite d'un séjour chez mes parents pour déterrer la réserve secrète : les suppléments Cyberpunk 2020 achetés mais laissés là-bas tellement j'étais sûr de ne jamais avoir envie de les re-feuilleter. Ouaip, ça pourrait aussi être rigolo...

En attendant toutes ces réjouissantes espérances, concentrons sur notre tâche. Aujourd'hui, du tout-venant, avec deux avatars de la série des Chrome. Le 3 et le 4 (ouf, ils se sont arrêtés à 4). En VO. Bah ouais, c'est moche mais je n'avais pas eu, à l'époque, la patience d'attendre la VF. Gné.

Pour ceux qui sont vraiment très peu familiers de la gamme CP2020, notez que les "Chrome" sont des suppléments de matos divers présentés (en théorie...) sous la, forme d'un fake de catalogue où les pubs et les notices techniques se succèdent sans grande cohérence (enfin, y a quand même un semblant d'organisation : un gun, un gros gun, un plus gros gun...).

Le Chrome 3 débute par un choc. La couverture est belle. Ouaip, après celle de Live & Direct, on appelle ça la loi des séries. Des séries statistiques. Après une vingtaine de couv' toutes plus moches les unes que les autres, il allait bien finir par y en avoir une ou deux qui seraient sympas. Donc, OK : bonne illu, bonne ambiance. Et, la fille n'a presque pas des gros ... euh... guns. Voilà : elle n'a pas de gros gun à la main. Voyez, je vous avais bien dit : une bonne couv'.

Bon, par contre, même punition que dans le supp' consacré aux Medias : l'intérieur est uniformément laid, avec une mention spéciale pour les véhicules qui sont particulièrement ridicules.

En ce qui concerne le contenu, vous connaissez la formule : un maximum de conneries égayées de loin en loin par une trouvaille sympathique. Faisons le point chapitre par chapitre.

D'abord, les gadgets électroniques les plus divers. C'est à la fois là où le risque de grosse déconnade est le moins élevé et où le risque de grosse plantade en matière de prospective réaliste est le plus grand. Dans ce registre, j'aime beaucoup la révolutionnaire option "signal d'appel" que, pour la modique somme de 5 eurodollars par mois, chaque cyberpunker aura à coeur d'ajouter à son téléphone cellulaire. A ce niveau de micromanagement du personnage futuriste, cela devient de l'art...

Bref, passons vite pour se repaître du chapitre le plus n'importequoitesque : la cybernétique. Tiens, je crois que je vais reprendre un raccourci déjà testé dans cette série. Le fameux petit dessin qui vaut mieux qu'un long discours. Z'êtes prêts ? Scan!


Ah, vous voyez ? Vous n'étiez pas assez prêts. Donc, oui, c'est un bras cybernétique tronçonneuse. Très pratique. Et seyant. Et pas du tout débile. Du tout, du tout. Alors quand même des fois ça fait peur d'avoir été fan de ce jeu. Pas vrai [ALT+R]Fred ?

Par bonté d'âme, je passe rapidement sur le chapitre des véhicules qui, une fois de plus, me laisse particulièrement songeur sur les intentions des auteurs : une moto avec des mitrailleuses, un chasseur bombardier, un camping car blindé et, bien sûr, comment a-t-on pu vivre sans jusqu'ici à Night City : un blindé chenillé équipé d'une tourelle de 10 tubes lance-missiles. On parle bien du même Cyberpunk que dans les romans de Gibson, vous êtes sûrs ??

Le chapitre suivant, consacré au matos du Netrunner est moins débile que la moyenne mais tombe à nouveau sur l'écueil du micromanagement. Franchement, c'est bien chiant de voir son PJ Netrunner choisir sa console à l'option ultime près puis de l'équiper d'une vingtaine de logiciels (qu'il aura bien entendu dûment copié depuis une paire de disquettes...). Bref, ça manque de souffle.

Si j'ajoute que le Chrome 3 s'achève par plus de 30 pages consacrées aux[censure] conversions cybernétiques intégrales et autres armures de combat façon Maximum Metal  [/censure] (avec les fiches de caracs et tout), vous me direz : rien à sauver. Et, globalement, il faut bien avouer que vous aurez raison. Deux petites choses quand même : un court chapitre sur les cyberpets (des animaux de compagnie modifiés) qui est plutôt bien vu (le digital watchdog et sa télécommande est même vraiment pas mal) et... pas de flingos. Ouaip, vous avez bien lu : ce Chrome ne continet pas l'ombre du début d'un nouveau flingo.

Ouah, ce scandale. Non, sans déconner, bien essayé les gars. Juste la prochaine fois, vous éviterez de les remplacer par des bras-tronçonneuses.

Ces beaux efforts sont donc à mesurer avec le Chrome 4 (le dernier de la série en attendant un hypothétique Chrome pour Cyberpunk3 ?). Outre le fait que ce livret est tout fin, on notera aussi avec le même déplaisir la répugnante laideur de la couv'. Les statistiques, je vous dis. L'intérieur est très terne avec des dessins passablement inutiles du corps humain pour illustrer les implants biotechs. Par contre, j'aime le style un peu impressionniste des illus de véhicule de ce supplément.

Alors, quant au contenu, j'ai déjà lâché le morceau : de la biotech ! Ouaip. Voilà déjà un bon point, délaisser les bras cybertronçonneuses pour des implants biotechnologiques. Bon, je vous rassure, vous trouverez aussi une poignée de trucs en "métal qu'est meilleur que la viande". Des lames hypertranchantes à monter sur vos bras, par exemple. Pour aller avec la tronçonneuse. Mais bon, c'est dit, place à la modernité : en avant les biotechs ! Bon, franchement, y a du pas mal. Des biomods qui permettent de mieux résister aux rayons du soleil ou s'adapter à des températures extrêmes, par exemple. Par contre, on voit côté règles la galère d'un jeu fourre-tout comme CP (c'est encore plus valable avec Shadowrun quand vous ajoutez la magie !) : difficile de rendre tout compatible. Quand un personnage à une ouïe biomodifiée, des cyberaudios et utilise un gadget électronique façon micro-espion, il se passe quoi exactement ? Il entend les battements d'ailes du papillon dans le Pacifique ? Son cerveau explose sous les décibels ?

Dès le chapitre suivant, on retombe dans le tout-venant avec des véhicules sans intérêt (tiens, une moto ?). Seul le court passage sur les AV peut avoir de l'intérêt. Vous connaissez déjà mon opinion sur les consoles et logiciels pour Netrunner et sur les gadgets électroniques divers...

Bon, et les flingos, ils sont où les flingos ? Bah, en fait, il n'y en pas non plus. Incroyable, ce qui ne devait jamais arriver est arrivé : les gars de chez Talsorian en ont définitvement eu marre d'inventer encore et encore de nouveaux guns de plus en plus gros. Moi, je dis : il y a de l'espoir en toutes choses.

Du coup, comme pour le 3, on peut noter deux bonnes petites choses pour finir le supp'. D'abord, des règles pour gérer les dysfonctionnements et la réparation du matériel. Cela peut sembler chiant et inutile pour votre téléphone portable mais cela devinet passionnat et plein de perspectives pour votre cybermatos. Pinaise, j'ai des interférences dans mes cyberoptiques ! Et j'ai un court-circuit dans mes bras mécanique !! L'autre chapitre, tout à fait excellent et même, si j'ose dire, miraculeux, c'est le long chapitre consacré à la mode avec des double-pages très joliment illustrées qui montrent des personnages regroupés par style, de l'Edgerunner fonctionnel et résistant à l'Urban flash très... euh... flashy. Tout cela est un peu kitsch bien sûr mais cela fait du bien d'avoir des considérations autres que le nombre de D6 de dégâts dans un Chrome. Au bilan, le dernier de la série est finalement le meilleur, tout simplement.
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Published by Narbeuh - dans TAZ
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 09:16

Vie courante, le plus petit JdR du monde

Common Life, the smallest RPG of the world


Le système des rançons s’est développé depuis un bon moment déjà dans le microcosme rôliste. Il est le plus souvent le fait d’auteurs américains qui proposent de mettre à disposition en libre accès leur(s) création(s) à une date donnée, à condition que le public intéressé ait préalablement réuni une somme destinée à « payer la rançon ». Le jeu est décrit brièvement de façon à attirer des clients qui donnent la somme qu'ils souhaitent. Si le montant est atteint avant une date limite, le jeu est « libéré »: il est publié sous un format électronique gratuit, enfin sauf pour ceux qui ont payé !


Parmi ces otages, quelques uns valaient probablement le coup, mais la plupart n’étaient pas, jusque là, d’une qualité extraordinaire. C’est dans cette lignée que s’inscrit Vie Courante RPG, le jeu de rôles que nous vous proposons aujourd’hui.


Vie Courante RPG vient d’un lointain passé où le jeu de rôles était à la fois très compliqué parce qu’il fallait des tables, des chiffres, des tableaux et des statistiques partout, et en même temps beaucoup plus simple qu’aujourd’hui parce qu’on ne se posait pas toutes ces putains de questions existentielles avant d’aller se vider un donjon. En ce sens il est un peu le fils caché de Rolemaster et du Chi-Fu-Mi.


Et à combien se monte la rançon nous demanderons ceux qui suivent ? Eh bien, vous pouvez considérer qu’en le lisant vous êtes déjà en train de commencer à en payer le prix.


La seule question à se poser étant : méritez-vous vraiment ça ?


C’est bien intéressant, mais comment tout cela a-t-il commencé ? Ou : Vie courante, la genèse


Je me souviens précisément du moment où m’est venue l’idée de ce JdR. C’était par un bel après-midi d’été, en juillet 1990, à Dinard, alors que je regardais en l’air pour voir si le volant de Badminton que j’avais expédié dans les basses branches d’un platane allait retomber tout seul, ou pas.


J’allais projeter ma raquette vers l’objet de ma convoitise lorsqu’une particule d’idée élémentaire, qui avait commencé sa course folle à travers le cosmos quelques milliards d’années auparavant dans une galaxie très très lointaine, me traversa la pupille droite pour venir m’agiter les neurones. Mes bras sont alors retombés ballants le long de mon corps et, me désintéressant du volant, j’ai entrepris d’exposer le thème et les règles de Vie Courante RPG à Fred, mon redoutable adversaire d’alors.


Celui-ci, qui ne devait pas être bien dans son état normal non plus, garda un instant le silence, semblant méditer mes propos, puis levant un sourcil bien haut au dessus d’un œil écarquillé, déclara (prophétique) : « Tu devrais faire breveter ça avant qu’un mec ne te pique l’idée ! »


18 ans plus tard ça n’est toujours pas arrivé…*

Allez-y, faîtes-vous plaisir, le jeu est à télécharger gratuitement en cliquant sur le lien ci-dessous. Bon courage.



Note : bon, maintenant, on peut le dire, on a le droit, ceci était un désopilant Poisson d'Avril. Je précise aussi quelque chose d'important : pour faire ce pastiche, David a pris pour base le texte de Wushu Open, un jdr sous licence libre dont vous pourrez trouver le vrai texte ici : http://www.bayn.org/wushu/wushu-open.html


* Note de Narbeuh : et on se demande bien pourquoi...
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Published by David - dans Quel chantier !
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 12:17
Eh dis donc, il reste 2/3 bouses qui trâinent dans cette belle collection de suppléments Cyberpunk 2020, ce serait vraiment péché que de n'en rien faire, alors hop, zou, go ahead et tout ça : la suite du Cyberpunk Reload. Pour les distraits, rappelons qu'il s'agit d'un long et minutieux passage en revue de toute la gamme du jdr Cyberpunk 2020 pour en examiner les qualités et les défauts grâce à un salvateur recul post-geek.

Aujourd'hui, deux suppléments en VO, jamais traduits et restés par conséquent relativement confidentiels de ce côté de l'Atlantique. Qui a dit au fond : "et c'est tant mieux" ?

Pour commencer, le retour du fils de la vengeance du Solo... Solo of Fortune 2 ! Pour les lecteurs le splus infidèles, rappelez-vous, nous vous avions déjà parlé de son grand frère qui était en fait un supp' pour Cyberpunk 2013 habilement traduit par Oriflam comme un supplément CP 2020 (bien que les règles soient en partie incompatibles...). Attention, ici, il ne s'agit pas d'une réédition augmentée comme pour Eurosource/Eurosource plus mais bel et bien d'un supp' entièrement inédit. La base des fans de CP adorant, c'est de notoriété publique, jouer des solos équipés de gros guns, cela aurait été un contre-sens économique que de ne pas céder à la tentation d'un nouveau supp' rempli de gros flingos et de bonnes raisons de s'en servir.

Etrange objet que ce SoF2. Sans doute conçue comme un émouvant hommage à son grand frère, la couverture marque le retour en grâce de la photo pourrave en couverture. Un gus en brosse affublé de lunettes de soleil et d'un pistolet en plastique et hop, une couv'. On n'oublie pas d'ajouter un logo peu inspiré et très orange et on a même une des plus moches de la gamme. Un exploit qui n'avait pourtant rien d'évident tant la concurrence est forte... A l'intérieur, par contre, on note avec plaisir le retour des illustrateurs de matos (armes et véhicules) qui officiaient déjà dans des suppléments comme les Corpo Books. Parmi les meilleures de la gamme. Voilà, tout est dit : ce supplément réussit à être une sorte de résumé du Cyberpunk Reload ; on y trouve le pire et le meilleur. Ou en tout cas, le moins pire.

Ainsi, la forme du texte reprend-elle celle d'un pastiche de magazine pour mercenaires. Cela aide à faire passer le bordel lié à ce type de supplément fourre-tout. En même temps, pour l'effet de surprise, on repassera.

Au niveau du contenu, on trouve par exemple un article sur les caractéristiques de la guerre en 2020. C'est une bonne idée. En même temps, l'article est si général qu'on n'apprend presque rien. Sauf que c'est un bon prétexte pour nous présenter un AV de combat et 2/3 autres babioles. Des théâtres d'opération (Amérique latine, URSS néo-sov...) sont également présentés et permettent d'en apprendre un tout petit peu plus sur le background géopolitique du jeu, ce qui n'est pas mal. En même temps, le passage sur l'URSS est surtout l'occasion d'une longue série de fiches présentant des blindés lourds et des hélicoptères de combat avec caracs et tout. Ce qui laisse songeur sur les intentions des auteurs : ils pensent vraiment que les joueurs vont s'en servir ?

Au niveau règles et matos décrits, c'est un peu le même topo : le pire et le meilleur. Les règles de customisation des armes, sur le recul ou sur l'utilisation des arcs sont sympas et le chapitre sur les animaux modifiés utilisés en opérations militaires est un vrai sujet pour un jeu d'anticipation (tout le monde sait que de vraies expériences dans ce sens ont eu et sans doute ont encore lieu). Rien à faire, j'ai quand même du mal à être convaincu par les singes ou les félins munis de lance-missiles sur le dos. Débile... Je passe sur la litanie de flingos nouveaux. Tout, absolument tout est prétexte pour nous en coller : les fausses pubs, les faux articles banc d'essai, la fausse revue des sorties du mois... tout finit en vrai catalogue de gros guns. Quant aux armures de combat, comme de coutume depuis que j'ai fait l'impasse sur le "mythique" Maximum Metal, je fais comme si elles n'avaient jamais existé.

Au bilan, un intérêt très faible. La seule justification d'achat serait de ne pas pouvoir mettre la main sur le vol. 1 et vouloir coûte que coûte voir à quoi ressemble un de ces Solo of Fortune. Chacun ses obsessions...

And now something completly different avec Live & Direct. A priori, ce sourcebook sur les Medias s'inscrit dans la lignée des "archétypes pour les nuls" façon Wildside pour les Fixers ou Protect & Serve pour les Cops. Mais en fait, il se rapproche, hélas, beaucoup plus du second que du premier. Y avait un indice avec l'esperluette dans le titre, faut dire...

Souvenez-vous. On est alors en 1996. La petite industrie du jeu de rôels découvre alors, stupéfaite, qu'on peut vendre ouatemilles bouquins de jdr en délayant à l'extrême à partir d'un thème mince comme du papier à cigarettes. Mettons "jouer des vampoires dans un monde contemporain occulte", par exemple. Et Talsorian de se dire : "ouahou, faisons pareil !". Le résultat de cette fine politique éditoirale, c'est typiquement Live & Direct. J'explique.

Alors, qu'est-ce qu'on a dans ce livret de 96 pages ? D'abord, croyez-le ou non mais on a... une superbe couverture. Plaît-il ?? Oui, oui, un supp' Cyberpunk 2020 en VO doté d'un dessin inspiré, bien dans le thème et avec presque pas trop de couleurs. Et, accrochez-vous bien... y a même pas un gros gun dessus. Ah. Hum. En fait, en regardant mieux, on se rend compte que sur les écrans de TV en fond d'image, y a un gars avec un énorme flingos. Mais ça ne compte pas vraiment ! Bon, après faut pas rêver non plus : l'intérieur est uniformément laid. Certains dessins me semblent même mériter le qualificatif de "hideux".

Mais, bon, ça on est habitué, y a pas de mal les gars. Que dire par contre du 1er chapitre "L'histoire des médias" ? Donc, blablabla, la presse écrite, blblabla, Gazette de France, blablabla la radiophonie... bref, du pur remplissage sans aucun rapport avec le sujet. Il me semble en effet que l'on peut jouer un Media des années 2020 sans connaître l'existence de la Gazette de France au 17ème siècle. Et que si on veut se faire une culture sur le sujet, on ira sonner ailleurs que chez Talsorian.

La suite est plus justifiée, faisant l'état des lieux des médias en 2020. Ouïlle, l'exercice casse-gueule ! On donne des dates, des chiffres, des faits précis... et 10 ans après, à la relecture, on passe pour des cons. C'est tout le problème de la (mauvaise) prospective. Et donc, en 2020, un journal en édition papier coûte 0.1 eurodollar par page (les gratuits ? Connaît pas !), on trouve des espèces de gros minitels (les fameux Dataterms qui nous semblaient délicieusement exotiques il y a 15 ans...) au coin des rues pour s'informer (les derniers fils infos sur mon Iphone ? Connaît pas !) et, bien sûr, on continue d'acheter des albums de musique sur supports physiques au disquaire du quartier (mp3, téléchragements et Deezer ? Connaît pas non plus !!). Bref, un exercice périlleux mais qui, ça n'empêche, est totalement foiré. Le pire, c'est encore que le Net n'est même pas imaginé et décrit comme un média (meuh, non, c'est un Pacman fait pour craquer les données des Mégacorpos !!) alors que, manifestement, il devient de plus en plus LE média de convergence. Seule la Braindance tire son épingle du jeu mais là il faut dire que c'est de la pure imagination et non de l'extrapolation. Plus facile.

Pas mal de remplissage aussi avec les profils de Media spécifiques : le correspondant de guerre, le paparazzi..., l'utilisation possible des autres archétypes dans une équipe de Media (tiens, un Solo pourrait être le garde de corps, savez-vous ?)... Navrés de ne pouvoir forunir de nouveaux guns dans ce supplément, les auteurs se rattrapent un peu avec deux AV puis quelques règles (3 pages) pour évaluer la qualité d'une interview ou mesurer le temps nécessaire pour rédiger un article. Je ne dis pas que ça n'a pas sa place ici mais là, on n'arrive comme à des règles pointues de chez pointues...

Alors, desfois, à la fin, on a le droit à un scénar' et là, ça tombe bien, on arrive à un chapitre intitulé "media campaigns" et... mince, encore raté... il s'agit de conseils pour mener des campagnes avec des Medias. Pas le début d'un synopsis. Rien.

Au bilan, encore un beau ratage...

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Published by Narbeuh - dans TAZ
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 15:34

[...] j'ai senti que j'essayais de décrire un présent impensable, mais en réalité je sens que le meilleur usage que l'on puisse faire de la science-fiction aujourd'hui est d'explorer la réalité contemporaine au lieu d'essayer de prédire l'avenir... La meilleure chose à faire avec la science aujourd'hui, c'est de l'utiliser pour explorer le présent. La Terre est la planète alien d'aujourd'hui.


William Gibson (Extrait d'une interview accordée sur CNNfn, le 26 août 1997)


La glorieuse équipe de MeC planche actuellement, comme vous le savez puisque vous nous lisez régulièrement, sur TAZ, un jeu dont l'univers tiendra de la proche anticipation et du Cyberpunk. Et qui dit conception d'un univers de jeu dit inspiration, sous toutes ses formes. Je sens confusément que maintenant je devrais écrire quelque chose comme « voici ce que j'ai chargé en mémoire vive dans ma cyber-prothèse » ou un truc comme ça, mais bien que nous soyons en 2009 (ce que je n'arrive jamais à vraiment bien réaliser) je dois reconnaître que c'est simplement ce qui traine sur (et autour) de ma table de nuit. Oh, et toujours aucune voiture volante dans ma rue aussi...

 

Unica


Ça a la couleur du Cyberpunk mais ce n'en est pas franchement. Une histoire assez malsaine qui se passe à Seattle (Seattle est La ville du Cyberpunk dans la vraie vie, peut être parce que W. GIBSON y réside). Finalement vous pouvez largement vous dispenser de cette lecture que je n'ai mentionnée que parce que ce roman a obtenu le Grand Prix de la Science-Fiction Française 2008... Drôle d'idée !



 Identification des schémas


C'est le premier roman de Gibson qui revient complètement à notre monde contemporain. On avait déjà senti une désescalade technologique dans Lumière Virtuelle et Idolu, mais cette fois pas de doute : l'action se déroule quelque part vers 2005, légèrement dans le futur au moment ou s'écrit le roman, légèrement dans le passé pour nous.

 


Code Source


Code Source (Spook Country en américain – un ancien collègue de jeu de rôle en ligne se plaignait récemment de ces maudites traductions, pour une fois en voici une qui n'est pas mal trouvée, W. Gibson lui-même l'a jugée habille dans une interview donnée au magazine Amusement) est la suite d'Identification des Schémas. C'est un roman majeur, dont l'intrigue a déjà commencé à inspirer tout un tas de créateurs, dont ceux d'une série de feuilletons télévisés américains.

 

Babylone’s Babies et Babylon A.D.


Il s'agit du roman qui a inspiré le film du même nom, qui était sur les écrans à la fin de l'été. Le Cyberpunk à la française donc. J'ai préféré le livre.

 

Snow Crash


Et voilà que je me retrouve 16 ou presque 17 ans après à lire Le Samouraï Virtuel sous son titre originel de Snow Crash. Reste la question de savoir si ce livre est le dernier des romans Cyberpunks ou le premier des continuations du genre ? En tout cas c'est un incontournable, mais vous feriez mieux de le trouver en poche, cette nouvelle version coûte les yeux des fesses.

 

Artica


Derrière des couvertures trompeuses signées du maître Manchu vous trouverez les aventures de Dakota, un as de l’aviation qui consacre sa vie à débarrasser l’espace des épaves dangereuses et va se retrouver embringués dans des péripéties pas croyables dessinées par Kovacevic - dont il faut bien avouer que (surtout dans le premier tome) le dessin est souvent approximatif – mais scénarisées par Pecqueur, ce qui est habituellement un gage de qualité. Même si l'ensemble est agréable et l'action joliment enlevée, certaines cases laissent une franche impression de défaut de maîtrise et donc un drôle d'arrière goût de fait à la va-vite...



Ghost Money


Autant vous pouvez vous dispenser de faire plus que feuilleter la série Artica dans votre librairie BD préférée, autant vous devez vous jeter sur Ghost Money. C'est la BD Cyberpunk de la fin de l'année dernière, et peut-être même la meilleure BD Cyberpunk depuis un moment. C'est la seule qui vaille selon moi l'investissement. L'histoire est adulte, maîtrisée, assez proche finalement de ce magot de la guerre du golfe qu'on retrouve chez Gibson (hein, quoi ? Comment ? Mais non je n'ai pas dit ce que contient le conteneur.) Ce sera un classique.

 

Mirror's edge


Eh mais attendez, c'est pas un bouquin ça, c'est un jeu vidéo ! Ben oui et alors ? Y'aurait un règlement comme quoi on n'a pas le droit de mettre des jeux vidéo dans une inspi ? Un jeu développé par E.A. Très beau, très fluide, mais rapidement répétitif. Ça vaut le coup d'œil quand même pour l'aperçu de l'univers urbain où (nous dit le pitch...) « les flux d'informations sont sous haute surveillance, où le crime n'est plus qu'un lointain souvenir et où la plupart des gens ont abandonné leurs libertés pour mener une vie tranquille, certaines personnes ont choisi de vivre différemment. Pour communiquer discrètement, ils font appel à des coursiers : les Messagers. »

 

Une brève histoire de l'avenir


Ah ah, et ça, bande d'escrocs, vous nous en avez déjà parlé ! Oui, mais là c'est la BD adaptée du livre de Jacques Attali dont Narbeuh vous avait parlé en son temps. Le pitch est le même, du coup (« 2020. Quatre amis d'enfance assistent à un événement fondateur dont ils se souviendront toute leur vie : le Flash, l'explosion d'une bombe sale dans le vieux Jérusalem, point de départ de ce qui sera appelé "la troisième guerre du Golfe". C'est l'amorce du grand changement, de la faillite des USA, de l'effondrement de notre économie et de l'avènement d'une nouvelle ère... Marie, Pierre, Jacques et Thomas, à peine sortis de l'adolescence, découvrent ce monde en devenir et ils n'ont pas la moindre idée finale de la forme qu'il revêtira ! ») mais c'est en images (dessin très correct bien qu'un peu « facile à consommer » de Damien, couleurs de Jean-Paul Fernandez) et c'est scénarisé par Scénario : Jean-Pierre Pécau, ce qui est là aussi un gage de qualité.

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Published by David - dans TAZ
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 07:59
Le retour du Jeudi Noir n'est pas qu'un article d'une brûlante actualité. C'est aussi le 3ème et dernier article de la série "Le parfum des dames en Noir" signée David. Vous trouverez les précédents volets de la trilogie ici et là également.

L’oppression dans les têtes


C’est la crise ! Pas encore la crise conjugale mais déjà la crise financière. Quel soulagement ! Enfermé dans une cage dorée à la périphérie des grands centres urbains, pris dans la camisole de force de la grande vie, on n’en pouvait plus… Gros salaires, grosses maisons, grosses bagnoles, faire tout un plat quand on marche dans la rue, quand on réserve une chambre à l’hôtel… en faire des tonnes, tout le temps, tout le temps… De quoi un homme a-t-il besoin… vraiment ? Quelques kilos de bouffe chaque jour, un abri et de la chaleur, deux mètres où s’allonger… et un boulot qui lui donnera l’impression de faire quelque chose de sa vie. C’est tout… sur le plan matériel. Et on le sait tous. Mais notre système économique nous lave le cerveau jusqu’à ce qu’on se retrouve sous une pyramide de dettes, d’hypothèques, de gadgets grotesques, de joujoux qui détournent notre attention de la bêtise absolue de cette parodie.

 

Les vampires Psychiques


On a été secoués, on risque de ne pas vouloir se laisser rendormir si facilement… Nicolas et Pimprenelle, le marchand de sable va devoir passer : la relance par l’investissement, le plan du Gouvernement, c’est des salades, cuisinées par un grand chef, mais ça reste des salades. Il faut reconnaître que ça a de la gueule : des expressions parfaitement innocentes sont braquées, violées, dépouillées de toute véritable signification et de toute décence, puis envoyées faire le trottoir pour assurer le contrôle de l’actualité au profit du gang au pouvoir.


Les problèmes actuels de l’économie de marché résultent clairement de la frilosité des consommateurs et de petits épargnants craintifs qui n’ont plus le courage d’investir, mais n’ont rien à voir avec la cupidité, l’arrogance et la bêtise butée des banquiers et des spéculateurs financiers. Oh, le Gouvernement a commis des fautes, pardon, «  pris des décisions bien intentionnées qui, rétrospectivement, ont pu hélas, par certains côtés, passer pour des bourdes » comme faire cadeau aux plus privilégiés parmi les privilégiés de tout ce qui restait en caisse - mais c’était surtout arrivé, semblait-il, en voulant rectifier « les erreurs de fond généralisées » imputables au gouvernement précédent. Nul ne regrettait rien parce que nul n’était en tort ; des malheurs étaient survenus par génération spontanée dans un autre monde étrange, glacial, mathématique, et « on ne pouvait que les regretter ».

 


Bling Bling, Bang Bang Bang !


Sous vos applaudissements le gang de la finance criminelle est en train de faire des acrobaties pour jeter de la poudre aux yeux et le Boss est déterminé à affronter la situation – bien entendu il y aura de la casse sociale, mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, n’est-ce pas ? Certains vont payer le prix fort, et vous pouvez être sûrs que ce ne sera pas Lui. Seul un raz-de-marée pourrait arrêter les porte-flingues du Pouvoir dans leur atteinte forcenée au sens des mots. Le gouvernement « s’occupe des gens », et les journalistes omettent complètement de demander ce que ça veut dire exactement. Les journalistes n’annoncent plus le menu, ils font partie du menu ; le cassoulet devient le plat national : une petite saucisse et beaucoup de fayots autour. On ignore si les gens continueront à avaler ces balivernes insignifiantes, tombées de la bouche de sinistres individus dénués de discernement, d’intelligence et de tout talent au-delà de la capacité à délayer le sens des mots. S’ils continueront à voter pour des individus qui sont en train de voler à leur pays argent et espoir, en affichant les attributs de l’argent roi, en incarnant l’avidité sans règles, d’ailleurs à l’origine de la crise.

 

Extension du domaine de la turlute


Carla a remplacé Cécilia sur les photos officielles : les changements sont cosmétiques. On efface une bague par-ci, des bourrelets par-là, on renvoie, on promeut, on nomme, on surveille Internet. Dans ces conditions de censure et d’atteintes aux libertés, critiquer le système « S » de manière flagrante devient hors de question pour qui tient à sa vitrine en ville. Les médias ne peuvent plus dire que les gens sombrent dans la délinquance pour des raisons économiques. Les incivilités ne sont pas des produits dérivés du carcan de la société, vous devez admettre que vous en héritez de votre mère ! Plus question de faire des enquêtes pour exposer les revers de la société ultralibérale à la mode présidentielle, plus de reportages sur les grèves, plus de téléfilms où les banquiers sont méchants. Idéalisons le code de conduite de la jungle et faisant- on un mode de vie qui condamne chacun à l’individualisme des origines, à errer seul comme une bête dans la jungle. Mais une jungle avec des Lois, sans cesse plus nombreuses : on a fait non pas de la Justice mais de la judiciarisassion un objet direct du pouvoir d'Etat : jamais elle n'a conduit tant de gens en prison, jamais elle n'a tant servi comme grille de lecture du monde et de nous-mêmes, jamais elle n'a autant été investie comme lieu où se jouent les rapports de pouvoir...


Lorsque l'imagination et la créativité d'une société ne se manifestent pas outre mesure dans le domaine des arts ou des sciences, construire des nouvelles infractions pénales devient une forme d’autojustification pour un pouvoir névrosé qui croit nous éloigner ainsi des tristes réalités quotidiennes.


Mais rien n’efface le Noir.

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Published by David - dans Noir bitume
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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 10:07
Et bah, la presse, comme tout le monde, c'te blague.

Comme je vous le disais tantôt, on fait de drôles de découvertes sur le site web de Eclipse Phase. C'est ainsi que j'ai découvert l'existence de H+ qui n'est pas, comme le nom pourrait le laisser croire, un magazine avec beaucoup de filles à moitié nues et très peu de texte écrit gros mais tout simplement LE magazine des transhumains. Où du moins de ceux qui s'intéressent à ces questions d'avenir. Sinon, leur longévité serait encore moindre que celle d'un mag' de jdr...

En fait, ils ont dû voir le coup venir, ce n'est pas un magazine papier (peuh, beaucoup trop organique...) mais un zine PDF téléchargeable gratuitement ou consultable en ligne. Pour le moment, il n'en existe que deux numéros. Le n°2 (nettement plus copieux que le 1) vient de sortir. Ah oui, c'est en anglais au fait. Pas assez de transhumains du côté de Clermont-Ferrand ou Maubeuge pour une VF...

Au début, ça fait un peu peur et on ne sait quoi en penser. Pour nous autres, joueurs de jeu de rôles habitués aux fakes des gammes comme Cyberpunk 2020 par exemple, cela fait drôle de tomber sur des pubs qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à ce qu'on pouvait trouver dans nos suppléments préférés... mais qui là, sont de vraies de vraies pubs pour de vraies de vraies compagnies de fous furieux. Exemples : http://www.knome.com/home/
ou mieux (pire !?) : http://www.alcor.org/


Quand même, hein ?

Mais, très vite, si on accepte le côté un peu délirant de ce magazine, cela peut devenir une vraie mine d'or pour l'amateur de jeux d'anticipation. Voyons le sommaire de ce n°2 de H+ : des trucs sur les nanotechs, un article se demandant si les IAs auraient pu éviter la crise financière mondiale, une sélection de romans cyberpunk, l'usage des robots dans l'armée, une interview de Vernor Vinge... j'en passe et de plus intéressants (je n'ai pas encore tout lu, en fait, donc je m'avance peut-être un peu...). Bref, ce qu'on pourrait attendre d'un (bon) supplément pour un jdr d'anticipation réaliste. A surveiller de très près donc.

Bonne lecture à vous : http://hplusmagazine.com/


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Published by Narbeuh - dans TAZ
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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 17:24
Voici 2/3 jours, j'ai reçu dans ma boîte aux lettres le scénario Bombyx, première édition d'une nouvelle gamme de suppléments pour Crimes, les "Carnets de Crimes". Pour tout vous dire, à la base, ce petit opuscule avait d'assez faibles chances de parvenir jusqu'à chez moi. Non, non, rien à voir avec ma factrice (encore que...) mais le thème, visiblement très sombre du scénario ne me tentait guère. Quand on commence à devoir mettre des avertissements sur les deux premières pages pour prévenir le lecteur, cela commence à me brouter tout net. Ils ont de la chance aux Ecuries d'Augias que je n'ai pas le numéro personnel de Mireille Dumas parce que... nan, je déconne !

Bon, bref, j'étais fermement décidé à faire l'impasse sur Bombyx mais, au final, ce supplément a fini par m'avoir pour ses attraits plus éditoriaux que scénaristiques. En effet, la collection "Carnets de Crimes" est destinée aux micro-tirages : moins de 100 exemplaires, impression numérique, distribution directe par courrier (il semble toutefois que Légion distribuera une poignée de ces livrets dans quelques boutiques), prix très raisonnable (10 euros port compris). Allez, go, on se lance.


Et là, très belle surprise. Bombyx, arrivé tout beau dans son enveloppe cartonnée, se présente sous la forme d'un livret A5 de 32 pages à la mise en page soignée, équivalente au reste de la gamme (avec les photos en marge et tout). Ouah, 10 euros pour 32 mini-pages ?? Nan. Il y a aussi et surtout une dizaine de A4 volantes sur lesquelles se trouvent les fiches des personnages prétirés et les indices et aides de jeu à distribuer aux joueurs. Et puis pour les rapidos qui ont obtenu un des 20 exemplaires Collector, il y a aussi un fac simile de scellé fixé à la cire sur le 2ème de couverture : trop la classe.


Alors, je n'ai pas encore lu le texte lui-même et ne pourrai donc rien en dire mais d'ores et déjà, je suis conquis par le format : un livret clair et facile à manipuler, des feuilles volantes que l'on n'a même pas à photocopier avant la partie, un petit prix... voilà le format idéal pour se fournir en scénarios quasiment prêts à jouer. Comme en plus, des personnes bien informées me confirment que cette opération ne risque pas de vider les caisses des toutes jeunes éditions des Ecuries d'Augias (c'est le premier supplément qu'elles publient après la reprise du flambeau laissé à terre par Caravelle), c'est le bonheur.


Il me semble même que c'est là un bien beau modèle à suivre pour assurer du suivi pour un jeu sans prendre le risque de l'impression et de la distribution d'un gros supplément et sans, non plus, se contenter de ces foutus PDF qu'on télécharge à la va-vite, qu'on ne lit pas et qu'on fait encore moins jouer. Tout jeu déjà connu (la présence en boutiques semblant indispensable pour se faire connaître) et sachant entretenir un noyau de fans suffisants pourrait tout aussi bien se livrer à cette expérience. Bravo donc au culot des Ecuries et laissez-vous tenter à votre tour en allant télécharger le bon de commande sur leur site : http://www.ecuries-augias.com/?article26

Vous avez peur d'arriver trop tard ? Allons donc, le numérique, ça permet des retirages aisés ;-!

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Published by Narbeuh - dans Comptes rendus
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Le garage où les M.e.C. rangent leurs fichiers PDF étant devenu un fameux bordel, en voici une nouvelle version plus mieux. Un clic et c'est parti !


http://img.over-blog.com/625x881/0/06/06/51/n-6/tangerine_quarantine.jpg
Du matos pour Hellywood préalablement publié dans les défunts Carnets de l'Assemblée : la description d'un rade comac et un scénario qui s'y déroule entièrement (ou presque).

http://img.over-blog.com/500x706/0/06/06/51/n-6/glas.jpg
Du matos pour Warsaw préalablement publié dans les défunts Carnets de l'Assemblée : une faction atypique accompagnée du scénario qui va bien.

http://img.over-blog.com/500x702/0/06/06/51/n-5/factions-warsaw-cover.jpgUne mini-aide de jeu pour Warsaw (la liste des factions).
http://img.over-blog.com/625x884/0/06/06/51/n-6/avocats-du-diable.jpg
Un scénario expérimental car bi-classé Te Deum pour un massacre et Hellywood (et ouais). Publié jadis dans les Carnets de l'Assemblée.
http://img.over-blog.com/150x206/0/06/06/51/n-4/verbatim-couv.jpg
Une contribution à l'ouvrage Jouer avec l'Histoire proposée par l'éphémère éditeur en bonus sur son site web. Sujet : le surnaturel dans les jeux historiques.

Mea Rouia, un gros scénario exotique
pour Maléfices avec les aides de jeu et les prétirés qui vont bien (voici aussi la couv' pour les plus bricolos d'entre vous)

Three Card Monte, un scénario sans fantastique pour Hellywood


Fleetwood & Studebaker, une aide de jeu sur les poursuites en voitures pour Hellywood


Deadline !, une variante des règles d'investigation pour le système Gumshoe


Aventures aux Pays de Nulle Part, un jeu hybride entre jeu de rôles sans MJ et de société dans l'univers du jdr Terra Incognita

Voyage, une tentative d'adaptation du système de Dying Earth à l'univers de Rêve de Dragon

Le site dédié à Terra Incognita

http://www.paysdenullepart.fr/wp-content/uploads/2012/03/TI-logo-950x631.png

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Bon, tu as sûrement dû t'égarer sur ce blog ^^

Je te conseille putôt de te rendre sur ce site de création de bijoux fait main.

http://atelier-creation-bijoux.fr/fr/

On reste en tout cas entre gens de bon goût.

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