Mondes en Chantier ?
Mondes en chantier, c'est quoi ? Bah, Mondes en chantier, c'est... comment dire ?... : c'est des petits cochons en plastique, quelques crèmes trop sucrés et un peu froids, des Moustaches, un Bob le chien, un ou deux 15 Août sortis de la Twillight Zone, des vacances à la longueur sans doute pas très raisonnables... Bref, c'est un peu n'importe quoi.
Mais encore ? Je ne sais pas si vous avez remarqué mais c'est dingue la fuite des joueurs de jeux de rôles loin des grandes villes, l'été quand il fait trop chaud. En même temps - le monde est mal foutu - ce serait à ce moment du calendrier que vous auriez un temps pas possible pour vous lancer dans des campagnes démesurées. Rageant, non ? A l'origine, Mondes en chantier, c'est donc un fanzine de rôlistes passablement déprimés par cette lâche fuite des joueurs au mauvais moment. Mais aujourd'hui, le papier qui tâche, la photocop qui marche pas, tout ça, c'est tout naze. On est à l'heure du blog maintenant, mes p'tits gars... Alors : longue vie à Mondes en chantier, le blog !
Tiens, l'autre jour, je suis tombé sur mes
exemplaires de ce roman de Norman Spinrad en deux tomes, "Le printemps russe" et je me suis rappelé qu'à l'époque, MJ à Cyberpunk 2020, j'avais trouvé ça bien sympa. Bon, aujourd'hui,
c'est complètement largué question anticipation (le retour de l'URSS tout ça, ben voyons...) mais, pour ma part, le style néo-sov avec ses prothèses pourries et ses enjeux pétroliers reste une
part importante de l'imagerie proprement cyberpunk. A l'époque, en mélangeant les romans, le background du jeu de chez Talsorian (ça, ça fait pas lourd ;-!)
et mes propres connaissances en géopolitique (bon, OK, ça fait pas si lourd non plus...), j'en avais tiré ce petit article d'une encyclopédie de 2020.Je ne sais pas si ça peut encore servir pour la version 3.0 du jeu (mais je serais curieux qu'un lecteur m'en informe : coup de coude, allusion...) mais je vous la livre telle quelle façon préfabriqué.
Néo-sov (nom variable et adjectif)
Terme générique employé dans la langue courante pour désigner tout ce qui concerne la Nouvelle URSS.
Pourtant, un certain nombre d’éléments négatifs subsistaient, porteurs des troubles futurs. D’une part, la Russie devait faire face à de sérieux mouvements séparatistes, par exemple en Iakoutie où des groupes armés s’opposent à la volonté de Moscou de reprendre en main les différentes régions plus ou moins éloignées de son pouvoir central. D’autre part, au niveau social, l’écart entre les plus riches et les plus pauvres ne cessait de se creuser pour prendre une ampleur inédite et difficilement supportable, d’autant qu’aucun organisme social ne venait atténuer la condition des plus pauvres. A cela peut s’ajouter une mafia sur-puissante qui, elle aussi, voyait d’un mauvais œil les tentations autoritaires du nouveau pouvoir de Moscou. Enfin, on pourrait ajouter que certains anciens satellites, encore très liés à la Russie, se trouvaient au plus mal d’un point de vue économique : on peut ainsi citer le Bélarus ou le Kazakhstan.
A la fin des années 2000, les rues de Russie commencent à être le terrain de bataille opposant d’un côté les nostalgiques de l’ex-URSS, de plus en plus nombreux, aux milices fascistes qui entendent lutter contre les premiers à leur façon… Inquiète devant cette situation quasi-insurrectionnelle, l’Union Européenne prend ses distances avec la Russie, l’exhortant à rétablir l’ordre chez elle. C’est alors que le Collapse économique mondial finit par enlever toute crédibilité au pouvoir en place…
En effet, en 2011, le Bélarus, suivi par plusieurs pays de l’ex-URSS, totalement exsangues, réclame son retour dans le giron russe. Pour d’évidentes raisons économiques, le pouvoir de Moscou refuse… au grand dam de l’opinion publique russe qui y voit un reflet de la puissance envolée de la Russie. Les organisations clandestines communistes, en lien avec l’armée et la mafia, déclenchent alors un coup d’état victorieux. En quelques victoires éclairs, soutenus par une bonne partie de la population, les communistes reprennent le pouvoir ! Ils s’empressent de reconstituer officiellement l’URSS et acceptent aussitôt les demandes des états satellites.
Ce double coup de force provoque bien sûr un très important retentissement international. Des pays comme l’Ukraine ou la Lituanie, inquiets du retour de l’URSS, protestent énergiquement. L’UE menace d’intervenir mais, noyée dans ses contradictions internes, semble loin de pouvoir intervenir. Les USA, repliés sur leur continent, préviennent qu’ils n’ont que faire du type de régime en place en Russie mais que, si les armes nucléaires devaient encore être employées, ils écraseraient toute la région sous le poids de leur feu nucléaire.
Devant l’apathie générale, l’Armée Rouge reconstituée est envoyée dans les pays ayant demandés leur rattachement mais aussi dans les autres anciens pays d’URSS où pourtant seule une petite minorité de nostalgiques les soutient. Après quelques jours de combat de rue entre partisans et adversaires, Kiev, la capitale ukrainienne ouvre ses portes aux blindés de l’Armée Rouge : c’est le « coup de Kiev ». Toute l’Ukraine se rallie. Dans d’autres pays, comme en Moldavie, l’entrée des troupes néo-sovs est encore plus aisée, accueillies par les hourras de la foule. Dans d’autres, par contre, l’opposition est réelle et de véritables batailles rangées s’engagent. Ainsi, les Pays Baltes et l’Azerbaïdjan s’enflamment.
Après quelques mois, la communauté internationale se décide à agir et une conférence est réunie sur le sujet à Stockholm après l’acceptation d’un cessez-le-feu
par toutes les parties. Les USA refusent d’y siéger. De ce fait, l’UE et le Japon seront les principaux négociateurs présents.
La conférence de Stockholm s’achève en 2013 par la reconnaissance internationale de la Nouvelle URSS dans ses frontières du cessez-le-feu. Pour obtenir cela, les néo-sovs ont du se soumettrent à un certain nombre d’engagements : l’abandon de toute prétention sur les territoires qu’elle essayait d’annexer par la force, le respect des engagements internationaux de la Russie (notamment sur le désarmement), la pérennisation des accords d’association avec l’UE (ce qui, d’une certaine manière, contraint l’URSS à rester capitaliste…)… En outre, pour se concilier le Japon, l’URSS lui abandonne la souveraineté sur les îles Kouriles, au nord de l’archipel nippon, qui ont longtemps empoisonnées les relations entre les deux pays. Cet événement suscite un vaste élan de nationalisme au Japon.
La principale conséquence du statu quo est la séparation de fait des Pays Baltes en deux zones. L’est, occupé par les forces néo-sovs, est intégré à la Nouvelle URSS. L’ouest, qui résistait encore, devient un nouvel état : la République Balte, formée à partir d’une partie des territoires des anciennes Lettonie et surtout Lituanie. De façon à « faire passer la pilule », la République Balte est intégrée à l’UE avec un statut spécial. De façon à éviter tout problème futur, l’URSS est contrainte de se séparer de l’enclave de Kaliningrad au plus vite.
Bien sûr, la paix ne revient pas d’un seul coup et de nombreux combats sporadiques se déroulent encore aujourd’hui aux périphéries de l’immense empire néo-sov. De plus, des mouvements indépendantistes se rappellent régulièrement au bon souvenir de Moscou par leurs actions terroristes, en Ukraine notamment.
En matière de politique économique, l’URSS, liée au capitalisme par les accords d’association avec l’UE, a remis au goût du jour la NEP des années 1920. Dans cette nouvelle politique économique, l’agriculture, le commerce de détail et la plupart des PME appartiennent au domaine privé et fonctionnent donc selon les critères capitalistes. Seuls les très grands groupes furent nationalisés. L’économie se rapproche alors du modèle initié par la Chine : une économie à la fois capitaliste et communiste où la richesse produite profite essentiellement à la classe dirigeante des corpos néo-sovs, la NOMENKLATURA. Ceux-ci vivent dans l’opulence pendant que la masse du peuple est maintenue dans l’illusion d’un régime plus égalitaire grâce, il est vrai, à une amélioration des services publics mais aussi grâce à la propagande et la limitation des libertés personnelles. Certains intellectuels occidentaux, provocateurs irresponsables, ont été jusqu’à suggérer que ce modèle néo-sov n’était pas si éloigné de nos démocraties libérales ! Il est à noter que malgré la similitude entre les deux régimes, les relations entre l’URSS et la Chine populaire restent fluctuantes et au mieux fraîches.
Les grandes corporations néo-sovs n’ont eu aucun mal, soutenues par un état de près de 200 millions de personnes, à s’imposer dans le concert international. On peut noter la corpo SOVOIL, géant pétrolier mais aussi AEROFLOT, compagnie aérospatiale ou encore RED STAR, compagnie géante fabriquant et distribuant l’essentiel des biens de consommation de fabrication néo-sov.
A noter, pour être tout à fait complet sur le volet économique, que la mafia possède des liens indiscutables avec la nomenklatura et reste donc très puissante.
Malgré les apparences d’un état fort et autoritaire, on voit donc que le pouvoir de Moscou est limité. Outre la mafia, les régions périphériques sont assez autonomes, contrairement à ce que la propagande tente de faire croire. De fait, le pouvoir central a du concéder des libertés assez importantes aux régions les plus éloignées d’Asie centrale et de Sibérie. Moscou y soutient les dirigeants locaux acceptant de jouer le jeu des apparences d’un pouvoir central fort (propagande, bases de l’Armée Rouge, sièges des corpos d’état…), quitte à ce que ceux-ci confisquent la réalité du pouvoir local, gouvernant leur région comme bon leur semble. On assiste ainsi dans ces régions à une multiplication de mini-dictatures quasiment indépendantes liées à Moscou par un système proche du fédéralisme.
De quoi il parle, lui ? Et bien de la petite aide de jeu pour le système Gumshoe dont je parlais dans la lecture critique des Esoterroristes précédemment.
Le résultat , c'est un petit PDF de 7 pages, pompeusement appelé Deadline !, qui propose des pistes pour gérer deux aspects à mon avis essentiels dans une bonne simulation d'enquête moderne : les fausses piste et le temps qui tourne en faveur des méchants. Bien évidemment, les deux éléments sont intimement liés : plus on perd de temps dans de fausses pistes plus vite le temps tourne en faveur des méchants. CQFD.
Donc, ça se télécharge ici ou en cliquant comme un gros malade sur les images de cet article, ça se lit et, dans l'idéal, ça se commente/critique ici même. Merci, c'est juste pour rester digne.
Ah, juste un truc : faîtes pas trop attention mais un gars a essayé d'apprendre à se servir d'un logiciel de PAO à l'occasion de ce PDF. Il débute depuis Dimanche dernier donc faites comme si vous n'aviez rien vu...
· Charles DAMPIERRE, 48 ans, rédacteur en chef
A vrai dire,
peu de choses semblaient disposer cet honnête homme à l’embonpoint naissant et aux épaisses rouflaquettes à occuper un jour le fauteuil de rédacteur en chef de L’Echo de l’Univers.
Certes, Charles a toujours eu la vocation de journaliste et n’a d’ailleurs jamais fait vraiment autre chose depuis la fin de ses études. Ceci dit, la signature de Dampierre n’a jamais guère ornée
que des articles d’un grand classicisme se bornant à décrire sur un ton plutôt neutre les tumultes politiques de la difficile naissance de la Troisième République.
Dans le courant des années 1880, Dampierre bascule définitivement dans le camp républicain et passe de journal en journal au gré des envies, des rencontres et des fâcheries passagères, l’homme n’étant pas toujours d’un caractère facile… comme tous les voisins de son bureau de rédacteur en chef peuvent en témoigner !
C’est finalement au début des années 1890 qu’il trouve une certaine stabilité, sur un plan professionnel en restant plusieurs longues années au service politique de La Justice, le journal de Clémenceau, mais aussi sur le plan familial en épousant Rose, une charmante jeune femme de bonne famille qu’il aime, qui l’aime et qui lui donne rapidement deux beaux enfants.
D’une certaine façon libéré par son bonheur domestique mais en même temps inquiet d’un certain embourgeoisement, il va imperceptiblement gauchir ses prises de positions et notamment s’illustrer par d’incendiaires articles anticléricaux qui lui valent un petit succès et une notoriété de plume auprès des lecteurs radicaux.
C’est arrivé à ce sommet dans sa modeste vie professionnelle qu’il va connaître le drame de sa vie : Rose lui est subitement enlevée par un imprévisible accès de variole. Inconsolable, il choisit de démissionner de La Justice, se laissant quelques temps avant de trouver la force de reprendre ses diatribes.
C’est alors qu’il se repose en épuisant ses économies dans sa maison de campagne qu’il est témoin, une nuit, de l’apparition fugace d’une silhouette évanescente au visage grêlé… Rose ? une passante ? un mauvais rêve ? Charles n’a jamais su à quoi s’en tenir. Très déstabilisé, il refuse plusieurs offres d’employeurs qui espéraient le voir reprendre sa verve anticléricale.
Pourtant, ses économies finalement épuisées, il se résout à se tourner vers les rédactions parisiennes pour retrouver un emploi. Mais le vent à tourner. D’autres plumes ont remplacé celle, vieillissante de Charles. De plus,ce dernier veut absolument préserver une indépendance éditoriale correspondant mieux à ses nouveaux doutes.
Il propose donc ses services à Hélène Dacier pour son projet de journal téléphonoscopique. D’abord effrayée par la réputation du bonhomme, elle finit par se laisser séduire par sa volonté d’indépendance, d’investigation tout azimut et de neutralité absolue. Elle dépasse même ses prévisions en le nommant finalement rédacteur en chef. Il faut dire que Dampierre est, de loin, le plus expérimenté de l’équipe de L’Echo de l’Univers…
Citation : « Quoi ? Encore une histoire de fantôme ?? Pffff… encore un coup de ces maudits curetons pour faire croire à leurs fadaises. Enfin, je préfère quand même qu’on y envoie une équipe. Au cas où… On ne sait jamais… »
Profil : Constitution (12), Aptitudes Physiques (10) Perception (12), Habileté (12), Culture Générale (15), Spiritualité (10), Ouverture d'esprit (10)
· Etienne RAMPONNEAU, 34 ans, journaliste
Cadet d’une
famille de grossistes en viande de boucherie ayant un prospère emplacement aux Halles depuis des décennies, Etienne montre dès la petite enfance un manque des goût évident pour le monde de la
boucherie. Ce grand et beau gaillard aux moustaches toujours soigneusement entretenues fait même preuve d’une sensiblerie étonnante lorsqu’il s’agit du sort des petites bêtes…
D’intelligence vive bien que plutôt dilettante de nature, il s’investit dans les études plus pour rassurer ses parents, inquiets de le voir s’éloigner de la vocation familiale, que par goût véritable. Pour tromper l’ennui, il découvre avec joie, grâce à ses camarades d’études, la pratique sportive. Surtout les sports plutôt populaires comme le cyclisme, la savate, voire le football. Il s’y adonne avec autant de passion que de succès. Il faut dire que chez les Ramponneau, on est des forces de la nature depuis des générations !
Arrivé au bout de ses études secondaires, Etienne ne peut plus guère reculer et doit trouver un gagne pain… ou transporter des carcasses de bœuf pour le compte de son père ! Il décide donc de se consacrer entièrement à ce qu’il sait le mieux faire : du sport ! Bien sûr, ce n’est pas un vrai métier mais on peut y gagner un peu d’argent… notamment lorsqu’on possède un bon agent. Grâce à Albert Lancier, un intermédiaire rencontré par hasard au bord d’un vélodrome, il alterne combats de savate et courses cyclistes, accumule les succès et les primes… et arrive ainsi à vivre confortablement sans se soucier du lendemain.
Etienne tient tant à l’indépendance qu’il finit même par se séparer, avec bruits et fracas et au grand mécontentement de celui-ci, de son agent. En effet, Lancier le poussait toujours et encore à s’entraîner et à enchaîner les compétitions alors que Etienne estimait avoir suffisamment pour se la couler douce.
A partir de cette date, plus rien ne va dans la carrière sportive de Ramponneau : matches attribués aux points à son adversaire, concurrents survitaminés ou non sanctionnés malgré des manques flagrants aux règlements et surtout, à l’esprit sportif. Intelligent et curieux, Etienne ne tarde pas à comprendre que Lancier est derrière tout ça et qu’il ne ménage ni les dessous de table, ni les cocktails aux effets stupéfiants pour faire triompher ses nouveaux poulains, moins doués et moins intègres que le bel Etienne.
Du jour au lendemain, Etienne Ramponneau décide de couper tous les liens avec le monde du sport. Fort d’une bonne connaissance de ce milieu et de ses turpitudes mais aussi d’une motivation démultipliée par le sentiment de revanche, il réussit à se faire embaucher dans ce nouveau journal un peu marginal en mal de journalistes : L’Echo de l’Univers ! Il s’y occupe bien sûr des sports mais son énergie et son courage sont aussi appréciés dans les investigations les plus difficiles.
Citation : « Bignou de bignou, va y’avoir du sport ! On va les travailler au corps jusqu’à avoir l’info, parole de Ramponneau ! »
Profil : Constitution (17), Aptitudes Physiques (15) Perception (11), Habileté (12), Culture Générale (11), Spiritualité (8), Ouverture d'esprit (12)
· Claire DESSEL alias « Camille de Saint-Germain », 29 ans, journaliste
De petite taille, son fin visage contrastant avec son plantureux chignon de cheveux blonds pâles, Claire est une des plus opiniâtres membres de la rédaction de L’Echo de
l’Univers.
Pourtant, jamais un lecteur du journal téléphonoscopique n’a pu lire un article signé du nom de la jeune femme à la bonne éducation, issue d’une riche famille bourgeoise de province. En effet, comme bien de ses congénères du sexe faible, Claire emprunte un pseudonyme ambigu en signant : Camille de Saint-Germain.
Ses collègues ont d’ailleurs plus que l’habitude de l’entendre pester à voix haute et avec emphase contre cette injustice sexiste. Il faut dire que la frêle jeune femme, qui ne peut faire directement entendre sa voix dans ses articles téléphonoscopiques compense avec de fameuses envolées lyriques à l’intention du reste de la rédaction.
Pourtant, sur les encouragements de Hélène Dacier, sa patronne, Claire pourrait tout à fait, si elle le souhaitait, signer ses articles de son nom. D’autres femmes le font dans la presse de son temps alors dans un journal aussi moderne que L’Echo de l’Univers dirigé par une femme, pensez donc !
Claire a toujours tergiversé sur ce point pour finalement ne jamais prendre de décision. Sans doute sa famille, fidèle lectrice du Figaro et franchement conservatrice serait-elle déçue ? Sans doute l’éducation reçue de cette famille-là a-t-elle mis de sérieuses barrières mentales dans l’esprit de Claire qui continue au fond d’elle, quoiqu’elle en fasse croire en public, à penser que son métier est « anormal » pour une femme ?
Finalement, l’argument le plus fort en faveur du maintien de ce pseudonyme est sans doute l’indécrottable romantisme de Claire Dessel. Il faut dire qu’elle l’aime son Camille de Saint-Germain ! A croire qu’il est l’homme qu’elle n’a pas su trouver dans la vraie vie. En plus d’un patronyme, elle lui a petit à petit, au fil des articles, forgé un style, un caractère, une histoire même ! Un vrai personnage de roman, en fait. Qu’elle n’aime rien tant qu’incarner.
Citation : « Quelle exécrable injustice ! Je crois qu’il est, hélas, une fois de plus, temps pour moi de revêtir le masque de Camille. Jusqu’à quand, Grands Dieux mais jusqu’à quand ?! »
Profil : Constitution (11), Aptitudes Physiques (12) Perception (13), Habileté (10), Culture Générale (14), Spiritualité (7), Ouverture d'esprit (13)
N'hésitez pas à ajouter vos propres personnages pour compléter la rédaction de ce journal plutôt particulier !
· Hélène DACIER, 38 ans, directrice de publication
Voir une femme à la
tête d’un journal, même un journal aussi atypique que L’Echo de l’Univers, ce n’est certes pas une chose très courante. Pourtant, Hélène, femme toute menue encore pleine de charme, n’est
pas discutée dans ces fonctions car sa position familiale la légitime : n’est-elle pas la veuve de Noël-Aimé Dacier, le magnat de la presse et des armements, mort sous les balles d’un
probable anarchiste (le sinistre individu court encore…) voici 3 ans ? Juste avant cette mort dramatique, l’industriel s’apprêtait, dit-on, à lancer un journal révolutionnaire, le fameux
journal téléphonoscopique. Seules les balles de l’assassin l’empêchèrent de bousculer le petit monde de la presse parisienne avec l’invention de M. Melki-Kalamanos. Quelques jours après les
funérailles, la veuve Dacier annonçait solennellement qu’elle entendait mener les projets de son défunt mari jusqu’au bout, dût-elle pour cela sortir de son rôle traditionnelle de femme.
Aussitôt, elle s’occupait de renouer le contact avec l’inventeur grec, prélevait la somme nécessaire sur les plantureux crédits du défunt et lançait quelques mois plus tard le premier journal
d’investigation indépendant à diffusion téléphonoscopique : L’Echo de l’Univers !
Bien. Voici pour l’histoire officielle et les convenances de la bonne société parisienne. Maintenant : la vérité !
Hélène Dacier détestait son mari. Celui-ci, aussi fat qu’elle est d’intelligence vive, parfois brutal, lui a été imposé par sa famille, aveuglée par l’excellence de ce parti issu d’une des plus riches familles de la sidérurgie française. Dans la pieuvre familiale, Noël-Aimé Dacier s’occupe plus particulièrement des ventes d’armes. C’est cette motivation, et uniquement celle-ci, qui le conduit à investir quelques uns des nombreux deniers familiaux dans la presse écrite. Quoi de mieux en effet pour faire pression sur les gouvernements que de maîtriser ce que pense l’opinion ? Après avoir racheté quelques titres mineurs de la presse conservatrice provinciale et parisienne, Dacier rêvait d’un grand coup. Saturnin Melki-Kalamanos, obscur ingénieur d’origine grecque, le lui apporta sur un plateau : la diffusion téléphonoscopique. D’abord méfiant comme toujours devant la nouveauté (n’avait-il pas déjà refusé pour ses usines d’armement un projet d’aéroplane de bombardement ?), l’industriel se laissa convaincre par les perspectives de propagande nationaliste et va-t’en-guerre qu’offrait l’engin… mais il était trop tard ! Lassé par les atermoiements de l’investisseur et surtout, peu convaincu par son caractère comme par ses orientations politiques, l’inventeur préférait décliner l’offre.
C’était quelques jours avant l’assassinat.
Peu de temps après, Hélène reprenait secrètement contact avec le Grec et n’avait aucun mal à le convaincre. Il faut dire qu’en quelques jours, le projet avait pas mal changé ! D’un quotidien conservateur, va-t’en-guerre et inféodé aux industries d’armement, le projet était devenu, dans l’esprit de la veuve Dacier, un journal d’investigation moderne, ouvert sur le monde et sur tous les sujets et totalement indépendant. Elle tenait là une belle revanche sur des années de mariage plutôt douloureuses.
Citation : « Nous prendrons le risque. Mon pauvre époux aurait voulu que nous prenions ce risque. Aaah, ce pauvre, pauvre Noël-Aimé (soupir)… »
Profil : Constitution (13), Aptitudes Physiques (10) Perception (13), Habileté (11), Culture Générale (13), Spiritualité (8), Ouverture d'esprit (12)
· Saturnin MELKI-KALAMANOS, 57 ans, président d’honneur
Fils d’un bon
bourgeois du Pirée, Saturnin reçoit une éducation soignée dès ses plus jeunes années. Montrant de réelles aptitudes pour les études, notamment scientifiques, son père place beaucoup d’espoirs sur
la réussite de son cadet. La Guerre de Crimée et l’occupation du Pirée pendant les années 1850 par les troupes occidentales vont infléchir cette destinée. La famille Melki-Kalamanos rend quelques
bons services aux troupes françaises stationnées sur place… ce qui finit par mécontenter certains habitants du Pirée et, surtout, les autorités militaires au pouvoir. Sagement, la famille décide
d’accepter la proposition de la France d’embarquer sa famille avec ses propres troupes en 1859. Malgré la générosité de l’accueil, la famille Melki-Kalamanos a à peu près tout perdu dans l’exil
et, installée à Paris, elle se contente de vivoter en tenant une simple épicerie. Pour le jeune Saturnin, c’est la découverte d’un nouveau pays, pus libre et plus ouvert, mais c’est aussi la fin
des grands desseins scientifiques…
Reprenant pour survivre l’épicerie de son père, il n’a pour autant jamais perdu de vue le domaine de l’innovation scientifique et technique. Dévorant à son comptoir tous les ouvrages lui tombant sous la main, il s’empresse de mettre en pratique ses idées dans la cour de l’arrière-boutique dès que le commerce le lui permet.
Après de longues années d’essais infructueux et d’inventions plus ou moins géniales mais uniformément ignorées, il finit par vendre coup sur coup à des industriels les brevets du cardan à bosse et de la navette à double détente automatisée. Ces ventes lui assurent dorénavant un revenu, certes bien modeste, mais qui lui permet de délaisser de plus en plus son comptoir pour se consacrer à ses inventions.
A aujourd’hui près de 60 ans, petit et frêle, le regard fuyant se perdant tout au fond de ses orbites, Saturnin semble aboutir à son rêve absolu : une vraie invention et non plus une simple amélioration par bricolage d’un procédé préexistant… la diffusion téléphonoscopique !
Jamais très à l’aise lorsqu’il s’agit de traiter avec des industriels souvent méprisants vis à vis du petit épicier grec, Saturnin, motivé comme jamais et persuadé de détenir là une invention sans précédent, prend son courage pour aller à la rencontre d’investisseurs. On lui conseille de rencontrer Dacier, aux crédits illimités et dont on dit qu’il est prêt à investir à fonds perdus dans la presse. L’homme ne lui plaît guère. Méprisant, peu impressionné par son invention et surtout, va-t’en-guerre alors que le jeune Saturnin a appris sur le terrain à détester les armes. Après quelques tergiversations, Saturnin décide que, finalement, l’affaire ne se fera pas. Puis c’est l’assassinat de l’industriel et sa veuve, tellement plus sympathique, qui vient le trouver…
…voilà comment Saturnin Melki-Kalamanos quitte définitivement l’épicerie familiale pour s’asseoir dans le fauteuil de président d’honneur de L’Echo de l’Univers, premier journal à diffusion téléphonoscopique ! Sans fonction bien précise, il se contente d’être un conseiller précieux pour Hélène Dacier. Le plus clair de son temps, il continue d’ailleurs de le passer à bricoler quelque invention dans son atelier.
Citation : « Vous imachinez, mon ami ? Des milliers de téléphonochcopes rrreliés entrre eux : quelle merrrrveille che cherrait ! J’appellerrais ça… la Toile ! Voyez, comme la toile d’une arrraignée… »
Profil : Constitution (11), Aptitudes Physiques (7) Perception (11), Habileté (15), Culture Générale (15), Spiritualité (5), Ouverture d'esprit (15)
· Andrew HARTLEFIELD, 52 ans, directeur financier
Célèbre dans les
bureaux de L’Echo pour ses costumes impeccables et ses épais cigares, le directeur financier du journal a indiscutablement garder quelque chose, en sus de son accent, de sa
Grande-Bretagne natale.
Venu en France, il y a déjà de longues années, pour faire profiter les banques françaises de l’expérience anglaise dans le domaine de la collecte bancaire des économies des particuliers, Andrew paye maintenant son passeport étranger et son accent au couteau. Les banques françaises n’ont plus grand chose à envier à leurs homologues d’Albion et Andrew se retrouva sans emploi digne de la haute image qu’il se fait volontiers de lui-même.
Il prit lui-même l’initiative de sa reconversion et, ayant eu la chance d’apprendre le projet de Hélène Dacier grâce à ses relations tissées dans le groupe industriel de son défunt mari, il fit auprès de la veuve une proposition spontanée pour l’aider à gérer l’avenir financier de L’Echo de l’Univers. Séduite par le culot du britannique et ayant la volonté de couper avec les traditions, elle lui confia le poste de Directeur Financier.
Hélène Dacier n’a jusqu’ici eu qu’à se féliciter de l’action de Hartlefield pour son journal. Alors que l’avenir d’un projet si novateur ne peut être que précaire, le Directeur Financier a réussi à trouver le soutien de banques qui épongent (pour le moment…) l’important déficit d’exploitation du journal.
Surtout, il a su trouver une solution au problème crucial posé par l’innovation si radicale de Melki-Kalamanos : il n’y a pour le moment que quelques petites dizaines de possesseurs d’un téléphonoscope ! Ce nombre ridicule d’abonnés, bien que riches et prêts à payer un abonnement élevé, ne peut bien évidemment pas assurer la survie présente de L’Echo. Hartlefield a su trouver un accord avec le célèbre journal L’illustration qui publie, à des conditions avantageuses, une version papier de L’Echo de l’Univers… qui représente l’essentiel des revenus de la publication.
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Tout irait bien donc pour Andrew Hartlefield si celui-ci, fin amateur de littérature, n’avait toujours préféré le personnage de Iago à celui d’Othello. Bref, c’est un traître. En tout cas un traître en puissance, à tout le moins : un comploteur.
Il sait que la situation de L’Echo est précaire malgré la fortune personnelle de Hélène Dacier. Or, comme un joueur imprudent, c’est déjà la dépouille de celui-ci qu’il joue dans ses négociations financières. N’a-t-il pas promis à L’illustration de transformer L’Echo à terme en simple « Supplément téléphonoscopique » du célèbre journal, attiré par cette brillante innovation ? N’a-t-il pas obtenu l’aval des banques habituelles partenaires du Petit Journal en faisant miroiter à ce dernier la possibilité d’étrangler financièrement le nouveau venu au cas où il deviendra trop gênant ?
Citation : « Wow… quelle une iinccoyabeule iinvennchionne, isn’t it ? But… pour la monnaie, ce n’est pas encowe ça. Non soucis, je m’occioupe de tout. »
Profil : Constitution (11), Aptitudes Physiques (9) Perception (11), Habileté (11), Culture Générale (13), Spiritualité (7), Ouverture d'esprit (13)A suivre...
Le téléphonoscope, invention fantastique qui sert de titre et de prétexte au site « L’Echo de l’Univers » consacré à
Maléfices, n’est pas un pur fruit de l’imagination. En effet, les savants, plus ou moins fous, de la Belle Epoque sont bel et bien à la recherche d’une solution pour transmettre des
informations en images et à distance. Petit tour d’horizon.
Des débuts confus…
Le parallèle entre l’imaginaire uchronique que nous alimentons volontiers avec « notre » téléphonoscope et la réalité est assez saisissant. En effet, l’histoire de la transmission d’images à distance (puisque c’est bien de cela dont il s’agit) début dans une bien étrange atmosphère entre canulars, fantasmes et désinformation. Cela nous rappelle avec émotion que la Belle Epoque n’est pas encore celle d’Internet…
L’annonce de la découverte d’un procédé permettant la transmission à distance d’images fixes est donc plusieurs fois et successivement annoncé dans la presse dans les années 1870-1880… sans qu’aucune de ces annonces ne contienne une once de vérité scientifique !
En 1877, un journal américain annonce l’invention d’un « électroscope » par l’intermédiaire de son courrier des lecteurs. L’année suivante, la presse française, sous la plume de Louis Figuier, annonce celle d’un « télectroscope », attribué à Graham Bell, le génial inventeur du téléphone. Tout cela est faux. Canular visant à se moquer de Bell ? Mauvaise information venant d’une mauvaise interprétation des recherches de l’inventeur du téléphone ? Sans doute un peu des deux…
De même, toujours en 1878, le caricaturiste américain Georges du Maurier (le père de la célèbre Daphné) attribue à Edison, autre illustrissime savant de l’époque, l’invention d’un « téléphonoscope » bien proche du « notre ». Alors ? Et bien, Edison a bel et bien inventé un appareil de ce nom… mais celui-ci n’a rien à voir avec la transmission d’images à distance ! C’est une sorte de mégaphone à double cornet… En 1880, d’autres journaux américains emboîtent le pas des rumeurs et autres canulars et annoncent fièrement, mais faussement, l’invention qui du « diaphote », qui du « téléphote »…
Toujours est-il que ces annonces précipitées et ces canulars montrent bien l’effervescence des vulgarisateurs scientifiques et des imaginations débridées autour de deux inventions contemporaines : le téléphone donc (brevet déposé par Bell en 1876) et le procédé de transmission de la lumière (et donc par extension de l’image) par le sélénium (en 1873). On commence donc à fantasmer à un appareil regroupant les deux possibilités. Et puis, on est alors en pleine effervescence positiviste : rien ne semble impossible à nos savants et ingénieurs alors, comme on ne prête qu’aux riches, forcément, on s’emballe quelque peu…
Les choses sérieuses commencent.
Même si la patience est
de mise avant d’espérer voir aboutir quoi que ce soit dans ce domaine, de véritables scientifiques, tel le portugais de Paiva ou le français Senlecq, emboîtent le pas des fantasmes des
vulgarisateurs et entament des recherches sérieuses sur le sujet… sans succès concret mais parfois avec des avancées théoriques qui seront utiles à leurs successeurs. Dans le même temps, un
scientifique français « sérieux », du Moncel, évoque dans ses articles et ses ouvrages la possibilité réelle, selon lui, de voir un jour aboutir de telles recherches.
Finalement, au début des années 1890, il semble que ce soit d’Allemagne que viennent les avancées les plus nettes dans le domaine de ce qu’il convient d’appeler désormais la télévision (« fern-sehen », terme inventé par Liesegang). Quelques années auparavant, un autre allemand, Nipkow, avait aussi apporté une contribution technique importante au projet. Toutefois, tout cela reste encore largement, avant 1900, du domaine du fantasme. Certaines mauvaises langues diront « on ne se refait pas » mais force est de constater qu’en attendant d’hypothétiques progrès techniques, alors que chacun imagine ce que pourrait être la future « télévision », c’est bel et bien un allemand, Plessner, qui a le premier en 1892 la vision d’une propagande inédite par son ampleur et sa force de frappe : son « hyaloscope » (une sorte de magnétoscope) théorique pourrait selon lui diffuser efficacement les messages du pouvoir prussien auprès des populations… pas mal, on la note et on la garde pour plus tard celle-là !
En France, le terme de « télévision » apparaît pour la première fois dans le cadre de l’inévitable Exposition Universelle de 1900 durant laquelle le Palais de l’électricité consacre une conférence faisant le point sur les différentes perspectives à moyen et long terme de la « télévision au moyen de l’électricité ». Pourtant, la lutte des appellations autour de la tant attendue invention n’est pas prêt de s’éteindre. Ainsi, on a encore droit dans ces années là au « téléphotographe » ou au « téléphote » …
Contact !
Finalement, nous devrions retenir le nom de « téléautographe ». En effet, en 1904, l’allemand Korn réussit à mettre au point cette machine géniale, prolongement de toutes les recherches menées par ses prédécesseurs sur les propriétés du sélénium depuis plus de 30 ans. On peut enfin transmettre une image, certes fixe, à distance par le biais de l’électricité, plus précisément grâce aux fils du télégraphe. Si Korn imagine dès le départ une utilisation sécuritaire de son invention (diffuser des portraits de criminels en fuite !), la vraie application sera… journalistique ! Tiens, tiens… En effet, le journal britannique Daily Mirror met en place un système de transmission d’images entre plusieurs de ses bureaux, notamment entre Londres et Paris dès 1907. Bien sûr, le système est coûteux, lent (une demi-heure en moyenne pour une photo), de médiocre résolution et n’aura guère de postérité sous cette forme mais… c’est un premier pas vers un journal téléphonoscopique !
Plus connu car français
mais un peu postérieur tout de même, Edouard Belin perfectionne le système avec (un peu de modestie ne fait jamais de mal…) le « bélinographe ». Celui-ci est plus rapide (une douzaine
de minutes par photo) et peut aussi utiliser les fils du téléphone pour la transmission. Aussi appelé phototélégraphe ou téléphotographe, c’est, à proprement parler, l’ancêtre du fax.
Un peu de technique pour se rendre compte quand même… Côté transmetteur, on place un tirage photographique sur un cylindre qui tourne, à raison de soixante rotations par minute. Tout au long de ce cylindre et donc de cette image va se déplacer une cellule photoélectrique chargée d’enregistrer, ligne par ligne, les blancs, les noirs et leurs intermédiaires. A chaque fois que cette cellule lit du blanc, elle émet un signal aigu ; à l’inverse, elle émet un signal grave quand elle lit du noir. Elle analyse, convertit et donc transmet toute la gamme intermédiaire des gris. À l’autre bout de la ligne, un récepteur reconvertit ces signaux sonores en signaux optiques, reconstituant ainsi la photographie émise. Si le cliché plaqué sur le cylindre est en couleurs, la cellule de lecture sera munie de filtres correspondant respectivement à la trichromie fondamentale : rouge, bleu et jaune. Elle effectuera trois passages (donc trois fois plus de temps de transmission), un pour chaque couleur. Trois clichés ainsi encodés seront délivrés, qu’il suffira de superposer pour reconstituer la photo couleur.
Eh oui, la transmission de photos couleurs est possible à Maléfices (ou Crimes, bien entendu) ! Toutefois, pas plus que l’appareil de Korn, celui de Belin ne sera réellement utilisé pendant la Belle Epoque. Par contre, avec quelques perfectionnements, des machines de ce type seront utilisées plus massivement, notamment dans la presse, surtout à partir de 1925.
En définitive ?
Pour résumer ce qui peut intéresser un Meneur ou un joueur de Maléfices ou de Crimes, en matière de transmission à distance des images, on peut dire que :
- le procédé existe pour les images fixes dans les toutes dernières années de notre période (1870-1914) ;
- le procédé n’existe pas encore pour les images animées ;
- même pour les images fixes, en dehors d’une uchronie comme celle de l’Echo de l’Univers, l’usage de ces procédés est très rare et très délicat ;
- à l’extrême rigueur, les domaines du journalisme international, de la police criminelle et des transmissions militaires peuvent être concernés par ces nouveaux procédés ;
- par contre, l’effervescence autour de ces possibles inventions est réelle et même très vive, mêlant dans un même tourbillon canulars, fantasmes et découvertes réelles : cela vous laisse notamment la possibilité d’inventer quelques beaux « savants fous » et en peupler vos futurs scénarios.
La source essentielle de cet article est le très riche site http://histv2.free.fr
Cette pâte, vendue en grands bocaux en plastique, vous permet de transformer n'importe quel vêtement en armure
légère ! En effet, il vous faut enduire préalablement l'ensemble du vêtement (attention : il est impossible de ne protéger qu'une partie du vêtement : cf. plus loin) avec la pâte. Celle-ci est
invisible et ne possède qu'une légère odeur âcre que l'on peut aisément dissimuler avec un peu de parfum. Le contact avec le tissu n'est pas non plus modifié... sauf lorsqu'il est soumis à un
choc puissant (coup, impact...) où il se durcit instantanément dans la partie touchée sous l'action des nanos. Cela offre une protection de secours appréciable. Et ce d'autant plus que la
nanopâte durcissante offre deux avantages inhabituels :
- d'une part, la protection offerte est uniforme ; c'est-à-dire que la protection est soumise aux règles habituelles de détérioration des protections mais les nanos se transfèrent seuls d'une localisation à l'autre : il ne peut donc jamais y avoir une différence supérieure à 1 entre 2 localisations (la répartition, notamment pour savoir quelles sont les localisations à couvrir en priorité) est laissée à la discrétion du joueur
- d'autre part, la protection peut être réparée à tout moment en quelques minutes ; il suffit pour cela de procéder à une nouvelle application de la nanopâte.
Deux utilisations possibles à ce nouveau produit :
- les punks voulant rester discrets : comment ? cette robe du soir est une armure !?
- les punks voulant rester élégants : comment ? cette robe du soir est une armure !?
Notes : la protection offerte est de 8 PA. Il n'y a bien sûr aucun malus du au port d'une telle protection.
Prix : 1 000 Eb pour un pot permettant d'enduire l'équivalent de 4 vêtements de type veste ou pantalon pour un adulte moyen.
Les gnomes de Rêve de Dragon sont souvent considérés par leurs compagnons de voyage humains comme des petits rigolos, tout juste bons à jongler avec trois pommes dans une taverne, ou à taquiner la nuque de quelque Groin de rencontre à l’aide de cailloux drôlement pointus qu’ils expédient en lâches (avec leur frondes vicelardes), bien à l’écart de la mêlée, pendant que les hommes – les vrais – font tout le gros oeuvre. Ils sont quand même tolérés, parce qu’il faut bien qu’il y ait quelqu’un pour se glisser dans un passage un peu étroit, pour crocheter une serrure un peu complexe, ou encore pour faire la vaisselle. Cette attitude mi-paternaliste mi-méprisante s’accompagne souvent de quolibets et autres moqueries sur la vie sexuelle de nos petits amis, réputés avoir des mœurs interlopes.
Et bien c’est une grave erreur. Méfiez-vous du gnome qui vous accompagne. S’il affiche un air bonnard et inoffensif, qu’il sifflote en permanence des airs agaçants en tapant joyeusement dans ses main, et qu’il ne compte jusqu’à ce jour à son tableau de chasse qu’un klampin maladif, c’est parce qu’il n’a pas encore révélé tout son potentiel. Il suffirait qu’il en prenne conscience et vous découvririez alors que vous comptez parmi vous un effrayant tueur silencieux, un assassin impeccable et implacable, un voleur insaisissable, un acrobate éblouissant, un combattant redoutable, bref pour tout dire, un véritable ninja de la nuit.
Comment est-ce que quoi me direz-vous. Et bien c’est très simple (reportez vous à la page 23 de Du voyage et des voyageurs pour le profil du gnome de base), il lui suffit, pour exploiter à fond ses incroyables capacités naturelles, et (pour tout dire) tout optimiser à mort, de faire l’acquisition chez quelque marchand bien achalandé, d’un exemplaire à sa taille (non non, n’insistez pas, il n’en existe pas à d’autres tailles) de la prochainement célèbre « Armure de cuir de gnome-artisan ».
Passons à la description. Le casque est probablement la partie de l’armure qui présente le moins de particularités. Il est en cuir, avec une jugulaire, et comporte sur le haut du crane de petite poches remplies d’un liquide caoutchouteux qui atténue un peu (un peu) les coups de masse. De plus, plusieurs trempages successifs ont permis de l’ignifuger. De même, le reste de la combinaison, et particulièrement les gants et les bottes, résiste au feu.
Qui plus est, un ingénieux système de courroies remplies d’une gélatine contenant des microbulles d’air permet d’atténuer les impacts contendants reçus sur la poitrine et l’abdomen.
Sur la botte droite vous pouvez observer une sorte d’étrier sanglé autour de la cheville : cet équipement permet au gnome-ninja de descendre suspendu la tête en bas dans les puits de mines ou tout autre lieu qui se prêterait à ce genre de missions impossibles.
Vous pouvez observer aussi sur la poitrine une superbe plaque en ivoire ouvragé. Il s’agit d’un puissant artefact enchanté, qui permet d’activé une zone personnelle mobile de protection contre les projectiles.
Ce gnome prévoyant est équipé d’une traditionnelle épée gnome, qui a exactement les mêmes caractéristiques que l’épée gnome du livre de règles, à cet important détail prêt qu’elle possède une lame en céramique ainsi qu’un manche et un pommeau en ivoire. Cela la rend certes beaucoup plus cassante mais cela évite aussi à notre assassin de se retrouver malencontreusement désarmé après avoir traversé une zone de métal en air qui n’était pas indiquée sur la carte…
A la ceinture de notre petit ami est accrochée une petite provision de tubes qui ressemblent à des cigarettes mais qui sont en fait des bâtonnets de phosphore potentiellement source d’une luminosité intense si on en arrache l’opercule. Chaque tube se consumera pendant environ trente secondes.
Enfin, au cas où, si malgré tout ce qui précède une aventure devait mal tourner, vous aurez noté sur l’épaule gauche de notre prévoyant petit ami une petite pipette qu’il peut arriver à se caler entre les dents d’un rapide mouvement de tête… une fois l’opercule arraché une petite succion lui permettra de se requinquer à l’aide de la potion de vie communément appelée dans sa communauté cosmopolite la « tryhitagainsam ». Je sais, le gnome, ce n’est pas facile facile à articuler. Mais après cet article, va peut-être falloir penser à vous y mettre, non ?
Caractéristiques : mh ? mouhahahah !!
Prix : vous ne pensez pas sérieusement acheter ce truc, si ?
Cette substance, qui se présente généralement sous la forme d'un petit cube de matière gélatineuse, est un redoutable outil pour tous les détectives et autres espions. Pour les chiens de garde corporatistes aussi, Chomba'.
En effet, une fois dilué dans la boisson ou mélangé à la nourriture puis ingéré par un type, le produit " marque " ce dernier de façon absolue : son odeur devient très caractéristique et très facilement détectable (plusieurs options sont disponibles : oignon, chili, viande avariée…) et permet donc de le suivre à la trace ou de le retrouver le cas échéant au milieu d'une population de milliers d'habitants.
Bien sûr, pour pouvoir profiter des émanations du traceur olfactif, il faut être équipé d'une prothèse olfactive ou d'un drone spécialement équipé… bref, d'un moyen technologique permettant de les localiser. Sinon, le gars, il se rendrait bien compte qu'il sent un peu fort. Les émanations du traceur diminuent au fil des jours, durant au grand maximum 7 jours. La Force du traceur est donc égale à 7 le 1er jour d'utilisation, à 6 le 2ème jour, etc…
On procèdera à un jet de Perception un peu spécial en multipliant le score de Perception (INT + Perception) par la Force du moment et en testant le score obtenu avec le jet d'un D100 pour vérifier si la localisation est réussie (voir exemple ci-dessous).
A l'origine, il s'agit d'un projet militaire devant permettre de distinguer plus facilement les amis des ennemis sur le champ de bataille. Depuis peu, une version civile est donc disponible grâce à Biotechnica.
Par exemple, Mike Scape veut suivre un type qu'il soupçonne de jouer double jeu. Dans un bar, il réussit à glisser un cube dans la bière du type. Mike Scape a 14 en Perception (9 + 5). A la sortie du bar, il a donc 14 x 7 = 98 % de chances de suivre le type. Il règle sa prothèse olfactive et, avec un 36 à son jet d'un D100, il suit le gars à la portée extrême de son cablâge. Ni vu ni connu. Hélas, au bout d'un moment, le suspect a la mauvaise idée de rentrer dans un restaurant mexicain ! Mike Scape avait choisi un cube odeur Chili !! La perception est brouillée et il perd de "nez" sa cible. Les jours suivants, Mike rôde dans le secteur habituellement fréquenté par son type. Il compte sur sa prothèse olfactive et les émanations du traceur pour "sniffer" sa présence. On est alors le 4ème jour après la prise du cube. Si le MJ estime que le suspect n'est pas trop loin de Mike, il peut autoriser un jet. Ici, 14 x 4 = 56 %. Avec un jet de 48 sur son D100, Mike localise la bonne odeur de Chili, remonte la piste au fur et à mesure que l'odeur devient plus forte et... bingo !
Prix : 1 000 Eb par cube (odeur au choix)
Pour célébrer le deuxième épisode de 2057, la série documentaire de Arte, consacré cette fois-ci aux villes du futur, nous vous proposons un petit "préfabriqué" (y avait plutôt longtemps...) sous forme de règle optionnelle pour Cyberpunk ou autre jeu de même ambiance (moyennant quelques légères modifs, bien sûr).

La Rue, que ce soit en 2020, 203X ou 2057, est continuellement baignée dans un brouillard poisseux, mixture décapante de particules en suspension et fumées toxiques.
L’emploi du CHOOH2, moins polluant, dans la plupart des véhicules urbains a stoppé la progression dramatique de la pollution atmosphérique des grandes villes. En contrepartie, l’abandon des normes anti-pollution sous la pression du lobby corporatiste n’a pas permis de faire reculer cette couche permanente de smog. Les usines, les multiples véhicules aériens (l’Avessence est très polluante)… sont parmi les sources de pollution toujours très présentes.
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-2 |
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Le PJ vit à proximité d’une source de pollution (usine, autoroute, AVport…) |
-2 |
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Le PJ vit en permanence dans un milieu à air conditionné |
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Le PJ porte des filtres à air |
+1 |
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Le PJ porte des implants filtrants |
+3 |
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Le PJ suit un traitement préventif (port régulier du filtre, réoxygénation…) |
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- des filtres en tissu synthétique enveloppant le nez et la bouche vendus en boîte de 10 pour 50Eb
- une séance de réoxygénation dans un bar à oxygène (par exemple, ceux de la célèbre chaîne O2Bar) durant une demi-heure avec un délicieux verre d’eau minérale offert pour 25 Eb
Cyberpompe osmotique (de Bodyweight Life Preservation Systems)
Cette prothèse est constituée d'une poche sous-dermique en tissu organique artificiel (pour le principe de fonctionnement : voir illustration ci-contre aimablement fournie par les laboratoires BLPS). Elle peut être placée aisément dans n'importe quelle partie du corps. Toutefois à des fins pratiques, la plupart des usagers la place dans leur bras gauche.
Cette poche est conçue pour recevoir des drogues de tout type... pour peu que le mode habituel de prise se fasse en injection. La pompe osmotique régule elle-même la diffusion de la drogue dans l'organisme au gré des besoins du porteur. Ceux-ci sont communiqués au processeur de la pompe osmotique par l'intermédiaire d'un Biomoniteur classique. Celui-ci peut d'ailleurs être programmé selon les volontés de l'utilisateur. En général, le Biomoniteur est programmé par défaut pour respecter la santé de son porteur mais celui-ci peut le reprogrammer à ses risques et périls. Ainsi, certains junkies profitent de cette prothèse médicae pour se droguer discrètement... par exemple au boulot !
De manière plus courante, toutefois, les utilisateurs de la pompe osmotique la remplisse de drogues de soins ou d'anti-douleurs... qui ainsi se diffusent dans le sang en cas de blessure. D'autres, des corpos par exemple, préfèrent la remplir d'anti-stress et autres drogues décontractantes pour que la pompe osmotique les aide lors de leurs entretiens avec leur patron ou un gros client.
Notes : la possession d'un Biomoniteur en état de marche est indispensable à l'utilisation de la pompe osmotique. Son installation chirurgicale est une intervention Mineure. Son côut en Points d'Humanité est de 1D6/2.
Prix : 500 Eb

