Les dossiers de l'écran

Dimanche 10 juin 2007

logo-crimes.jpg Dans la course de vitesse entre les Editions du Club Pythagore et Les Ecuries d’Augias pour savoir qui sortirait le premier l’écran du jeu (Crimes et Maléfices pour ceux qui ne suivent vraiment pas…), l’équipe de Crimes l’emporte mais nous livre à la fois le pis et le meilleur.

 Avertissement aux lecteurs :
 
Je sais ce que vous vous dîtes : ce type a une vie passionnante en ce moment, il ne se passe pas une semaine sans qu’il vienne nous décortiquer sur ce blog un écran de jeu. Il doit passer son temps à les guetter dans les boutiques, et dès qu’il y en a un qui pointe le bout de son nez, paf, un article dans Mondes en Chantier. Une sorte de maniaque compulsif, probablement.
 
Ca n’est pas complètement faux. Au-delà de ça, je voulais aussi vous confirmer que Crimes est bel et bien disponible depuis quelques mois, même si dans le vide absolu de la presse rôlistique française, personne ne l’entend crier. Ajoutez à ça la mode de l’écran qui sort avant le jeu lancée par Oriflam, et l’absence de critique sur ce site, vous auriez pu douter. A ce sujet, l’équipe de Mondes en Chantier est bien consciente que vous attendez la dite critique avec une impatience non dissimulée (arrêtez d’écrire !) mais comme nous avons l’intention de vous proposer ce que jamais personne n’a encore osé faire, à savoir une critique croisée Maléfices versus Crimes, vous comprendrez que par les temps qui courent nous ayons besoin d’encore un peu de temps, ne serait-ce que pour acheter des gilets pare-balles et obtenir des visas pour Cuba.

--cran-crimes.jpg
 
 L’écran qui fait peur
 
L’écran de Crimes est probablement, à mon très humble goût personnel, et ce n’est pas rien parce qu’il y a eu des records en la matière en presque 40 années d’histoire du JdR, l’écran de jeu le plus laid qu’il m’ait été donné de voir. En plus de ça il est mou et donc tient très mal sur la table, et le comble c’est qu’il est au format italien, c’est-à-dire que ses trois volets sont des A4 au format paysage, ce qui est vraiment complètement con. Voilà, ça c’est fait. On pourrait s’arrêter là, le laisser sur l’étagère du marchand et s’en retourner en se disant que deux boites de céréales et trois photocop’ feront aussi bien l’affaire, MAIS CE SERAIT UNE GROSSE ERREUR.
 
En effet, ce qui vaut vraiment (et même largement) les 21 euros* qu’il vous en coûtera, c’est le petit supplément habilement nommé La fabrique de l’horreur qui est vendu avec. C’est comme ça, il y a des perles, et c’en est une !
 
 Esprit, es-tu là ?
 
En 61 pages noir et blanc, la fabrique de l’horreur passe en revue tous les ingrédients d’un genre assez bien balisé (les sept grands types d’ambiance horrifique), propose des règles additionnelles assez bien venues (elles auraient été encore mieux venues dans le livre de base…), donne de vrais bons conseils pour panacher les ambiances (en jouant sur les ambiguïtés) qui nous parlent à nous les MJs, esquisse un bestiaire avec le jeu des neuf familles d’êtres déchus, et fourni des canevas de scénarios (en fait des idées à peine ébauchées quasi inutilisables, ce genre de choses c’est un passage obligé de ce type de supplément, mais il faudrait finir par s’en dispenser, ça n’est jamais bon).

Mais le plaisir que vous aurez à le lire va au-delà de ce simple programme : d’abord parce que c’est très bien écrit, ce qui est assez rare dans le milieu du jeu de rôle - pour une fois on peut dire sans rigoler qu’on y trouve un vrai style littéraire, mais aussi parce que bien que svelte, ce supplément est une vraie somme, très synthétique, et vous en ressortirez avec les idées très claires et de l’ambiance plein la tête. Le meilleur boulot sur le genre depuis GURPS Horreur**. Et bien entendu c’est tout à fait rentabilisable avec tout jeu d’horreur Victorienne, Belle Epoque ou Contemporaine, qu’il sente le souffre ou pas, et qu’il ait des tentacules ou pas. Avec des tentacules qui sentent le souffre, arrêtez l’absinthe.

Donc, pour résumer, c’est un Incontournable, un Must Have, déjà un Classique ! Florent Martin et Yann Lefebvre (que je n’ai pas l’honneur de connaître) nous livrent là un travail remarquable et prometteur, le premier de – espérons-le, une longue série, pour le meilleur jeu qui fout les chocottes de l’année. Messieurs, chapeau (haut-de-forme) bas.

Et l'écran de Maléfices  (note : petit ajout de Narbeuh)

A l'heure où nous mettons sous presse, nous apprenons que l'écran de Maléfices sera finalement disponible à la rentrée prochaine. Ce sera un écran en 4 volets ave cune illustration de Gilles Lautussier, historique illustrateur sentant le souffre. Il sera accompagné du jeu de tarots et d'un petit livret de 32 pages. Ce dernier ne contiendra finalement ni scénario, ni révélations sur le fameux Club Pythagore (ce sera pour plus tard...) mais un exposé sur le genre fantastique à la Belle Epoque. Vous pouvez dès à présent précommander l'objet au tarif préférentiel (n'en déplaise à David...) de 19 euros. Verdict à la rentrée 2007, donc.

 

* : Beau ou moche, épais ou tout mou, l’écran en ce moment, c’est 21 euros.

 ** : publié en son temps (1993, putain 14 ans !) par Siroz Productions sous licence Steve Jackson Games, à une époque où Siroz savait encore nous foutre les foies.
Par David
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Samedi 17 novembre 2007

ecran-loup-solitaire.jpeg Sachez que je suis toujours à l’affût dans les boutiques, planqué entre deux étagères au fond de la salle, dans les endroits un peu sombres qui sentent si fort la testostérone, la bonne chaleur de l’animal et les vêtements un peu sales où ne me trahissent que quelques furtifs froissements de paquets de chips. Et ça vient encore d’arriver : je viens à nouveau de mettre la main sur un écran de jeu, celui de Loup Solitaire, le Jeu de Rôles Avec Plein de Majuscules Dans l’Univers des Livres Dont Vous Etes le Héros. Voilà qui va donner lieu sur ce blog à un nouvel épisode des désormais célèbres Dossiers de l’écran.

Le style de Gary Chalk qui maîtrise à merveille le Noir & Blanc ne se prête pas forcément bien à la mise en couleurs, comme on avait pu le constater avec la couverture du livre de base. Ce n’est pas que cette couverture soit ratée, loin de là, mais on sent bien qu’elle ne passe pas très bien une fois travaillée avec des à plat de couleurs vives façon Technicolor. Les éditions Sparrow Book et Folio Junior avaient d’ailleurs à l’époque fait appel à d’autres illustrateurs plus dans le style classique et disons-le un peu pompier des visuels d’Héroïc-Fantasy pour les couvertures des 20 volumes de la série comme aujourd’hui d’ailleurs pour la réédition de ceux-ci. Mais dans les pages intérieures, en petit format comme en pleine page, ses illustrations en Noir & Blanc restent inoubliables et ont probablement pour beaucoup contribué au succès de la série. Revenu du diable vauvert par on ne sait quelle Porte des Ténèbres©, Mister Chalk a aussi plus récemment produit de nombreuses illustrations dans les livres de la série Cadwallon qui nous ont régalé les yeux et certaines ont servi d’étude ou à tout le moins d’inspiration pour les artistes de la regrettée société Rackham* qui ont sculpté les figurines de la gamme. Tout cela pour dire que ce dessinateur est un authentique artiste, un des plus grands de notre époque, à classer dans la catégorie Noir & Blanc aux côtés de Miller ou de nos géniaux (et trop rares ces derniers temps) Manchu et Roland Barthélémy nationaux. 

Bon, pour autant était-ce une raison pour nous proposer un écran de jeu en Noir & Blanc lui aussi, et qui plus est avec une mise en page que les plus indulgents qualifieront de malheureuse ? En tant que démarche artistique le partit pris du Noir & Blanc peut encore se défendre. Comme dirait Michel Pastoureau s’il était là** «(…) avec le blanc son compère, le noir nous a construit un imaginaire à part, une représentation du monde véhiculée par la photo et le cinéma, parfois plus véridique que celle décrite par les couleurs. L’univers du noir et blanc, que l’on croyait relégué dans le passé, est toujours là, profondément ancré dans nos rêves et peut-être dans notre manière de penser.»  Bon, du coup ok pour le Noir & Blanc. 

En revanche le découpage en fines tranches d’illustrations reprises du livre de base (où pourtant elles figuraient en pleine page) sur 3 des 4 parties de l’écran est franchement une mauvaise idée. D’autant que le visuel de l’écran est un peu la carte de visite d’un jeu et que la grande surface disponible est une occasion à saisir pour proposer de vraies belles illustrations que d’aucuns aiment afficher sur les murs comme j’ai pu m’en rendre compte aux 20 ans du Club Pythagore ;=D. La seule illustration originale est celle du facial et elle présente d’ailleurs une de ces superbes scènes urbaines dans lesquelles G. Chalk excelle. 

Mais surtout, surtout, était-ce une raison pour ne rien mettre d’autre dans l’écran que… l’écran du jeu ? Alors c’est vrai, pour 15 euros (prix public conseillé), aujourd’hui t’as plus rien. En tout cas t’as plus un écran de jeu puisque le nouveau standard de prix pour cet accessoire que beaucoup jugent indispensable mais qui coûte très cher à produire et que les éditeurs arrivent rarement à rentabiliser, ce serait plutôt 17 voir 21 euros. Seulement pour ces 6 euros de plus, en général les potentiels acquéreurs se voient proposer un supplément scénario, une Petite Fabrique de l’Horreur, un Flashpack, enfin quelque chose quoi ! Alors que là rien, nada, queutchi. Juste un côté illustrations et un côté tableaux. A tel point qu’il pourrait être tentant pour les plus bricoleurs d’entre vous de se faire quelques photocopies et de les glisser dans le malin écran en plastique proposé par toutes les bonnes boutiques de VPC pour se fabriquer un équivalent maison. Bon, je vous ferai alors simplement remarquer que même si vous ne comptez pour rien les photocop’ vous en aurez quand même pour environ 15 euros entre le bidule et les frais de port. Alors bien entendu, encore moins cher, vous avez les photocopies collées directement sur des feuilles de Canson™ ou des morceaux de boîtes de Kellogg’s à la va-vite, mais serait-ce bien raisonnable ? Faites plutôt comme moi, considérez cet achat comme un acte militant, une façon de dire aux petits gars du Grimoire c’est bien ce que vous faites les mecs, on est avec vous, alors ça ira pour cette fois, mais n’y revenez pas***.

* : Ah, on me dit que Rackham serait encore en activité. Vous êtes sûrs que ce n’est pas un homonyme ?

 

** : Michel Pastoureau in Le petit livre des couleurs, éd. Points Seuil, 2005.

*** : Ceux qui ont compris qu’il faut acheter des céréales pour soutenir le grimoire me copieront l’article 3 fois.

 

 
Par David
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Dimanche 13 avril 2008
Qu'est-ce que c'est encore que cette nouvelle connerie ? Je sais, ami lecteur, que c'est ce que tu te dis en voyant ce titre. Toutefois, il faut bien admettre que nous autres, à Mondes en Chantier, grâce à l'expertise de David et ses célèbres "Dossiers de l'écran" on en a vu passer des écrans de jeu (ou "paravent" si tu es très, très vieux et que tu n'habites pas comme moi dans la Manche où un petit bout de carton tout rikiki n'a jamais arrêté la moindre bise marine...). Des beaux, des laids, des 3 volets, des 4 volets, des hauts, des bas... bref, on sait de quoi on cause ;-! Donc, paf ! Ne nous payons pas de mots et n'hésitons pas à discerner ici même le titre de champion du monde des écrans de jeu. Carrément.

And the winner is... Popolop, un peu de suspens. Procédons par ordre et réflexion. Tout à notre image, quoi.

D'abord, quand on parle "champion du monde", on parle bien entendu d'illustrateur. Nos amis américains ou quelques frenchies comme Empire Galactique seconde édition s'y sont essayés : la mise en pages de tableaux en trois colonnes recto et verso de l'écran ne donne définitivement rien. Avec tout le respect que je dois au maquettiste ou au directeur éditorial qui décide que tel ou tel tableau ou règle se trouvera sur le côté MJ, ce qui fait l'essentiel de la qualité de l'écran, c'est l'illustration côté joueur. Point. Donc : un illustrateur.

Bon, on parle bien de champion du monde ici. Best of the world. Les frontières nationales sont trop petites pour nous. Ceci dit, il est de notoriété publique que les Français sont les meilleurs au Monde pour les écrans de jeu. D'abord, si nous aussi on a nos merdes, force est de constater que d'innombrables écrans de jeu pour les VO des jdr américains sont hideuses, couvertes de tableaux ou de messages commerciaux ("achetez cet écran !"). Pire même, et ceci explique bien évidemment cela : les américains s'en tamponnent des écrans de jeu. Il est des gammes entières qui n'en ont pas. Ce qui, chez nous, paraît tout à fait invraisemblable. Tenez, un exemple que l'on connaît bien ici pour cause de Cyberpunk Reload : Cyberpunk 2020 n'a jamais eu d'écran en VO alors qu'il en a un en VF. Bref : un Français.

Oula, mais des jdr, c'est qu'il commence à y en avoir des caisses. Et donc des écrans itou. Ouaip. Mais indiscutablement, c'est dans la période récente qu'il faut porter nos regards. Non pas que tous les écrans anciens soient à jeter, loin de là (ceux pour Maléfices 1ère édition et Rêve de Dragon 2ème édition restent parmi mes préférés à ce jour). Mais il faut bien avouer que sous la double évolution de l'édition de jdr en France et celle de l'infographie, la qualité graphique des jdr francophones de ces dernières années est bien meilleure. Conclusion : un gars du moment.

Un illustrateur français actuel qui fait des écrans de jeu ? J'aurais bien voté pour Jee mais ce ne serait pas très honnête : l'écran pour Cthulhu n'est pas encore sorti et c'est les eul au tableau d'honneur du Monsieur. Donc, perso, en attendant le vote de nos amis lecteurs et, bien sûr, de David, notre expert local, je voterais sans hésiter pour Boris Courdesses qui, quasiment coup sur coup, a tout arraché avec les écrans Nightprowler et Capharnaum. Je vous laisse juge...

Cet article aura aussi été l'occasion de découvrir le site web du Monsieur avec plein de belles choses concernant le jdr ainsi qu'un projet de BD à suivre :
http://boriscourdesses.free.fr/


Par Narbeuh
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Mardi 2 septembre 2008
Je me demande quand même si M. Mondes en Chantier ne se serait pas emballé un petit peu vite en déclarant il y a quelques temps sur ce blog les dessinateurs et illustrateurs français champions du monde de l’écran de JdR…

Viva España ! (air connu)
Ce serait par exemple méconnaître le travail réalisé pour l’écran du Capitan Alatriste Le personnage d’Arturo Reverte est en train de connaître sa sucess story puisqu’en plus des romans dont le plus récent date de on peut aussi découvrir ses aventures en BD et prochainement au cinéma, et même, consécration suprême, en JdR dans la langue de Luis Fernandes. On l’a vu, les espagnols peuvent aussi gagner, ce qui m’amène tout logiquement, sous ce grand titre de saison, à approfondir un peu la question sur Mondes en Chantier, le blog préféré des rôlistes cérébraux.


Abstrait ou figuratif ?
On voit bien (sic) que ce n’est pas anodin un écran, c’est symbolique. Par exemple le jour lointain où l’un des frères Ledoux (l’Histoire a oublié lequel) a aspergé de gouttelettes de peinture rouge l’écran d’Empire et Dynasties de François dans les locaux du Club Damoclès après que le projectile de son tir de paint-ball (prodigué par le trou d’une serrure) eut percuté de façon inattendue la tête d’un clou qui dépassait d’un mur sur son passage, échouant ainsi à percuter une autre tête pour lui river son clou, c’était une attaque au symbolique qu’à l’époque, cachés sous la table ou dans les angles morts, nous ne perçûmes que confusément.
C’est ce rôle de re-présentation, de médiation entre la fiction qui s’énonce et les auditeurs-joueurs que nous rappellent les écrans que beaucoup d’organisateurs de conventions ont désormais l’agréable coutume de disposer sur les murs pour les porter à la dégustation de tous, comme autant de petites madeleines.

La société écranique
L’écran de Jeu de rôle c’est en lui-même un paradoxe, une transparence opaque, l’incarnation de l’image comme intercession. Le visuel choisi pour cet accessoire du MJ se révèle être un outil de communication entre l’univers imaginé par les créateurs du jeu (par l’intermédiaire du meneur de jeu) et les joueurs. Dans cette perspective l’écran est donc à considérer comme une production de l’imaginaire visant à établir un rapport avec le monde créé.
L’écran de jeu a ainsi une fonction épistémique évidente, c’est un outil de connaissance, parce qu’il donne aux joueurs des informations sur le niveau technologique, les différents lieux visitables ou les divers PNJs dont on pourra croiser la route sous forme visuelle, que ce soit avec une illustration, des cartes ou des tableaux de données.
C’est un support complémentaire des mots du MJ, son image et ces mots se nourrissent les uns les autres : l’image (et les autres images que sont les illustrations de la gamme) engendre des mots qui engendrent des images dans la tête des joueurs.

L’œuf ou la poule ?
C’est aussi un accessoire indispensable du jeu pour les européens. Et s’en était un pour notre père à tous : pour que les dés puissent ne servir qu’à faire du bruit derrière un écran, il faut qu’il y ait un écran !
Voici une liste non exhaustive de ce qui se fait en la matière.

Les écrans photomontages
Pour Cendres on pourrait plutôt parler de mixte entre photomontage et dessin, un truc marrant au passage : le balcon derrière sa tête fait comme des oreilles d’elfe à la fille, et l’effet circulaire un peu raté sur le nuage lui rajoute une auréole de sainte. Cendres, Unknown Armies, Vermine (si ce n’est pas un dessinmontage, à vérifier), marrant ça, est-ce que ce serait une marque de fabrique des jeux à l’ambiance glauque ?

Les écrans avec une photo tirée du film
Je pense à une image extraite du Seigneur des anneaux, ou un montage de photos du film Star Wars, bref c’est un grand classique des jeux tirés du Film, alors que les jeux tirés du Roman préfèrent les illustrations. A ce sujet comparez justement l’écran de JRTM et celui du Seigneur des Anneaux.

Les écrans avec une illustration panoptique dits du « bouclier d’Achille »
7ème mer, un peu Archipels D20, Ars Magica, Chimères, DD3, beaucoup d’écrans s’essayent à saisir en une image figée tous les éléments clefs d’un jeu. Comme je le disais précédemment ceux-là jouent à fond sur la fonction épistémique de ce support.

Les écrans avec une grande illustration souvent d’un illustrateur connu

Athanor (Fred Blanchard), Berlin XVIII (Gassner), Bitume (Vatine), Bloodlust (Alberto Varanda), Capitan Alatriste, Exil, Te Deum (Saint Barthélemy - étant entendu que sur ce coup là l’adjectif grande est à prendre au sens figuré et plutôt comme un compliment que comme un constat de format), de nombreux écrans ont eu les honneurs d’un dessinateur ou illustrateur célèbre, parfois avant qu’il ne soit vraiment connu d’ailleurs.

L’écran avec la photo de l’auteur
Red Dwarf est à ma connaissance le seul jeu dont l’écran présente la pomme de son auteur, et je voulais quand même le noter. Mais est-ce bien l’auteur du jeu ? Je lance ici une grande enquête d’utilité publique, certain que les fiers lecteurs de Mondes en Chantier, armés de toute leur sagacité, auront à cœur de faire la lumière sur cette mystérieuse affaire.

L’écran avec une belle illustration centrale et des trucs plus ou moins moches sur les côtés
Malheureusement la liste est longue : Aquelarre, Ars Magica, Cadwallon, Dark Earth, Retrofutur … Pour Guildes c’est le contraire : les trucs moches sont au centre et permettent de constituer un triptyque avec de chaque côté une illustration déjà publiée dans le jeu de base. Je ne sais pas vous, mais moi à chaque fois ça me désole, je trouve que ça détruit l’effet de sidération produit par une belle image telle qu’en elle-même. Parfois l’idée (souvent américaine) est d’utiliser tout ou partie de la surface extérieure - celle que voient les joueurs, pour leur proposer justement les tableaux et points de règles qui les concernent.

Et à la fin une grosse baston

Honneur aux anciens : la Table ronde, puis Eleckase, les deux écrans L5R, Runequest, là aussi la liste est longue, et souvent ces scènes de batailles viennent rappeler ou souligner le côté épique voir mythique de l’univers du jeu.

Les écrans « Vache qui rit » et les écrans avec mise en abime
Je ne connais pas d’écran « Vache qui rit », c’est-à-dire utilisant le principe de l’image dans laquelle on peut voir la même image en plus petit dans laquelle on peut voir la même image en plus petit dans laquelle… en cascade, mais j’en parle quand même par ce que ça me semble un procédé qui serait intéressant à utiliser sur ce support. Bon, c’est une idée comme ça.
Des écrans utilisant le principe de la mise en abime en revanche il y en a beaucoup : 7ème Mer (double mise en abime, venant d’un jeu de pirates c’est assez normal même si on l’attendait plutôt de Polaris, pouf pouf …), Call of Cthulhu, Maléfices Catéschisme… c’est assez pratique en effet de recourir à la mise en abime pour renforcer l’immersion (pouf pouf pouf) dans l’univers d’un jeu. Parfois c’est bien venu, parfois c’est au contraire mal accueilli : pour Catéschisme (par ailleurs une superbe illustration même si on a pu lire ici ou là que d’aucun regrettaient l’abandon des anciennes couleurs pour le passage à une gamme de tons plus chauds) de nombreuses personnes ont fait remarquer que ce choix de présentation soulignait ou indiquait trop ostensiblement le rôle de marionnettiste illusionniste du MJ dirigiste adepte de scénarios linéaires tel que l’imaginaire rôlistique commun se le représente. Mise en abime pour tempête dans un verre d’eau, on voit que les réflexions autour d’un écran vont parfois chercher loin et que, dans une image, tout fait signe.

(à suivre...)
Par David
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Mercredi 3 septembre 2008
(... suite et fin)

Les écrans américains
Ars Magica, Conspiracy X, etc. Ils ont en commun d’être à mon goût la plupart du temps très laids, mais ils ont au moins le mérite d’être là et s’étonnent eux-mêmes d’exister puisque la plupart des jeux US se dispensent parfaitement de l’accessoire. Et pour beaucoup l’image semble ne pas se suffire à elle-même puisqu’ils sont couverts d’éléments textuels divers, depuis des données pour les règles jusqu’à des titres et des logos.

Un coup tu gagnes, un coup tu perds
Nephilim, qui a vu se succéder des écrans réussis et des écrans complètement ratés incarne (pouf pouf pouf pouf) très bien les différents avatars que peut connaître un écran, nouvelle édition après nouvelle réédition. L’avantage c’est qu’on peut toujours en superposer deux dans ce cas là : celui pour la version à jour des règles d’abord, lisible pour le MJ, et celui avec l’illustration qui était mieux avant par-dessus, visible côté joueurs.

Les écrans avec un montage de petites illustrations
Le récent Dark Heresy par exemple, ou le plus ancien WHBRPG (le moins ancien aussi d’ailleurs, c’est donc bien un choix délibéré), tirés de l’autre univers de GW sont des jeux dont les écrans sont constitués de plusieurs illustration tirées du jeu de base et accolées d’une façon ou d’une autre. On trouve ça aussi avec l’écran de Loup Solitaire qui a en plus la particularité (très « background ») d’être en noir et blanc. Je n’aime pas trop ça, je trouve que ça fait pauvre.

Les fait à l’ordinateur
Dark Earth, Feng Shui : autant la méthode infographie peut permettre de superbes réalisations lorsqu’elle vient par exemple en soutien d’une illustration de base et est utilisée avec finesse et sens artistique, autant peut-elle donner des résultats repoussants quand elle est appliquée sans discernement. Au rayon des réussites il y a indéniablement l’écran de Trail of Chtulhu, et pour n’en citer qu’un au rayon des fautes de goût il y a celui de la nouvelle version d’Hawkmoon – ah pardon, on me dit dans mon oreillette qu’il s’agirait en fait d’un dessin qui a l’air d’une image créée par ordi, c’est encore pire (ou Dark Earth, illustration tirée d’un jeu vidéo, le top du top comme tue-l’amour). C’est un domaine qui progresse très vite et donne donc lieu à diverses expérimentations parfois malheureuses, mais on peut parier qu’on va plutôt vers le mieux de ce côté. En ce qui concerne l’écran de Feng Shui (comme d’ailleurs toutes les couvertures de la série en français), je dois dire que je lui trouve un style particulier qui m’attire inexplicablement.

Le plan large d’une ville emblématique
Crimes, Maléfices 1, Nightprowler 1 et 2, bref lorsqu’un jeu est attaché à un univers urbain, le plan large sur les toits de la cité fait sont apparition, parce que c’est beau une ville la nuit.

Les écrans avec une carte
Autres plans larges, mais au propre et non au figuré cette fois, je veux parler des quelques écrans qui proposent une carte géographique imaginaire comme support à la rêverie des joueurs. Citons Ars Magica, Polaris, et n’oublions pas le ceinture-bretelles, j’ai nommé l’écran français de Conan, qui est à la fois panoptique avec un montage de petites illustrations sur fond de la célèbre carte du monde de Conan.

Le style pompier
Elric, Hawkmoon, je crois qu’un certain Gassner et des couleurs pompiers sont lourdement impliqués sur ce coup-là. Les enfants aiment les couleurs vives et les adolescents à peine pubères sont fortement préoccupés par la taille de leur épée, je n’en dirai pas plus…

L’écran fantastique : la saison des palmarès
En ce qui concerne mes 5 écrans de jeu préférés sont, dans cet ordre
1.    Stella Inquisitorus
2.    RDD2
3.    Légendes des Contrées Oubliées
4.    Maléfices 1
5.    Capharnaüm



Pour Stella Inquisitorus (un jeu tout de même très confidentiel et peut-être même très con puisqu’à l’époque personne ne s’était encore risqué à interdire l’injection massive de vikings dans tout et n’importe quoi à Croc, ce qui fait qu’il les avait allègrement envoyés se baguenauder dans l’èspâââceu en drakkars - dans des Space Drakkars quoi - pour aller foutre sur la gueule de cathédrales volantes) vous risquez de ne pas comprendre. En plus l’illustration fournie ici ne rend pas hommage à l’original qui est beaucoup moins terne. Ce choix mystérieux tient en fait à mon histoire personnelle. J’ai longtemps utilisé cet écran pour remplacer ceux que je ne possédais pas. C’était en quelque sorte mon écran générique à moi, je devais trouver qu’il générait suffisamment de mystère et d’ambiance pour tenir son rôle en toutes circonstances.

Pour RDD2 les choses sont beaucoup plus simples : une illustration de Florence Magnin c’est toujours un univers emprunt de finesse et de poésie, qui fait corps avec le jeu. Le choix du l’esthète et du connaisseur en quelque sorte.

Légendes des contrées oubliées m’amène vers Ségur, un dessinateur que j’apprécie particulièrement et une série qui a marqué mes jeunes années, comme d’ailleurs Croc le Bô dans Old Casus.

Ah, Maléfices 1 ! Déjà un photomontage couplé à un dessin ce n’était pas commun dans les lointaines années 80. Et puis quel amateur distingué du jeu n’a pas entendu les grands anciens raconter le soir à la veillée l’anecdote ultime sur l’écran qui l’accompagnait dans la boite : non en arrière plan ce n’est pas Paris, c’est Lyon ! Comme quoi les apparences sont parfois trompeuses, ce que vous regardez ce n’est pas ce que vous voyez, la vérité est ailleurs et je reprendrais bien une tranche de cake aux olives.

Et pour finir l’écran de Capharnaüm : à la fin de l’envoi je rejoins finalement Narbeuh pour rendre ici hommage à la qualité des illustrations et du travail graphique en général réalisé par l’équipe du Studio Deadcrows et le 7ème Cercle pour cet énorme JdR de création française. C’est magnifique.

A noter que côté moins bien, la palme de l’écran de jeu de plus moche reste en ce qui me concerne décernée à Crimes. C’est le seul raté d’une gamme de grande qualité. Bon et en plus ce n’est sûrement pas vrai dans l’absolu, je suis persuadé qu’on peut facilement trouver pire (je vous attends là-dessus. Un début de piste : l’écran façon granit de Nephilim, ou surtout celui à vomir – c’est peut-être le but recherché ? - de Vermine) mais c’est pour ne pas me dédire depuis ma critique de ce supplément, par ailleurs remarquable, sur ce blog.
Par David
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Mais c'est qui ces M.e.C. ?

Visitez paysdenullepart.fr !

Téléchargements

Le garage où les M.e.C. rangent leurs fichiers PDF étant devenu un fameux bordel, en voici une nouvelle version plus mieux. Un clic et c'est parti !


Mea Rouia, un gros scénario exotique
pour Maléfices avec les aides de jeu et les prétirés qui vont bien


Three Card Monte, un scénario sans fantastique pour Hellywood


Fleetwood & Studebaker, une aide de jeu sur les poursuites en voitures pour Hellywood


Deadline !, une variante des règles d'investigation pour le système Gumshoe


Aventures aux Pays de Nulle Part, un jeu hybride entre jeu de rôles sans MJ et de société

Voyage, une tentative d'adaptation du système de Dying Earth à l'univers de Rêve de Dragon

(la suite très bientôt...)

Et empiregalactique.new.f !


Les fichiers d'une grande partie de la gamme Empire Galactique se téléchargent toujours librement et légalement sur le site empiregalactique.new.fr

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