Dans la course de vitesse entre les Editions du Club Pythagore et Les Ecuries d’Augias pour savoir qui sortirait le premier l’écran du
jeu (Crimes et Maléfices pour ceux qui ne suivent vraiment pas…), l’équipe de Crimes l’emporte mais nous livre à la fois le pis et le meilleur.
Je sais ce que vous vous dîtes : ce type a une vie passionnante en ce moment, il ne se passe pas une semaine sans qu’il vienne nous décortiquer sur ce blog un écran de jeu. Il doit passer son temps à les guetter dans les boutiques, et dès qu’il y en a un qui pointe le bout de son nez, paf, un article dans Mondes en Chantier. Une sorte de maniaque compulsif, probablement.
Ca n’est pas complètement faux. Au-delà de ça, je voulais aussi vous confirmer que Crimes est bel et bien disponible depuis quelques mois, même si dans le vide absolu de la presse rôlistique française, personne ne l’entend crier. Ajoutez à ça la mode de l’écran qui sort avant le jeu lancée par Oriflam, et l’absence de critique sur ce site, vous auriez pu douter. A ce sujet, l’équipe de Mondes en Chantier est bien consciente que vous attendez la dite critique avec une impatience non dissimulée (arrêtez d’écrire !) mais comme nous avons l’intention de vous proposer ce que jamais personne n’a encore osé faire, à savoir une critique croisée Maléfices versus Crimes, vous comprendrez que par les temps qui courent nous ayons besoin d’encore un peu de temps, ne serait-ce que pour acheter des gilets pare-balles et obtenir des visas pour Cuba.
L’écran de Crimes est probablement, à mon très humble goût personnel, et ce n’est pas rien parce qu’il y a eu des records en la matière en presque 40 années d’histoire du JdR, l’écran de jeu le plus laid qu’il m’ait été donné de voir. En plus de ça il est mou et donc tient très mal sur la table, et le comble c’est qu’il est au format italien, c’est-à-dire que ses trois volets sont des A4 au format paysage, ce qui est vraiment complètement con. Voilà, ça c’est fait. On pourrait s’arrêter là, le laisser sur l’étagère du marchand et s’en retourner en se disant que deux boites de céréales et trois photocop’ feront aussi bien l’affaire, MAIS CE SERAIT UNE GROSSE ERREUR.
En effet, ce qui vaut vraiment (et même largement) les 21 euros* qu’il vous en coûtera, c’est le petit supplément habilement nommé La fabrique de l’horreur qui est vendu avec. C’est comme ça, il y a des perles, et c’en est une !
En 61 pages noir et blanc, la fabrique de l’horreur passe en revue tous les ingrédients d’un genre assez bien balisé (les sept grands types d’ambiance horrifique), propose des règles additionnelles assez bien venues (elles auraient été encore mieux venues dans le livre de base…), donne de vrais bons conseils pour panacher les ambiances (en jouant sur les ambiguïtés) qui nous parlent à nous les MJs, esquisse un bestiaire avec le jeu des neuf familles d’êtres déchus, et fourni des canevas de scénarios (en fait des idées à peine ébauchées quasi inutilisables, ce genre de choses c’est un passage obligé de ce type de supplément, mais il faudrait finir par s’en dispenser, ça n’est jamais bon).
Mais le plaisir que vous aurez à le lire va au-delà de ce simple programme : d’abord parce que c’est très
bien écrit, ce qui est assez rare dans le milieu du jeu de rôle - pour une fois on peut dire sans rigoler qu’on y trouve un vrai style littéraire, mais aussi parce que bien que svelte, ce
supplément est une vraie somme, très synthétique, et vous en ressortirez avec les idées très claires et de l’ambiance plein la tête. Le meilleur boulot sur le genre depuis GURPS Horreur**. Et
bien entendu c’est tout à fait rentabilisable avec tout jeu d’horreur Victorienne, Belle Epoque ou Contemporaine, qu’il sente le souffre ou pas, et qu’il ait des tentacules ou pas. Avec des
tentacules qui sentent le souffre, arrêtez l’absinthe.
Et l'écran de Maléfices (note : petit ajout de Narbeuh)
A l'heure où nous mettons sous presse, nous apprenons que l'écran de Maléfices sera finalement disponible à la rentrée prochaine. Ce sera un écran en 4 volets ave cune illustration de Gilles Lautussier, historique illustrateur sentant le souffre. Il sera accompagné du jeu de tarots et d'un petit livret de 32 pages. Ce dernier ne contiendra finalement ni scénario, ni révélations sur le fameux Club Pythagore (ce sera pour plus tard...) mais un exposé sur le genre fantastique à la Belle Epoque. Vous pouvez dès à présent précommander l'objet au tarif préférentiel (n'en déplaise à David...) de 19 euros. Verdict à la rentrée 2007, donc.
* : Beau ou moche, épais ou tout mou, l’écran en ce moment, c’est 21 euros.
Sachez que je suis toujours à l’affût dans les boutiques, planqué entre deux étagères au fond de la salle, dans les endroits un
peu sombres qui sentent si fort la testostérone, la bonne chaleur de l’animal et les vêtements un peu sales où ne me trahissent que quelques furtifs froissements de paquets de chips. Et ça vient
encore d’arriver : je viens à nouveau de mettre la main sur un écran de jeu, celui de Loup Solitaire, le Jeu de Rôles Avec Plein de Majuscules
Dans l’Univers des Livres Dont Vous Etes le Héros. Voilà qui va donner lieu sur ce blog à un nouvel épisode des désormais célèbres Dossiers de
l’écran.










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