Casus Belli est dans les bacs ! (depuis quelques jours déjà…). Ô joie, ô bonheur !
Ce sera le dernier de la nouvelle série. Ô tristesse, ô désespoir !
C’est comme le Port-Salut, c’est écrit dessus, et l’édito l’annonce d’entrée, mais je dois dire que je ne comprends pas vraiment le raisonnement… Dans le deuxième paragraphe la rédaction nous rappelle que l’ancien et le nouveau Casus traitaient « des jeux de rôles, des wargames et jeux de plateaux, du jeu vidéo et de ces cultures que nous avions appelées (…) de l’imaginaire » (et j’ajouterais des figurines, car je n’ai pas oublié l’excellent première ligne, même si la dernière fois que la couv’ était un joli diorama, j’étais encore en culottes courtes). Et dans le paragraphe suivant, elle nous explique que « d’autres secteurs (ludiques) plus éloignés de la ligne éditoriale de Casus se sont développés en France depuis quelques années comme les jeux de plateau et bien sûr les jeux de cartes et les jeux de figurines » ainsi que les jeux en ligne. Donc au moins deux pratiques pour lesquelles Casus a une légitimité historique (plateaux et figs) et une dont il a été souvent question dans la nouvelle formule : les jeux en ligne. Il n’y a vraiment que les cartes qui n’ont pas trouvé leur place pour de bon dans ses pages. Ce qui me fait dire que ça a tout de la mauvaise excuse.
Autre raison invoquée pour la disparition du dinosaure (pour changer un peu de métaphore animale), « Le Web où la communauté des joueurs de jeu de rôle a trouvé un terrain particulièrement fertile et où s’inventent tous les jours des nouvelles pratiques de nos loisirs et de nos cultures, (et qui) remplace petit à petit un organe de communication et d’animation comme a pu l’être Casus » (remarque qui me remet en mémoire une autre raison avancée lors de la précédente mort du journal : la disparition de l’esprit associatif issu des années 70 vers la fin des années 80. Moi je veux bien, mais comme je l’écrivais dans un billet précédent, la lecture (pour les articles de fond) sur écran a des limites, et puis qu’en est-il de la collaboration avec le GROG, qui lui a l’air de se porter très bien, comme en atteste (c’est un comble) le dernier reportage sur cette association que l’on peut lire en page 6 (pour d’ailleurs s’apercevoir que le GROG songe désormais à mettre en ligne des… articles de fond ! ). Et pas moyen d’invoquer la concurrence cette fois-ci, la concurrence elle est morte ! Ou plutôt elle s’est dispersée et spécialisée, avec un bon magazine sur les cartes, un très bon sur les figs, un pro sur les jeux de plateaux et apéro, et quelques merdes innommables sur les jeux en ligne.
Je proposerais pour ma part trois autres tentatives d’explication, qui vous paraîtront peut-être surprenante, mais après tout…
Casus n’est pas assez cher ! On ne leur avait jamais fait celle-là. 5,95 euros pour un bimestriel dans ce secteur, c’est ridicule. Je pense que le juste prix serait à un petit peu plus de 10 euros. Comment ? C’est de la folie (avec Philippe Risoli) ? Non, pas du tout. Ca s’appelle se positionner en haut de gamme, et si on regarde les tarifs des autres magazines du même rayon, on en est pas loin. Soyons lucides, on est des vieux maintenant, on a un peu de pépettes (je l’espère pour vous) – en tout cas toujours plus que les petits jeunes, la fameuse relève qu’est jamais venue et qui viendra jamais parce qu’elle en a rien à foutre – et vu notre budget loisir, on peut se payer ça, surtout si c’est ça ou rien. Je déclare solennellement que je suis prêt à payer mon Casus beaucoup plus cher, cochon qui s’en dédit. Bon par contre, à condition que ce soit de bonne qualité, c’est à dire quand même mieux que ce pitoyable dernier numéro, 66 pages tout mouillé, la plupart en noir et blanc, avec sous prétexte de c’est le dernier on se lâche on se fait plaisir, deux trois trucs qui m’en touchent une sans faire bouger l’autre (comme Croc je parle des oreilles).
Et sinon Casus ne contient pas assez de pub ! Vous avez déjà feuilleté Télérama (allez pas me dire que pour une bonne part, une fois mis de côté les ingénieurs informaticiens, on n’est pas des bobos…) : une page sur deux c’est de la pub. Idem pire les magazines féminins, mais bon là c’est vrai on n’est pas des lopettes. Reste à trouver les annonceurs qui voudraient bien venir y faire un tour. Je me disais, étant donné que ce n’est plus un magazine pour la jeunesse vu que la jeunesse en a rien à foutre comme je disais précédemment, est-ce qu’on ne pourrait pas y trouver de la pub pour le tabac et la cigarette ? Comment ? Quoi ? Ya pu droit ? Ah bon, c’est bien dommage, ça se faisait dans le temps, et même que ça faisait débat.
Et aussi Casus ne fait pas son boulot ! Et ce serait quoi son boulot mon p’tit père ? Et bien son boulot ce serait de prépublier des jeux de rôle. Et oui. Bo-Doï prépublie bien de la BD, et ça n’empêche pas ses lecteurs d’acheter des albums. Alors pourquoi pas des avant-première et autres Bêta-tests dans Casus ?
Bon, à l’heure (tardive) où je tape ces lignes, il semblerait que notre Mag’ n’est toujours pas de repreneur(s) *** reviens Guisserix reviens (air connu) *** malgré l’appel de la Rédac’ aux bonnes volontés, amateurs (eh ! Mais c’est nous ça ! Chiche qu’on vient !) ou professionnels (qui a dit « plus professionnels que certains si possible » ? ! ? Sortez !).
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