« Les jours passent et l’Enfer n’est plus aussi lointain... »
« C’est la, c’est la, c’est la SALSA DU DEMON » : le contexte du jeu.
Enfer et Contre Tout : le style du jeu.
Ce n’est pas la première fois qu’Asmodée s’occupe d’un jeu de figurines puisqu’ils étaient les distributeurs du Retour des Dieux, jeu qu’ils ont laissé mourir d’une mort pas très propre avec tous les dégâts collatéraux que cela suppose, comme de nombreux joueurs le bec dans l’eau et des sculpteurs qui aimeraient bien être payés. Pour les sculpteurs ça va mieux, merci, puisqu’ils sont à l’origine des (presque toutes) superbes figurines de Hell Dorado. Pour les joueurs… et bien ils peuvent toujours se reconvertir, non ? En plus ce sera roleplay.
Cela nous donne donc un livre de règles de 210 pages couverture molle** qui est censé contenir « tout ce qui est nécessaire pour partir à la conquête de l’enfer : règles du jeu, listes de compagnies, guide de peinture, background, scénarios… », tout ce qui est nécessaire en attendant les indispensables suppléments qui, nous n’en doutons pas, devraient suivre.
Pour ce qui est des règles de base, autant vous le dire tout de suite, IMHO, ATM, AFAIC*** et tout ça, il ne casse pas quatre pattes à un canard. Même pas trois. Des systèmes basés sur le D6 comme celui-ci, je pourrais vous en citer des brouettes, et beaucoup qui sont meilleurs comme par exemple celui du SdA en ce qui concerne les grosses productions, ou même celui d’Argaad qui a pourtant plus de dix ans pour ce qui est des productions amateurs. Et sans parler de D6, il est aussi moins bon, moins tactique, moins créatif que celui d’Infinity et moins intuitif ou moins précis que celui d’Urban War. Reste tout de même qu’avec son système d’additions et de soustractions il se retient rapidement et qu’il est complet – permettant de faire face à quasiment toutes les situations de jeu (on voit que de vieux routiers ont bossé là-dessus). Mais ce n’est qu’avec l’ajout des règles de magie et des capacités spéciales qu’il prend tout son sel. Les capacités spéciales en tous genres amènent le fun et un aspect tactique supplémentaire avec la règle du et la magie oblige à bien gérer l’espace puisqu’elle s’applique à coup d’auras. Mais les magos peuvent aussi faire appelle à de petits serviteurs : les lémures porteurs de sorts, sortent de sandestins qui sont autant de fire and forget. C’est comme les Pokémons : il est conseillé d’avoir toute la collec’ pour frimer et on peut se les échanger avec les copains.
Faites chauffer le plomb ! : les figurines du jeu.
Je constate que vous êtes attentifs : j’ai effectivement dit la plupart des figurines sont superbes. La plupart mais pas toutes. Comme toute gamme, celle d’Hell Dorado compte quelques ratés, qui ont été relevés bien avant moi par les blogueurs fous et autres archifans de la première heure du jeu, et se retrouvent confirmés par la hiérarchie des ventes des boîtes de compagnie, à savoir du plus au moins joué : les sarrasins, les occidentaux, les égarés et les démons. Parmi ces ratés, citons la figurine Succube et celles des damnés. Espérons que l’arrivée au mois de juillet de Foulques le Noir relancera l’intérêt pour cette faction.
Ceci dit, tous les modèles photographiés pour le livre de règles ont été peints de main de maître par les artistes du studio et quelques petits gars de la Team Toulouse, et ils vont vous faire baver d’envie et suer sang et eau pour en livrer de maladroites approximations, pauvres mortels aux petits doigts boudinés et daltoniens. Où alors, comme quelques rats de tournoi de ma connaissance, vous allez abdiquer d’entrée de jeu toute fierté personnelle et toute prétention coloriste et vous vous rabattrez sur la bombe de sous-couche blanche, prenant le risque que ce soit CROC en personne qui vous châtie comme il se doit.
L’enfer du décor : les décors du jeu.
C’est une des idées fortes d’Hell Dorado : les décors doivent jouer un vrai rôle tactique autant que d’ambiance et visuel pendant les parties. De nombreuses pages sont d’ailleurs consacrées à la fin de l’ouvrage à la façon de réaliser de zolis décors à domicile. Vous trouverez aussi beaucoup de hoses à ce sujet sur le site d’Hell Dorado qui vient d’ouvrir ou chez les maniaques de Terraformation.
La quatrième de couverture prétend que « pour profiter pleinement du jeu, vous devrez utiliser les figurines officielles Hell Dorado, présentées en boîtes de compagnie**** ou en boîtes de renfort et disponibles chez votre revendeur ». Mais nous à Mondes en Chantier nous sommes des genres d’insoumis, et c’est pourquoi je n’ai pas peur de hurler ici à la face du Monde du Jeu : « MON CUL ! »
Le « code » d’Hell Dorado permettant de générer les diverses caractéristiques des personnages n’est pas très difficile à « casser » et comme celles du jeu font environ 28 mm, de nombreuses figurines existent déjà dans le commerce qui devraient vous permettre de représenter sur vos tables les références qui ne sont pas encore sorties. On pense ici naturellement aux chasseurs de sorcières pour Mordheim qui étaient un peu plus grands que le reste de la gamme, ce qui tombe bien (mais un peu gros de partout aussi, ce qui tombe moins bien), ou encore à certaines pièces de chez Rackham (les figurines Rackham ne sont pas toutes, loin de là, à la même échelle, même lorsqu’il s’agit d’humains lambda) ou de chez Privateer Press (là aussi les variations de taille sont importantes). Quelques références de démons pour Le retour des dieux devraient reprendre du service, surtout le gros démon () qui fera un magnifique leader, et de même chez Fenryll qui est à la relance en ce moment et va probablement sortir d’ici quelques temps des pièces collant à l’actualité, comme ils n’ont pas manqué de le faire avec des gardes, des enfants des rues, un marchand ambulant, etc. qui vont très bien dans les rues de Cadwallon, et comme ils savent le faire d’ordinaire. L’inspiration ne manque pas.
En parlant d’inspiration, c’est d’ailleurs l’occasion de dire ici que plusieurs figurines du jeu semblent très inspirées par d’anciennes références GW. Le Bretteur des Occidentaux a indéniablement un air de famille avec le Noble Impérial de Warhammer Quest et la future figurine de Don Quichotte pourrait bien ressembler comme un frère (sauf le cheval) à un certain mercenaire Chevalier Errant de Mordheim.
- * : Article à venir dans la rubrique « du plomb dans la tête » de Mondes en Chantier (note de Narbeuh : bah ouais, David est désormais adepte du 1 artcile = 1 nouvelle rubrique...)
- ** : Plus moyen de trouver une couverture cartonnée digne de ce nom chez le marchand en ce moment. Hell Dorado est à couverture molle, Crimes et Maléfices aussi,
- *** : A la demande générale de Narbeuh, Général en chef des Mondes en Chantier, je vais maintenant pourrir mes articles de In My Humble Opinion, According To Me, et autres As Far As I’M Concerned, afin que nous puissions conserver notre image politiquement correcte de neutralité bienveillante qui, selon une politique éditoriale à très long terme, vise à faire de nous le nouveau Casus Belli de la cybertoile.
- **** : petit plus promotionnel, un golden ticket a été glissé dans quatre (une par faction) des premières boîtes de compagnie disponible. L’auteur de ces lignes n’a pas eu la chance d’en découvrir un dans celle des Occidentaux non plus que dans celle des Sarrasins qu’il s’est empressé d’acquérir pour la pas très modique somme de 40 euros pièce. On peut en déduire au moins quatre choses. Premièrement la vie est cruelle, mais ça vous le saviez déjà. Deuxièmement tout mon budget figurines du trimestre et même plus y est passé. Troisièmement j’ai des goûts forts communs. Et quatrièmement, statistiquement ça augmente vos chances. Enfin une bonne nouvelle !
Cadwallon
(suite)...
Cry Havoc
Dans le futur des jeux de guerre avec figurines, il n’y a que, euh… la guerre ! Comme souvent, c’est un vétéran (assez «trigger happy» dans son genre, il faut bien le dire…) qui a tiré le premier : Croc. Mais avant que ça ne commence à défourailler dans tous les coins,
revenons sur les épisodes précédents.
Voilà bien le genre d’opinion qu’il est assez difficile d’exprimer sur le Forum officiel de Rackham, les petits caporaux modérateurs supprimant systématiquement
toute intervention jugée non-conforme. La palme à mon ami Willow-pouet, un des plus purs héros de cette nation. Certains grands-anciens de ce forum naguère dynamique et aujourd’hui en mort
cérébrale vont jusqu’à prétendre qu’ils ont été désinscrits en masse pour double appartenance à un forum ou simple appartenance à une guilde dissidente et s’étonnent de voir fleurir des
utilisateurs tout nouveaux qui ont l’air d’avoir appris leur discours par cœur. Ambiance.
Le forum de Confrontation a pendant longtemps été l’un des forums de jeux les plus fréquentés, le point de rendez-vous
de milliers de joueurs. Il est aujourd’hui presque mort, victime du sabordage en règle qui a emporté dans les abîmes du regret tout ce que le Dragon Rouge avait enfanté avant d’être dévoré par
les forces de l’entropie et de devenir un Dragon Zombi, l’ombre maléfique de lui-même.
Comme c’est beau ! Mais qui modère les modérateurs ? On peut se poser la question car ceux-ci sont en effet pour certains loin d’être modérés dans leurs propos, et ceux du Dragon Zombi sont
généralement immodérés dans leur admiration des produits Rackham. Ce sont les nervis du business des jouets pour adultes chargés d’installer la domination du marketing dans nos têtes. En bon
petits soldats ils voudraient transformer nos petits forums français qui résistent encore et toujours au politiquement correct et élèvent la zizanie au rang de patrimoine national en forums
commerciaux aseptisés à l’américaine. C’est plus fort que moi, à chaque fois je me sens pousser la moustache et je me transforme en troll* ! Car dans ces conditions quel mal y a-t-il à aider un
forum à trouver son point Dumas** ?
Toujours est-il que, pendant
ce temps là, sur le forum officiel ça sent la reprise en main. Passant d’une technique démocratique qui n’avait pas l’air de très bien fonctionner (la désinformation mêlée à la communication
commerciale, le tout drapée dans une probité candide), l’équipe Rackham en revient à la bonne vieille méthode des dictatures en matière de gestion de la communication : la censure. On fait le
ménage en grand dans la partie nouveautés et on sucre tout ce qui faisait vilain dans le tableau. Seul problème : à force de verrouiller tous les sujets il n’y a plus rien à modérer, du
coup les modérateurs eux-mêmes se trouvant en chômage technique on finit par déserter à leur tour et c’est le Boss Rackham qui est obligé de venir jouer les modos ! Hallucinant.









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