Mondes en Chantier ?
Mondes en chantier, c'est quoi ? Bah, Mondes en chantier, c'est... comment dire ?... : c'est des petits cochons en plastique, quelques crèmes trop sucrés et un peu froids, des Moustaches, un Bob le chien, un ou deux 15 Août sortis de la Twillight Zone, des vacances à la longueur sans doute pas très raisonnables... Bref, c'est un peu n'importe quoi.
Mais encore ? Je ne sais pas si vous avez remarqué mais c'est dingue la fuite des joueurs de jeux de rôles loin des grandes villes, l'été quand il fait trop chaud. En même temps - le monde est mal foutu - ce serait à ce moment du calendrier que vous auriez un temps pas possible pour vous lancer dans des campagnes démesurées. Rageant, non ? A l'origine, Mondes en chantier, c'est donc un fanzine de rôlistes passablement déprimés par cette lâche fuite des joueurs au mauvais moment. Mais aujourd'hui, le papier qui tâche, la photocop qui marche pas, tout ça, c'est tout naze. On est à l'heure du blog maintenant, mes p'tits gars... Alors : longue vie à Mondes en chantier, le blog !
Exclusivité MeC, le système Feu3 : Vert, passer. Orange, accélérer. Rouge, passer très vite !
Ils disposent aussi de trois symboles différents : épée, hache, masse. Combinés par deux, ces symboles vous permettront de déterminer les dommages infligés lors d’une attaque ou d’un tir réussi grâce au tableau de dégâts.
Ajoutez à cela tout un tas de capacités spéciales (peut-être pas autant que dans Hell Dorado quand même…) qui permettent de comboter comme des oufs.
Ensuite c’est du tour par tour comme chez mémé, avec activation des figs, et là tu coures, du jettes des sorts ou tu tapes, et si tu tapes, hop, phase de dévoilement de cartes de combat (Attaque Rapide, Attaque Normale, Attaque Brutale, Parade, Inactif (bluff ou personnage immobile) ; si tu jettes des sorts c’est bien aussi mais tu dois aller chercher tes réserves de mana sur le terrain (bornes Jin et pierres alchimiques – d’où le nom), donc tu cours quand même plutôt que de rester planqué comme un petit lâche derrière les gros.
**** : je présente ici à nouveau toutes mes excuses au joueur dont le personnage de Prêtre a été victime d’une erreur de tir à l’arbalète de ma part lors de la partie de Empire of the Petal Throne de la Convention Eclipse du mois dernier à Rennes. C’était un accident mec !
C’est dans la boîte !
Chat par exemple !
Bon en tout cas le reste du matériel fourni (4 ou 5 cartes de profil, 1 carte de formules, 1 livret de règles, 6 dés spéciaux du D³ system, 5 cartes de combats, une planche de 21 pions) est de fort belle qualité ! Ok, c’est toujours moins cher que la boîte de base type Hell Dorado d’en face, mais ça reste du plastique aussi…
Quelqu’un aurait-il l’aimable obligeance de me rappeler la raison pour laquelle on se fout sur la gueule gentlemen ? Et accessoirement : que font ce chat et cette grenouille ici ?
J’ai lu quelque part qu’Alkemy serait en quelque sorte le premier jeu de figurines pacifiste puisqu’on peut y gagner une partie sans dessouder personne, et pour dire quasiment sans coup férir. Tu t’empares habilement de quelques bornes Jin en te faufilant discrètement entre les buissons et hop, tu gagnes ! J’aime autant vous dire tout de suite que je trouve ça bien con (je vais encore me faire des amis) : un jeu de guerre avec figurines c’est fait pour pousser des bouts de plomb qui vont s’en aller (c’est une abstraction) foutre gaiement sur la gueule de leurs adversaires, sous un prétexte ou un autre, et le plus souvent en s’assumant, c’est-à-dire sans l’ombre d’un prétexte ou d’une raison valable. Et c’est très bien comme ça !
(à suivre... ou pas, du coup !)
* : geek c’est notre mot. Au moins un par article. Geek et geek et geek, ail ail ail.
** : C’était avant l’invention des socles en plastique qui ont rejeté les figueux hors du jardin d’Eden. C’était hier, c’était il y a mille ans…
*** : puisqu’on parle de l’Australie, ça ne vous rappelle pas une carte de Bloodlust ?Tu te crois au safari, connasse ?
Voilà bien le genre d’opinion qu’il est assez difficile d’exprimer sur le Forum officiel de Rackham, les petits caporaux modérateurs supprimant systématiquement
toute intervention jugée non-conforme. La palme à mon ami Willow-pouet, un des plus purs héros de cette nation. Certains grands-anciens de ce forum naguère dynamique et aujourd’hui en mort
cérébrale vont jusqu’à prétendre qu’ils ont été désinscrits en masse pour double appartenance à un forum ou simple appartenance à une guilde dissidente et s’étonnent de voir fleurir des
utilisateurs tout nouveaux qui ont l’air d’avoir appris leur discours par cœur. Ambiance.
Un exemple ? La marque au dragon rouge (ou est-ce FFG, l’affaire n’est pas
claire) vient tout juste de mettre en ligne une vidéo
(http://www.fantasyflightgames.com/confrontation/support.html) qui annonce la sortie de CAR. Outre que cette vidéo ressemble beaucoup à un trailer de
jeu vidéo, elle est largement trompeuse. La très grande part des figurines (peintes de belle façon) qui y figurent sont des modèles en plomb et non en plastique (il faut dire que pour faire masse
avec ce qui est disponible en ce moment comme références c’est coton). Eh bien cet événement ( ?) suscite un déluge de réactions enthousiasmées et même quasi extatiques de la part de tout un
tas de newbies sortis d’on ne sait où, des thuriféraires qui incendient sans barguigner les quelques habitués qui essayent de faire poliment remarquer que là, vraiment, quand même, y’a abus.
Toujours dans le domaine de la tolérance et de l’amitié entre les peuples, les derniers forumeux qui restent sur le Forum officiel de Rackham se sont mis depuis quelques
temps à s’en prendre aux «anciens» joueurs de Confrontation, aux cris de «à mort les vieux» (je signale amicalement à mon camarade BenRix
qu’il pourrait bien passer rapidement dans la catégorie des jeunes à la santé fragile s’il ne se calme pas un peu). C’est beau l’enthousiasme de la jeunesse, mais l’expérience (sic) prouve que
dans le domaine des activités ludiques, c’est aussi très volatile, et lorsqu’ils seront passés à autre chose tandis que les vieux cons se seront mis à Hell
Dorado, qui va acheter les produits Rackham, hum ? Je pose la question. Les américains ? Ah oui. Tiens, ça expliquerait bien les
cartes de référence uniquement en anglais ça.
Quand on tire, on raconte pas sa vie
Alors évidemment, la garde rapprochée du boss (les Dragons Rouges), enfin ceux qui restent, c’est-à-dire pas les peintres qui ont été virés ou les sculpteurs qui les avaient précédés dans la charrette lorsque la fonderie a été fermée) qui entendent et lisent quotidiennement toutes ces critiques se sont recroquevillés dans une attitude obsidionale et pour toute communication font preuve d’un mutisme éloquent. Mais, comme disent les cow-boys, quand on tire (dans le dos en plus), on ne raconte pas sa vie, n’est-ce pas ? Un coup de revolver dans le dos, c’est exactement comme cela que cette trahison a été ressentie par beaucoup. Mais comme disent aussi les cow-boys, qui a vécu par le colt périra par le colt, et s’il y a bien une logique qui ne fait pas de cadeaux, c’est la logique commerciale. Et c’est elle qui va conduire à sa perte cette société placée pour quelques temps encore sous la procédure dite de «sauvegarde de justice» et qui a vu ses actions plonger avec le feu à l’arrière-train. Chez les revendeurs le malaise est sensible. Pour certaines boutiques les produits Rackham pouvaient, avant leur catastrophique perte de vitesse depuis un an, représenter jusqu’à 30% de leur chiffre d’affaires. Beaucoup pratiquent maintenant des soldes de 30 (pour les plus lents) à 50 voir 70 et même à Paris 90 (!) %. A ce prix-là, autant dire qu’on les jette sur le trottoir. Beaucoup se demandent aussi quand ils vont enfin pouvoir se débarrasser de tout se stock immobilisé qui n’arrête pas de perdre de la valeur pour pouvoir enfin récupérer la place pour quelque chose de plus rentable. Quelques uns, comme à Rennes, se retranche derrière un charitable «on ne tire pas sur les ambulances». D’autres, comme à Nantes, très proches et à l’écoute de la base (leurs clients il faut dire), n’hésitent pas à balancer. A Angers si le sujet est évoqué les réponses vont, selon les moments et les boutiques d’un prudent «euh, mouf mouf, grumph grumph, on n’est pas trop au courant» à un optimiste «maintenant AT-43 commence à marcher pas trop mal après des débuts vraiment catastrophiques et une année galère». A Bordeaux il y en a qui ne font plus cette marque là. A Paris devant l’Œuf Cube j’ai vu des gens cracher par terre si on prononce juste le mot Rackham. A Tours on conseille prudemment de compléter sa collection avant que les références ne deviennent introuvables. Plusieurs gros clubs ont décidé de boycotter purement et simplement CAR en avançant les raisons que je cite plus haut*8.
Full Metal Tabletop
J’en vois qui se disent, mon Dieu, pourquoi tant de haine, est-ce bien mérité, et au fond, tout cela n’est-il pas et ne devrait-il pas rester qu’un jeu ? Je reconnais bien là leur âme de bonne sœur, mais il ne faudrait pas perdre de vue que beaucoup de joueurs assidus ont énormément investi dans Confrontation depuis 10 ans, tant sur le plan symbolique et affectif qu’en terme d’implication personnelle, en temps passé à la peinture ou à l’animation dans les clubs ou les guildes, sans même parler des fortunes englouties qui feraient passer les trésors des galions espagnols pour la cagnotte en plastique de ma fille aînée. Et c’est tout cela qui a fait le succès de Rackham, de toutes les façons qu’on prenne les choses. Même les indications fournies par les clients, aussi bien pour l’amélioration des règles, des concepts ou même du marketing ont toujours été extrêmement efficaces, mais depuis le début de l’année 2007 un fossé s’est creusé, beaucoup de gens ont claqué la porte et n’iront pas à l’enterrement. D’autres ont décidé de faire un peu de nécromancie et se disent qu’ils peuvent très bien se passer du Dragon Rouge pour faire vivre Confrontation. Un de ces passionnés (collègue d’Over-Blog) a par exemple mis en ligne sa version du jeu intitulée l'Âge des Escarmouches, un système de règles inspiré de Confrontation, mais complètement repensé, disponible à l’adresse suivante : http://escarmouche.over-blog.fr/ On trouve d’ailleurs le même genre de choses avec GW depuis belle lurette. Space Marine (Epic), par exemple, était un jeu de GW qui marchait relativement bien et une communauté de joueur conséquente s'était formée. Tout d'un coup, les concepteurs ont du jeu ont décrété qu'il ne reflétait pas suffisamment la chaine de commandement patati patata, et on retiré le jeu de la vente pour ressortir quelques temps après Epic 40 000 ! Le jeu se basait sur un système peu réaliste et sur des concepts beaucoup trop abstraits pour être réalistes, le jeu fut officiellement abandonné quelques mois après sa sortie. Et bien savez-vous ce qu'une partie de la communauté d'Epic a fait ? Elle s'est structurée peu à peu et un site assez connu a commencé à sortir des erratas et autres règles. Aujourd'hui, ils ont dû développer déjà 4 ou 5 versions de leur jeu Netepic, qui non seulement reprend les règles fondamentales de Space Marine, mais a été largement amélioré, à tel point qu'aujourd'hui une partie moyenne de Netépic vaut largement plus qu'une bonne partie de 40K. Quand aux figurines qui n'étaient pas produites, il est des plus facile de les trouver, souvent moulées et à un prix raisonnable – hum hum, si on est un jeune délinquant bien entendu…
C’est à la fin de la guerre qu’on compte les morts
*8 : Ravage, en revanche, fait le boulot. Rien à leur reprocher, deux gros articles en deux numéro, un premier qui avait un ton très volontariste (vive le changement, vive l’avenir, et que fleurissent mille printemps) et un deuxième qu’on sent quand même bien plus prudent, même si le soutien est toujours de mise.
Dans le futur des jeux de guerre avec figurines, il n’y a que, euh… la guerre ! Comme souvent, c’est un vétéran (assez «trigger happy» dans son genre, il faut bien le dire…) qui a tiré le premier : Croc. Mais avant que ça ne commence à défourailler dans tous les coins,
revenons sur les épisodes précédents.
Choisis ton camp camarade !
Depuis déjà presque 9 mois, avec l’annonce de la reconversion de Rackham dans le jouet en plastique pré-peint, et simultanément les premiers soupçons de gros soucis financiers les concernant, la plupart de ceux qui suivent un peu l’actualité dans le domaine des petits soldats ont compris que la rupture était désormais inévitable entre les tenants du plomb et ceux du plastique. Et au-delà de ça, entre les figurinistes purs et durs et les gameurs gogoconsomateurs. Mais aujourd’hui que le bébé pointe son nez on ose à peine le regarder ! Bon ok, ce n’est pas le premier de son espèce, mais bon sang, qu’il est laid ! Il paraît qu’il s’appelle Confrontation, l’Age du Rag’narok (CAR), mais il paraît aussi que contrairement à son illustre prédécesseur, ce n’est plus un jeu d’escarmouche. Alors, grosse surprise ? Pas vraiment.
Il faut dire que les bonhommes à collectionner (ou pas) en plastique plus ou moins mou et plus ou moins mal barbouillé d’avance avaient fait leur entrée depuis déjà un bon moment (Wizkids, D&D Mini et compagnie) quand les choses se sont emballées. Mais avec le passage du fleuron de la figurine fantastique en plomb moulée à la louche à l’ancienne dans le camp du plastique pré peint, la rupture est consommée et ce revirement de tendance laisse à beaucoup comme un goût de trahison dans la bouche.
Le plus étonnant dans tout ça, c’est encore que pendant que l’équipe dirigeante de Rackham était occupée à basculer du côté obscur, en envoyant se faire foutre dans les grandes largeurs tous leurs fans et tous leurs anciens meilleurs clients, le Grand Ennemi d’hier s’est mis à jouer les gentils. En effet, GW, ex cible préférée de tous les ennemis du grand capital s’est rappelée qu’ils avaient inventé*1 un truc de leur côté : le zhobby. Alors leur Porte-Etendard, Jervis Johnson, s’est mis à dire des trucs du genre «(…) certains d’entre vous (dirons) qu’ils n’ont rien à faire de la peinture et qu’ils se contentent très bien de figurines non peintes pour jouer, ou de morceaux de cartons, ou de pions en bois, ou je ne sais quoi encore*2. Un tel argument me paraît d’une pertinence douteuse, car je suis sûr que si une chose unit tous les hobbyistes de ce monde, c’est le désir de posséder de belles figurines Citadel*3 peintes avec talent. D’aucuns, pour une raison ou pour une autre*4, n’ont pas la volonté d’atteindre cet objectif et se replient sur de tels ersatz. Cependant, s’ils pouvaient avoir sur-le-champ une armée peinte de main de maître, ils ne se feraient pas prier pour remplacer leurs misérables substituts», et à citer deux camarades de fumette, John Stallard («La peinture est comme l’air qui nous entoure, on n’y, fait pas attention mais elle nous est indispensable») et Alan Merrett («Notre Hobby est un passe-temps artistique émaillé de plaisirs ludiques») *5. Bref, ça sent la grosse chambre, et je crois qu’on peut dire que nos amis les anglais ont sorti les barbelés. Ah, et puis aussi une nouvelle gamme de peinture nommée Fondation, censée faciliter grandement le travail des peintres du dimanche (au propre comme au figuré) dont il faut bien dire qu’elle est prodigieuse. A se demander pourquoi on n’avait pas eu ça avant.
Où ça, qui ça, quoi ça, quand ça, combien sont-ils ?!?
D’autres sociétés sont en train de prendre le même virage, malheureusement serait-on tenté d’écrire.
Reaper par exemple, qui lance une gamme nommée Legendary Encounters. Légendaire, ça m’a tout l’air d’être le mot.
Privateer Press aussi, qui va sortir un jeu pré-peint sur le thème des monstres et des gros robots japonais genre Godzilla contre
Goldorak
(http://www.privateerpress.com/monsterpocalypse/default.html).
Mais il s’agit de diversification, pas de reconversion puisque cela se fera en parallèle de leurs excellentes gammes classiques. Du moins jusqu’à nouvel ordre. Dans ce contexte, même l’avenir du
géant GW pose question !
Cette fois-ci ça va chier !
Tout le monde connaît Croc et on ne compte plus ses faits d’armes. Dans le domaine de la figurine il s’était illustré il y a quelques années en agressant sauvagement au détour d’un Ravage les nazes qui viennent jouer avec des armées même pas peintes, ou juste basées en blanc à la bombe (un petit peu les ancêtres des gameurs adeptes du pré peint si vous voulez). Or il se trouve que cet individu louche est l’un des deux concepteurs d’Hell Dorado, le jeu d’escarmouche qui monte et qui compte bien fouler de ses semelles de plomb la dépouille de Confrontation et accueillir sur son sein maternel tous ses adeptes désorientés. Et c’est une nouvelle fois dans Ravage, en deuxième de couverture s’il vous plait, et pile en face d’un édito illustré par la couverture de Confrontation, L’âge du Rag’Narok qu’il accomplit sa forfaiture. Ce tacle au niveau des genoux prend la forme d’une page de pub pour Hell Dorado qui proclame en titre : «Profitez de la trêve des confiseurs, refusez la Confrontation !» Je crois que le message est clair les petits gars, les mouches on changé d’âne et le chèque de fin d’année de mémé sera mieux dans la poche d’une équipe sympathique et d’une société qui produit de belles figurines en France, plutôt que dans celle d’un gars*6 qui vient en un temps record de se mettre tout le microcosme à dos, et dont les playmobils© sont en train d’arriver à pied, par la chine, peut être à temps pour la noël s’ils ont le vent dans le dos.
Bouddha, bouddha, bouddha !
(à suivre...)
*1: enfin quand je dis inventé, faut s’entendre. Quand on connaît GW, on sait que ça veut dire
pompé à droite et à gauche et remis ça à leur sauce avec la puissance de communication qu’ont les grosses machines commerciales.
*2: Euh, au hasard, des figurines en plastique pré-peintes Jervis ?
*3: tant qu’à faire.
*4: comme par exemple, c’est des larves ?
*5: White Dwarf 159, juillet 2007, page 82 à 84.
*6 : certains appellent cet ancien de GW «Mister Bey» et d’autres «l’autre andouille». Enfin ceux qui sont polis
l’appellent comme ça. Les choses ne se sont pas arrangées depuis les propos méprisants qu’on lui prête (sur le Forum de Créafigs) concernant les «gaglus». Quel genre de monstre est-ce là, le
gaglu, vous demandez-vous peut-être. Abréviation toute aussi originaire de GW que son présumé locuteur, le gars-glue est ce fan-boy collant qui traîne dans toutes les boutiques qui se respectent,
prêt à tout pour obtenir la dernière info de geek, un stage même non rémunéré et je suis même prêt à payer, ou pourquoi pas – un jour lointain – le nirvana : être embauché pour «faire de sa
passion un métier».
*7 : D’ailleurs on ne dit plus «pré-peinte» chez Rackham, mais
«peinte». Nuance ?
(suite)...
Hybride
Est-ce que ça ne sentait pas à plein nez le jeu en boîte pour noël prochain ça humm ? Allez, moi qui suis un grand nostalgique de Space Hulk première époque, je me disais que c’était plutôt une bonne nouvelle. Restait à espérer que le matériel soit compatible avec Cadwallon, que les supports soient plus lisibles que les plateaux de la première version ou même que ceux de Cad. (parce que ça quand même c’était un gros problème), et que surtout les figurines soient mieux réussies que celles des griffons qui aiment le porte-monstres-trésor qui étaient bien maigres, avec des chevilles de ballerines et des poses de danseurs de flamenco nantis d’une élégance de pingouins sur la banquise. Une énorme déception sur un thème en or pourtant ! Mais tout ça est peut-être tombé aux oubliettes de l’Inquisition…
Confrontation - l’Age des Batailles
Et pendant ce temps là, Confrontation ADR, C’est-à-dire Confrontation 4 arrive, avec (« un changement en profondeur de la façon dont sont organisées les armées afin de mieux gérer les problèmes d’équilibrages et d’intérêts de toutes les figurines, et le développement d’une gamme de figurines en plastique, montées et peintes, comme celle que nous proposons pour AT-43 »). Cette info-là, si je connais bien notre lectorat habituel (public chéri, je vous aimeeee !) ça ne devrait pas vous intéresser des masses, et pourtant ça risque d’avoir des conséquences directes sur le jeu de rôle avec figurines et concerner ceux qui trouvent qu’acquérir tous les petits bonhommes nécessaires pour jouer confortablement à Cadwallon est pour le moment hors de prix (c’est bien vrai), sans compter qu’il faudra encore les peindre après, avec nos petits doigts gourds et boudinés et tout ça ! Parce que pendant que vous regardiez ailleurs, on est entré sans prévenir dans une nouvelle ère du plastique, et le plastique c’est fantastique ! Mais ça vous le saviez déjà.
David contre Goliath, ou l’éternel débat plastique-métal
Les figs en plastique ce n’est pas nouveau vous allez me dire, GW fait ça (de mieux en mieux) de puis un moment. Pas faux, et j’aime bien leurs grappes plastique je dois dire, ça facilite les conversions et moi j’aime bien les conversions. Mais là on parle de plastique pré-peint comme pour les jeux Wizkids. Et du pré-peint aussi cher que le plomb, voir plus, ce qui est le cas pour la gamme AT-43 par rapport aux prix habituels des figs 28mm, là j’aime moins ! D’autant plus que non seulement c’est cher mais en plus c’est moche, même si on nous prétend le contraire (« Nous restons donc fidèles à l’exigence de qualité qui a toujours caractérisé Rackham en termes de figurines. Je prendrai l’exemple du futur golem nain que certains d’entre vous ont déjà pu voir sur des salons : cette référence serait impossible à produire en métal et elle le serait d’autant moins à un prix raisonnable, alors que nous allons vous la proposer montée et peinte, avec un niveau de modularité encore supérieur à celui de l’Aberration Prime, et qu’elle sera totalement articulable ! ») Comme mes lego alors ? Ok, je sors…
Et pis que ça, ça rompt l’unité fondamentale de ce loisir que GW appelle le « hobby », et dont Jervis Johnson écrivait avec raison dans un White Dwarf d’il y a quelques mois (rubrique Le porte-étendard) qu’il est constitué de plusieurs activités (collection, peinture, conversions, jeu…) qui sont autant de plaisir indissociables qui font sa richesse. Les aficionados de la première heure de Confrontation ne disent pas autre chose, qui pour l’instant accueillent très mal le passage au plastique. La figurine en plomb aurait-elle… du plomb dans l’aile ? Pouf pouf. Et avec tout ça Cry Havoc, le magazine des jeux Rackham, prévu pour la rentrée est repoussé (d’au moins ?) deux mois. Ah bon ça existe encore ça les magazines qui parlent (un peu) de JdR ? Ben oui (pour le moment)…
Cry Havoc : mais oui, un magazine bimensuel de qualité, c’est possible ! (mais c’est cher…)
Cry Havoc, « Un magazine unique, étoffé
et traduit (en) allemand, espagnol ou italien ». Pincez-moi, je rêve ! Et pourtant… à vos buzzeurs, quel est le dernier
magazine professionnel de JdR français ? Réponse : Cry Havoc, parce qu’il y a du Cadwallon dedans. Oui je sais ça fait mal d’entendre ça, mais c’est
pourtant vrai. Cry Havoc coûte cher (9.90 euros) et tout le contenu comme on le voit n’intéresse pas toujours tous les lecteurs, mais c’est de qualité, richement illustré et
cela fait vivre des univers, permet à de jeunes auteurs de s’exprimer, sert de support commercial et de communication… tout ce qui nous manque aujourd’hui parce que les principales maisons
d’édition francophones n’ont jamais su s’associer pour proposer quelque chose, et maintenant vu ce qu’il en reste, c’est pas près d’arriver… et pourtant, aujourd’hui que je suis en manque, entre
rien du tout et un mag. avec pas mal de pubs à 10 euros, et ben finalement, qu’est-ce que 10 euros, pas vrai ?*** : l’observateur attentif ne manquera pas de remarquer que les trois mêmes figs. de ruskofs, probablement les seules disponibles à l’époque, apparaissent quand même quinze fois, laissant loin derrière les trois gros singes en armures énergétiques – certainement destinés à devenir des Wolfens de l’espace ces gars là - qui n’apparaissent que six fois. De l’art de meubler avec pas grand chose… En revanche j’ai bien aimé les illustrations façon images d’actualité qui rappellent beaucoup le style de Retrofutur. Retrofutur, tiens encore un jeu qu’est mort par inadvertance. Quoique… : http://rfnews.ouvaton.org/
Seule concurrente un peu sérieuse de Games Workshop sur le marché français, la célèbre société au dragon rouge qui nous régale depuis 1997 de superbes figurines fantastiques en métal et, depuis quelques temps, propose aussi des figurines en plastiques moches et chères, vient d’être placée sous sauvegarde de justice suite à des difficultés financières, une procédure qui permet d’aider les entreprises connaissant des difficultés ponctuelles.
Cadwallon
Il y a six mois Jean Bey alias Boss Rackham, annonçait que sa société allait continuer à proposer des suppléments pour Cadwallon («Bien qu’un certain nombre d’entre vous aient critiqué le choix d’un nombre important de sorties figurines destinées à Cadwallon au sein de Confrontation, le jeu de rôle a rencontré un vrai succès et il est donc important pour nous de continuer à vous offrir du contenu pour notre jeu de rôles tactique »). Des mots qui sonnaient doux à mes oreilles car la gamme Cadwallon est selon moi, et de très loin, la meilleure chose qui soit arrivée au monde de l’édition de JdRs français depuis longtemps, je dirais depuis la sortie de la deuxième version de RDD en 1995. Autant dire que ça n’arrive pas tous les jours. Notons au passage pour ceux qui resteraient à convaincre que ce « Jeu de rôles Tactique » peut tout à fait se jouer comme un JdR classique. Cependant c’était bien là l’excellente idée de Rackham pour permettre que l’effort de production de la gamme de figurines pour le jeu soit soutenable : créer un jeu passerelle entre deux activité sœurs* et l’adosser à une autre gamme déjà existante et possédant une clientèle fidèle déjà constituée. Evidemment le malheur des uns a fait le bonheur des autres : ça a ralenti quelque peu le rythme des sorties pour les autres armées de Confrontation, mais ça a aussi permis au figurines de Cadwallon de bénéficier du savoir faire et de l’expérience accumulée d’une équipe de sculpteurs qui en font ce qui s’est fait de mieux en terme de figs françaises en 28 mm jusqu’à aujourd’hui.
AT-43 : la critique à laquelle vous avez failli échapper !
La sortie française d’AT-43 a été un gentil bide, ça je crois que tout le monde est au courant. Pas au point de couler Rackham d’entrée de jeu (sic) quand même, heureusement, mais au point de donner des sueurs froides à tout le monde (et certains ont fait remarquer que ça s’était vu en bourse, moi je ne peux pas dire, je ne suis pas Jean-Pierre Gaillard) et d’obliger l’équipe à accélérer le rythme sur ce jeu, pour sortir le livre «règles du jeu» et un premier Army Book dans la foulée, «complètement en speed et un peu n’importe comment» selon un des concepteurs. J’en profite ici pour proposer en deux mots mais pas plus une petite critique de ce fameux livre de règles, parce que je crois que ça ne vaut pas un article à part entière, même sur MeC** !
Alors : c’est un bouquin de 128 pages, couverture souple, tout en couleur avec de nombreuses illustrations, pour la
plupart des photos de figs mises en scène***, et qui coûte dans les 25 euros. Bon, une fois qu’on a dit ça, on n’a pas dit l’essentiel : est-ce que ça vaut tripette ? En fait oui, parce
que le système est bon, il est bien équilibré pour le moment, à la fois simple et suffisamment détaillé, adapté à cette échelle de jeu et au contexte des guerres du futur, où ça mitraille plus
que ça ne tranche, et permet de simuler la chaîne de commandement et les combats de véhicules. J’ai bien l’impression que c’est meilleur que 40.000, ce qui ne serait pas
impossible vu comment 40.000 a été dénaturé par ses deux dernières moutures, mais il va falloir juger ça sur le long terme. Ce qui est certain en tout cas, c’est que c’est
totalement sur le même créneau que le jeu de Games, et les deux premières factions (U.N.A et Therians) sont des copier-coller de la Garde
Impériale et des Nécrons. La seule question que je me pose c’est qu’est-ce qui est le plus moche, une figurine de Nécron ou une de Thérian ?
*: Personne n’a oublié que Donjon et Dragons est issu d’un système de jeux avec figurines j’espère.
« Les jours passent et l’Enfer n’est plus aussi lointain... »
« C’est la, c’est la, c’est la SALSA DU DEMON » : le contexte du jeu.
Enfer et Contre Tout : le style du jeu.
Ce n’est pas la première fois qu’Asmodée s’occupe d’un jeu de figurines puisqu’ils étaient les distributeurs du Retour des Dieux, jeu qu’ils ont laissé mourir d’une mort pas très propre avec tous les dégâts collatéraux que cela suppose, comme de nombreux joueurs le bec dans l’eau et des sculpteurs qui aimeraient bien être payés. Pour les sculpteurs ça va mieux, merci, puisqu’ils sont à l’origine des (presque toutes) superbes figurines de Hell Dorado. Pour les joueurs… et bien ils peuvent toujours se reconvertir, non ? En plus ce sera roleplay.
Cela nous donne donc un livre de règles de 210 pages couverture molle** qui est censé contenir « tout ce qui est nécessaire pour partir à la conquête de l’enfer : règles du jeu, listes de compagnies, guide de peinture, background, scénarios… », tout ce qui est nécessaire en attendant les indispensables suppléments qui, nous n’en doutons pas, devraient suivre.
Pour ce qui est des règles de base, autant vous le dire tout de suite, IMHO, ATM, AFAIC*** et tout ça, il ne casse pas quatre pattes à un canard. Même pas trois. Des systèmes basés sur le D6 comme celui-ci, je pourrais vous en citer des brouettes, et beaucoup qui sont meilleurs comme par exemple celui du SdA en ce qui concerne les grosses productions, ou même celui d’Argaad qui a pourtant plus de dix ans pour ce qui est des productions amateurs. Et sans parler de D6, il est aussi moins bon, moins tactique, moins créatif que celui d’Infinity et moins intuitif ou moins précis que celui d’Urban War. Reste tout de même qu’avec son système d’additions et de soustractions il se retient rapidement et qu’il est complet – permettant de faire face à quasiment toutes les situations de jeu (on voit que de vieux routiers ont bossé là-dessus). Mais ce n’est qu’avec l’ajout des règles de magie et des capacités spéciales qu’il prend tout son sel. Les capacités spéciales en tous genres amènent le fun et un aspect tactique supplémentaire avec la règle du et la magie oblige à bien gérer l’espace puisqu’elle s’applique à coup d’auras. Mais les magos peuvent aussi faire appelle à de petits serviteurs : les lémures porteurs de sorts, sortent de sandestins qui sont autant de fire and forget. C’est comme les Pokémons : il est conseillé d’avoir toute la collec’ pour frimer et on peut se les échanger avec les copains.
Faites chauffer le plomb ! : les figurines du jeu.
Je constate que vous êtes attentifs : j’ai effectivement dit la plupart des figurines sont superbes. La plupart mais pas toutes. Comme toute gamme, celle d’Hell Dorado compte quelques ratés, qui ont été relevés bien avant moi par les blogueurs fous et autres archifans de la première heure du jeu, et se retrouvent confirmés par la hiérarchie des ventes des boîtes de compagnie, à savoir du plus au moins joué : les sarrasins, les occidentaux, les égarés et les démons. Parmi ces ratés, citons la figurine Succube et celles des damnés. Espérons que l’arrivée au mois de juillet de Foulques le Noir relancera l’intérêt pour cette faction.
Ceci dit, tous les modèles photographiés pour le livre de règles ont été peints de main de maître par les artistes du studio et quelques petits gars de la Team Toulouse, et ils vont vous faire baver d’envie et suer sang et eau pour en livrer de maladroites approximations, pauvres mortels aux petits doigts boudinés et daltoniens. Où alors, comme quelques rats de tournoi de ma connaissance, vous allez abdiquer d’entrée de jeu toute fierté personnelle et toute prétention coloriste et vous vous rabattrez sur la bombe de sous-couche blanche, prenant le risque que ce soit CROC en personne qui vous châtie comme il se doit.
L’enfer du décor : les décors du jeu.
C’est une des idées fortes d’Hell Dorado : les décors doivent jouer un vrai rôle tactique autant que d’ambiance et visuel pendant les parties. De nombreuses pages sont d’ailleurs consacrées à la fin de l’ouvrage à la façon de réaliser de zolis décors à domicile. Vous trouverez aussi beaucoup de hoses à ce sujet sur le site d’Hell Dorado qui vient d’ouvrir ou chez les maniaques de Terraformation.
La quatrième de couverture prétend que « pour profiter pleinement du jeu, vous devrez utiliser les figurines officielles Hell Dorado, présentées en boîtes de compagnie**** ou en boîtes de renfort et disponibles chez votre revendeur ». Mais nous à Mondes en Chantier nous sommes des genres d’insoumis, et c’est pourquoi je n’ai pas peur de hurler ici à la face du Monde du Jeu : « MON CUL ! »
Le « code » d’Hell Dorado permettant de générer les diverses caractéristiques des personnages n’est pas très difficile à « casser » et comme celles du jeu font environ 28 mm, de nombreuses figurines existent déjà dans le commerce qui devraient vous permettre de représenter sur vos tables les références qui ne sont pas encore sorties. On pense ici naturellement aux chasseurs de sorcières pour Mordheim qui étaient un peu plus grands que le reste de la gamme, ce qui tombe bien (mais un peu gros de partout aussi, ce qui tombe moins bien), ou encore à certaines pièces de chez Rackham (les figurines Rackham ne sont pas toutes, loin de là, à la même échelle, même lorsqu’il s’agit d’humains lambda) ou de chez Privateer Press (là aussi les variations de taille sont importantes). Quelques références de démons pour Le retour des dieux devraient reprendre du service, surtout le gros démon () qui fera un magnifique leader, et de même chez Fenryll qui est à la relance en ce moment et va probablement sortir d’ici quelques temps des pièces collant à l’actualité, comme ils n’ont pas manqué de le faire avec des gardes, des enfants des rues, un marchand ambulant, etc. qui vont très bien dans les rues de Cadwallon, et comme ils savent le faire d’ordinaire. L’inspiration ne manque pas.
En parlant d’inspiration, c’est d’ailleurs l’occasion de dire ici que plusieurs figurines du jeu semblent très inspirées par d’anciennes références GW. Le Bretteur des Occidentaux a indéniablement un air de famille avec le Noble Impérial de Warhammer Quest et la future figurine de Don Quichotte pourrait bien ressembler comme un frère (sauf le cheval) à un certain mercenaire Chevalier Errant de Mordheim.
- * : Article à venir dans la rubrique « du plomb dans la tête » de Mondes en Chantier (note de Narbeuh : bah ouais, David est désormais adepte du 1 artcile = 1 nouvelle rubrique...)
- ** : Plus moyen de trouver une couverture cartonnée digne de ce nom chez le marchand en ce moment. Hell Dorado est à couverture molle, Crimes et Maléfices aussi,
- *** : A la demande générale de Narbeuh, Général en chef des Mondes en Chantier, je vais maintenant pourrir mes articles de In My Humble Opinion, According To Me, et autres As Far As I’M Concerned, afin que nous puissions conserver notre image politiquement correcte de neutralité bienveillante qui, selon une politique éditoriale à très long terme, vise à faire de nous le nouveau Casus Belli de la cybertoile.
- **** : petit plus promotionnel, un golden ticket a été glissé dans quatre (une par faction) des premières boîtes de compagnie disponible. L’auteur de ces lignes n’a pas eu la chance d’en découvrir un dans celle des Occidentaux non plus que dans celle des Sarrasins qu’il s’est empressé d’acquérir pour la pas très modique somme de 40 euros pièce. On peut en déduire au moins quatre choses. Premièrement la vie est cruelle, mais ça vous le saviez déjà. Deuxièmement tout mon budget figurines du trimestre et même plus y est passé. Troisièmement j’ai des goûts forts communs. Et quatrièmement, statistiquement ça augmente vos chances. Enfin une bonne nouvelle !