Partager l'article ! Fin de partie: L’addiction au jeu de rôle et ses effets, voilà bien une question que seule Sainte Mireille avait eu jusque là le courage - o ...
L’addiction au jeu de rôle et ses effets, voilà bien une question que seule Sainte Mireille avait eu jusque là le courage - oui, le courage ! - d'aborder. Et pourtant, quel joueur n'a pas un jour ressenti le manque ?
Vivre de jeux de rôles et d’eau fraîche
Comment sortir d’une partie de jeu de rôles. Comment en finir, la quitter ? Comment, par exemple, rompre avec Rêves de Dragon, après lui avoir consacré, comme votre chroniqueur, plus de sept cent heures de sa vie ? Comment lui dire adieu une fois épuisés les scénarios du commerce et presque tous les scénarios parus dans les magazines ?
Prolongement du domaine ludique
Si la question se pose, c’est parce que la vie d’un jeu de rôles se prolonge en nous bien au-delà du moment où l’on repose une dernière fois les dés. Selon la qualité des émotions qu’ils procurent, selon leur puissance addictive, selon leur prégnance visuelle et mentale, et selon la façon dont ils «engramment» leurs codes ludiques dans nos cerveaux, certains jeux nous habitent, et parfois nous squattent, avec une longévité qui excède largement leur temps de partie mesurable. Dans une vie de rôliste assidu, il n’est pas rare de croiser un syndrome qui s’apparente au «post-coïtum animal triste», une sorte d’affaissement légèrement dépressif qui survient après une immersion intense et prolongée dans le monde d’un jeu dont il a bien fallu achever la campagne. L’expérience rôlistique est parfois si exaltante qu’elle peut en effet s’apparenter à une sorte d’excitation érotique, d’orgasme prolongé auquel ne peut que succéder un vide frustrant, le temps que se réajustent nos sens et notre perception du réel. Il y a comme une transition à gérer entre deux états du monde : l’imaginaire où l’on se plonge et le réel qui nous baigne. Finir et quitter un jeu qui a exercé une forte fascination projette le joueur sur la brèche incertaine où se rejoignent ces deux mondes, entre zone d’ébriété et cellule de dégrisement. Là encore, l’ivresse délicieuse et nécessaire du joueur rappelle les ivresses par lesquelles évolue l’amoureux, et l’on est parfois étonné de constater l’énergie morale, le sentiment de bien-être, le stimulant bonheur, la bonne humeur triomphante, la joie tonique que peuvent insuffler les jeux avec lesquels on a le plus d’affinité.
Une partie de terminée, dix à venir !
C’est pourquoi, le meilleur moyen de rompre avec un jeu que l’on a trop aimé est d’en trouver rapidement un autre pour le remplacer, selon le proverbe volage et bienveillant : «Un de perdu, dix de retrouvés.» Le seul antidote au jeu, au fond, c’est le jeu. Peut-être n’est-ce là que la vérification moderne d’une loi très ancienne : soigner le mal par le mal. Ou le bien par le bien. Le jeu est le mal qui nous fait du bien. Il nous domine mais notre soumission est consentie. Il nous fait souffrir, échouer, recommencer, nous humilie parfois, mais nous récompense aussi de plaisirs uniques et indicibles. Et les grands jeux s’installent dans nos souvenirs comme autant de grandes histoires d’amour.




Voyage,
une tentative d'adaptation du système de Dying Earth à l'univers de Rêve de Dragon
Bien. On dirait presque un article de Di6dent !
A quand un théma "Jeu et Pscho" ?
A+, SaSti