Mondes en Chantier ?
Jeux de rôles et autres univers en kit à monter à la maison
Mondes en chantier, c'est quoi ? Bah, Mondes en chantier, c'est... comment dire ?... : c'est des petits cochons en plastique, quelques crèmes trop sucrés et un peu froids, des Moustaches, un Bob le chien, un ou deux 15 Août sortis de la Twillight Zone, des vacances à la longueur sans doute pas très raisonnables... Bref, c'est un peu n'importe quoi.
Mais encore ? Je ne sais pas si vous avez remarqué mais c'est dingue la fuite des joueurs de jeux de rôles loin des grandes villes, l'été quand il fait trop chaud. En même temps - le monde est mal foutu - ce serait à ce moment du calendrier que vous auriez un temps pas possible pour vous lancer dans des campagnes démesurées. Rageant, non ? A l'origine, Mondes en chantier, c'est donc un fanzine de rôlistes passablement déprimés par cette lâche fuite des joueurs au mauvais moment. Mais aujourd'hui, le papier qui tâche, la photocop qui marche pas, tout ça, c'est tout naze. On est à l'heure du blog maintenant, mes p'tits gars... Alors : longue vie à Mondes en chantier, le blog !
Mondes en chantier, c'est quoi ? Bah, Mondes en chantier, c'est... comment dire ?... : c'est des petits cochons en plastique, quelques crèmes trop sucrés et un peu froids, des Moustaches, un Bob le chien, un ou deux 15 Août sortis de la Twillight Zone, des vacances à la longueur sans doute pas très raisonnables... Bref, c'est un peu n'importe quoi.
Mais encore ? Je ne sais pas si vous avez remarqué mais c'est dingue la fuite des joueurs de jeux de rôles loin des grandes villes, l'été quand il fait trop chaud. En même temps - le monde est mal foutu - ce serait à ce moment du calendrier que vous auriez un temps pas possible pour vous lancer dans des campagnes démesurées. Rageant, non ? A l'origine, Mondes en chantier, c'est donc un fanzine de rôlistes passablement déprimés par cette lâche fuite des joueurs au mauvais moment. Mais aujourd'hui, le papier qui tâche, la photocop qui marche pas, tout ça, c'est tout naze. On est à l'heure du blog maintenant, mes p'tits gars... Alors : longue vie à Mondes en chantier, le blog !
Mon médecin vient de me prescrire un changement drastique de régime. Continuer de relire à flux tendu de vieilles bouses pour
Cyberpunk2020 n'est vraiment pas très, très raisonnable pour ma santé mentale. J'ai essayé de m'automédiquer en ne lisant que des bons suppléments comme When gravity fails ou
Wildside mais ce n'est pas suffisant. Il faut aussi que je lise de vrais livres. Et surtout, surtout : des livres sans image des illustrateurs de chez Talsorian.
David étant toujours soucieux de ma petite santé (je lui ai rendu la pareille en lui sauvant héroïquement la vie, ou presque, à l'issue
d'une partie de jdr de convention qui, elle non plus, n'était pas très, très raisonnable pour la santé), il m'a fourni un vrai livre post-cyber, écrit par l'un des écrivains de SF contemporains
les plus titrés : Rainbows End de Vernor Vinge (prix Hugo 2007).
Ah ? Le CSA m'informe à l'instant même que nous avons largement outrepasser notre quota de "geek". Il nous faut remettre un peu de "pitch" dans nos articles pour rééquilibrer tout ça. OK, tout de suite, un pitch du livre tiré du site de la FNAC :
La Californie, au milieu du xxie siècle. L’informatique et le cyberespace sont partout même si l’ordinateur, en tant qu’objet, a pratiquement disparu. Ils se sont glissés dans les vêtements, dans des sortes de lentilles de contact. Chacun a accès à toutes les informations du monde, peut visualiser les endroits les plus éloignés, s’y transporter sous forme d’avatars plus ou moins élaborés, entrer en contact avec qui que ce soit, le tout sous forme d’images, de sons, d’illusions parfaitement constituées. Le virtuel est le réel. Le réel est virtuel.
Évidemment, la culture de l’écrit tend à disparaître. La vie privée aussi. Et cette circulation de l’information de toute nature a profondément transformé les mœurs politiques et les pratiques des services gouvernementaux de renseignements et d’action. Des officines discrètes se sont multipliées qui proposent leurs services au plus offrant. La plus étrange : celle du Lapin.
Rainbows End est une maison de retraite. Robert Gu, grâce à un traitement de pointe, a été sauvé de la maladie d’Alzheimer. Il était le plus grand poète américain, mais aussi un humain si détestable que son épouse Lena a préféré non seulement divorcer mais encore se faire passer pour morte. Gu, l’homme des mots, qui a recouvré l’essentiel de ses facultés intellectuelles et un corps de jeune homme, doit réapprendre non seulement ce qu’il a pu oublier, mais tout un monde nouveau qui a évolué à la vitesse de la lumière. Il prend le chemin de l’University of California dans l’espoir d’y trouver de vrais livres en papier.
Or celle-ci est en voie de connaître une révolution : la numérisation globale de l’imprimé, qui passe par la destruction complète et définitive de tous les documents. Les étudiants se révoltent, et Robert Gu devient leur héros symbolique.
Dans le même temps, les services de renseignements ultrasecrets des Grandes Puissances s’inquiètent. Une recherche en cours dans un laboratoire pourrait conduire à la mise au point d’un procédé de contrôle des esprits. Alfred Vaz, l’un des responsables occultes de ces services, veut sauver le monde des périls croissants qui le guettent en mettant la main sur ce procédé. En régnant sur les esprits, il instaurera l’ère de la paix. Il recourt alors aux services du Lapin pour pénétrer dans le laboratoire. Or la belle-fille de Robert Gu est l’une des meilleures spécialistes de la synthèse du renseignement. Et qui le Lapin représente-t-il vraiment ?…
Ouh, ça a l'air plus que bien, dis donc ! Alors ? Verdict. Ah oui, j'oubliais : verdict AMTTTTHA, bien sûr.
AU début, j'ai eu un peu peur. Le procéédé hyperartificiel qui consiste à prendre un vieux guéri d'Alzheimer pour nous faire découvrir le monde du milieu du 21ème siècle sur le mode "ouh, qu'est-ce qu'ils ont trop pas inventé pendant que j'étais tout gaga" fait craindre une grande lourdeur. Je sais de quoi je cause, j'ai fait une connerie équivalente en 5ème pour mon roman de 100 pages (eh oui, déjà de la SF pour votre serviteur...) voulu par notre professeur d'alors, Monsieur Besselas. Et croyez moi, c'était très, très mauvais. Bon, la différence, c'est que Vernor Vinge n'est plus en 5ème et qu'il a du talent, lui. Donc, ça passe. Cela reste le plus souvent subtil et les personnages acquièrent une certaine profondeur qui les rend attachants.
Le gros point fort du bouquins, c'est donc le monde décrit. Bref, la prospective. Vinge décrit un monde entièrement conquis (enfin, la
côte ouest des USA en tout cas) par le Net via des branchements permanents sous forme de vêtements intelligents, d'interface gestuelle intuitive, de lentilles de contact-écrans... ce qui ouvre la
voie à la généralisation, par exemple, de la Réalité Augmentée. Tout cela est très convaincant et décrit avec un luxe de détails. Ceci dit, j'aime aussi beaucoup les considérations
psycho-sociologiques (euh, ça existe ça ??) de l'auteur sur, notamment, les rapports entre les générations, la nécessité pour les vieux de retourner se former (peut-on imaginer se contenter d'une
formation initiale entre 5 et 25 ans alors que la durée de vie s'allonge et que la technologie évolue toujours plus vite ?), le fait que les jeunes ont, grâce au Net, de moins en moins besoin des
vieux pour accéder au savoir... En fait, j'en viens même à me demander si Vinge n'aurait pas du se concentrer sur cet aspect des choses et se contenter d'une intrigue psychologique.
En effet, là où le livre a, pour moi, une grosse faiblesse, c'est dans l'intrigue cyber-thriller qui sous-tend tout le récit. Soit je suis abruti, soit Vinge ne maîtrise pas les codes et ficelles de ce type de récit mais : mi no comprendo. Mais alors, rien du tout. Sur la fin, je me suis vu lire des trucs sans savoir qui faisait quoi, pourquoi, comment... et du coup, plus d'une fois, le livre m'est tombé des mains.
Au bilan, un bon livre de prospective très sérieuse, une bonne approche d'anticipation psychologique mais malgré tout un bouquin qui m'aura été fort pénible à lire.
PS : pour l'illu ci-dessus, ne vous inquiétez pas : je vais beaucoup mieux. C'est un clin d'oeil à ceux qui ont lu le bouquin.
Ah ? Le CSA m'informe à l'instant même que nous avons largement outrepasser notre quota de "geek". Il nous faut remettre un peu de "pitch" dans nos articles pour rééquilibrer tout ça. OK, tout de suite, un pitch du livre tiré du site de la FNAC :
La Californie, au milieu du xxie siècle. L’informatique et le cyberespace sont partout même si l’ordinateur, en tant qu’objet, a pratiquement disparu. Ils se sont glissés dans les vêtements, dans des sortes de lentilles de contact. Chacun a accès à toutes les informations du monde, peut visualiser les endroits les plus éloignés, s’y transporter sous forme d’avatars plus ou moins élaborés, entrer en contact avec qui que ce soit, le tout sous forme d’images, de sons, d’illusions parfaitement constituées. Le virtuel est le réel. Le réel est virtuel.
Évidemment, la culture de l’écrit tend à disparaître. La vie privée aussi. Et cette circulation de l’information de toute nature a profondément transformé les mœurs politiques et les pratiques des services gouvernementaux de renseignements et d’action. Des officines discrètes se sont multipliées qui proposent leurs services au plus offrant. La plus étrange : celle du Lapin.
Rainbows End est une maison de retraite. Robert Gu, grâce à un traitement de pointe, a été sauvé de la maladie d’Alzheimer. Il était le plus grand poète américain, mais aussi un humain si détestable que son épouse Lena a préféré non seulement divorcer mais encore se faire passer pour morte. Gu, l’homme des mots, qui a recouvré l’essentiel de ses facultés intellectuelles et un corps de jeune homme, doit réapprendre non seulement ce qu’il a pu oublier, mais tout un monde nouveau qui a évolué à la vitesse de la lumière. Il prend le chemin de l’University of California dans l’espoir d’y trouver de vrais livres en papier.
Or celle-ci est en voie de connaître une révolution : la numérisation globale de l’imprimé, qui passe par la destruction complète et définitive de tous les documents. Les étudiants se révoltent, et Robert Gu devient leur héros symbolique.
Dans le même temps, les services de renseignements ultrasecrets des Grandes Puissances s’inquiètent. Une recherche en cours dans un laboratoire pourrait conduire à la mise au point d’un procédé de contrôle des esprits. Alfred Vaz, l’un des responsables occultes de ces services, veut sauver le monde des périls croissants qui le guettent en mettant la main sur ce procédé. En régnant sur les esprits, il instaurera l’ère de la paix. Il recourt alors aux services du Lapin pour pénétrer dans le laboratoire. Or la belle-fille de Robert Gu est l’une des meilleures spécialistes de la synthèse du renseignement. Et qui le Lapin représente-t-il vraiment ?…
Ouh, ça a l'air plus que bien, dis donc ! Alors ? Verdict. Ah oui, j'oubliais : verdict AMTTTTHA, bien sûr.
AU début, j'ai eu un peu peur. Le procéédé hyperartificiel qui consiste à prendre un vieux guéri d'Alzheimer pour nous faire découvrir le monde du milieu du 21ème siècle sur le mode "ouh, qu'est-ce qu'ils ont trop pas inventé pendant que j'étais tout gaga" fait craindre une grande lourdeur. Je sais de quoi je cause, j'ai fait une connerie équivalente en 5ème pour mon roman de 100 pages (eh oui, déjà de la SF pour votre serviteur...) voulu par notre professeur d'alors, Monsieur Besselas. Et croyez moi, c'était très, très mauvais. Bon, la différence, c'est que Vernor Vinge n'est plus en 5ème et qu'il a du talent, lui. Donc, ça passe. Cela reste le plus souvent subtil et les personnages acquièrent une certaine profondeur qui les rend attachants.
En effet, là où le livre a, pour moi, une grosse faiblesse, c'est dans l'intrigue cyber-thriller qui sous-tend tout le récit. Soit je suis abruti, soit Vinge ne maîtrise pas les codes et ficelles de ce type de récit mais : mi no comprendo. Mais alors, rien du tout. Sur la fin, je me suis vu lire des trucs sans savoir qui faisait quoi, pourquoi, comment... et du coup, plus d'une fois, le livre m'est tombé des mains.
Au bilan, un bon livre de prospective très sérieuse, une bonne approche d'anticipation psychologique mais malgré tout un bouquin qui m'aura été fort pénible à lire.
PS : pour l'illu ci-dessus, ne vous inquiétez pas : je vais beaucoup mieux. C'est un clin d'oeil à ceux qui ont lu le bouquin.
par Narbeuh
publié dans :
TAZ