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Retrouvez désormais tous les fichiers publiés par les Mondes en Chantier dans notre garage.
Bien garés vous y attendent jeux (Aventures aux Pays de Nulle Part, Empire Galactique...), scénarios (Maléfices...) et aides de jeu (Gumshoe, Rêve de Dragon...).

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Mondes en Chantier ?

Jeux de rôles et autres univers en kit à monter à la maison

Mondes en chantier
, c'est quoi ? Bah, Mondes en chantier, c'est... comment dire ?... : c'est des petits cochons en plastique, quelques crèmes trop sucrés et un peu froids, des Moustaches, un Bob le chien, un ou deux 15 Août sortis de la Twillight Zone, des vacances à la longueur sans doute pas très raisonnables... Bref, c'est un peu n'importe quoi.

Mais encore ? Je ne sais pas si vous avez remarqué mais c'est dingue la fuite des joueurs de jeux de rôles loin des grandes villes, l'été quand il fait trop chaud.  En  même temps - le monde est mal foutu - ce serait à ce moment du calendrier que vous auriez un temps pas possible pour vous lancer dans des campagnes démesurées. Rageant, non ? A l'origine, Mondes en chantier, c'est donc un fanzine de rôlistes passablement déprimés par cette lâche fuite des joueurs au mauvais moment. Mais aujourd'hui, le papier qui tâche, la photocop qui marche pas, tout ça, c'est tout naze. On est à l'heure du blog maintenant, mes p'tits gars... Alors : longue vie à Mondes en chantier, le blog !
Vendredi 23 novembre 2007

Quand je bossais sur le design de mon site dédié à Empire Galactique, je cherchais fébrilement, comme on l'imagine, tous les renseignements concernant le grand illustrateur Manchu sur la Toile. Trop easy pour un tel spécialiste des objets futuristes, il devait être inévitablement over branché sur le Net. Et en fait : que dalle. Zoby. La misère. Apprenant par la suite de source sûre que le visionnaire designer des objets qui n'existent pas encore était plutôt du genre technophobe (uniquement en matière d'informatique, je vous rassure !), je laissais tomber et me contentait de laisser de vagues liens vers des sites bien vides ou des bouts de machin traînant de droite et de gauche sur le Réseau.

Et là, paf, grâce à la vigilance d'un des joueurs de notre PBF Empire Galactique, j'étais remis sur la piste du site consacré à notre grand homme. Et bah, faut réviser ses classiques : le site a été très fortement revu et remis à jour ces derniers mois. Aujourd'hui, il cumule un nombre impressionnant de scans de dessins finis mais aussi de roughs et autres esquisses préparatoires. Il y a même une section consacrée au jeu de rôle où on trouve des illus pour le défunt magazine Backstab et surtout des dessins de matos (guuuunnns !) tirés de Heavy Metal, le jeu des robots qui eux aussi ont un coeur. Rien pour le moment sur Empire Galactique mais l'emplacement est prévu et donc on a le droit d'espérer des raretés et des inédits. 

manchu1.jpg
Le rêve interstellaire, c'est par là que ça se passe : http://www.manchu-sf.com/

Comme un bonheur ne vient jamais seul, un autre des fidèles du PBF (voilà des gens bien informés) me signalait cette vidéo où on voit Manchu travailler. Confirmation, c'est du futur à l'ancienne, à la main, avec amour et tout ;-!

A voir ici : http://www.yannminh.com/english/Ct-Manchu.html

manchu2.jpg

Mardi 20 novembre 2007
CO-Box-1.jpgDans la série : "la vache, elle a la peau dure, la vieille carne !", voilà que le jeu de rôle continue de ne pas vouloir crever tout de suite. En tout cas, c'est c equon peut lui souhaiter suite à la future initiative annoncée par Black Book Editions. Des fous, ces gars là : déjà qu'ils avaient essayé de sauver la presse rôlistique...

Donc, BBE nous proposera en Février 2008, Chroniques Oubliées, un jeu entièrement dévolu à l'intiitation de nos chères têtes blondes
(8/14 ans). Comme il se doit selon une tradition solidement établie, le jeu d'initiation se présente en grosse boîte soldiement garnie de trucs et de machins. Jugez sur pièces :

- un livret de 32 pages en couleurs, qui comprendra les règles, la création de personnage, une description de l’univers, et 4 scénarios didactiques jouables chacun en 2/3h
- 5 fiches de personnage prétirés, illustrés, et les silhouettes prédécoupées qui leur correspondent.
- 2 cartes A3 recto/verso couleurs qui serviront pendant les situations « tactiques » des scénarios.
- un écran pour le meneur de jeu
- les dés nécessaires (un bête D6 à papa et un D20 tout rigolo mais qui roule sous le buffet...)
- une planche de pions en carton à découper (pour les objets, les adversaires et les marqueurs des fiches de personnages)

Ouaouh ! C'est du lourd ! Et en plus, au cas où cela marcherait, on nous promet déjà d'autres boîtes avec matos supplémentaire. L'éditeur nous affirme que tout ce beau matos sera utilisable par les grands enfants que nous sommes pour initier des amis mais les scénarios proposés pourront-ils vraiment convenir à des adultes ne connaissant pas le jdr ? Ou bien ces derniers vont-ils nous couvrir de quolibets en nous traitant d'immatures régressifs ? On verra à l'usage...


En tout cas, si avec ça, les formats courts du 7ème Cercle et de John Doe, les ouvrages magnifiquement illustrés et dispos (parfois) en moyenne surface du même 7ème Cercle, le jdr n'arrive pas à se relancer (un peu), c'est vraiment à n'y plus rien comprendre.
Samedi 17 novembre 2007

ecran-loup-solitaire.jpegSachez que je suis toujours à l’affût dans les boutiques, planqué entre deux étagères au fond de la salle, dans les endroits un peu sombres qui sentent si fort la testostérone, la bonne chaleur de l’animal et les vêtements un peu sales où ne me trahissent que quelques furtifs froissements de paquets de chips. Et ça vient encore d’arriver : je viens à nouveau de mettre la main sur un écran de jeu, celui de Loup Solitaire, le Jeu de Rôles Avec Plein de Majuscules Dans l’Univers des Livres Dont Vous Etes le Héros. Voilà qui va donner lieu sur ce blog à un nouvel épisode des désormais célèbres Dossiers de l’écran.

Le style de Gary Chalk qui maîtrise à merveille le Noir & Blanc ne se prête pas forcément bien à la mise en couleurs, comme on avait pu le constater avec la couverture du livre de base. Ce n’est pas que cette couverture soit ratée, loin de là, mais on sent bien qu’elle ne passe pas très bien une fois travaillée avec des à plat de couleurs vives façon Technicolor. Les éditions Sparrow Book et Folio Junior avaient d’ailleurs à l’époque fait appel à d’autres illustrateurs plus dans le style classique et disons-le un peu pompier des visuels d’Héroïc-Fantasy pour les couvertures des 20 volumes de la série comme aujourd’hui d’ailleurs pour la réédition de ceux-ci. Mais dans les pages intérieures, en petit format comme en pleine page, ses illustrations en Noir & Blanc restent inoubliables et ont probablement pour beaucoup contribué au succès de la série. Revenu du diable vauvert par on ne sait quelle Porte des Ténèbres©, Mister Chalk a aussi plus récemment produit de nombreuses illustrations dans les livres de la série Cadwallon qui nous ont régalé les yeux et certaines ont servi d’étude ou à tout le moins d’inspiration pour les artistes de la regrettée société Rackham* qui ont sculpté les figurines de la gamme. Tout cela pour dire que ce dessinateur est un authentique artiste, un des plus grands de notre époque, à classer dans la catégorie Noir & Blanc aux côtés de Miller ou de nos géniaux (et trop rares ces derniers temps) Manchu et Roland Barthélémy nationaux. 

Bon, pour autant était-ce une raison pour nous proposer un écran de jeu en Noir & Blanc lui aussi, et qui plus est avec une mise en page que les plus indulgents qualifieront de malheureuse ? En tant que démarche artistique le partit pris du Noir & Blanc peut encore se défendre. Comme dirait Michel Pastoureau s’il était là** «(…) avec le blanc son compère, le noir nous a construit un imaginaire à part, une représentation du monde véhiculée par la photo et le cinéma, parfois plus véridique que celle décrite par les couleurs. L’univers du noir et blanc, que l’on croyait relégué dans le passé, est toujours là, profondément ancré dans nos rêves et peut-être dans notre manière de penser.»  Bon, du coup ok pour le Noir & Blanc. 

En revanche le découpage en fines tranches d’illustrations reprises du livre de base (où pourtant elles figuraient en pleine page) sur 3 des 4 parties de l’écran est franchement une mauvaise idée. D’autant que le visuel de l’écran est un peu la carte de visite d’un jeu et que la grande surface disponible est une occasion à saisir pour proposer de vraies belles illustrations que d’aucuns aiment afficher sur les murs comme j’ai pu m’en rendre compte aux 20 ans du Club Pythagore ;=D. La seule illustration originale est celle du facial et elle présente d’ailleurs une de ces superbes scènes urbaines dans lesquelles G. Chalk excelle. 

Mais surtout, surtout, était-ce une raison pour ne rien mettre d’autre dans l’écran que… l’écran du jeu ? Alors c’est vrai, pour 15 euros (prix public conseillé), aujourd’hui t’as plus rien. En tout cas t’as plus un écran de jeu puisque le nouveau standard de prix pour cet accessoire que beaucoup jugent indispensable mais qui coûte très cher à produire et que les éditeurs arrivent rarement à rentabiliser, ce serait plutôt 17 voir 21 euros. Seulement pour ces 6 euros de plus, en général les potentiels acquéreurs se voient proposer un supplément scénario, une Petite Fabrique de l’Horreur, un Flashpack, enfin quelque chose quoi ! Alors que là rien, nada, queutchi. Juste un côté illustrations et un côté tableaux. A tel point qu’il pourrait être tentant pour les plus bricoleurs d’entre vous de se faire quelques photocopies et de les glisser dans le malin écran en plastique proposé par toutes les bonnes boutiques de VPC pour se fabriquer un équivalent maison. Bon, je vous ferai alors simplement remarquer que même si vous ne comptez pour rien les photocop’ vous en aurez quand même pour environ 15 euros entre le bidule et les frais de port. Alors bien entendu, encore moins cher, vous avez les photocopies collées directement sur des feuilles de Canson™ ou des morceaux de boîtes de Kellogg’s à la va-vite, mais serait-ce bien raisonnable ? Faites plutôt comme moi, considérez cet achat comme un acte militant, une façon de dire aux petits gars du Grimoire c’est bien ce que vous faites les mecs, on est avec vous, alors ça ira pour cette fois, mais n’y revenez pas***.

* : Ah, on me dit que Rackham serait encore en activité. Vous êtes sûrs que ce n’est pas un homonyme ?

 

** : Michel Pastoureau in Le petit livre des couleurs, éd. Points Seuil, 2005.

*** : Ceux qui ont compris qu’il faut acheter des céréales pour soutenir le grimoire me copieront l’article 3 fois.

 

 
Mardi 13 novembre 2007
OBS-thanksbox-200px.gifAlalala, pas assez chauds sur l'action les Mondes en Chantier sur ce coup là !

Pas de panique, j'explique.  En ce moment, chez les ricains, on prépare la fête de Thanksgiving. Vous savez celle où on se farçit une dinde ? Meuh non, ce n'est pas sale. 

Et quoi ? On s'en fout carrément, déjà qu'ils nous font chier avec Haloween. Pas faux mais dans ce pays où le consumérisme bouffe tout, c'est aussi l'occasion de s'échauffer avant Noel en s'offrant des cadeaux.

Et ? Il accouche, le Monsieur ? Bah voilà, la boutique en ligne de jdr en version PDF DriveThruRPG offre pour l'occasion des dizaines de jeux et suppléments en téléchargement libre contre une simple inscription. Tel que vous me voyez là, je viens de télécharger la dernière version de Runequest, le mythique Twillight2000  (guuuunnns !!) ou encore deux jeux Pulp que je ne connaissais pas, un Rolemaster Express et des conneries sans nom style des figurines en carton ou des plans de vaisseaux spatiaux à imprimer. Juste pour 0 $. Et avec le taux de conversion du $, ça fait carrément pas cher.

Alors bien sûr, c'est en anglais, c'est du PDF. Donc on va juste pas le lire et le laisser moisir sur le disque dur. Mais quel pur plaisir de geek que de pouvoir accroître sa collection ludique pour pas un cent ! Dans la semaine, d'autres trucs arrivent style un jeu de Western avec les règles du poker de dés qui a l'air marrant.

Alors, c'est là où on voit que le ricain est pervers. Chaque jour de cette semaine, la liste des fichiers gratuits change vers 16 h 00. Et quand c'est trop tard, c'est trop tard. Pinaise, j'ai déjà raté le Lundi. Je ne raterai pas Mercredi, Jeudi et Vendredi. J'ai bien fait de m'acheter un disque dur externe, moi...

A vous de jouer : http://rpg.drivethrustuff.com/index.php
Samedi 10 novembre 2007
Allez, ça faisait un petit moment qu'il n'y avait pas eu un peu de matos mis en ligne pour Empire Galactique, le mal est réparé ! Avouez que vous ne vous y attendiez plus trop, hein, bande de petits mécérants, va ! Donc, si, si, si, vous pouvez dès à présent télécharger légalement et gratuitement un nouveau scénario tiré du 1er volume de l'édition papier de l'Encyclopédie Galactique.

Je rappelle l'adresse ?
http://www.empiregalactique.new.fr/

Il s'agit cette fois-ci de L'honneur des Corsaires par l'excellent Pierre Zaplotny (et toujours illus magnifiques de Manchu, évidemment). De tous les scénarios parus pour EG, celui-ci est indiscutablement le plus Space Opera :  il est en effet « bigger than life » avec scènes spectaculaires et enjeux cosmiques et donc très tourné vers les voyages spatiaux et les intercations musclées. De préférence à l'aide de canaondes et autres fleurs de la mort. Et pis, des fleurs, ça fait toujours plaisir, pas vrai ? Allons, allons, je m'égare et j'en ai déjà trop dit alors, si vous voulez être joueur à ce scénario, ne lisez pas la suite de l'article !

Le pitch : membres de la Confrérie des Corsaires, les PJs doivent filer un petit coup de main à l’une des leurs qui a eu un petit soucis avec des indélicats. La chasse à l’homme dans l’espace profond comence alors…Le scénario se passant dans l’espace pour la majeure partie, il n’y a pas vraiment de nouvelle planète décrite ici. Toutefois, en plus de l’intrigue elle-même, les points d’intérêt sont nombreux : contexte politique, précisions sur les combats spatiaux, présentation d’un satellite-plaisir de l’Eglise de la Lumière intérieure…

Avec un minimum de travail, le MJ pourra relier dans une mini-campagne ce scénario à l’excellent « Marine » du même auteur puisque ils explorent tous les deux le thème des relations entre le surpuissant Empire Galactique et une autre entité politique : l’Alliance des Douze Soleils. Bon, en fait, pour ça, il faudra attendre que l'auteur de ses lignes ait mis "Marine" en ligne (si je puis me permettre de m'exprimer ainsi, bien sûr...). Mais patience est mère de sûreté ou un truc dans le genre.
fleur-copie-1.jpg
En ce qui concerne la suite des PDF justement, je viens de me rendre compte en finalisant le PDF du scénario que j'avais totalement omis de publier le Cataloguie des vaisseaux que j'avais prévu ! Bah voui, ayant soigneusement retiré les fiches des vaisseaux du 1er volume de l'Encyclo lors de son édition numérique, j'avais prévu de les compiler en un seul fichier. En effet, à l'origine, ils étaient présentés, ces vaisseaux, sur 2 pages A4 en vis à vis insérées au petit bonheur la chance entre les autres pages du texte : je vous assure, en PDF, que ce soit sur l'écran ou en édition page par page, ça ne donne rien. Du tout. Donc, la suite, pour assez bientôt, cette fameuse compil' des vaisseaux Varlet. Après, on verra...

Enfin, je vous rappelle que vous pouvez, via le site, accéder à notre forum qui, essentiellement destiné au jeu en ligne, n'en est pas moins de plus en plus le lieu où l'on cause et où l'on travaille autour des règles et de l'univers de EG. N'hésitez pas à passer nous voir et à participer !

L'adresse du forum ? http://membres.lycos.fr/narbeuh/forum/index.php
Mardi 6 novembre 2007

Les reporters sans frontières de Mondes en Chantier sont partout, ils savent tout, ils voient tout et ils vous disent tout, et parfois même n’importe quoi…

Dimanche 28 octobre s’est tenu dans la salle dite du Grenier Saint Jean à Angers l’édition 2007 de l’Aventura, un événement proposé par la Fédération Ludique de l’Ouest (FLO) en partenariat avec la boutique Sortilèges d’Angers, celle de la Guilde des Joueurs, la ville d’Angers et la Banque Populaire Atlantique. Et ben ce n’est pas pour me vanter, mais j’y étais !

22.jpeg

Cette vénérable convention (puisqu’elle existe depuis 1991) avait déjà eu l’honneur de recevoir ma visite, mais je dois dire que j’étais cette fois-ci un peu inquiet pour elle car elle était pour la première fois dans sa version moderne organisée sur une seule journée*, un dimanche donc. Bonne surprise pourtant dès les portes franchies : il y a une sérieuse affluence vers 15h, et tout a l’air d’aller pour le mieux. Renseignements pris, en fin de journée les organisateurs soulagés auront compté plus de 300 entrées payantes et probablement plus de 500 entrées au total.

charpGreniers.jpgOuf ! Ca aurait été dommage de se priver d’ailleurs, puisque pour seulement 3 euros, c’est une petite quarantaine de tables de jeu qui vous attendaient, avec quelques jeux surdimensionnés dont un dog-fight avec des X-Wing en lego au milieu d’astéroïdes en polystyrène plantés dans des tiges métalliques. Quelques gros jeux en bois, quelques tables avec des figurines dont deux tables d’AT-43 et deux tables d’initiation à Hell Dorado. De beaux décors dans l’ensemble bien qu’un peu disparates, mais en revanche très peu de figurines peintes et aucune bien peinte. Heureusement un stand d’initiation à la peinture de figurines se chargeait de former la relève ! Beaucoup de tables avec des jeux de plateau que l’on pouvait emprunter pour les essayer, mais en prépondérance des jeux apéritifs et pas mal de jeux de cartes. Deux stands de boutiques locales**, chacune dans son bout de la salle, un chouette coin jeux pour les petits (c’est-à-dire trop petits) bien pratique pour avoir l’esprit (et les bras) libre… Ah oui, et quand même deux tables de JdRs non identifiés mais clairement héroïc-fantasy animées par l’association Les Arts Ludiques. Moyenne d’âge des joueurs : 12 ans si on excepte une maman patiente mais vaguement inquiète.

Au passage j’ai pu découvrir le jeu de plateau Zombis. C’est sympa et pas prise de tête zombis, et puis il y a beaucoup de matos dans la boîte. Bon après ça ne va pas chercher loin non plus.
Enfin mon impression est cette année encore franchement positive : c’était animé et très bonne ambiance. Alors si vous passez dans la région, rendez-vous en 2008 !

*: La salle du Grenier Saint Jean, ancien grenier à sel monumental avec un plafond en bois magnifique est un cadre idéal pour cette manifestation, mais elle est de plus en plus difficile à obtenir. Merci à la municipalité de continuer à soutenir les loisirs ludiques en Anjou !

 ** : Sortilèges avec le prochain livre d’armée des Hauts-Elfes pour WHB en consultation et le tout récemment sorti Capharnaüm (un jeu d’exception dont nous allons vous reparler très vite) et la Guilde des Joueurs.
Dimanche 4 novembre 2007

Le Futur, enfin !

 Alléluia mes frères, tout arrive, même un nouveau supplément de création française pour Cyberpunk. Voilà un événement que l’équipe de Mondes en Chantier se devait de saluer.

Vivre en 2020

Sans-titre-1.jpgLe premier choc intervient dès la prise en main de l’ouvrage : sous une couverture très réussie signée Loretta Lux, 114 pages grand format et tout en couleur pour seulement 7 euros ! Et en plus les thèmes abordés sont richement illustrés. Quelle claque, c’est au moins 20 euros de moins que n’importe quel autre supplément comparable, et encore en se basant sur du noir et blanc.

Le deuxième choc suit dès la lecture du sommaire : la vie quotidienne en 2020, les prothèses cybernétiques et autres modifications corporelles, l’environnement urbain interactif avec son mobilier intelligent, les transports et les voyages, l’influence de la matrice sur la société, le cyber-contrôle des individus et enfin un panorama du monde en 2020, ce supplément est réellement très complet et bien documenté, avec la caution scientifique de nombreux spécialistes et experts, et des encadrés qui fourmillent d’idées de scénarios…

Ajoutons à cela qu’il est extrêmement bien distribué puisque vous le trouverez même dans les maisons de la Presse et que, cerise sur le gâteau, le site Internet qui lui est consacré propose de nombreuses ressources et liens complémentaires. Vous comprendrez alors notre enthousiasme à Mondes en Chantier. Le JdR n’est pas mort, les affaires reprennent !

Un petit bémol quand même, pour rester tout à fait objectif : l’absence de règles pour gérer tous les éléments présentés demandera aux MJs un travail de préparation assez conséquent. Mais ne boudons pas notre plaisir, et remercions sans tarder Laure Belot et toute l’équipe de la Société éditrice du «Monde» pour ce Hors-série très réussi. ;=)

par David publié dans : TAZ
Vendredi 2 novembre 2007
(la suite...)

locus.jpgVient ensuite le supplément "Locus Palmarum", à la fois contexte et recueil de scénarios (2 seulement mais à partir de deux, c'est un recueil, non ?). Déjà, ça commence plus que bien : les auteurs ont recruté un mercenaire extérieur à leur équipe habituelle et c'est juste Jean-Pierre Pécau. Comme cet autre JPP est (aussi) une de mes idoles dans le milieu (après les articles "noir" de David, ça va finir par faire blog de vieux mafieux ici...) depuis CyberAge et Capitaine Vaudou notamment, ça augure bien de la suite. Alors le bouzin a une couverture similaire à celle du supp précédent avec de jolies couleurs en plus. Il fait ses 120 pages bien remplies mais aussi bien maquettées et toujours aussi bien illustrées.


Une grosse moitié du supplément est consacré à la minutieuse description d'une commanderie templière (celle de Paumiers, d'où le titre) avec plans et PNJ (un portrait par tête de pipe, c'est la fête). Le background est élargi avec les environs de la commanderie (description de la ville la plus proche, campagne environnante, lieux d'aventure potentiels...). Bref, l'endroit idéal pour centrer une campagne.

Le reste du bouquin est composé de deux aventures prenant, bien évidemment, place dans le contexte décrit précédemment. Sans surprise là aussi, les deux aventures peuvent se jouer l'une à la suite de l'autre de façon à former une mini-campagne. Sur le contenu des scénarios, je signalerais juste que le fantastique est assez présent, plus que dans les scénarios précédents. Cela s'explique aussi par le fait que la commanderie de Paumiers est isolée, aux confins des mondes connus par les occidentaux au 12ème siècle. Au-delà, c'est bien connu à l'époque, s'étendent les terres des hommes à tête de chien ou celles des hommes ayant une bouche sur le torse. Ils fumaient quand même de la bonne à l'époque, pas vrai ? En tout cas, cette localisation au bord des "terra incognita" (je vous l'avais bien dit...) de la Chrétienté me semble vraiment une bonne idée pour y placer une grande variété de scénarios et donner une dimension un peu "survival" à la campagne. La fin du livret est occupé par les plans, portraits de PNJ et indices matériels à distribuer aux joueurs. Vraiment dommage de ne pas avoir repris l'idée de fiches de PNJ à découper comme dans "La richesse de l'émir".

Bilan : le plus utile de tous les suppléments de la gamme. Presque indispensable pour pouvoir se lancer en tout confort dans une campagne Miles Christi.

assasins.jpgLe suivant, qui est aussi, hélas, le dernier, est le plus gros de tous et aussi celui qui était le plus attendu. "Assassins" aborde en effet le "camp adverse" (les musulmans pour ceux qui ne suivent pas du tout, du tout...) à travers le prisme des fameux Haschischins, les légendaires précoces promoteurs de la fumette et de l'attentat politique façon kamikaze. Des proto-ninjas kamikazes fumeurs de beuh... je sens que ça va donner des idées à David, ça ;-! Pour redevenir sérieux, j'avais adorer lire Alamut, le roman de Vladimir Bartol sur ce sujet, j'attendais donc beaucoup de ce supplément.

Matériellement, c'est un peu la déception. Les 110 pages du supplément sont moins illustrées, mises en page d'une façon peu lisible (ouééééé, le maquettiste avait trouvé la fonction "fond de page" sous Xpress :-(((( La couverture, maronnasse et sobre à l'excès, ne reprend ni le format, ni la qualité de papier des précédents supp. Ce n'est pas la catastrophe non plus mais cela sentait fort la fin de siècle chez SPSR, l'éditeur du jeu.

Surtout, le contenu est bâtard. Ce n'est pas vraiment un supplément à Miles Christi, pas un nouveau jeu non plus (toutes les règles n'ont pas été reprises). Comme on dit aujourd'hui pour faire branché, c'est un spin-off qui propose d'incarner des Assassins dans le contexte habituel du jeu. Donc, on décalque tout le livre de base façon Islam : nouvelle fiche de perso, nouvelle incarnation de la procédure de création de perso (la même mais avec des figures différentes), nouveaux miracles... C'est à la fois un peu fastidieux et un peu vain : difficile d'être complet en 110 pages quand tout ou presque est à reprendre à zéro. Pis faut avoir envie de changer complètement de campagne et planter là tes templiers habituels pour récréer des persos neufs.

Mouaif. Sans être mauvais, loin de là (la qualité du traitement reste fidèle à l'espirt de la gamme), ce supplément me semble être une erreur de casting éditorial. Miles Christi a réussi à imposer une identité forte (exploit, le pitch complet du jeu original tient en une phrase : "Jouer des templiers au 12ème siècle dans une Terre Sainte oscillant entre réalité historique et fantastique cohérent"). Mais le jeu n'a, au final, que peu de suppléments pour explorer cette idée de départ : une soixantaine de pages de background supplémentaire dans "Locus Palmarum" et 5 scénarios en tout et pour tout en comptant celui du livre de base. Pas bézef' pour un MJ qui ne se sent pas d'écrire sa propre campagne dans un contexte historique et littéraire exigeant. Alors pourquoi vouloir changer entièrement les paradigmes du jeu ? Vraiment bizarre. Surtout que les idées de supplément ne manquaient pas apparemment. Les annonces avortées de la fin du livret de l'écran (voir article précédent) annonçaient notamment un "Malleus Malleficarum" très prometteur consacré au Diable et à ses démons. Et qu'un spin-off permettant de jouer dans les commanderies templières de France aurait aussi été un must pour transformer Miles Christi en jeu médiéval parfait et polyvalent.

milescartes.jpgBon, bien sûr, "Assassins" peut servir quand même à une campagne traditionnelle : ils font de super-adversaires ou des alliés ambigües à souhait pour les PJ, le scénario fourni est jouable à la fois par des musulmans et des chrétiens... Mais, sur 110 pages, cela fait peu de choses.

Y en a un peu plus, je vous le mets ? Bah oui, il y a aussi le goodies de la mort : le jeu de cartes Miles Christi ! Pour les lecteurs infidèles de Mondes en Chantier, je rappelle que le système de jeu n'utilise que des cartes à jouer traditionnelles. Ce goodies a donc une vraie légitimité. Superbement illustré par Thibaud Béghin (dos et figures), il ne sert vraiment à rien mais pourquoi se priver puisque c'est joli et que, de toute façon, il vous en faut un pour le jeu ? Bon, des cartes à jouer au 12ème siècle, question ambiance, ça fera tiquer les plus exigeants des historiens mais, ça, c'est un péché original du jeu....

Au final, très bonne gamme pour un jeu qui rejoint fissa mon panthéon personnel aux côtés de jeux comme Rêve de Dragon ou Maléfices. Dire que j'avais raté ce jeu à l'époque. Des fois (souvent ?), on est con quand on est jeune...
Jeudi 1 novembre 2007
Avant l'été, je vous entretenais de l'excellente surprise qu'avait été pour moi la fortuite et tardive découverte du jeu de rôles Miles Christi qui, rappelons-le, permet de jouer les aventures de templiers (des vrais, rien à voir avec le Da Vinci Code, Rennes-le-château et tout le fatras) en Terre Sainte au 12ème siècle dans une ambiance mélangeant délicatement rigueur historique et fantastique "d'époque" (c'est-à-dire respectant les croyances et la littérature du temps). Bref, le coup de coeur. Une sorte de pré-incarnation de Maléfices au temps des Croisades. Ou même, soyons modeste, un petit frère palestinien de Terra Incognita.

Fort de cette pépite, je décidais sans tarder de me lancer dans la collection constituée par la petite gamme de ce jeu hélas enterré trop vite faute de succès suffisant à l'époque. J'étais tout content après avoir trouvé d'occase à Paris un exemplaire du scénario "La Richesse de l'émir" en bon état. Mais j'étais jeune et naïf. A peine rentré de la Capitale, paf, Ludikbazar, le Jack l'éventreur des budgets des rôlistes français (bon, pour tout dire, le 7ème Cercle est aussi sur la liste des supects...), proposait toute la gamme à vil prix. Neuf et même encore cellophané. Ca tue. Donc, évidemment, j'ai tout de chez tout. Donc, après lecture (mais pas test pour cause de problèmes insolubles : voir la fin de l'article précédent...), petit panorama de cette gamme

milesecran-1.jpg
Comme il se doit, commençons par l'écran de jeu. Taillé sur mesure pour Jean-Philippe (21 cm de haut seulement mais large de 4 volets... je parle de l'écran là, pas de JP ;-!), il est plutôt déstabilisant car d'un format vraiment inhabituel. En même temps, l'illu de Thibaud Béghin façon vitrail est somptueuse et dans l'ambiance et le faible nombre de tables à faire figurer (y a même le calendrier, c'est dire...) au dos rend la taille largement suffisante. Il est accompagné d'un livret de 40 pages au papier magnifiquement épais. Il s'agit, sans surprise, d'un gros scénario nommé "Al Muntaqim". Bonne intrigue (je n'en dis pas plus...), superbes illustrations (comme d'hab' en fait). Par contre, la mise en page est moins réussie que dans le livre de base mais ce n'est pas super dramatique non plus. Bon premier supp en attendant les poids lourds. Par contre, curiosité à même d'alimenter bien des quizz VCI : il est annoncé à la fin du supplément deux futures parutions... qui ne seront aucune des trois parutions suivantes ! Une sorte de record du monde du planning éditorial, quoi !

emir.jpg Ensuite, mon coup de coeur : le scénario "La richesse de l'émir". Sous une couverture sobre et classieuse en papier épais et parcheminé se dissimule un scénario à la fois très ambitieux et remarquablement présenté. L'ambition d'abord. Il s'agit ni plus ni moins que d'écrire de A à Z un pastiche de texte médiéval : "Les confessions de frère Cortebarbe" pour en faire la soi-disante source d'inspiration du scénario. Le pari est bien tenu avec "notes du traducteur" en bas de page, fausses lacunes du texte original et clin d'oeil transparent (même sans parler couramment l'italien...) avec le nom du découvreur italien du texte : un certain Bonaccione Chierico (je rappelle que l'un des auteurs principaux s'appelle Benoît Clerc...). Une démarche gonflée et atypique qui ne peut que combler d'aise l'amateur d'esprit baroque que je suis. Les fac-similés, les indices matériels, les faux... de Maléfices à, donc, Miles Christi, n'est-ce pas en définitive le fin du fin, la mise en abîme ultime du jeu de rôles ? Non ? Si (réponse toute personnelle, AMTTHA comme on dit si joliment sur Internet...).

Si on y ajoute le fait que le scénario est présenté avec un luxe de détails, une belle mise en page, des illus toujours magnifiques, des aides de jeu à découper et à distribuer aux joueurs, des plans... qu'ajouter de plus ? Que chaque PNJ important dispose d'une fiche à découper avec portrait et synthèse de la façon de le jouer pour le MJ (une très, très bonne idée à recycler) au verso ? Bah voilà, c'est fait. Un bijou de bijou. Bon, en guise de bémols, il faut concéder que retrouver les infos nécessaires au scénario dans les marges du "fake" de chronique médiéval peut vite être casse-bonbons et que tout ça prend de la place (70 pages pour une intrigue somme toute assez courte : niveau efficacité, on n'est pas dans le cahier central d'un Old Casus, c'est sûr !). Mais on peut aussi dire que c'est le prix de l'originalité.

(à suivre...)

Mardi 30 octobre 2007

marlene.gifAprès s’être de lui-même retiré définitivement de la vie politique, un homme seul, prématurément vieilli, fait les cent pas dans une impasse en marmonnant… Ce pays merdique s’imagine que je vais céder à la pression ? Je lui réserve une surprise ! Tous ces gens n’en ont pas fini d’entendre parler de moi. Ils verront ma photo à la une en sirotant leur café et ils se diront : « J’aurais pas dû le traiter comme ça, j’aurais dû me douter qu’il allait redevenir quelqu’un. » Il va bien falloir que quelqu’un leur apprenne comment ça se passe.

 Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes 

Regardez-le ! Toujours la bonne vieille même histoire, encore un à qui une femme aura été fatale. Il s’y voyait déjà pourtant, ce premier rôle était pour lui ! Et comment lui donner tort, les films noirs sont des affaires d'hommes après tout, mais des hommes qui s'enlisent parfois dans les tréfonds de la crapulerie à cause de leur désir pour une apparition féminine à se damner. « Lorsque je serai au pouvoir, on les pendra tous à des crocs de boucher » aurait déclaré un futur Président*. Depuis il a tout fait pour la retenir cette femme fatale, il l’a amenée à toutes les coteries, il a dansé le sirtaki pour elle après avoir déposé la France à ses pieds, il a couru avec tous les grands de ce monde pour entretenir sa forme et - parce qu’il lui restait quand même de la graisse - il a fait gommer ses bourrelets sur les photos par quelques bons serviteurs afin qu’elle le voit toujours jeune, toujours beau, toujours triomphant. Oui mais voilà : Paulette elle s’en fout de tout ça, elle en peut plus Paulette, elle demande le divorce. Pendant qu’il coule dans le lac, luttant pour sauver son couple, elle se contente de l’observer, implacable derrière ses lunettes de soleil à la mode, comme Ellen Berent dans Leave Her to Heaven**.

Cecilia, you're breaking my heart, lalalalala lalalalaa

Voilà le hic : autant que des détectives, des voyous, des flics et des rien-du-tout transformés en proie des ténèbres, il y a des femmes fatales, poules de luxe, héritières ou dactylos. Indissociable du "privé", la "femme fatale" est un des éléments clés de cet univers angoissant aux franges du fantastique qu’est le Noir. C’est une femme irrésistiblement attirante qui mène les hommes à leur perte.

Les hommes ? Oui, tous les hommes, qui se perdent en conjectures. Qui va garder le parti ? Et qui va garder les enfants ? Le film noir “intériorise” une crise extérieure liée aux incertitudes politiques et économiques qui accompagnent LA crise économique, et il “ extériorise ” une crise intérieure, vécue au sein de la Famille et attribuée à une remise en cause de la fonction sociale traditionnellement dévolue aux sexes. Cette dualité est représentée par une ambiguïté de l’être et du paraître, de la vraisemblance et de la vérité, de l’ordinaire et de l’extraordinaire dans le film noir. C’est cette dichotomie entre surface et profondeur qui est exprimée à l’écran par l’utilisation de la profondeur de champ qui accroît le sentiment de mystère et d’anxiété qu’un récit elliptique a déjà su créer.

Desperate Housewives


Les conflits mis en scène par le film noir sont destructeurs car ils trahissent des passions tantôt politiques, tantôt sociales, qui déchaînent la violence. Portées par des personnages hors normes, les passions ouvrent une brèche dans l’espace diégétique du film noir pour laisser entrer un message subversif. Les ambiguïtés du film noir attisent un conflit qui se joue à l’intérieur du pays entre progressistes et puritains, entre démocrates et libéraux***, entre syndicats et patronat, entre hommes et femmes. Le film noir est la fiction d’un conflit dont il se nourrit, mais il alimente aussi la polémique à travers les ambiguïtés qu’il expose.

Tigres et tigresses


Les criminelles sont des personnages marginaux dans le film noir qui préfère mettre en scène le pouvoir de manipulation de la femme fatale, pouvoir lié au thème érotique abondamment exploité par le thriller. Le film noir nous emmène au-delà du mythe et de l’archétype lorsqu’il met en scène des assassines. The Postman Always Rings Twice (Tay Garnett, 1945) et Leave Her to Heaven (John M. Stahl, 1945) dressent des portraits de femmes dont les actes criminels trahissent les contradictions internes, la déchirure entre idéal de soi et vie quotidienne décevante, humiliante. Ces Murder dramas sont à différencier des Crime dramas, domaine des flics et des escrocs, en cela qu’ils ne sont pas autant dominés par les hommes. Ils constituent en fait un sous genre noir de ce que les exploitants appellent films de femmes. La distinction reposent autant sur la géographie que sur le genre : les Crime dramas se déroulent dans les rues et les bureaux, là où les hommes s’affrontent pour prendre le contrôle de la ville, quand les murder dramas appartiennent, eux, aux chambres à coucher, aux jardins et aux cuisines, dans ces endroits où les conquêtes se succèdent et où les femmes manient leur propres armes.

La Reine dans le palais de l’Elysée

Le film noir développe le pouvoir de la femme à travers une image dont la composition traduit la fascination exercée par sa présence. Le gros plan montre un rétrécissement du champ de vision de l’homme tourmenté par l’image d’une femme qui le fait fantasmer. Pour Janey Place, la femme déploie son pouvoir de séduction à travers une mise en scène qu’elle commande et qui lui obéit dans la mesure où elle en est l’élément central. Parce qu’elle ne se contente pas d’être « objet des regards » mais participe activement à sa propre mise en scène afin de devenir « objet du désir », dépasser le rôle de victime dans lequel l’avait cantonné sa fonction d’épouse, en adoptant le rôle d’amante qui l’aide à supporter le joug d’un mariage synonyme de frustration, le PNJ féminin domine l’aventure dont elle orchestre elle-même les enchaînements et les rebondissements, forte de son pouvoir sur les PJ. Dans l’univers de Noir la femme défie son environnement pour ne pas être contrainte de le subir éternellement, elle vise à changer sa condition, à reprendre le contrôle d’un destin qui l’a avilie. Face à tous les obstacles qui se dressent sur le chemin de ses ambitions, elle fait de la violence son alliée. Et en plus frapper un plus petit que soi, c’est pas beau…

 

Les femmes viennent de Vénus, les hommes viennent de Mars

Je sais ce que vous êtes en train de vous dire (c’est mon côté médium) : mais pas du tout, bien au contraire, l’univers du film noir c’est un univers rêvé pour des joueurs en quête de puissance et de gain parce qu’il explore habituellement un monde au masculin : il relate des aventures d’hommes tentés par la voie criminelle afin de s’approprier des biens matériels. Voilà pourquoi lorsque la femme pénètre le monde du crime et qu’elle fait sienne la violence meurtrière, ses actes sont réduits par le discours psychanalytique à l’expression de symptômes pathologiques. Le malaise social est atténué par un récit qui recourt de manière explicite aux termes d’une analyse freudienne simplifiée (complexe d’Œdipe, névrose, obsession) pour mieux insister sur l’hystérie féminine. En tant que figures de la transgression, les criminelles traduisent par la violence un tiraillement : elles aspirent à tuer, à détruire, comme pour anéantir l’écart entre le réel qui les enferme et l’idéal qui les inspire. Et en parlant de réel et d’idéal, parlons un peu du fameux top modèle suédois dont on nous rebat les oreilles…

Le Modèle Suédois

Le Modèle social Suédois, la bonne blague ! L’homme libre d’espoir qui croit à ça. Parlez-moi d’un modèle suédois ça je comprends, mais le modèle social suédois il a cané depuis bon temps. C’est d’ailleurs bien pour cette raison qu’un auteur comme Stieg Larson a des millions et des millions de lecteurs avec sa trilogie noire****.

Là-bas, la moitié des auteurs de romans noirs sont des femmes – Maj Sjöwall, Liza Marklund, Camilla Läckberg, Asa Larsson, Karin Alvtegen… et elles nous disent d’ouvrir les yeux sur ce mirage que l’on nous vend. Les romans et les films noirs ne cessent de montrer que le rêve s’étiole face à une routine quotidienne. La désillusion est assez profonde pour conduire les femmes vers le meurtre plutôt que vers la sphère domestique où elles se sentent prisonnières : hypothèque, assurance, racler les fonds de tiroirs pour acheter de nouvelles choses, toujours acheter plus de choses, le boulet et la chaîne, tout en un, c’est ça qui t’attend à la maison, la liste des courses en main. La télévision s’évertue à vendre aux femmes un idéal de complaisance et de sécurité économique : tenez bon, les filles, l’homme idéal, le quartier parfait, deux petits chérubins et un bon toutou restent les seules réponses possibles à toutes ces questions existentielles qui vous empêchent de dormir. Les séries du soir ressemblent à des catalogues de la Redoute, proposant de quoi satisfaire la classe moyenne. Le Noir déchire le catalogue. Il montre que le bonheur domestique peut être un piège suffocant.

Alors, la rédemption pourrait-elle venir des femmes ? La rédemption peut être pas tout de suite, mais la diversion, ça oui ! Pourquoi ne pas divorcer par exemple un jour de grève nationale ?

* : Nicolas Sarkozy cité par Jean-Louis Gergorin à la télévision pendant la période électorale. La question et la réponse concernée seront coupées au montage, d’après Libération du 12 octobre 2007 (Sarkozy, grand frère de Lagardère).

** : Péché mortel en français.

***: Il n’y a vraiment qu’en France que les gens de Droite se nomment eux-mêmes des libéraux. On peut braquer les banques, mais on peut aussi braquer les mots, à la longue ça rapporte plus.

**** : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, la Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, la Reine dans le palais des courants d’air. Vous ne connaissiez pas encore ? Ne vous faites aucun souci, tout va très bien se passer. Vous allez vous le procurer, vous enfermer dans votre garage pendant trois mois pour en venir à bout, perdre tous contacts sociaux, votre travail et votre femme, devenir un paria et me faire un procès.

Et pour finir sur une bonne note (de bas de page), je vous laisse à la lecture de l’article de G. et E. Ranne (donc un homme et une femme chabadabada, chabadabada, au cas où vous ne seriez pas au courant), consacré dans Plasma n°9 d’avril 1993 aux motivations qui amènent les femmes à coucher. On ne sait jamais, ça pourrait vous servir… rôlistiquement parlant, bien entendu ;=D

Scoop: Non, les femmes ne sont pas toutes des nymphos et non, elles n'ont pas toutes envie de coucher avec tous les [personnages-]joueurs du groupes et tous les PNJ "mignons" juste pour voir ce que ça fait.

Déçus? Eh oui, pour l'immense majorité des femmes, le sexe est un acte qui a de l'importance et dont elles se rappelleront plus tard. La première motivation pour laquelle "elles couchent" est d'abord sentimentale: l'amour bien sûr, mais aussi l'estime, la reconnaissance, l'admiration, ou dans un autre genre  la haine, la vengeance ou la volonté de domination

La seconde motivation est "raisonnable": l'acte sexuel peut être "conclu" dans un but précis, celui de séduire quelqu'un, d'obtenir des informations et de l'argent. Il faut cependant que le jeu en vaille la chandelle, et n'arrive que très rarement. La plupart des filles [joueuses] apprécient peu le "et il va falloir obtenir les clés de la porte de derrière, on sait que c'est le cuisinier qui les a, alors qui c'est qui s'y colle, c'est Ginette"

La troisième motivation, et la plus rare, est la recherche du plaisir, tout simplement. Et ne nous écrivez pas en nous disant qu'il est misogyne d'affirmer que cette motivation est relativement rare: au XXème siècle en France, il est déjà parfois difficile pour une fille de vivre une sexualité libérée sans se faire traiter de tous les noms (selon le principe bien connu: un homme qui séduit beaucoup est un Don Juan, une femme qui séduit beaucoup est une ...

Alors dans un monde médiéval, je vous raconte pas quelles valises de culpabilité, de complexes et d'inhibitions les pauvres filles se trimbalent !
 
 
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