Mondes en Chantier ?
Mondes en chantier, c'est quoi ? Bah, Mondes en chantier, c'est... comment dire ?... : c'est des petits cochons en plastique, quelques crèmes trop sucrés et un peu froids, des Moustaches, un Bob le chien, un ou deux 15 Août sortis de la Twillight Zone, des vacances à la longueur sans doute pas très raisonnables... Bref, c'est un peu n'importe quoi.
Mais encore ? Je ne sais pas si vous avez remarqué mais c'est dingue la fuite des joueurs de jeux de rôles loin des grandes villes, l'été quand il fait trop chaud. En même temps - le monde est mal foutu - ce serait à ce moment du calendrier que vous auriez un temps pas possible pour vous lancer dans des campagnes démesurées. Rageant, non ? A l'origine, Mondes en chantier, c'est donc un fanzine de rôlistes passablement déprimés par cette lâche fuite des joueurs au mauvais moment. Mais aujourd'hui, le papier qui tâche, la photocop qui marche pas, tout ça, c'est tout naze. On est à l'heure du blog maintenant, mes p'tits gars... Alors : longue vie à Mondes en chantier, le blog !
Et bah, grâce à Luc Besson, si cette hypothèse se vérifie, Maléfices et Crimes devraient se vendre comme des petits pains vers 2010. Courage, les gars, tenez bon !
De quoi ? Le fameux supplément Maléfices permettant de jouer des ninjas et des yamakazis va enfin sortir ?? Non, non, rassurez-vous !
En fait, depuis quelques jours, la nouvelle bruissait sur les forums de fans de BD et de ciné : Luc Besson a acheté à
Casterman les droits de la bande dessinée Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-sec. On ne sait pas encore qui ? (réalisateur ? actrice principale ? Tardi au
scénario ou pas ?) que ? quoi ? (film ou dessin animé ?) mais Luc devrait voir les choses en grand : il fait carrément péter la trilogie. 1ère partie dès 2009 sur les écrans si tout va bien (ça
me semble un peu rapide quand même, non ?).Bon, OK, moi aussi, ça me l'a fait. En apprenant la nouvelle, j'ai eu un peu peur en me remémorant quelques films au scénario anémique produits ou réalisés par Luc Besson. Mais, après tout, ne boudons pas notre plaisir et faisons preuve d'un peu d'optimisme, que diable ! Si le projet va au bout, des générations de futurs petits rôlistes auront tout de suite en tête le décor et l'ambiance du Paris 1900 et de son efficace mélange avec les monstres, les savants fous et les démons !
Un bonheur ne venant jamais seul, alors que je cherchais des renseignements sur les sites de la production, je tombais, interloqué, sur un autre projet soutenu par le sieur Besson. En 2010, devrait sortir un dessin animé, Un monstre à Paris dont je vous copie ci-dessous le pitch :
"Paris, 1910. Une terrifiante créature sème la panique sur la Capitale. Emile, un timide projectionniste de cinéma, et Raoul, un inventeur exubérant, se retrouvent propulsés dans la chasse au Monstre. Une épopée virevoltante qui mène sur leur route une chanteuse de cabaret au grand cœur, un savant excentrique secondé par un singe, un inspecteur aux dents longues. Et une étrange créature peut être pas si effrayante que ça. Et si au fond, derrière ces apparences trompeuses, le véritable Monstre n’était pas celui qu'on croit ?"
Dingue, non ? En plus, ça a l'air carrément tout mignon. Je vous copie aussi une image ci-dessous pour se rendre compte. J'espère juste que les deux projets ne vont pas se phagocyter et là... 1900 powaaaa !!
Tiens, l'autre jour, je suis tombé sur mes
exemplaires de ce roman de Norman Spinrad en deux tomes, "Le printemps russe" et je me suis rappelé qu'à l'époque, MJ à Cyberpunk 2020, j'avais trouvé ça bien sympa. Bon, aujourd'hui,
c'est complètement largué question anticipation (le retour de l'URSS tout ça, ben voyons...) mais, pour ma part, le style néo-sov avec ses prothèses pourries et ses enjeux pétroliers reste une
part importante de l'imagerie proprement cyberpunk. A l'époque, en mélangeant les romans, le background du jeu de chez Talsorian (ça, ça fait pas lourd ;-!)
et mes propres connaissances en géopolitique (bon, OK, ça fait pas si lourd non plus...), j'en avais tiré ce petit article d'une encyclopédie de 2020.Je ne sais pas si ça peut encore servir pour la version 3.0 du jeu (mais je serais curieux qu'un lecteur m'en informe : coup de coude, allusion...) mais je vous la livre telle quelle façon préfabriqué.
Néo-sov (nom variable et adjectif)
Terme générique employé dans la langue courante pour désigner tout ce qui concerne la Nouvelle URSS.
Pourtant, un certain nombre d’éléments négatifs subsistaient, porteurs des troubles futurs. D’une part, la Russie devait faire face à de sérieux mouvements séparatistes, par exemple en Iakoutie où des groupes armés s’opposent à la volonté de Moscou de reprendre en main les différentes régions plus ou moins éloignées de son pouvoir central. D’autre part, au niveau social, l’écart entre les plus riches et les plus pauvres ne cessait de se creuser pour prendre une ampleur inédite et difficilement supportable, d’autant qu’aucun organisme social ne venait atténuer la condition des plus pauvres. A cela peut s’ajouter une mafia sur-puissante qui, elle aussi, voyait d’un mauvais œil les tentations autoritaires du nouveau pouvoir de Moscou. Enfin, on pourrait ajouter que certains anciens satellites, encore très liés à la Russie, se trouvaient au plus mal d’un point de vue économique : on peut ainsi citer le Bélarus ou le Kazakhstan.
A la fin des années 2000, les rues de Russie commencent à être le terrain de bataille opposant d’un côté les nostalgiques de l’ex-URSS, de plus en plus nombreux, aux milices fascistes qui entendent lutter contre les premiers à leur façon… Inquiète devant cette situation quasi-insurrectionnelle, l’Union Européenne prend ses distances avec la Russie, l’exhortant à rétablir l’ordre chez elle. C’est alors que le Collapse économique mondial finit par enlever toute crédibilité au pouvoir en place…
En effet, en 2011, le Bélarus, suivi par plusieurs pays de l’ex-URSS, totalement exsangues, réclame son retour dans le giron russe. Pour d’évidentes raisons économiques, le pouvoir de Moscou refuse… au grand dam de l’opinion publique russe qui y voit un reflet de la puissance envolée de la Russie. Les organisations clandestines communistes, en lien avec l’armée et la mafia, déclenchent alors un coup d’état victorieux. En quelques victoires éclairs, soutenus par une bonne partie de la population, les communistes reprennent le pouvoir ! Ils s’empressent de reconstituer officiellement l’URSS et acceptent aussitôt les demandes des états satellites.
Ce double coup de force provoque bien sûr un très important retentissement international. Des pays comme l’Ukraine ou la Lituanie, inquiets du retour de l’URSS, protestent énergiquement. L’UE menace d’intervenir mais, noyée dans ses contradictions internes, semble loin de pouvoir intervenir. Les USA, repliés sur leur continent, préviennent qu’ils n’ont que faire du type de régime en place en Russie mais que, si les armes nucléaires devaient encore être employées, ils écraseraient toute la région sous le poids de leur feu nucléaire.
Devant l’apathie générale, l’Armée Rouge reconstituée est envoyée dans les pays ayant demandés leur rattachement mais aussi dans les autres anciens pays d’URSS où pourtant seule une petite minorité de nostalgiques les soutient. Après quelques jours de combat de rue entre partisans et adversaires, Kiev, la capitale ukrainienne ouvre ses portes aux blindés de l’Armée Rouge : c’est le « coup de Kiev ». Toute l’Ukraine se rallie. Dans d’autres pays, comme en Moldavie, l’entrée des troupes néo-sovs est encore plus aisée, accueillies par les hourras de la foule. Dans d’autres, par contre, l’opposition est réelle et de véritables batailles rangées s’engagent. Ainsi, les Pays Baltes et l’Azerbaïdjan s’enflamment.
Après quelques mois, la communauté internationale se décide à agir et une conférence est réunie sur le sujet à Stockholm après l’acceptation d’un cessez-le-feu
par toutes les parties. Les USA refusent d’y siéger. De ce fait, l’UE et le Japon seront les principaux négociateurs présents.
La conférence de Stockholm s’achève en 2013 par la reconnaissance internationale de la Nouvelle URSS dans ses frontières du cessez-le-feu. Pour obtenir cela, les néo-sovs ont du se soumettrent à un certain nombre d’engagements : l’abandon de toute prétention sur les territoires qu’elle essayait d’annexer par la force, le respect des engagements internationaux de la Russie (notamment sur le désarmement), la pérennisation des accords d’association avec l’UE (ce qui, d’une certaine manière, contraint l’URSS à rester capitaliste…)… En outre, pour se concilier le Japon, l’URSS lui abandonne la souveraineté sur les îles Kouriles, au nord de l’archipel nippon, qui ont longtemps empoisonnées les relations entre les deux pays. Cet événement suscite un vaste élan de nationalisme au Japon.
La principale conséquence du statu quo est la séparation de fait des Pays Baltes en deux zones. L’est, occupé par les forces néo-sovs, est intégré à la Nouvelle URSS. L’ouest, qui résistait encore, devient un nouvel état : la République Balte, formée à partir d’une partie des territoires des anciennes Lettonie et surtout Lituanie. De façon à « faire passer la pilule », la République Balte est intégrée à l’UE avec un statut spécial. De façon à éviter tout problème futur, l’URSS est contrainte de se séparer de l’enclave de Kaliningrad au plus vite.
Bien sûr, la paix ne revient pas d’un seul coup et de nombreux combats sporadiques se déroulent encore aujourd’hui aux périphéries de l’immense empire néo-sov. De plus, des mouvements indépendantistes se rappellent régulièrement au bon souvenir de Moscou par leurs actions terroristes, en Ukraine notamment.
En matière de politique économique, l’URSS, liée au capitalisme par les accords d’association avec l’UE, a remis au goût du jour la NEP des années 1920. Dans cette nouvelle politique économique, l’agriculture, le commerce de détail et la plupart des PME appartiennent au domaine privé et fonctionnent donc selon les critères capitalistes. Seuls les très grands groupes furent nationalisés. L’économie se rapproche alors du modèle initié par la Chine : une économie à la fois capitaliste et communiste où la richesse produite profite essentiellement à la classe dirigeante des corpos néo-sovs, la NOMENKLATURA. Ceux-ci vivent dans l’opulence pendant que la masse du peuple est maintenue dans l’illusion d’un régime plus égalitaire grâce, il est vrai, à une amélioration des services publics mais aussi grâce à la propagande et la limitation des libertés personnelles. Certains intellectuels occidentaux, provocateurs irresponsables, ont été jusqu’à suggérer que ce modèle néo-sov n’était pas si éloigné de nos démocraties libérales ! Il est à noter que malgré la similitude entre les deux régimes, les relations entre l’URSS et la Chine populaire restent fluctuantes et au mieux fraîches.
Les grandes corporations néo-sovs n’ont eu aucun mal, soutenues par un état de près de 200 millions de personnes, à s’imposer dans le concert international. On peut noter la corpo SOVOIL, géant pétrolier mais aussi AEROFLOT, compagnie aérospatiale ou encore RED STAR, compagnie géante fabriquant et distribuant l’essentiel des biens de consommation de fabrication néo-sov.
A noter, pour être tout à fait complet sur le volet économique, que la mafia possède des liens indiscutables avec la nomenklatura et reste donc très puissante.
Malgré les apparences d’un état fort et autoritaire, on voit donc que le pouvoir de Moscou est limité. Outre la mafia, les régions périphériques sont assez autonomes, contrairement à ce que la propagande tente de faire croire. De fait, le pouvoir central a du concéder des libertés assez importantes aux régions les plus éloignées d’Asie centrale et de Sibérie. Moscou y soutient les dirigeants locaux acceptant de jouer le jeu des apparences d’un pouvoir central fort (propagande, bases de l’Armée Rouge, sièges des corpos d’état…), quitte à ce que ceux-ci confisquent la réalité du pouvoir local, gouvernant leur région comme bon leur semble. On assiste ainsi dans ces régions à une multiplication de mini-dictatures quasiment indépendantes liées à Moscou par un système proche du fédéralisme.
Après le célèbre « Porte
/ Monstre / Trésor », voici venir une autre triplette magique : « Carte / Aventurier / Brochette » dans un jeu de carte apéritif édité par La Haute Roche et distribué par
Asmodée.
« Viens poupoule, viens poupoule, viens… » (« Alors j’ai vu le troll prendre un objet pointu… » alternative version)
Ah, qu’il est bon de se retrouver en famille au coin du feu au creux de l’hiver, et de découvrir quelques petits jeux apéritifs qui vont bien
avec les cahouètes et le banyuls. Dindons & Dragons est un jeu de cartes apéritif pour les geeks rôlistes illustré par Didier Guiserix. Et ça déjà, en soi, c’est une curiosité. Non pas
d’ailleurs que ce soit formidable d’un point de vue esthétique (j’ai toujours trouvé que Guiserix a un trait, comment dirais-je, anguleux et abrupt, qui n’est pas mal du tout pour des petites
bédés en noir et blanc, des crapoux, ce genre-là, mais passe mal en couleur et pour les plus grandes tailles*), mais c’est une sorte de madeleine pour rôliste qui a un peu de bouteille, un nom
magique qui fait remonter à la surface tous ces bons souvenirs des années en 4-20, quand Casus Belli était autre chose qu’un rappeur de troisième zone.
Glou glou ?
Bon ok, c’était la séquence nostalgie, mais au-delà de ça, après la madeleine, c’est quoi le pitch ? Le principe est assez simple : c’est un jeu de
mémoire et il faut arriver à placer devant soi (dans sa brochette) des cartes qui ont de la valeur (par exemple les aventuriers, surtout le genre qui est au goût de votre troll) en évitant celles
qui n’en ont pas (par exemple les aubergistes et les dindons la plupart du temps). Au final on fait un décompte des points pour savoir qui a la meilleure brochette. Pour compliquer les choses des
pouvoirs spéciaux sont associés à tel ou tel type de carte et permettent par exemple d’aller préempter une carte directement sur la table ou de la piquer dans une brochette adverse. Et pour
mettre un peu d’action, le joueur dont c’est le tour va à chaque fois essayer de brouiller les cartes qu’il vient de retourner face cachée en se livrant à des passes de bonneteaux histoire
d’égarer ses adversaires au moins autant que lui-même.
Que la farce soit avec vous et Amen (ton fric)
Et qu’est-ce que ça vaut ? Ca ne se dit pas, c’est un cadeau ! Ah, pardon, oui, est-ce que c’est bien, c’est ça que vous voulez savoir. Pour être
honnête ça ne casse pas quatre pattes à un dindon. Pour se faire une petite partie vite fait comme ça une fois tous les 36 du mois en prenant bien soin d’expliquer à tout le monde comment on
décomptera les points histoire qu’ils puissent capter vite les stratégies compétitive plutôt que de faire n’importe quoi je ne dis pas, mais pour jouer régulièrement (outre que le bonneteau ça
abime les cartes) franchement je ne crois pas. A moins d’être une bande de pauvres maniaques, ce qui n’est jamais complètement exclu.
* : Attention, danger ! Avis non consensuel.
En cas de besoin, l’adresse Wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dindons_&_Dragons
Alors comme ça on éprouve quelques
difficultés à se défaire de 20 ans* de traitement au soufre et à se glisser dans l’esprit de Crimes, mmmmh ? (voir l’article : Mes projets JdR pour le début 2008). Voyons ce qu’on peut faire pour vous. Allongez-vous, ouvrez la bouche, faîtes HyhahahahaHAHAHAHAgniarkgniarkgniark, dîtes 666.
Mmmmh, oui, je crois que je vois ce que c’est…
Ca m’a malheureusement tout l’air d’un cas fort banal de possession par les forces du mal. Nous allons procéder à un DSH (désenvoûtement sous hypnose). Installez-vous confortablement dans votre siège et fixez attentivement cette image. Vos paupière sont lourdes, votre vue se trouble, vos muscles se relâchent (je veux dire : plus que d’habitude), votre bouche s’ouvre lentement et un peu de salive commence à gouter sur le clavier, vous êtes maintenant sous l’emprise du Maître du Jeu, VOUS ETES EN MON POUVOIR !
Voici comment vous allez procéder et ce que vous devrez faire. Vous allez vous rendre dans une maison de la Presse bien achalandée, vous passerez sans vous arrêter devant le rayon désespérément vide des magazines de JdR en résistant à la terrible tentation d’y jeter un petit coup d’œil comme ça, au cas où, pour voir si Blackbox est arrivé, et vous allez chercher l’emplacement des revues culturelles, philosophiques politiques et littéraires. Vous ressentirez un léger malaise à l’idée de ce que vous êtes en train de faire mais vous ne vous arrêterez pas à ça et vous continuerez à chercher jusqu’à ce que vous mettiez la main sur le numéro 337 datée janvier 2008 de Futuribles, en vous disant que vous pourrez toujours demander discrètement un sac en plastique à la caisse, de façon à ne pas vous balader dans la rue avec une revue aussi compromettante bien en vue. Après un rapide coup d’œil à droite et à gauche, vous feuillèterez nerveusement ladite revue pour commencer à lire page 73 l’article consacré à un livre de Max Nordau paru en 1893 et intitulé La dégénérescence des sociétés :
( http://futuribles2.filnet.fr/Record.htm?idlist=1&record=19106721124919249039 ).
Au fur et à mesure de l’avancée de votre lecture vos mains vont devenir moites et vous sentirez un filet de sueur froide dans votre dos, mais vous mettrez ça sur le compte de la clim’ ou de la grippe qui vous guette en cette saison. Totalement convaincu par ce que vous viendrez de lire vous reposerez bien sagement la revue à sa place afin d’économiser 13 euros qui vous seront utiles pour acquérir immédiatement la réédition (incomplète) de ce livre (éd. Max Millo, Paris, 2006) chez votre libraire un peu surpris.
En vous plongeant dans ces pages indicibles (note pour plus tard : il faudra que je perde cette manie innommable de placer «indicible» un peu n’importe comment et à tout bout de champ moi. D’ici que ce soit un TOC**, y’aurait pas des kilomètres !), vous y découvrirez une diatribe contre le déclin de l’Occident, contre les intellectuels et les artistes d’alors, accusés de pervertir à la fois le bon goût et la morale, contre les nouvelles modes considérées comme le symptôme d’une pathologie psychosociale gravissime. Selon Nordau***, les tendances artistiques de son temps «sont des manifestations de maladies, la dégénérescence et l’hystérie», repérables grâce à des «stigmates intellectuels cliniquement observés». Vous commencerez alors à saisir ce que signifie «l’exploration des facettes les plus sombres de la Belle Epoque» en apprenant que ces maladies sont «les conséquences d’une usure organique exagérée, subie par les peuples à la suite de l’augmentation gigantesque du travail à fournir et du fort accroissement des grandes villes». Vous réaliserez pourquoi Crimes est un roman-jeu romantique et dépressif lorsque vous saurez que «la fatigue transforme les individus sains en hystériques» dans le cadre d’un univers décadent où «la vapeur et l’électricité ont mis sens dessus dessous les habitudes d’existence de chaque membre des peuples civilisés». Pour tout dire vous serez comme frappé de stupeur devant tant de perversion.
Voilà qui devrait vous amener quelque peu d’inspiration et vous laisser penser qu’il est un travail encore plus démesuré que de nettoyer les Ecuries d’Augias : celui de nettoyer l’âme humaine.
Vous revenez lentement à vous, vous reprenez le contrôle de vous-même. Je vais compter jusqu’à trois, et lorsque je dirai «trois», vous vous réveillerez.
Mais avant de vous réveiller complètement vous pourrez aussi passer sur ce site fort intéressant : http://stalker.hautetfort.com/archive/2006/03/12/degenerescence-de-max-nordau.html, ah, et oui aussi au fait, pendant que j’y pense, nous révéler quel sera le prochain scénario publié pour Maléfices !
Un, deux, …
* : 1988, putain, 20 ans !
** : Trouble Obsessionnel Compulsif bien entendu. What else ?
*** : qui n’était pas, rappelons-le, conseiller spécial de N. Sarkozy
NDLR : Et on s’étonnera qu’avec des articles comme ça le Pape remette au goût du jour la pratique de l’exorcisme !
Petit post ce week end pour les amateurs
d'archéologie ludique à tendance virtuelle. Ah, y en a pas ? Tant pis, un blog, c'est aussi et surtout fait pour poster des conneries dont tout le monde se cogne...C'est donc par hasard qu'au gré de mes pérégrinations sur la Toile je tombais sur le site de Pierre Deyris, graphiste qui se trouve être également le collaborateur des Editions du Club Pythagore pour la 3ème édition de Maléfices.
Or, de façon à montrer son travail à d'éventuels clients, Pierre expose dans sa galerie virtuelle, quelques projets non-aboutis, dont, et c'est là où cela nous intéresse : 3 projets de couverture pour le livre de base de Maléfices. Cela m'a fait tout drôle de voir ces projets qui ne seront finalement jamais devenus ce qu'ils auraient pu être : une image familière pour tous les joueurs et meneurs du jeu qui sent le souffre. Sans doute même que, quelque part, mon esprit malade de collectionneur a été pris de l'insondable frustration de ne pouvoir jamais posséder ces bouquins morts-nés. Hum, n'insistons pas là dessus, vous voulez bien ?
POur tous les curieux comme moi, allez donc faire un tour sur le site de Pierre, vous en profiterez pour constater que le Monsieur a bien du talent :
http://pierredeyris.ultra-book.com/
Les 3 projets en question se trouvent dans la partie "portfolio", à peu près au milieu. A titre personnel, j'ai une vraie préférence pour le 1er projet (celui dans les couleurs bleu-vert). Je l'aime mieux que le projet finalement retenu.
C'est un exercice bien vain, certes, mais que, pour le plaisir, les fans de Maléfices qui passent par ici n'hésitent pas à laisser leur avis sur la question en commentaires !
Aaah,
les débuts d'année. Les cartes de voeux à grand-maman, la galette des rois, les kilos en plus... et surtout, surtout : les bonnes résolutions pour l'année à venir ! 4 mois après le précédent
article sur "mes projets jdr de la fin 2007", il est temps de dresser un premier bilan de mon activité en matière de création ludique et de se fixer de nouveaux objectifs. Quand, hélas, il ne
s'agit pas des mêmes...Au niveau Maléfices, mon activité créative a été nulle mais c'était prévu : on attend toujours une solution claire et nette pour pouvoir mettre à disposition ce qui existe déjà et reste inédit. Je ne peux en dire plus mais disons simplement que les choses bougent et qu'elles bougent plutôt dans le bon sens. Très bientôt des (bonnes) nouvelles, j'espère... Du coup, tout ça m'a donné envie de me remettre au taf et j'envisage de réécrire du scénario Maléfices, par exemple celui qui se déroule dans les brumes de Venise. Miam !
Chez les cousins de Crimes, l'activité a là aussi été plus intense que prévue. De la seule relecture, je suis passé à (un peu) d'écriture pour le supplément à venir, "Paris, Ombres et Lumières", c'est-à-dire le fameux guide du Paris 1900. N'étant pas spécialiste de ce jeu et de son ambiance sombre, j'ai donné un coup de main au 1er chapitre, très fortement utilisable avec Maléfices. Avec les Crimeux, je suis un peu en stand-by. Je manque d'idée pour leur proposer quelque chose : on ne se défait pas comme ça de près de 20 ans d'influence souffrée !
A propos de Terra Incognita, il y a eu la bonne surprise (pour moi !) de la création tout à fait inattendue, sur un coup de tête, de mon jeu hybride (mi-rôle, mi-société) : Aventures aux Pays de Nulle Part, que j'ai bien entendu placé dans le même univers baroque que mon jdr. Les retours sont anémiques mais je suis bien content, à titre personnel, d'avoir fait cette incursion sur les chemins de l'expérimentation ludique : ça aère la tête et met les idées au clair. Il faudra que je retripatouille tout ça pour proposer de nouvelles cartes plus variées. J'ai aussi commencé à bidouiller le jeu pour en faire un mini-système à utiliser avec le vrai Terra Incognita pour ceux qui, vraiment, s'en cognent des règles en jdr. Ca tiendra en 5-6 pages max. En attendant, que les curieux n'hésitent pas à télécharger le jeu dans notre Garage (lien en haut à gauche).
Signe que quand même cette fin 2007 aura été assez fructueuse, même le projet TAZ (jeu d'anticipation post-cyber) a avancé ! Oh un peu, bien sûr mais quand même... Déjà, grâce à l'aide de David et à ses bons conseils, j'ai avalé une bonne dose de documentation et ça continue en ce moment même (voir article précédent du blog). Surtout, on a arrêté avec David un cadre de développement collaboratif sous forme d'un wiki qui épousera le même concept que l'excellente encyclopédie de CyberAge. Je suis ent rain de définir le cadre et les diverses entrées à renseigner. Après ? Bah, y aura plus qu'à remplir !
En vrac, j'ai été heureux de participer à l'aventure des "Carnets de l'Assemblée" en leur livrant un article sur Guildes pour le prochain numéro du zine. J'espère pouvoir continuer car il reste à écrire tout le deuxième volet de ce panorama consacré au jeu de Multisim. Avec David nous n'avons pas pu nous rendre au contact de notre lectorat en délire depuis notre descente à Provins fin Septembre mais j'espère que l'on pourra viser une ou deux conventions d'ici la fin de l'année, notamment celle de Rennes en Mars ? Enfin, je guette mes dealers habituels pour découvrir, toujours, j'espère, avec passion et enthousiasme : Black Box 3 et suivants (raaaah !), Chtulhu Gumshoe, Kuro Tensei, Hellywood... et sûrement plein d'autres bonnes surprises d'ici la fin 2008 !
Après une vue d'ensemble du monde en 2020 puis les mondes
virtuels, continuons notre revue de presse consacrée aux univers d'anticipation en général (et celui, en construction, de TAZ en particulier...) avec le 1er Grand Dossier du magazine
Science & Vie Micro : "Le grand show des robots". Eheh, cette fois, j'ai bien grillé David en profitant lâchement qu'il n'ait pas à passer plusieurs fois par jour devant les maisons de la
presse avant de prendre son train. N'a qu'a pas être en vacances, na.Alors, qu'avons-nous cette fois-ci à nous mettre sous notre dent de petit futurologue en herbe. Tout d'abord, ce "grand dossier" n'est pas si grand qu'il l'annonce fièrement sur sa couverture. 66 pages assez aérées, ce n'est pas vraiment une bible. A cela s'ajoute des choix éditoriaux vraiment étranges (ou, au contraire, trop lucides ?) qui m'ont fait longuement hésiter avant de prendre ce magazine malgré son prix modeste (3,5 euros). En effet, au milieu de la revue, on trouve 10 pages (quand même...) consacrées à un vague panorama des sorties hi-tech du moment (tout y passe : l'Iphone, PES, la Wii...) dont le lien avec le thème des robots laisse pour le moins songeur. SVM pense-t-il que son lectorat potentiel est uniquement composé de geeks technophages ?? Eho, y a aussi les geeks rôlistes !
Alors, on enlève ça. On enlève aussi les quelques pages techniques pour apprendre à faire soi même son robot (huh ?). Rien à redire sur leur place dans le zine mais je me vois mal bricoler un clone de R2D2 dans ma salle à manger quand même. Alors, bref, il ne reste pas grand chose mais ce qui reste est quand même bien utile pour faire un panorama synthétique et accesible sur l'état de la recherche en robotique. Après tout, c'était mon but en achetant le zine.
Les premières pages du canard (de Vaucanson ? aha...) sont consacrées à un historique rapide mais intriguant de la robotique en commençant par les automates du 18ème siècle. Voilà une piste pour Terra Incognita dont je vais justement reprendre l'exploration dans les jours qui viennent (de la doc et les règles sur le sujet n'attendent que mon courage). Viennent ensuite des portraits détaillés des robots actuellement sur le marché du style Roomba, le robot aspirateur ou encore les jouets style Robosapien.
La dernière partie du
dossier (après les 10 pages de daube donc) est de loin la plus intéressante : un panorama assez complet des perspectives offertes par la recherche en robotique pour les prochaines années. Notre
regard perverti de rôlistes est bien sûr attiré par les projets militaires comme par exemple ce Bear, un robot-ours destiné à aller chercher avec ses petits bras mécaniques les soldats US blessés
au combat. Vivement que les recherches aboutissent pour voir enfin des rambos armés jusqu'aux dents serrés bien forts par un Bisounours mécanique. Le monde du futur s'annonce plus poétique qu'on
ne l'imagine au premier abord...Les articles consacrés à la sécurité, à la médecine, aux voitures robotisés, à l'IA... sont tous certes très courts (1 ou 2 pages) mais intéressants et donnent des pistes pour approfondir sur le web les cas les plus prometteurs.
Au bilan, ce n'est certes pas "Le monde en 2020", véritable supplément post-cyber clef en mains, mais c'est un achat honnête dans la même veine.
Et bien, je regerette désormais d'avoir du faire ce petit travail sans avoir eu la chance de me mettre sous les yeux les formidables vues du Paris des années 1900 admirées lors de ma visite de l'exposition dont je vous entretenais dans mon billet du 1er Janvier : "Paris en couleurs...des frères Lumière à Martin Parr". Cette exposition est visible à l'Hôtel de Ville de Paris jusqu'en Mars.
Tu te crois au safari, connasse ?
Voilà bien le genre d’opinion qu’il est assez difficile d’exprimer sur le Forum officiel de Rackham, les petits caporaux modérateurs supprimant systématiquement
toute intervention jugée non-conforme. La palme à mon ami Willow-pouet, un des plus purs héros de cette nation. Certains grands-anciens de ce forum naguère dynamique et aujourd’hui en mort
cérébrale vont jusqu’à prétendre qu’ils ont été désinscrits en masse pour double appartenance à un forum ou simple appartenance à une guilde dissidente et s’étonnent de voir fleurir des
utilisateurs tout nouveaux qui ont l’air d’avoir appris leur discours par cœur. Ambiance.
Un exemple ? La marque au dragon rouge (ou est-ce FFG, l’affaire n’est pas
claire) vient tout juste de mettre en ligne une vidéo
(http://www.fantasyflightgames.com/confrontation/support.html) qui annonce la sortie de CAR. Outre que cette vidéo ressemble beaucoup à un trailer de
jeu vidéo, elle est largement trompeuse. La très grande part des figurines (peintes de belle façon) qui y figurent sont des modèles en plomb et non en plastique (il faut dire que pour faire masse
avec ce qui est disponible en ce moment comme références c’est coton). Eh bien cet événement ( ?) suscite un déluge de réactions enthousiasmées et même quasi extatiques de la part de tout un
tas de newbies sortis d’on ne sait où, des thuriféraires qui incendient sans barguigner les quelques habitués qui essayent de faire poliment remarquer que là, vraiment, quand même, y’a abus.
Toujours dans le domaine de la tolérance et de l’amitié entre les peuples, les derniers forumeux qui restent sur le Forum officiel de Rackham se sont mis depuis quelques
temps à s’en prendre aux «anciens» joueurs de Confrontation, aux cris de «à mort les vieux» (je signale amicalement à mon camarade BenRix
qu’il pourrait bien passer rapidement dans la catégorie des jeunes à la santé fragile s’il ne se calme pas un peu). C’est beau l’enthousiasme de la jeunesse, mais l’expérience (sic) prouve que
dans le domaine des activités ludiques, c’est aussi très volatile, et lorsqu’ils seront passés à autre chose tandis que les vieux cons se seront mis à Hell
Dorado, qui va acheter les produits Rackham, hum ? Je pose la question. Les américains ? Ah oui. Tiens, ça expliquerait bien les
cartes de référence uniquement en anglais ça.
Quand on tire, on raconte pas sa vie
Alors évidemment, la garde rapprochée du boss (les Dragons Rouges), enfin ceux qui restent, c’est-à-dire pas les peintres qui ont été virés ou les sculpteurs qui les avaient précédés dans la charrette lorsque la fonderie a été fermée) qui entendent et lisent quotidiennement toutes ces critiques se sont recroquevillés dans une attitude obsidionale et pour toute communication font preuve d’un mutisme éloquent. Mais, comme disent les cow-boys, quand on tire (dans le dos en plus), on ne raconte pas sa vie, n’est-ce pas ? Un coup de revolver dans le dos, c’est exactement comme cela que cette trahison a été ressentie par beaucoup. Mais comme disent aussi les cow-boys, qui a vécu par le colt périra par le colt, et s’il y a bien une logique qui ne fait pas de cadeaux, c’est la logique commerciale. Et c’est elle qui va conduire à sa perte cette société placée pour quelques temps encore sous la procédure dite de «sauvegarde de justice» et qui a vu ses actions plonger avec le feu à l’arrière-train. Chez les revendeurs le malaise est sensible. Pour certaines boutiques les produits Rackham pouvaient, avant leur catastrophique perte de vitesse depuis un an, représenter jusqu’à 30% de leur chiffre d’affaires. Beaucoup pratiquent maintenant des soldes de 30 (pour les plus lents) à 50 voir 70 et même à Paris 90 (!) %. A ce prix-là, autant dire qu’on les jette sur le trottoir. Beaucoup se demandent aussi quand ils vont enfin pouvoir se débarrasser de tout se stock immobilisé qui n’arrête pas de perdre de la valeur pour pouvoir enfin récupérer la place pour quelque chose de plus rentable. Quelques uns, comme à Rennes, se retranche derrière un charitable «on ne tire pas sur les ambulances». D’autres, comme à Nantes, très proches et à l’écoute de la base (leurs clients il faut dire), n’hésitent pas à balancer. A Angers si le sujet est évoqué les réponses vont, selon les moments et les boutiques d’un prudent «euh, mouf mouf, grumph grumph, on n’est pas trop au courant» à un optimiste «maintenant AT-43 commence à marcher pas trop mal après des débuts vraiment catastrophiques et une année galère». A Bordeaux il y en a qui ne font plus cette marque là. A Paris devant l’Œuf Cube j’ai vu des gens cracher par terre si on prononce juste le mot Rackham. A Tours on conseille prudemment de compléter sa collection avant que les références ne deviennent introuvables. Plusieurs gros clubs ont décidé de boycotter purement et simplement CAR en avançant les raisons que je cite plus haut*8.
Full Metal Tabletop
J’en vois qui se disent, mon Dieu, pourquoi tant de haine, est-ce bien mérité, et au fond, tout cela n’est-il pas et ne devrait-il pas rester qu’un jeu ? Je reconnais bien là leur âme de bonne sœur, mais il ne faudrait pas perdre de vue que beaucoup de joueurs assidus ont énormément investi dans Confrontation depuis 10 ans, tant sur le plan symbolique et affectif qu’en terme d’implication personnelle, en temps passé à la peinture ou à l’animation dans les clubs ou les guildes, sans même parler des fortunes englouties qui feraient passer les trésors des galions espagnols pour la cagnotte en plastique de ma fille aînée. Et c’est tout cela qui a fait le succès de Rackham, de toutes les façons qu’on prenne les choses. Même les indications fournies par les clients, aussi bien pour l’amélioration des règles, des concepts ou même du marketing ont toujours été extrêmement efficaces, mais depuis le début de l’année 2007 un fossé s’est creusé, beaucoup de gens ont claqué la porte et n’iront pas à l’enterrement. D’autres ont décidé de faire un peu de nécromancie et se disent qu’ils peuvent très bien se passer du Dragon Rouge pour faire vivre Confrontation. Un de ces passionnés (collègue d’Over-Blog) a par exemple mis en ligne sa version du jeu intitulée l'Âge des Escarmouches, un système de règles inspiré de Confrontation, mais complètement repensé, disponible à l’adresse suivante : http://escarmouche.over-blog.fr/ On trouve d’ailleurs le même genre de choses avec GW depuis belle lurette. Space Marine (Epic), par exemple, était un jeu de GW qui marchait relativement bien et une communauté de joueur conséquente s'était formée. Tout d'un coup, les concepteurs ont du jeu ont décrété qu'il ne reflétait pas suffisamment la chaine de commandement patati patata, et on retiré le jeu de la vente pour ressortir quelques temps après Epic 40 000 ! Le jeu se basait sur un système peu réaliste et sur des concepts beaucoup trop abstraits pour être réalistes, le jeu fut officiellement abandonné quelques mois après sa sortie. Et bien savez-vous ce qu'une partie de la communauté d'Epic a fait ? Elle s'est structurée peu à peu et un site assez connu a commencé à sortir des erratas et autres règles. Aujourd'hui, ils ont dû développer déjà 4 ou 5 versions de leur jeu Netepic, qui non seulement reprend les règles fondamentales de Space Marine, mais a été largement amélioré, à tel point qu'aujourd'hui une partie moyenne de Netépic vaut largement plus qu'une bonne partie de 40K. Quand aux figurines qui n'étaient pas produites, il est des plus facile de les trouver, souvent moulées et à un prix raisonnable – hum hum, si on est un jeune délinquant bien entendu…
C’est à la fin de la guerre qu’on compte les morts
*8 : Ravage, en revanche, fait le boulot. Rien à leur reprocher, deux gros articles en deux numéro, un premier qui avait un ton très volontariste (vive le changement, vive l’avenir, et que fleurissent mille printemps) et un deuxième qu’on sent quand même bien plus prudent, même si le soutien est toujours de mise.
Dans le futur des jeux de guerre avec figurines, il n’y a que, euh… la guerre ! Comme souvent, c’est un vétéran (assez «trigger happy» dans son genre, il faut bien le dire…) qui a tiré le premier : Croc. Mais avant que ça ne commence à défourailler dans tous les coins,
revenons sur les épisodes précédents.
Choisis ton camp camarade !
Depuis déjà presque 9 mois, avec l’annonce de la reconversion de Rackham dans le jouet en plastique pré-peint, et simultanément les premiers soupçons de gros soucis financiers les concernant, la plupart de ceux qui suivent un peu l’actualité dans le domaine des petits soldats ont compris que la rupture était désormais inévitable entre les tenants du plomb et ceux du plastique. Et au-delà de ça, entre les figurinistes purs et durs et les gameurs gogoconsomateurs. Mais aujourd’hui que le bébé pointe son nez on ose à peine le regarder ! Bon ok, ce n’est pas le premier de son espèce, mais bon sang, qu’il est laid ! Il paraît qu’il s’appelle Confrontation, l’Age du Rag’narok (CAR), mais il paraît aussi que contrairement à son illustre prédécesseur, ce n’est plus un jeu d’escarmouche. Alors, grosse surprise ? Pas vraiment.
Il faut dire que les bonhommes à collectionner (ou pas) en plastique plus ou moins mou et plus ou moins mal barbouillé d’avance avaient fait leur entrée depuis déjà un bon moment (Wizkids, D&D Mini et compagnie) quand les choses se sont emballées. Mais avec le passage du fleuron de la figurine fantastique en plomb moulée à la louche à l’ancienne dans le camp du plastique pré peint, la rupture est consommée et ce revirement de tendance laisse à beaucoup comme un goût de trahison dans la bouche.
Le plus étonnant dans tout ça, c’est encore que pendant que l’équipe dirigeante de Rackham était occupée à basculer du côté obscur, en envoyant se faire foutre dans les grandes largeurs tous leurs fans et tous leurs anciens meilleurs clients, le Grand Ennemi d’hier s’est mis à jouer les gentils. En effet, GW, ex cible préférée de tous les ennemis du grand capital s’est rappelée qu’ils avaient inventé*1 un truc de leur côté : le zhobby. Alors leur Porte-Etendard, Jervis Johnson, s’est mis à dire des trucs du genre «(…) certains d’entre vous (dirons) qu’ils n’ont rien à faire de la peinture et qu’ils se contentent très bien de figurines non peintes pour jouer, ou de morceaux de cartons, ou de pions en bois, ou je ne sais quoi encore*2. Un tel argument me paraît d’une pertinence douteuse, car je suis sûr que si une chose unit tous les hobbyistes de ce monde, c’est le désir de posséder de belles figurines Citadel*3 peintes avec talent. D’aucuns, pour une raison ou pour une autre*4, n’ont pas la volonté d’atteindre cet objectif et se replient sur de tels ersatz. Cependant, s’ils pouvaient avoir sur-le-champ une armée peinte de main de maître, ils ne se feraient pas prier pour remplacer leurs misérables substituts», et à citer deux camarades de fumette, John Stallard («La peinture est comme l’air qui nous entoure, on n’y, fait pas attention mais elle nous est indispensable») et Alan Merrett («Notre Hobby est un passe-temps artistique émaillé de plaisirs ludiques») *5. Bref, ça sent la grosse chambre, et je crois qu’on peut dire que nos amis les anglais ont sorti les barbelés. Ah, et puis aussi une nouvelle gamme de peinture nommée Fondation, censée faciliter grandement le travail des peintres du dimanche (au propre comme au figuré) dont il faut bien dire qu’elle est prodigieuse. A se demander pourquoi on n’avait pas eu ça avant.
Où ça, qui ça, quoi ça, quand ça, combien sont-ils ?!?
D’autres sociétés sont en train de prendre le même virage, malheureusement serait-on tenté d’écrire.
Reaper par exemple, qui lance une gamme nommée Legendary Encounters. Légendaire, ça m’a tout l’air d’être le mot.
Privateer Press aussi, qui va sortir un jeu pré-peint sur le thème des monstres et des gros robots japonais genre Godzilla contre
Goldorak
(http://www.privateerpress.com/monsterpocalypse/default.html).
Mais il s’agit de diversification, pas de reconversion puisque cela se fera en parallèle de leurs excellentes gammes classiques. Du moins jusqu’à nouvel ordre. Dans ce contexte, même l’avenir du
géant GW pose question !
Cette fois-ci ça va chier !
Tout le monde connaît Croc et on ne compte plus ses faits d’armes. Dans le domaine de la figurine il s’était illustré il y a quelques années en agressant sauvagement au détour d’un Ravage les nazes qui viennent jouer avec des armées même pas peintes, ou juste basées en blanc à la bombe (un petit peu les ancêtres des gameurs adeptes du pré peint si vous voulez). Or il se trouve que cet individu louche est l’un des deux concepteurs d’Hell Dorado, le jeu d’escarmouche qui monte et qui compte bien fouler de ses semelles de plomb la dépouille de Confrontation et accueillir sur son sein maternel tous ses adeptes désorientés. Et c’est une nouvelle fois dans Ravage, en deuxième de couverture s’il vous plait, et pile en face d’un édito illustré par la couverture de Confrontation, L’âge du Rag’Narok qu’il accomplit sa forfaiture. Ce tacle au niveau des genoux prend la forme d’une page de pub pour Hell Dorado qui proclame en titre : «Profitez de la trêve des confiseurs, refusez la Confrontation !» Je crois que le message est clair les petits gars, les mouches on changé d’âne et le chèque de fin d’année de mémé sera mieux dans la poche d’une équipe sympathique et d’une société qui produit de belles figurines en France, plutôt que dans celle d’un gars*6 qui vient en un temps record de se mettre tout le microcosme à dos, et dont les playmobils© sont en train d’arriver à pied, par la chine, peut être à temps pour la noël s’ils ont le vent dans le dos.
Bouddha, bouddha, bouddha !
(à suivre...)
*1: enfin quand je dis inventé, faut s’entendre. Quand on connaît GW, on sait que ça veut dire
pompé à droite et à gauche et remis ça à leur sauce avec la puissance de communication qu’ont les grosses machines commerciales.
*2: Euh, au hasard, des figurines en plastique pré-peintes Jervis ?
*3: tant qu’à faire.
*4: comme par exemple, c’est des larves ?
*5: White Dwarf 159, juillet 2007, page 82 à 84.
*6 : certains appellent cet ancien de GW «Mister Bey» et d’autres «l’autre andouille». Enfin ceux qui sont polis
l’appellent comme ça. Les choses ne se sont pas arrangées depuis les propos méprisants qu’on lui prête (sur le Forum de Créafigs) concernant les «gaglus». Quel genre de monstre est-ce là, le
gaglu, vous demandez-vous peut-être. Abréviation toute aussi originaire de GW que son présumé locuteur, le gars-glue est ce fan-boy collant qui traîne dans toutes les boutiques qui se respectent,
prêt à tout pour obtenir la dernière info de geek, un stage même non rémunéré et je suis même prêt à payer, ou pourquoi pas – un jour lointain – le nirvana : être embauché pour «faire de sa
passion un métier».
*7 : D’ailleurs on ne dit plus «pré-peinte» chez Rackham, mais
«peinte». Nuance ?