Mondes en Chantier ?
Mondes en chantier, c'est quoi ? Bah, Mondes en chantier, c'est... comment dire ?... : c'est des petits cochons en plastique, quelques crèmes trop sucrés et un peu froids, des Moustaches, un Bob le chien, un ou deux 15 Août sortis de la Twillight Zone, des vacances à la longueur sans doute pas très raisonnables... Bref, c'est un peu n'importe quoi.
Mais encore ? Je ne sais pas si vous avez remarqué mais c'est dingue la fuite des joueurs de jeux de rôles loin des grandes villes, l'été quand il fait trop chaud. En même temps - le monde est mal foutu - ce serait à ce moment du calendrier que vous auriez un temps pas possible pour vous lancer dans des campagnes démesurées. Rageant, non ? A l'origine, Mondes en chantier, c'est donc un fanzine de rôlistes passablement déprimés par cette lâche fuite des joueurs au mauvais moment. Mais aujourd'hui, le papier qui tâche, la photocop qui marche pas, tout ça, c'est tout naze. On est à l'heure du blog maintenant, mes p'tits gars... Alors : longue vie à Mondes en chantier, le blog !
Grâce à mes petits camarades des Salons de la Cour d'Oberon, j'ai découvert un outil web vraiment, vraiment bien débile. Vous aviez aimé le créateur de slogans aléatoires ? Vous allez
adorer ça.Enfin, donc, les djeun's qui, on le sait, préfèrent ne pas réviser leur bac en s'envoyant des SMS plutôt que de jouer aux jeux de rôles toute la nuit comme leurs glorieux aînés, enfin, les futures élites de la Nation vont pouvoir accéder à l'admirable prose des hôtes de céant.
C'est là que se passe toute cette belle édification des masses juvéniles : MeC tro kool lol
Les vacances ? Le beau temps ? Un magazine de jdr en kiosque ?
Non, la suite du Cyberpunk Reload.
Ouééééé.
Hop, en route pour l'infini et au-delà avec aujourd'hui, les deux suppléments spatiaux parus à seulement quatre années (même pas lumières) d'intervalle pour Cyberpunk.
Dans l'ordre chronologique, nous avons donc d'abord eu le droit à Near Orbit pour Cyberpunk 2013 (ah bah oui, ça en fait deux finalement pour cette version... 2,5 même
avec la VF de Solo of fortune ;-!). Paru en 1989, il s'agit d'un livret au format habituel pour les supp de cette 1ère époque du jeu (comme Rockerboy ou Hardwired dont
nous avons déjà parlé en ces pages). Ah si, un truc qui change quand même. Rapport au fait que Pondsmith a trouvé personne pour aller prendre des photos dans l'espace, on a le droit à un dessin
de couverture : plutôt sympa d'ailleurs. L'intérieur n'est cependant pas très folichon avec une mise en page un peu rigide, notamment la systématique marge-où-on-met-des-annotations, finalement
assez souvent vide.L'ouvrage s'ouvre avec une quarantaine de pages bourrées de règles spécifiques à la (sur)vie dans l'espace, aux vaisseaux spatiaux, à l'équipement des spationautes... c'est un peu déstabilisant, en fait. Certes, tout cela est bel et bon dans un supplément de ce type mais, mais, au fait : qu'est-ce qu'on fout dans l'espace, bordel ? Le background est pour le moins anémique et on ne sait pas trop, au fond, ce qui justifie un tel supplément. Bien sûr, si vous avez lu les romans de Gibson et Williams, le thème du cyberpunk dans l'espace proche vous est familier mais sinon, ne comptez pas sur Near Orbit pour vous affranchir.
Le reste du livret est encore plus étonnant : un très gros scénar (plus de 40 pages !) envoyant des PJs "normaux" dans l'espace à l'occasion d'une mission plutôt dangereuse. Ecrit avec un luxe de détails, des plans en veux-tu en voilà, ça fait tout bizarre. Vous comprenez, un vrai scénar. Dans Cyberpunk. Dingue.
C'est tout ? Escroc, va ! Je m'explique : quasiment tout NO est repris dans son successeur, façon Eursource/Eurosource Plus (voir le Cyberpunk Reload je ne sais plus combien t'as qu'à utiliser le moteur de recherche interne, fainéant de lecteur). Donc, hop.
En 1993 paraît donc Deep Space, le supplément sur la colonisation du système solaire par nos amis les Cyberpunkers. Les illustrateurs de chez Talsorian sont visiblement plus
portés sur le space op' que sur le cyberpunk terre à terre car, là encore, la couverture est une réussite. L'intérieur est inégal mais, ce qui est marquant, c'est le foisonnement de trucs et de
machins dans tous les sens : plans, schémas, tableaux, logos de corpos, dessins de matos... ce n'est pas toujours très beau mais cela fait quand même un supplément visuellement agréable à
consulter. Si des parties entières sont donc copiées/collées de NO, le supplément version 2020 est plus épais, mis en page différemment et contient donc plus de matos.Tout d'abord, attention, c'est à ma connaissance le seul supplément pour... Cyberpunk 2025 ! En effet, la chronologie du supplément va jusqu'à cette date et le chapitre sur les technologies nous présente, succinctement, les innovations technologiques (surtout biotech et nanotech) survenues entre 2020 et 2025. Il s'agit sans doute d'une solution adoptée par les rédacteurs pour tenter de se donner un peu de marge dans leur chronologie. Si on résume, le supplément est édité en 1993, Near Orbit nous décrit (si on peut dire...) l'espace proche en 2013 avec des stations orbitales habitées et des bases lunaires économiquement actives. En 2025, DS nous présente la même chose plus le début de la colonisation de Mars et de smissions en cours vers Jupiter, Saturne et leurs satellites. Si on s'attarde sur le thème de cette série d'articles (les supp Cyberpunk peuvent-ils encore être utiles pour faire de l'anticipation réaliste), on voit qu'une fois de plus, c'est injouable. En 1993, la conquête spatiale est en plien marasme : on est un peu après l'explosion de Challenger et la fin de la rivalité USA/URSS. Aujourd'hui, les plus optimistes voient les Terriens remettre le pied sur la Lune vers 2020 (tiens, tiens...). En déplaçant la timeline du jeu vers 2025, les auteurs se sont donnés une toute petite marge mais cela ne suffit pas à rendre, aujourd'hui, tout cela crédible.
Malgré tout, le mérite de DS est tout de même de donner beaucoup plus de précisions sur le pourquoi et le commenet de cette conquête spatiale. Le chapitre introductif présente en effet la chronologie, les acteurs, les lieux clefs (stations, bases, spatioports...). On a ensuite un chapitre sur la vie dans l'espace avec beaucoup de règles minutieuses sur les radiations, l'absence d'oxygène, les effets de l'absence de gravité... En 10 pages, c'est complet et précis pour au cas où. Par exemple pour au cas où un de vos joueurs se mettrait à tirer au fusil d'assaut à l'intérieur d'une station orbitale.
La suite est consacrée aux engins spatiaux et extraterrestres (comprendre : pour rouler ailleurs que sur la Terre, ils n'ont quand même pas oser rajouter les petits hommes verts dans Cyberpunk !). Très illustré (un engin, paf, un dessin pleine page) certes mais cela prend beaucoup de place et semble plutôt hors-sujet : nous ne sommes pas dans un jeu de space opera et on peine à imaginer nos personnages conduire ou, pire, acquérir ces engins. Remarquez je me faisais la même réflexion devant les chars d'assaut ou les hélicoptères de combat traités dans d'autres suppléments... Le reste du chapitre apporte des précisions plus utiles sur le coût, les circonstances, la durée... des voyages spatiaux.
Bon, on est quand même dans Cyberpunk ou quoi ? Hop, un plein chapitre de matos individuel. Combinaisons, matos divers et surtout... des armes adaptées au zero-G : taser, pistolet à fléchettes, etc. C'est la fête ! Le chapitre suivant partait d'un bon sentiment : présenter les lieux de vie dans l'espace (intérieur d'un vaisseau, d'une base, d'une station...). Hélas, il y a trop peu de place, celle-ci est nettement trop encombrée de données chiffrées sans intérêt (sauf, bien sûr, si vous avez prévu de faire exploser une station orbitale avec les règles et le matos du chapitre sur les véhicules spatiaux...) et des plans trop souvent inutilisables.
Le dernier chapitre de règles/background est consacré aux acteurs de l'espace, PJs (pas moins de 8 nouvelles compétences, des idées de carrières "spatiales"...), PNJs (avec un hommage un peu court aux rastas orbitaux de Gibson), corpos (5 sont brièvement présentées). A propos de ces dernières, je peine à comprendre pourquoi la mégacorpo Orbital Air, présentée dès le livre de base comme LA corpo en relation avec l'espace n'apparaît pas du tout dans ce livre. Ca fait vraiment partie des incohérence shabituelles de ce jeu et de sa pléthorique gamme de suppléments.
Le livre se termine par... un gros scénario ( 40 pages, plans, portrait dessiné pour chaque PNJ...). Et en plus, ce n'est pas le même que celui de NO (même si le principe de départ est similaire). Mais, c'est dingue ça, ils n'ont que des scénaristes spécialistes de l'espace chez Talsorian ou bien ?! En tout cas, compte tenu du manque récurrent de vrais scénarios dans le reste de la gamme, une réalité s'impose : Cyberpunk possède surtout des scénarios spatiaux. Cherchez l'erreur...
Au bilan, Near Orbit peut être largement oublié aujourd'hui. Deep Space n'est pas très réaliste, ne tient plus la route face aux suppléments pour Transhuman Space mais c'est un honnête supplément de la gamme.
Dites donc vous là, les mecs de Mondes en Chantier, vous jouez les esthètes et les intellectuels distingués et voilà t-il pas que vous avez été pris la main dans le sac en train de
saborder une partie publique lors d’une convention de jeux de rôles ! Avouez ! Nouss avons que c'était lors d’une partie
du mythique Empire of the Petal Throne jouée lors de la récente convention Eclipse à Rennes et maîtrisée par Philippe Tromeur. Nous savons tout.
Hum hum, revenons un peu sur les faits qui nous sont reprochés… Bon alors les petits gars je suis l’archiprêtre de service et je vous ai recrutés pour retrouver le voleur des précieux objets magiques qui sont exposés à la convoitise de tous dans notre temple. Vous m’avez l’air d’une belle bande de bran… euh, d’un solide groupe de guerriers (joueur 1 : un guerrier niv.4, joueur 2 : un guerrier niv.4, joueur trois [Narbeuh] : un guerrier niv.4, joueur 4 [david] : un guerrier niv.4, joueur 5 : un prêtre niv.4) ça ne devrait donc pas vous poser de problème, d’autant plus que nous avons équipé la dernière relique qui reste à voler d’un dispositif de pistage GPS, vous n’aurez qu’à suivre la flèche jusqu’à leur repère.
Joueur 4 : - Euh oui mais Grand Maître, pourquoi qu’on ne referme pas plutôt la porte derrière eux dès qu’ils sont dans le Temple, et après on les torture pour les faire avouer, et…
MJ : - Mon petit gars, avec des idées dans ce genre là Gandalf aurait direct embarqué Frodon sur son aigle géant jusqu’au dessus du volcan pour y balancer l’anneau (étant entendu que le Mordor est assez sous-doté en défenses antiaériennes) plutôt que de se taper toute la terre du milieu à pattes, et jamais on en aurait fait une trilogie à succès, alors ta gueule.
Peu de temps après voilà nos nouveaux amis partis sur les talons d’un mystérieux voleur, qui se trouve s’engouffrer rapidement dans une crypte anodine d’un petit cimetière
romantique de centre-ville. Ni une ni deux, tout le monde suit, en ordre de marche (dans l’ordre de Guerrier 1 à 3 puis le prêtre puis guerrier 5 derrière avec une arbalète). Dès le premier
virage c’est l’embuscade : deux grosses bêbêtes genre de chauve-souris blopesques nous tombent dessus (littéralement). S’en suit une belle baston lors de laquelle le guerrier 1 se fait gober
puis à moitié digérer et fini par mourir lorsque le guerrier 2 l’embroche en même temps que le monstre glouton d’un grand coup de lance. Le guerrier 3 distribue quelques coups, le guerrier 4 tire
dans le tas et blesse assez gravement le prêtre (« oups, désolé, ça part vite ces trucs là !), et tous finissent par achever la deuxième chauve-souris. Bien contents de cette première
rencontre ils poursuivent discrètement, sauf le guerrier 4 qui hurle « youhou on est là, on est armés et on a niqué vos copains !». Peu de temps après dans des grottes suintantes le
groupe tombe sur des squelettes qui n’avaient de tout façon rien entendu puisqu’ils n’ont pas d’oreilles. Petite baston avec les sacs d’os, occasionnant diverse saillie drolatiques (« c’est
l’histoire d’un squelette qui rentre dans un bar et commande un verre d’eau et une serpillière… » « Est-ce que vous savez comment on appelle des squelettes qui parlent ?
*) », « 20 Naturel ! Tu l’as dans le cubitus !», etc.). Les squelettes n’ont pas eu une chance (pour ne pas dire qu’ils l’ont eu dans l’os…).
Pour finir ce porte monstre trésor, nous rencontrons des sortes de trucs mangeurs d’hommes, un peu des goules géantes, et là, paf, pareil que les squelettes. Mais mieux puisque dans leur trésor nous trouvons plein de pépettes mais surtout des zobjets magiques qu’on appelle des zieux. Certains sont livrés avec un indicateur de charge, d’autres pas, mais aucun avec le mode d’emploi. Le partage se fait rapidement, notez bien que le guerrier 4 s’empare d’un des yeux sans indication de charge en déclarant qu’il le testera « au moment fatidique », c’est important pour la suite.
La suite consiste en un long couloir métallique au bout duquel on aperçoit un escalier circulaire qui s’enfonce vers quelque mystérieux sous-sol. La prudence s’impose, le guerrier 4 se met donc à charger en hurlant et en agitant sa hache, laissant ses camarades sur place pour dévaler les marches 4 à 4, à la rencontre de son destin. On entend un léger bruit, du genre Zaap !, et très peu de temps après le guerrier 4 devenu tout couillon (c’est-à-dire encore plus couillon) remonte à fond les manettes pour se ruer sur ses anciens compagnons et entreprendre de les massacrer. Divers échanges de coups et de carreaux d’arbalètes s’ensuivent et c’est le moment que le guerrier 4 juge opportun pour tester l’œil en sa possession sur le prêtre. Il s’avère que cet œil est en mesure de projeter d’énormes boules de feu et le prêtre finit proprement incinéré. Pour venger son compagnon le guerrier 4 se jette aussitôt sur le guerrier 2** pour le pourrir à coups de hache mais le guerrier 2 s’avère coriace et finit par zigouiller le traitre fourbe qui meurt en criant « treusteu mi, ail bi bak !!! ».
Un peu abasourdi par la tournure des événements et étonné d’être encore vivant le guerrier 2 se tourne vers le guerrier 3 pour lui demander s’ils peuvent sauver le prêtre. En vieux routard celui-ci lui répond « mais non tu vois bien qu’il est mort. T’en verra d’autre mon p’tit gars » en shootant dans le tas de cendres.
Par la suite les survivants rencontrent un mix entre un robot et une banshee qui lance des éclairs par ses yeux hypnotiques et ils lui apprennent un petit peu ce que c’est que la vie, ce qui est toujours une façon de parler. Et c’est là que, tout au fond du donjon ils rencontrent le boss de fin de niveau qui s’avère, ô coup de théâtre, révélation et machinasous diabolique, être leur archiprêtre de commanditaire du début. Bon ils hésitent 30 secondes à lui exploser sa sale tête de fourbe mais il essaye des les bluffer en leur disant bien joué les gars, c’était pour vous tester puis les couvre d’objets magiques. Le guerrier 2 y voit aussitôt d’intéressantes perspectives pour son plan de carrière tandis que le guerrier trois, fortune faite, préfère lui s’enfuir immédiatement en s’envolant vers l’horizon grâce à ses nouveaux pouvoirs magiques***.
* : des os parleurs
** : et non pas l’inverse, oui oui vous avez bien compris !
*** : note de Narbeuh : désolé, désolé, Philippe, si j'avais su que toi aussi tu es fan des Boo Radleys, j'aurais empêché cet homme d'agir quand il était encore temps.
Mon « top five » de mes meilleurs jeux de rôles à moi que j’aime ? C'est la question posée par la sympathique communauté du forum rôliste
Antonio Bay :
http://www.subasylum.com/Antoniobay. Je reprends ici mon post en espérant que cela donnera envie au lecteur de passage
d'aller lui-même grossir les rangs de ce petit sondage.
Voilà une question difficile. Que prendre en compte ? Les 5 meilleurs livres de base ? Les 5 meilleurs gammes ? Ceux auxquels on a le plus joué en customisant à mort le moindre paragraphe des règles au point qu’il ne reste quasi rien du jeu originel? Ceux dont la lecture nous a le plus impressionné mais auquel on a finalement jamais joué par ce que finalement jouer des nonnes templières de l’espace ça n’a pas branché les copains ? Ceux dont on a collectionné avidement les suppléments les uns après les autres pour des raisons insondables et dont on regrettera amèrement l’ampleur de l’investissement quand l’âge de la retraite sera venu (vers 75 ans si j’ai bien suivi les récentes évolutions…) ? Faut-il privilégier les jeux rodés, testés et éprouvés au risque de passer définitivement pour un vieux con ? Faut-il privilégier les sorties récentes avec la crainte de porter le masque d’une groupie à deux balles sensible à la dernière hype quelle qu’elle soit ?
Bref, objectivement, autant ne pas répondre à cette vaine question.
Mais comme j’aime bien les petits défis débiles, je vais y répondre aussi sec ;- !
Comme pour les autres participants au sondage, la liste suivante est à prendre à l’instant T et sans ordre particulier :
Rêve de Dragon
Celui-ci tient une place éminente puisqu’il répond à bien des critères : énormément joué, beaucoup maîtrisé, tout collectionné (sauf prix déraisonnables) et surtout, surtout, très impressionné à la lecture des livres de base de la seconde édition (qui est magnifique ce qui ne gâche rien) et de pas mal des scénarios de Denis Gerfaud. Cela reste pour moi un élément fondateur de mes goûts en matière d’imaginaire (à la fois réaliste et délirant, à la fois psychorigide et plein d’humour…) et, évidemment, de jeu de rôles. Les bémols : je n’adhère plus au système de jeu, dépassé à mon goût par les innovations façon Dying Earth. D’autre part, j’ai toujours été plus ou moins infoutu d’écrire la moindre ligne potable sur ce jeu. Gerfaud a une telle emprise sur sa création qu’on a définitivement du mal à s’y faire une place.
Maléfices
Un jeu très important pour moi, les lecteurs de ce blog le savent bien. Découvert très précocement dans mon parcours, il m’a lui aussi forgé en termes de goûts rôlistiques. Ambiance, intérêt pour un fantastique affleurant renforcé par sa proximité avec la réalité (historique en l’occurrence), besoin d’avoir des scénarios copieux et très écrits, amour enthousiaste des aides de jeu et autres indices matériels… Grâce à la 3ème édition, je connais un heureux retour de flamme pour le Jeu qui sent le souffre même si je regrette que le jeu n’en ait pas profité pour plus évoluer dans son approche ludique, dans ses règles… La gamme Crimes, au ton différent mais au contexte similaire, m’apporte aussi un regain d’intérêt et un regard neuf pour ce type d’univers.
Guildes
Le jeu qui a fait wahoo. Dès le pitch, j’ai eu le coup de cœur. L’aventure avec un grand A, l’exploration, les grands espaces, des parallèles bienvenus avec notre Histoire, du mystère et de la magie… Devenu fanboy de base, j’ai tout collectionné, 1ère et seconde édition… mais au final, ça a fait psssshiiit. Des choix éditoriaux surprenants, un développement dans une direction à mon goût plus traditionnel medfan (complot des puissances, campagne linéaire…) que ce que j’espérais du pitch de départ… Bon, il est quand même dans le top car il m’en reste des bons souvenirs de lecture et l’espoir de relancer un jour une campagne qui, cette fois-ci, ira à son terme.
Cyberpunk 2020
Je hais ce jeu : background souvent ridicule, règles bof bof sans plus, illustrations à vomir, suppléments indigents une fois sur deux… Et pourtant il est facile dans mon top five. Mais il est con ce type ou quoi ? Assez pour avoir tout collectionné (ça en fait des conneries sur mes étagères, je vous jure… : à redécouvrir dans ces pages à l'occasion des épisodes du Cyberpunk Reload), pour y avoir beaucoup maîtrisé, beaucoup écrit… Rien à faire, j’aime le genre cyberpunk. En tant que MJ et en tant que scénariste, c’est le genre qui me convient le mieux. Les idées viennent toutes seules et l’ambiance s’installe facilement : le pied. Du coup, j’ai tout essayé : je déteste l’idée de base de Shadowrun malgré la qualité de ses suppléments, j’adore CyberAge mais celui-ci n’est pas complet, Transhuman Space est génial mais un peu lointain (et très en anglais)… donc, tant pis : Cyberpunk 2020.
Miles Christi
L’escroc de la bande. Je l’avoue : je n’y ai jamais joué. Passé complètement à côté lors de sa sortie, je ne l’ai récupéré qu’il y a quelques mois. La lecture du livre de base m’a bien impressionné et j’ai profité d’une aubaine pour compléter la (courte) collection. C’est intelligent sans être prise de tête, c’est de l’Histoire sans négliger l’imaginaire et la liberté de jouer, la création de perso est un petit bijou, le système original, c’est beau et bien présenté. Je suis sous le charme, c’est ma petite amourette platonique du moment.
Les Djibril Cissé et les Landreau de ma liste : Empire Galactique, Runequest/Herowars, James Bond 007, Dying Earth…
Non, je ne suis pas (que) un Vieux Con : j’aime aussi Hellywood, Exil, Kuro, Cthulhu, Esoterroristes… mais ces bluettes récentes ne peuvent pas (encore) rivaliser avec des vieilles compagnes affectueuses.
Jusqu'ici, un doute persistait. Je n'ai pourtant pas ménagé mes efforts, j'y suis revenu tant que j'ai pu avec un grand sens de l"opiniatreté mais rien à faire : il restait toujours
un doute.Je parle de ma fréquentation de l'oeuvre de Greg Egan, auteur australien de SF ou d'anticipation de type "hardscience" (très réaliste si vous voulez). J'ai lu ses quatre romans disponibles en français : dans le désordre, La cité des permutants, Téranésie, Isolation et L'énigme de l'univers. Il est d'ailleurs bien peu d'auteurs de ce genre dont j'ai lu autant de livres (à part Dick et Gibson, peut-être Greg Bear). C'est dire que son oeuvre m'intéresse au plus haut point. Toutefois, en refermant chacun de ses tomans, j'ai toujours eu une petite amertume, un goût d'insatisfaction.
Pour caricaturer, on peut dire que ces 4 romans sont composés de trois ingrédients chacun présent en part égale mais ne formant pas forcément une pâte aussi lisse et homogène qu'on le souhaiterait. Un premier tiers est constitué d'une description d'un futur proche ultraréaliste et diablement convaincant, un peu à la façon du Rainbows End de Vinge. Un second tiers est composé d'une utilisation vertigineuse des spéculations scientifiques, en général autour des thèmes de la virtualité, de l'humanité ou de la physique quantique. Tout se gâte au dernier tiers (qui n'est pas toujours la dernière partie des pages du roman, plus souvent le milieu) qui est constitué d'un copieux et indigeste blabla scientifique qui donne parfois l'impression de lire un manuel de vulgarisation de sciences physiques. Ce dernier tiers, qu je maudis à chaque fois, casse totalement le rythme de l'intrigue et dénature les personnages qui se transforment, d'un coup d'un seul, en pantins animés par Egan pour servir sa démonstration. Au final, le livre me tombe immanquablement des mains.
Depuis quelques temps, Le Bélial a entrepris la colossale oeuvre de publier l'intégrale des nouvelles de l'auteur en trois épais volumes. Je me suis, bien évidemment, jeté sur le 1er volume : Axiomatique. Voici enfin l'occasion de savoir : escroc ou génie ? Sur la durée d'une nouvelle, quel "tiers" Egan a-t-il choisi de privilégier ?
Le verdict est sans appel : ce recueil est, à mon goût, un chef d'oeuvre du genre. Les nouvelles sont forcément, c'est la loi du genre, d'intérêt inégal mais la plupart sont superbes. Elles privilégient très sensiblement le "tiers" façon vertige spéculatif avec une préférence marquée pour de véritables interrogations epistémologiques (= philosophie des sciences, si on veut) de grande valeur et un sens maîtrisé de la chute qui ne gâche rien. Le côté humaniste de Greg Egan apparaît d'ailleurs bien plus clairement dans ce premier recueil que dans ses romans, un peu froids. Sans remettre en cause l'intérêt du progrès technologique, les nouvelles abordent prioritairement la transformation ou la persistance de la notion d'humanité et de ses sentiments spécifiques (ainsi, l'amour) face aux machines, à la cyber-communication, aux manipulations biotechnologiques... L'épineuse question de l'accessibilité du plus grand nombre aux merveilles technologiques est aussi fréquemment sollicitée.
Dans l'optique d'une réutilisation en jeux de rôles (pour TAZ évidemment), le bilan est moins évident. La haute tenue du contenu spéculatif interdit à priori de transformer tout cela en intrigues à jeter en patures à des brutes cybernétisées et surarmées (si, si, ne niez pas) ! Toutefois, la lecture de ce recueil est hautement recommandée à tout meneur dans un monde d'anticipation réaliste pour cerner un peu mieux la psychologie de PJs ou PNJs confrontés aux évolutions scientifiques et techniques (la virtualité, la survie de l'esprit au corps, les implants modiifiants la psychologie - en fait, les moddies de G. A. Effinger...).

En attendant, je suis déjà plongé dans Radieux, le deuxième volume de l'intégrale. Bientôt des échos sur Mondes en Chantier.
Un rôliste qui ne saurait pas trousser une belle histoire pour expliquer ce q
u’il pouvait bien faire ces cinq dernières semaines alors que le blog Mondes en Chantier attendait
désespérément une mise à jour et que des milliers (NdR : millions ?) de lecteurs et de fan étaient dans un état de manque avancé ferait un bien piètre conteur.
Ordinary Man
Oh bien sûr je pourrais prétexter que j’ai été abducté par des extraterrestres en mission cherchant à s’accaparer le potentiel génétique d’un des plus purs héros de cette nation pour créer une armée de clones destinée à envahir la galaxie, je pourrais vous dire que j’effectuais ma retraite annuelle dans l’antenne terrienne de l’ordre des chevaliers jedis (située 80 mètres sous le Mont Saint Michel) ou bien encore je pourrais vous servir l’excuse habituelle pour mes élèves (Eh bien quoi ? Oui, j’ai été attaqué par un ours et je ne m’en suis tiré que de justesse, j’arrive à l’instant des urgences), ou enfin – mais ce serait peu crédible – essayer de vous faire croire que j’ai été victime d’une coupure totale d’Internet conjuguée à une panne d’ordi. Non, amis lecteurs, la vérité est plus prosaïque : j’ai simplement fait ce genre de trucs que font les légendes lorsque vous ne les regardez pas : remplir sa déclaration d’impôts, lire des bouquins, sortir faire un jogging (hum…), des courses au supermarché et surtout du rangement chez moi.
La nostalgie camarade
Et c’est en faisant ça qu’il m’est arrivé quelque chose de vraiment extraordinaire. Je suis passé de l’autre côté du miroir et j’ai découvert un monde fantastique insoupçonné dans le
fond d’une vieille armoire… Oui enfin, c’est-à-dire insoupçonné, bon, je me rappelais vaguement que j’avais laissé ces cartons là depuis mon dernier déménagement, mais quand même, les rouvrir et
trouver à l’intérieur tout un tas de vieux souvenirs ça m’a fait quelque chose. Oh, la première édition de MEGA, le jeu des voyageurs galactiques ! Eh eh, de vieilles figurines Citadel…
Tiens, le numéro 36 de Casus Belli, celui avec Laelith (NdR : c’est pas le 35 plutôt ??). Ou encore mon premier D20 que j’avais eu dans la boîte rouge de Donjons et
Dragons. Le livre du maître de JB 007 et le livre du joueur de Star Wars, celui avec la couverture toilée de chez Jeux Descartes que j’aimais tellement. Une fiche de
Cyberpunk longtemps égarée pour jouer un Privé à Night City et d’autres vieilles fiches de perso avec des taches de café d’origine, dont une pour RDD, la première version quand on tirait
les caracs aux dés*… C’est que je me dirige tout doucettement vers mes 25 ans de jeux de rôles moi, ça fait une paye quand même. En septembre prochain il y aura un quart de siècle que je poussais
pour la première fois la porte d’un club (en l’occurrence celle du vénérable club Enfer et Contretout à Rennes, qui occupait alors une partie des locaux de la vieille MJC La Paillette) pour en
ressortir presque aussitôt un peu effrayé par les vociférations d’un géant barbu qui accueillait tout le monde par de tonitruants et shadokesque « GA-BU-ZO-MEU !!! ». Mais trop
tard, j’avais chopé le virus, et dans la semaine j’attaquais ma première partie de L’Œil Noir, puis pour Noël ma mamie (qu’elle en soit ici remerciée) m’offrit la fameuse boîte rouge de
Donjons et Dragons dont je parlais tout à l’heure.
Amarcord, la Citée des Mille Souvenirs
Mais attendez un peu, je parle, je parle, et je ne me rends pas compte qu’à l’exception de quelques vieux grognards vous étiez pour la plupart pour ainsi dire à peine nés à cette époque là. C’est tout une éducation à refaire, alors installez-vous confortablement que je vous raconte…
« Des campagnes qu’on ne finit pas
Des paroles qui s’envolent
Des amis que l’on ne voit plus
Et des adresses fantômes
Au fond de moi des images
Disparus les visages
Dans mon cœur de vieilles histoires
Prisonnières de ma mémoire
Passe le temps, passe le temps
Je me souviens de ma jeunesse
Des nains, des ogres, des mages
Tous ces rêves et ces aventures éphémères
Comme les nuages
Fermer la malle des souvenirs
S’inventer de nouvelles envies
Se donner de nouvelles chances
Regarder vers l’horizon
Passe le temps… »**
La voix suave de la chanteuse orientale berce encore un temps les voyageurs fourbus, l’envoûtante musique qui formait jusque-là comme un tapis de velours en arrière plan de toutes les conversations s’arrête alors, les musiciens posent leurs instruments et chacun fait silence. Tous les regards se tournent vers le coin de la salle, dans la pénombre sous l’escalier où le conteur s’est installé comme à son habitude. Il lève sa choppe et prend une dernière gorgée, paraît savourer la bière en passant la langue entre ses dents et sur sa lèvre inférieure pendant qu’il prend la mesure de son public, fixe un moment la table comme s’il se recueillait, puis il commence son récit.
« Sache, ô Prince, qu’entre les années qui virent surgir les livres dont vous êtes le héros et Casus Belli, et l’avènement des fils d’Internet, il fut un âge dont nul n’ose rêver, alors que de brillants fanzines s’épanouissaient à travers le monde comme autant de futurs cornets à frites… Alors vint Davidalpha, le Bretonien, à la mauvaise foi incroyable, aux articles implacables, D20 à la main, un rôliste, un rêveur, un figuriniste, aux tristesses gigantesques et aux joies démesurées, choisi par les Dieux pour recouvrir avec des curlys et du café froid les tables de jeu de ce monde… »
* : un certain Ran Ragnard, bon nom pour un poète ça !
** : merci à Souad Massi.
Pourquoi un mois d'absence sur Mondes en Chantier : pas un seul petit article de rien du tout, pas la moinde petite connerie de remplissage ?
Vous pensiez, le manque servant alègrement de moteur à l'imagination, que les droits de Terra Incognita avaient été rachetés par Hollywood et que nous étions descendus d'urgence à Cannes pour discuter de l'adaptation avec Steven et Georges, huuh ? Raté. Vous pensiez que nous étions en discussion avancée avec Ingrid Chauvin pour finaliser le casting des Maléfices du Dolmen, une adaptation d'un de mes scénars Maléfices pour la saga de l'été de TF1 ? Encore raté.
En fait, j'ai juste déménagé.
Je sais ce n'est pas très sexy mais c'est ça le topo : papiers administratifs / cartons / rouleaux de peinture / ampoules aux mains / re-cartons (mais dans l'autre sens...) et tutti quanti. Vous me direz que nous aurions bien pu prendre nos précautions et placer quelque article en programmation pour ces jours sans ou même prendre 1 heure ou 2 de repos pour mettre ce blog à jour. C'est vrai.
Sauf que voilà, j'ai voulu faire mon malin de la technologie et hop, le faux pas, la boulette : je souscris aussi sec, pauvre fou, une offre "triple play" (qui pour le moment est une offre single play plus qu'autre chose d'ailleurs...) chez un gars au nom évoquant vaguement celui d'un agrume. Comme de bien entendu, vous comprenez à demi-mot que je viens à peine de retrouver l'accès au Réseau après de longues semaines perdues dans les méandres administratifs d'une boîte aux noms et aux méandres multiples et aux hot line jalouses de leurs secteurs de compétence respectifs (Kafka, sors de ce corps !!).
Bon, pour être sûr, ajoutez le fait que mon ordi ait reçu un jeton durant le déménagement et ait eu besoin d'une pièce de rechange qui, avec les ponts de début mai, a mis près de trois semaines à arriver...
Résultat, même si la situation est en train de se normaliser, niveau productivité rôlistique, c'est la misère. Je n'ose même pas faire un bilan.
Toutefois, comme on dit, toute expérience est bonne à prendre et ce mois sans accès au Net est finalement riche de deux enseignements pour un monde d'anticipation réaliste comme le sera TAZ :
1. Quand on est habitué à au minimum une
connexion par jour, un mois sans accès régulier au Net, c'est l'horreur. Tourner en rond car on ne peut pas accéder à sa base de données favorite, passer pour un con auprès des collègues et des
copains car on est au courant de rien, retourner au boulot un jour de repos pour pouvoir relever ses mails (si, si, si... je sais, j'ai honte), ne pas réussir à se mettre au boulot d'écriture
parce que ses petites habitudes (consulter les dicos en ligne, vérifier un truc dans Wikipedia, écouter Deezer...) sont tourneboulées par la déconnexion... j'ai testé et je ne valide pas.Alors, pensez donc : la même chose dans les années 2060 à l'époque de l'Infosphère où chaque habitant des pays développés est connecté en permanence (sans fil et à haut débit) et pour chaque geste du quotidien. On peut véritablement parler de "dataddict" : couper ce cyber-dépendant de son accès aux données pendant quelques jours et il n'est pas exclu qu'il devienne fou. En tout cas, salement déprimé.
Cela va clairement dans le sens du "cyberethnique" dont je vous entretenais au détour d'un Cyberpunk Reload précédent : pour un habitant d'un pays développé, s'aventurer en dehors des espaces bien couverts par le Réseau des quartiers aisés des mégapoles des Suds peut devenir l'épreuve ultime. Une vraie expédition à la Indiana Jones (aha, voyez que je ne suis pas complètement has been quand même ;-!).
2. L'indisponibilité de mon PC m'a conduit par
aubaine à anticiper légèrement un achat prévu depuis plusieurs mois : un Eeepc 700. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit d'un PC ultraportable à prix ultrasupportable. Il possède des
capacités de traitement très honnêtes, le Wifi, une webcam, une connectique variée, une architecture solide et ultracompacte (une feuille A5 quand il est replié !), une offre logicielle Linux
complète et très facile d'accès... pour 299 euros. Ce n'est pas encore le PC jetable mais c'est le 1er outil d'accès au Net (son usage premier même si il fait aussi largement l'affaire comme PC
d'appoint... genre quand le vôtre est en panne ;-!) aussi grand public. Hyper simple à mettre en oeuvre, au système très clair (avec des onglets et des grosses icônes pour chaque tâche plutôt que
pour chaque logiciel) et donc au prix miraculeux (c'est Chinois, c'est Linux et il n'y a pas de disque dur embarqué : connectez-y votre clef USB ou stockez en ligne), il convient comme 2ème PC,
PC de voyage, PC pour personne peu concernée par les nouvelles technologies, PC pour étudiant désargenté, voire PC pour enfant de 8-12 ans.Evidemment, dans TAZ, dans les années 2060, cette low tech n'est plus d'actualité mais, dans une réflexion sur les accès au Net sur le oong terme, je ne doute pas que le Eeepc soit un maillon essentiel et novateur de la chaîne (avant les vêtinfs de Vernor Vinge ??).
Bon, allez, je fais le tour de mes mails et de l'actualité rôlistique sur le Net et je reviens vers vous pour de nouveaux articles.
Ah au fait ? C'est quoi l'excuse de David ? Il déménageait aussi ? Je lui laisse le soin de vous répondre ;-!
Eh rôliste,
voilà l'un des come- back les plus fun,
Narbeuh – Davidalpha, le bon duo,
allume ton ordi, Mondes en Chantier sur Internet,
ouvre tes yeux , et note moi ces infos,
phéno ( ha-a-a-a-aaaaaa…) you know I like that
1 mois d'absence et on nous croyait morts,
et on arrive avec des nouveaux articles,
des titres encore plus forts, ironie du sort
Ah le zine de l'an 2000 Narbeuh - Davidalpha
reviennent avec trop de style
Deal du pitch partout
Come into my life I got so much I can tell you
(fat come-back)
I've got the buzz that makes you like how
I can flood, I can flood too
Come into my life I got so much I can tell you
(fat come-back)
I've got the buzz that makes you like how
I can flood, I can flood too
Ca fait du bien de revenir,
de voir les autres revenir,
de se voir revenir,
de se préoccuper de son devenir , au pire
de s'arrêter 2 min,
d'essayer de voir l' avenir ,
on n'est pas un labo photo ,
on ne fait pas des articles en une heure petit
On a pris le temps de faire c'est sûr une pose bien méritée
c'est mûr au moins on reste les mêmes c'est plus :
(aou-aou…), han !
et puis quoi encore,
manquerait plus que ça,
qu'on ne fasse plus délirer les geeks
dès les 1er mots ça roule, fils , han !
on est aussi constructifs que Guisserix,
aussi bons joueurs que Croc,
1ere fois que j'ai deux têtes pour ce hit
c'est fou
mais bouge tes neurones,
secoue ton imaginaire,
Mondes en Chantier fait bouger tes idées c'est clair
puis 1 mois d'absence on s'interroge que devient Mondes en Chantier ?
en fait on a, pris du recul,
travaillé dur pour sonner différent des autres et là
nouvelle offensive bloguistique , là, retour loin d'être fissa,
basta change pas overblog keep ça prend ça !
quand on nous attend pas c'est là qu'on revient on remet ça
des buzz qui te font bouger le plasma ça te plaît ça, hein ?
t'es sur le best in France so come on everybody and do the rôle dance
Come into my life I got so much I can show you
(fat come-back)
I've got the buzz that makes you like how
I can flood, I can flood too
Come into my life I got so much I can show you
(fat come-back)
I've got the buzz that makes you like how
I can flood, I can flood
voilà l'un des come-back les plus fun,
Narbeuh - Davidalpha le bon duo,
allume ton ordi,
Mondes en Chantier sur Internet,
ouvre tes yeux, et note moi ces infos,
phéno ( ha-a-a-a-aaaaaa…) you know I like that
1 mois d'absence et on nous croyait morts,
et on arrive avec de nouveaux articles,
des titres encore plus forts, ironie du sort
Ah le zine de l'an 2000,
reviennent avec trop de style
Deal du pitch partout
Conclusion réelle passion
on prend la décision sans permission
d'faire jouer les gens sans interruption
pour de bon et même en fiction
et coup de chance même le Grand Chtulhu lit Mondes en Chantier
Come into my life I got so much I can show you
(fat come-back)
I've got the buzz that makes you like how
I can flood, I can flood too
Come into my life I got so much I can show you
(fat come-back)
I've got the buzz that makes you like how
I can flood, I can flood too
Fat come-back !
Le 1er chapitre est consacré à la description du pourquoi du comment se faisse que les USA soient passés directement en 20 ans à peu près du statut de superpuissance mondial à gros bordel où pullulent les Gros Guns (en fait, non, ça, ça compte pas, y en déjà plein !), les nomades à moto et les cyberbras-tronçonneuses. C'est vrai ça, au fait : pourquoi ? L'enchaînement des évènements imaginés est assez convaincant. Classique (le futur est parfois sans surprise...) mais plausible.
Je résume la recette :
1. Prenez pour commencer un bon fond de krach boursier (tiens, tiens, ça vous dit quelque chose ou bien ? gasp).
2. Délayez bien en incorporant progressivement tout un chapelet de catastrophes naturelles (le Big One en Californie, des ouragans en veux-tu en voilà sur la côte sud...) et humaines (attentat à la bombe sale par exemple). Je dis bien "progressivement" car, là, tout d'un coup, ça ferait vraiment des grumeaux. Déjà que...
3. Si le mélange a bien pris, normalement, vousd evez avoir toute une série d'émleutes et autres émotions populaires que vous façonnerez afin de rentrer dans le moule du bon vieux cyberpunk : gangs dans les centre-villes, crèves-la-dalle dans les banlieues, nomades surarmés dans les campagnes... Pour donner du goût, saupoudrez de quelques cultistes délirants rapport au fait que c'est presque l'an 2000 (dans le jeu, hein ?).
4. Recouvrez tout ce bordel d'une solide loi martiale avec gros gars surarmés dans les rues et suspension de la Constitution au profit d'un gouvernement provisoire composé de 4 généraux respectueux le coeur sur la main des valeurs profondes de l'Amérique toussa...
5. Les USA étant une vieiille et solide démocratie, le niveau d'éducation moyen y étant très élevé, vous risquez fort de voir la pâte dégonfler sous l'action des revendications démocratiques. Pas de panique, embarquez votre pays dans une série de conflits aux causes obscures afin de remobiliser la population autour d'un gouvernement militariste (tiens, tiens, ça vous dit quelque chose ou bien ? re-gasp). Bon, le moyen-orient, ça ne fait plus très anticipation, le Vietnam non plus alors hop, prenez de l'Amérique du Sud, ça le fera pareil (jungle, pelos sous-développés mais hargneux...).
6. Quand vraiment ce n'est plus possible, sortez votre préparation du four militaire en assurant en douceur une transition vers une démocratie molassonne qui ne pourra résister ni au lobbying des mégacorporations, ni aux volontés sécessionnistes des états les plus riches (Californie, Texas...).
Ayéééé, c'est prêt. Vous voici avec une Amérique prête pour le cyberpunk. De plus, tout cela est tristement crédible. Y a pas à dire les Yankees connaissent mieux leur pays que le reste du Monde. Quelques bémols quand même :
a. pourquoi QUE les USA dans le merdier ? A priroir, la superpuissance mondiale, éconoimiquement et militairement, a de fortes chances d'entraîner le Monde dans sa chute. L'Europe dans une certaine mesure, l'Asie orientale de façon très prononcée, sont dépendants de la consommation des ménages US. Pourquoi se portent-ils aussi bien (l'Europe surtout) en 2020 ?
b. tout ça en à peine 25 ans, est-ce bien raisonnable ? Certes, on sait d'expérience que les évènements politiques peuvent se dérouler très rapidement (demandez aux Russes pour voir...) mais les transformations sociologiques, technologiques, les créations de villes nouvelles (comme Night City mais aussi plein d'autres que l'on découvre à la fin de ce supplément), l'enchaînement des catastrophes quasiment à raison d'une par an au début de la période... tout cela n'est pas très raisonnable. Une fois de plus, la date à laquelle le monde de CP2020 a été placée piège plus qu'autre chose les développeurs du jeu.
Les deux chapitres suivants décrivent tous les aspects de la vie quotidienne aux USA en 2020 : logement, budget moyen d'une famille, loisirs, monde du travail, religions... C'est, finalement, ce qui se rapproche, dans toute la gamme, de ce qu'on a lu dans Wildside : de l'antricipation très correcte et sans gros flingues à toutes les pages (mais, on ne perd rien pour attendre...). Chaque item est traité de façon courte mais plutôt efficace avec beaucoup de graphiques,s chémas ou encore des fakes (la grille de programme TV est un must). Truc de fou : on trouve même des idées de scénar' ("hook") distillées le long des pages, notamment autour des cultes nouveaux. Dingue.
Le chapitre suivant est un brin austère puisqu'il décrit avec minutie le système politique de la nouvelle démocratie des USA en 2020. Pour y trouver un réel intérêt, il faut être américain ou avoir décidé de mener une campagne mettant en scène des élections, des scandales politico-financiers, ce genre de choses... Plus un chapitre ressource au cas où qu'une lecture réellement passionnante. M'enfin, sa place est pleinement justifiée ici.
Et là, c'est le drame. On croyait tenir un supp' de grande qualité, proche dans le concept d'un Wildside. Hélas, en tournant les pages qui suivent, ce sont tous les travers de la gamme CP2020 que l'onse prend en pleine face. Une quarantaine de pages bien serrées sur... l'Armée des USA ! Ouééééé. Tout, tout, tout, vous saurez tout sur les divisions de l'Armée, comment créer spécifiquement un perso militaire (misère !), comment l'équiper de mille et un trucs qui font très, très gros boum (missiles, mortiers et compagnie : c'est la fête)... Super. Pour vous achever, vous prenez enfin sur la tête plusieurs fiches pleines de chiffres écrits petits sur des armures de combat intégrales système Maximum Metal. Mais euh : je veux PAS jouer à Robotech, moi !! Cy-Ber-Punk. Pas Ro-Bo-Tech. Ni Recon ou Twillight 2000. Vous me direz : "eh, t'avais qu'à pas l'acheter, benêt". Certes, mais je croyais, gros naïf que je suis, acheter un atlas/sourcebook sur un pays et un peuple. Pas un supplément bourrin. Voyez, par exemple, Maximum Metal, je ne l'ai pas acheté (et oui, lecteur, je te sens déçu mais jamais tu n'en liras la chronique dans Cyberpunk Reload. Faut pas déconner.). Mais là : publicité mensongère.
Le pire, c'est que 40 pages sur 144, c'est beaucoup. Or, cela n'a pas échappé au lecteur attentif : on n'a pas encore mis les pieds dans la section purement "atlas des USA" du supplément. Elle arrive à la fin, donc, écrasée par la section Gi Joe précédente et la place (environ 50 pages) lui manque cruellement pour être vraiment efficace. Le format est d'une page en moyenne par état (en même temps, 50 pages, 50 états, c'est carré comme concept éditorial...). En gros, on a : une présentation générale de la situation de l'état en 2020 en à peu près une colonne puis quelques lieux intéressants expédiés en une poignée de lignes chacun et idem pour d'éventuels "hooks" de scénarios pouvant se dérouler dans cet état. Il y aaussi des cartes mais elles sont petites, moches et avec très peu de détails (pas les routes par exemple) : vous ne pourrez pas en faire grand chose, en fait. Il n'y a quasiment aucune autre illustration dans cette section : austère (même si, souvent, cela vaut mieux que...). Pour nous autres, européens, c'est une section plutôt utile mais on a quand même l'impression à la lecture que, à part la sécesssion de certains états (et encore, ils restent associés aux USA sur plusieurs points... hein ? Oui, pour l'Armée par exemple, faut pas déconner non plus...) et les villes nouvelles assez invraisemblable, il n'y a pas énormément de différences avec les USA d'aujourd'hui.
Bon, au bilan, ça a failli être bien mais en fait non. De justesse mais quand même : il s'en faut d'au moins l'épaisseur d'un mortier lourd et d'un lance-missile à guidage laser.
Alors, en fait, je vais encore vous laisser avec une seule chronique de supp' car j'avais prévu de faire un sort rapide au supplément parrallèle (Land of the free) mais je viens de m'apercevoir que l'excellent GROG ne l'a pas dans sa base (??). Je vais donc plutôt essayer de le traiter selon leur format pour les remercier de toutes les images que je leur pille depuis le début de ce blog. A plus, donc.
Ah ? Le CSA m'informe à l'instant même que nous avons largement outrepasser notre quota de "geek". Il nous faut remettre un peu de "pitch" dans nos articles pour rééquilibrer tout ça. OK, tout de suite, un pitch du livre tiré du site de la FNAC :
La Californie, au milieu du xxie siècle. L’informatique et le cyberespace sont partout même si l’ordinateur, en tant qu’objet, a pratiquement disparu. Ils se sont glissés dans les vêtements, dans des sortes de lentilles de contact. Chacun a accès à toutes les informations du monde, peut visualiser les endroits les plus éloignés, s’y transporter sous forme d’avatars plus ou moins élaborés, entrer en contact avec qui que ce soit, le tout sous forme d’images, de sons, d’illusions parfaitement constituées. Le virtuel est le réel. Le réel est virtuel.
Évidemment, la culture de l’écrit tend à disparaître. La vie privée aussi. Et cette circulation de l’information de toute nature a profondément transformé les mœurs politiques et les pratiques des services gouvernementaux de renseignements et d’action. Des officines discrètes se sont multipliées qui proposent leurs services au plus offrant. La plus étrange : celle du Lapin.
Rainbows End est une maison de retraite. Robert Gu, grâce à un traitement de pointe, a été sauvé de la maladie d’Alzheimer. Il était le plus grand poète américain, mais aussi un humain si détestable que son épouse Lena a préféré non seulement divorcer mais encore se faire passer pour morte. Gu, l’homme des mots, qui a recouvré l’essentiel de ses facultés intellectuelles et un corps de jeune homme, doit réapprendre non seulement ce qu’il a pu oublier, mais tout un monde nouveau qui a évolué à la vitesse de la lumière. Il prend le chemin de l’University of California dans l’espoir d’y trouver de vrais livres en papier.
Or celle-ci est en voie de connaître une révolution : la numérisation globale de l’imprimé, qui passe par la destruction complète et définitive de tous les documents. Les étudiants se révoltent, et Robert Gu devient leur héros symbolique.
Dans le même temps, les services de renseignements ultrasecrets des Grandes Puissances s’inquiètent. Une recherche en cours dans un laboratoire pourrait conduire à la mise au point d’un procédé de contrôle des esprits. Alfred Vaz, l’un des responsables occultes de ces services, veut sauver le monde des périls croissants qui le guettent en mettant la main sur ce procédé. En régnant sur les esprits, il instaurera l’ère de la paix. Il recourt alors aux services du Lapin pour pénétrer dans le laboratoire. Or la belle-fille de Robert Gu est l’une des meilleures spécialistes de la synthèse du renseignement. Et qui le Lapin représente-t-il vraiment ?…
Ouh, ça a l'air plus que bien, dis donc ! Alors ? Verdict. Ah oui, j'oubliais : verdict AMTTTTHA, bien sûr.
AU début, j'ai eu un peu peur. Le procéédé hyperartificiel qui consiste à prendre un vieux guéri d'Alzheimer pour nous faire découvrir le monde du milieu du 21ème siècle sur le mode "ouh, qu'est-ce qu'ils ont trop pas inventé pendant que j'étais tout gaga" fait craindre une grande lourdeur. Je sais de quoi je cause, j'ai fait une connerie équivalente en 5ème pour mon roman de 100 pages (eh oui, déjà de la SF pour votre serviteur...) voulu par notre professeur d'alors, Monsieur Besselas. Et croyez moi, c'était très, très mauvais. Bon, la différence, c'est que Vernor Vinge n'est plus en 5ème et qu'il a du talent, lui. Donc, ça passe. Cela reste le plus souvent subtil et les personnages acquièrent une certaine profondeur qui les rend attachants.
En effet, là où le livre a, pour moi, une grosse faiblesse, c'est dans l'intrigue cyber-thriller qui sous-tend tout le récit. Soit je suis abruti, soit Vinge ne maîtrise pas les codes et ficelles de ce type de récit mais : mi no comprendo. Mais alors, rien du tout. Sur la fin, je me suis vu lire des trucs sans savoir qui faisait quoi, pourquoi, comment... et du coup, plus d'une fois, le livre m'est tombé des mains.
Au bilan, un bon livre de prospective très sérieuse, une bonne approche d'anticipation psychologique mais malgré tout un bouquin qui m'aura été fort pénible à lire.
PS : pour l'illu ci-dessus, ne vous inquiétez pas : je vais beaucoup mieux. C'est un clin d'oeil à ceux qui ont lu le bouquin.